Isis ou l’Afrique en Evolution

Encore une chose importante qui s’est passée en février cette année: la visite à Auroville d’Isis.

Isis Noor Yalagi est devenue une amie chère, et pas seulement parce que c’est l’unique personne originaire elle aussi de Martinique qui ait passé plusieurs semaines à Auroville, dont les derniers dix jours chez
moi. Parmi nos “Guests” à Repos même, nombreux sont ceux, Français ou
non, qui connaissent et apprécient la Martinique pour y avoir séjourné
quelque temps, et il m’a toujours été agréable d’en parler avec eux, moi
qui connais en fait si peu l’île d’où ma famille est originaire, mais où je n’ai moi-même vécu que trois mois quand j’avais huit
ans.

Il y avait eu en ce mois de Février dernier une réunion d’AIF (Auroville
International France), et j’y avais été invitée; à écouter en silence une
participante venue de La Réunion parler de l’impact grandissant qu’elle
constate là-bas, de tout ce qui concerne Auroville ou Sri Aurobindo et
la Mère, j’étais un peu triste par contraste de l’absence totale
d’intérêt en Martinique, et aux Antilles Françaises en général. J’ai
exprimé cette tristesse pour la première fois après que cette personne
ait fini de parler.

Quelques jours plus tard une amie d’Auroville jusque là inconnue de moi
a été tout heureuse de passer quelques heures sur ma terrasse face à
la mer avant de s’en retourner en France; j’ai mentionné cette tristesse quant à la Martinique; elle me dit qu’elle allait contacter pour moi une personne extraordinaire, et justement Martiniquaise, qui se
trouvait être en visite à Auroville.

Le dimanche après-midi suivant, assise comme je le fais maintenant
souvent, directement à une des tables où nous servons les diverses
préparations commandées par Auroviliens ou Guests, je vois venir à moi
une personne grande et belle, à la peau foncée, dont la vue m’a
immédiatement remis en mémoire les vers de Baudelaire évoquant son amie
Martiniquaise Jeanne Duval: “un beau vaisseau qui prend le large… au
rythme doux et paresseux et lent…” (citation approximative, je n’ai pas le texte sous les yeux).

Une entrevue passionnante de plusieurs heures s’ensuivit entre elle et
moi, assises là toutes deux comme si nous étions seules au monde, à nous
découvrir réciproquement avec une fascination réciproque croissante. Même de loin, la forte personnalité d’Isis produisit une grande
impression sur ceux de mes collaborateurs qui nous virent ensemble.

Martiniquaise (et donc Française) par sa mère, Isis est Togolaise (et
donc Africaine) par son père. Son côté Africain lui aussi m’était
proche, réveillant en moi tous les souvenirs de “mon Afrique”, l’Afrique
autrefois Française où j’ai passé presque toute mon enfance, où j’ai grandi…

En d’autres vies j’ai aussi été Berbère, et Egyptienne, deux autres
connexions avec l’Afrique; elle, sa propre connexion intérieure avec
l’Egypte, c’est à travers le nom qu’elle s’est choisi qu’elle la révèle:
Isis. Et c’est grâce à elle que cette année j’ai eu pour une fois un
dîner d’anniversaire, le 23 février… et que l’ancienne Berbère en moi a pu y savourer un excellent couscous, préparé par ses soins exprès pour moi et les quelques autres invités!

Car Isis est bonne et audacieuse cuisinière: quelques semaines auparavant elle avait organisé et réalisé haut la main, pratiquement
toute seule avec l’aide d’à peine quelques volontaires, un grand Dîner Africain, mémorable pour les plus de 300 personnes qui y vinrent.
Après notre première entrevue, elle décida que ma présence était
indispensable aux réunions concernant le futur Pavillon de l’Afrique et
ainsi j’eus le plaisir d’être invitée à la suivante, transport payé…
mais dans ce groupe trop large ma mauvaise ouïe m’empécha de suivre
efficacement ce qui se disait, si bien que je ne renouvellerai pas
l’expérience. Une intervention à haute et intelligible voix que j’ai en
tous cas eu la joie d’entendre parfaitement, a été celle d’Isis
elle-même, soulignant avec une remarquable clarté d’esprit et une grande
force d’expression le fait que c’était le message évolutif de Sri Aurobindo et Mère qu’il fallait porter en Afrique, car lui seul aurait
le pouvoir d’offrir à l’Afrique un avenir véritablement digne d’elle,
révélateur de son âme profonde, loin de la copie du monde matérialiste à
l’Occidentale qui paraît pour le moment être la seule option. Quand elle
l’a dit, c’est devenu d’une telle évidence que pas la moindre discussion
ne fut nécessaire, ce point fut adopté instantanément et à l’unanimité.
Mr Tékesté était là également, l’ancien diplomate Ethiopien qui a été autrefois le lien officiel entre l’empereur Hailé Sélassié et Mère, et
qui a choisi ensuite de vivre à Auroville, poursuivant depuis inlassablement son rêve d’y établir le Pavillon Africain, et inversement de faire connaitre Auroville à l’Afrique; il fut de ceux qui approuvèrent le plus vigoureusement de la tête la proposition d’Isis. Il était clair aussi que pour les sympathiques jeunes Africains également présents (tous des garçons), étudiants à l’Université de Chidambaram pas loin d’ici, Isis était devenue une inspiratrice précieuse par son dynamisme contagieux et sa longue expérience de l’action publique.

Ma petite chambre d’hôtes s’étant trouvée libre peu après, Isis y
emménagea, avec la ferme intention – tout en continuant à aider ses
jeunes compatriotes africains pour le Pavillon – de commencer à
apprendre de moi tout ce qu’elle pourrait concernant le Yoga Intégral, y
compris dans sa dimension cellulaire.

Mais notre vie commune commença sur une note bien moins sérieuse: je
n’allais pas laisser passer l’aubaine rarissime de cette authentique autre Martiniquaise sans en profiter pour élucider les quelques souvenirs qui me restaient de mon bref sejour en Martinique
précisément à cette période folle, comme au Brésil, où l’on célèbre le
Carnaval. Je lui ai fredonné l’air et le refrain de la chanson choisie
cette année-là pour tout le Carnaval, apparemment c’etait devenu un
classique, car elle l’a reconnue tout de suite, et nous voilà toutes les
deux chantant à tue-tête en créole dans mon salon: ”VAVAL, VAVAL, WOU PAS QUITTER NOUS!…”, tout en dansant à qui mieux mieux sur le rythme endiablé de la chanson ressuscitée, ponctuée par nos éclats de rire!!! Après ces quelques moments d’amusement martiniquais enthousiastes et délectables, ce joyeux passé redevenu présent en nous s’est calmé, nous ramenant aux perspectives encore plus excitantes de notre futur évolutif…!

Quant au futur évolutif de l’Afrique, je vais laisser Isis elle-même dire
de quelle manière elle aimerait y participer, quand elle sera à nouveau établie là-bas, après un court séjour à Paris en partant d’ici. Ayant lu cet article à son propre sujet, elle en écrira la suite à tête reposée depuis l’Afrique-même, dés que cela lui sera devenu possible. L’Afrique ne sait pas encore ce qui l’attend… mais moi, ayant vécu ne serait-ce que cette courte période avec Isis, et ayant encore dans l’oreille son grand rire communicatif, j’ai quelque idée de ce qui s’apprête à déferler discrètement sur l’Afrique dans les années qui viennent, et je m’en réjouis d’avance!!!

Expérience Spirituelle Vécue par un Enfant de Sept Ans

Ayant relu d’un trait, hier soir, un remarquable petit livre relatant les indications prémonitoires données par une enfant de six ans à propos de sa mort prochaine, et de son retour rapide quelques années plus tard chez les mêmes parents, je me suis rappelé le récit lui aussi très remarquable, par David Spangler (le futur auteur spirituel célèbre relié pour un temps à Findhorn), de l’extraordinaire expérience qu’il a eue au Maroc un jour de son enfance. Je n’ai jamais eu qu’en Français le livre tardif où David fait ce récit, alors c’est en Français que je vous l’offre, en espérant que ce même texte existe en Anglais quelque part sur Internet pour mes visiteurs de langue anglaise… ce que je ne pourrai vérifier que lorsque la connexion internet revenue me permettra tout d’abord de poster sur mon blog le texte français que voici:

“Nous sommes en 1952, j’ai 7 ans, et ce jour là je suis en voiture avec mes parents, allant de la base aérienne de Nouasseur à Casablanca, pour faire des courses. C’est un trajet que nous avons effectué bien des fois, et je suis assis à l’arrière, en train de regarder défiler le paysage.
Tout d’un coup je me sens envahi d’une énergie qui coule à flots à travers tout mon corps, et j’ai l’impression de me gonfler comme un ballon. Avant que je puisse me rendre compte de ce qui se passe, je me trouve comme hors de mon corps, que j’entoure cependant. Regardant vers le bas et en même temps vers l’intérieur, d’une certaine façon, j’aperçois ma forme physique, ainsi que mes parents et notre voiture, qui deviennent de plus en plus petits, jusqu’à disparaître complètement. Et alors je me retrouve seul, dans un champ continu de lumière blanche…
Ainsi commença l’une des expériences les plus puissantes et les plus importantes de ma vie. Cela s’est passé sans avertissement, et m’a semblé durer des heures (en réalité quelques secondes), me conférant une vision de la réalité différente de celle que j’avais eue auparavant.
Je suis passé par quatre étapes bien définies. Tout d’abord, une sensation d’éveil, comme si je sortais du sommeil, pour percevoir le sens de ma propre identité, qui n’était pas celle de David Spangler, un habitant de la terre, avec des limites précises, mais une entité pure, qui ne faisait qu’un avec la lumière qui m’entourait et avec la création. En même temps, je ressentais une joie profonde, une impression de libération et de jubilation, tandis que disparaissaient les limites.
Ensuite la lumière s’est encore éclaircie en quelque sorte et je suis entré dans la dernière phase, je pouvais me “voir” (mais il ne s’agissait pas tout à fait d’une perception visuelle). Cependant le “moi” que je percevais n’était pas un corps, mais une configuration, au centre de laquelle je me trouvais comme observateur. Dans ce schéma il y avait d’autres personnalités, dont certtaines me paraissaient être des formes physiques, mais dont la plupart semblaient être des ensembles de qualités. A cet instant je compris que celles-ci représentaient d’autres aspects de moi-même, d’autres vies, d’autres expériences que j’avais vécues ou que je vivrais, ce que j’appelais dans mon vocabulaire terrestre le futur. En même temps j’entrevis des naissances et des morts que j’avais vécues et bien que je n’aie reconnu aucun personnage historique, ce qui se manifestait était une manifestation claire de l’éternité de l’âme et de la continuité de soi au-delà de la dimension physique.
Jusque là c’était exactement comme si je m’étais réveillé dans une pièce étrange mais connue, et je regardais autour de moi pour m’orienter. J’avais l’impression de me souvenir, de me rappeler dans le sens le plus pur du terme. Mais dès que j’ai pu m’orienter, la situation a changé et je suis entré dans la troisième étape. Les configurations des vies, et même la lumière dans laquelle je baignais, tout a disparu. A la place, je me suis trouvé dans un état que je suis incapable de décrire visuellement, sauf pour dire que je me trouvais dans l’étreinte d’une grande présence. Dans cette présence, tout semblait exister avec une unité profonde, rempli d’un amour et d’une sérénité indescriptibles, et d’une puissance irrésistible.
Comme si un rideau s’était levé, j’eus la perception visuelle de l’univers, une grande roue faite d’étoiles et de galaxies, toute baignée par la lumière dorée de milliards de soleils, le tout flottant dans un océan d’esprit. C’était comme si je voyais par les yeux de cette présence et si, pour un seul instant, nous ne faisions qu’un. A cet instant-là j’étais uni à tout ce qui existait, chaque atome, chaque pierre, chaque monde, chaque étoile, en train de voir la création non pas à une grande distance, mais de l’intérieur, comme si elle était mon propre corps, mon propre être. Plus puissante encore que cette perception était la conscience que j’avais du flux de créativité qui parcourait tout ce que je voyais, de l’étreinte joyeuse de la vie et de son épanouissement; le rythme rappelait celui d’un bal, avec sa musique et ses danseurs, les configurations intriquées qu’ils dessinent, changeant et se déployant sans cesse.
Et puis je suis entré dans la dernière étape. Emporté par la danse cosmique, j’ai vu d’en haut la terre ainsi que moi-même, David. A cet instant je sentais en moi l’intention d’être David, la volonté de naître qui avait précédé mon identité actuelle, ma vie physique, et qui lui avait donné vie. Je sentais le lien entre cette intention et toutes les autres configurations qui se déployaient dans la création, avec ce que je peux appeler la “justesse de naître”. En même temps m’est venue la sensation d’un grand amour, pas seulement envers David mais envers toutes les manifestations de la vie humaine, envers tout le drame et les finalités de l’existence humaine, envers le choix que fait chaque âme, de s’incarner, de faire partie de la danse propre à cette planète. Alors, soulevé par la puissance de cette situation, de cet amour, j’eus l’impression d’aller vers l’avant, quand je me retrouvai dans mon corps, encore en train de regarder par la vitre.
J’ai gardé de cette expérience deux impressions durables qui ont depuis influencé ma vie. La première est la conscience de l’esprit de vie et de créativité qui traverse tout ce qui existe et de ma relation avec cet esprit. Il s’agit d’une perception de la présence de Dieu dans la création et de l’unité que confère cette présence. La seconde est la conscience d’une autre partie de moi-même, qui est bien plus vaste que ma personnalité; c’est un moi plus profond, qui est présent dans l’éternité, tout comme mon moi quotidien est présent dans le temps.”

(David Spangler, ‘Emergence: La Renaissance du Sacré” /’Emergence: The Rebirth of the Sacred’)

Acteurs Pris à Leurs Rôles…

je t'aime, je t'aime pas

Entrant à chacune de nos naissances sur la Grande Scène de Théâtre qu’est ce monde physique, nous y grandissons chaque fois sous le nom donné par nos parents à l’individu humain que comme tout le monde nous semblons être; ce nom devient peu à peu la seule identité que nous nous connaissions, associée aux caractéristiques psychologiques de la personnalité nouvelle dont avant de naître nous avons choisi de faire l’expérience dans cette  nouvelle vie sur la Terre.
Au cours de cette vie dans ce nouveau rôle, d’autres couches d’identité superficielle vont s’ajouter peu à peu au nom individuel d’abord reçu, d’autres étiquettes vont nous définir comme faisant partie de telle famille, telle nationalité (parfois en passant par tel clan ou telle tribu), telle profession, avec tous les diplômes éventuels qui vont nous valoir ou non la considération des autres êtres humains.
En plus de ce statut social – que nous pourrons aussi avoir hérité automatiquement, en même temps que richesse ou pauvreté, de notre milieu de naissance – notre identité telle que nous la vivrons personnellement comprendra généralement aussi notre religion – probablement celle de la famille, voire du pays où nous sommes né, à moins que nous rejetions cette religion-là pour en choisir une autre, ou une forme d’athéisme.
Cette dernière sorte d’étiquette, ajoutée à toutes les autres, sera l’expression plus ou moins officialisée de nos croyances, du Matérialisme le plus complet aux théories les plus extrêmes dans l’autre sens, qui considèrent la Matière comme un Illusion dénuée de sens, et l’Esprit comme la seule Réalité.
Certaines ou certains d’entre nous, à ce stade-là, las des théories, fussent-elles érigées en dogmes clamant l’exclusivité de la Vérité, se dirigent plutôt vers ce qui n’est plus simple croyance, mais expérience directe de notre vie profonde: ils entrent délibérément et résolument dans la spiritualité, c’est à dire l’exploration et le développement conscients de cette nature divine qu’ils commencent à ressentir parfois au fond d’eux-mêmes.
Peu à peu, de compréhension plus vaste à compréhension encore plus vaste, ces humains découvrent que loin d’”avoir” une âme, ils SONT en réalité une âme ou esprit éternel, incarné pour un temps dans ce monde physique pour une nouvelle expérience de vie humaine sur la Terre.
Cette prise de conscience n’est pendant longtemps que fragile, vulnérable au moindre assaut intérieur des réactions habituelles de la nature humaine ordinaire en nous. La conscience de l’individu en question se retrouve prisonnière à nouveau des fausses identifications automatiques si limitantes et décourageantes, et plus rien d’autre ne semble exister. Mais au fur et à mesure que l’expérience intérieure plus profonde s’accroît et se multiplie, elle s’affermit aussi, et acquiert plus de poids dans l’être pour tous les choix que l’on a à faire constamment dans la vie. C’est une lente reconquête par l’esprit en nous de tous les domaines de notre existence terrestre – reconquête lente, mais obstinée et sûre de sa victoire finale.
Car nous ne sommes pas seuls dans cette longue bataille: notre Être intérieur est toujours en contact avec la Réalité lumineuse universelle où  tout baigne, cette Mère Divine qui individualise aussi sa Présence d’Amour infini dans l’intimité de l’espace de notre âme; à tout instant nous pouvons faire appel à son aide, ou bien à l’aide des Êtres de Lumière semblables à nous qui se meuvent dans cette Infinitude en toute liberté, n’ayant pas choisi de participer au grend Jeu terrestre en s’y impliquant aussi eux-mêmes. Et ceux qui s’incarnent peuvent aider les autres entre deux de leurs incarnations, et même pendant qu’ils sont incarnés, bien que dans une moindre mesure: nous sommes tous en fait des êtres multi-dimensionnels présents et actifs dans plus de dimensions de la Réalité Totale que nous ne nous en doutons pour le moment…!
Pour le moment, hélas, la plupart d’entre nous sont encore ignorants de tout cela, acteurs pris à leurs rôles et ne se rappelant plus qui ils sont vraiment; cette amnésie générale est bien sûr une des pré-conditions pour participer à cette Aventure évolutive qu’est la vie terrestre. Le défi est précisément pour l’Esprit en nous de vaincre peu à peu toutes ces apparentes impossibilités initiales, et en dépit de toutes les difficultés qui continueront encere longtemps, d’arriver finalement à réveiller jusque dans la Matière elle-même, et dans celle de notre corps physique, la Présence victorieuse de l’Esprit. C’est ce qui est en train de commencer à se passer maintenant dans cette phase nouvelle de l’évolution préparée et déclenchée par Sri Aurobindo et Mère. Dans de plus en plus de corps qui se trouvent avoir la réceptivité voulue, des cellules s’éveillent elles aussi au besoin du Divin, et à leur propre potentiel illimité… Elles aussi, auparavant simples acteurs pris à leur rôles, cellules se prenant pour de simples cellules, commencent à se rendre compte de ce qu’elles sont vraiment, de ce que Tout est: le Divin…

Air du Large

 

Hier soir, j’ai passé du temps allongée sous les étoiles sur ma petite terrasse “Plein Ciel”, simple plateforme découverte, érigée entre ciel et terre. Là, l’euphorie habituelle de la brise marine passant sur moi m’a reprise comme souvent, et faible témoignage des profonds sentiments qui me relient à la plage et à l’océan, un fervent poème a pris forme en moi, que j’ai mis par écrit depuis. Le voici, dédié à l”Air du Large”:

 

Combien de fois sur mon visage
T’ai-je senti,
Air du Large?

 

Combien de fois au cours des âges
T’ai-je chéri,
Air du Large?

 

Ce vent frais, fort, qui caresse au passage,
Vent d’Infini,
Air du Large…

 

Sur ma terrasse au-dessus de la plage
Je te bénis,
Air du Large,

 

Vent de Vastitude où je nage,
Epanouie,
Air du Large…

 

De ta légèreté sauvage
Tu me remplis,
Air du Large…

 

De ce que j’aime en ce monde d’images,
Tu fais partie,
Air du Large:

 

Tu me rappelles, à la fois fort et sage,
Ce que Je Suis,
Air du Large…

 

“Dieu”… Nous Inclut Nous Aussi!

‘Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu’ (Luc 18-27).

  C’est le texte que citait récemment comme commentaire à un de mes articles un bienveillant visiteur, sur mon “Facebook Wall”, l’article étant “CA MARCHE!!! MERCI!…”, où j’annonçais le résultat positif de notre action intérieure collective pour stopper les fortes vagues érodant de plus en plus dangereusement notre portion de la côte ici (voir mes articles les plus récents sur ce blog).
 
L’intention en citant ce texte était sans aucun doute positive, et je remercie la personne pour cette intention en elle-même.
Mais le contenu de la citation, ce que Luc disait en fait, va dans le sens contraire de ce que j’essayais justement de faire comprendre dans mon article, ainsi que dans tous les autres articles dans la Catégorie “THOUGHT POWER” (“POUVOIR DE LA PENSEE”) sur mon blog.

Les bonnes intentions comme celle-là sont sans s’en rendre compte contre-productives si elles mettent encore et encore l’accent sur notre incapacité et notre impuissance supposées, comparées à la toute-puissance réaffirmée de “Dieu”.
Il est temps de nous rendre compte que notre idée de “Dieu” doit changer, et de commencer à y inclure Tout Ce Qui Est, c’est à dire aussi nous, les êtres humains.
Le Script Principal est là, pas de doute, pour guider la Production dans son ensemble vers le “Happy End” (et Nouveau Commencement toujours!…) qui était de tout temps prévu; mais ce Script Principal n’est là justement qu’en tant que Script Principal, et des myriades de Scripts Secondaires peuvent aussi être là dans l’histoire telle qu’elle se déroule réellement, Scripts Secondaires nés de notre imagination et de nos voeux profonds, variables devenant les variations sur ce Thème Central à partir duquel nous improvisons tous tout le temps, habituellement sans même le savoir.
Les résultats se produisant constamment sont dans leurs détails tout aussi inattendus pour “Dieu” que pour le reste d’entre nous… ce qui est heureux pour ledit “Dieu”, car sinon le pauvre Etre Suprême aurait probablement depuis longtemps opté pour quelque chose comme un divin suicide, plutôt que d’endurer pour toujours le déroulement totalement prévisible de Sa Volonté Unique et Souveraine, connue de toute éternité, pour l’éternité!!! 

C’est cette impossibilité de prédire exactement ce qui va se produire à un moment donné qui introduit l’élément de surprise, et l’effet qu’a la surprise sur notre mental: le RIRE… !
Oui, ainsi que beaucoup de gens l’ont probablement remarqué, le sens de l’HUMOUR, si extrêmement indispensable à nos vies, repose en grande partie sur l’effet de surprise quand il choque notre mental humain, si habitué à sa logique et à l’apparente prédictabilité de tout, du moins avec la manière réductioniste dont il perçoit tout.
Le Mental en tant que Pouvoir Cosmique tend à réguler, à mettre ce qu’il appelle de l’Ordre dans la complexité extrême et déconcertante de la Vie, qui pour lui est Désordre et Chaos. Le Mental tend à ne pas tenir compte de la complexité et de la diversité réellement présentes au plus haut point dans la Totalité de Tout Ce Qui Est,  et essaye de lui imposer un Sens et une Loi d’Etre uniques, qui satisferaient enfin la tendance du Mental à l’Exclusivisme, lui donnant la bienheureuse illusion d’une apparente Simplicité… obtenue, hélas, par excessive simplification, et donc, non réelle.
Car bien sûr, quoi que le Mental puisse essayer d’en faire, la Vie continue tout pareil, débordant tout pareil de créativité et diversité intarissables, mais le Mental au moins y introduit, disons, de grandes catégories, avec des étiquettes et des noms à mettre sur tout ce qui existe,  afin de nous faire croire que nous comprenons et contrôlons ainsi tout mieux…
Dans une certaine mesure, cette manière de s’y prendre du Mental “marche” cependant, ainsi que le montrent clairement de nos jours les résultats très réels et impressionnants qu’il obtient dans certains domaines, comme le lancement de fusées et de personnes dans l’espace (et en général aussi leur récupération en bon état de retour sur la Terre), ou l’invention de l’Internet avec la myriade de possibilités qu’il offre.
Mais même dans ces domaines techniques, de temps en temps quelque chose, un petit quelque chose pas connu encore et donc non inclus dans les calculs du Mental, fait dérailler les résultats qu’il avait prévus et attendus, parfois provoquant des dégâts catastrophiques dans la situation désirée et anticipée: des ponts et des ponts ont dû s’écrouler inexplicablement avant que les ingénieurs n’y comprenant rien en découvrent la cause totalement inattendue: la vibration produite par le pas cadencé de troupes en marches (ou de manière générale de groupes de gens marchant au pas), s’amplifiant dans la structure du pont au point de le faire s’écrouler. Maintenant que cela a été découvert comme le facteur causant le problème, les troupes reçoivent l’ordre de cesser de marcher au pas lorqu’elles doivent passer un pont, et ce genre d’accidents ne se produit plus.
C’était là juste un exemple dont la plupart des gens ont de nos jours entendu parler, mais il y a beaucoup, beaucoup d’autres inconnues, petites ou grandes, qui doivent encore être découvertes avant que nous puissions véritablement dire – si jamais nous le pouvons!… que nous savons et comprenons et pouvons tout prédire, même simplement dans cet univers physique auquel notre Science, avec sa position matérialiste présente, continue de se limiter.
Particulièrement en Physique Quantique, cette Inprédictabilité est connue et acceptée – par certains Physicistes commeun fait inévitable. Des probabilités sont le maximum que nous puissions savoir à l’avance de la manière dont la Réalité va se manifester à l’instant qui vient. Même les personnes qui ont la capacité de voir le futur vont chacune voir un futur différent, jusqu’à ce que l’évènement devienne si proche dans le temps qu’une seulement de ces possibilités devient la plus probable, et donc peut être vue et prédite avec quelque certitude. 
L’influence de la volonté ou de l’intention de l’observateur sur le résultat de l’expérience qu’il ou elle observe, est maintenant un fait bien connu et accepté aussi, montré de manière encore plus probante par les extraordinaires expériences du chercheur japonais Masaru Emoto sur l’effet qu’ont sur des échantillons d’eau pure de simples étiquettes avec des mots indiquant une intention chargée de haine, ou au contraire d’amour.
De plus, la volonté individuelle active dans atomes et particules eux-mêmes, aussi étonnante qu’elle puisse paraître à notre mental matérialiste, est un autre aspect de la Réalité qui devrait précisément nous faire mettre en question ce matérialisme que nous affirmons encore aveuglément, au nom de la Science, alors que tant de preuves de la présence de l’Esprit au coeur même de la Matière devrait nous avoir fait mettre en question depuis longtemps ce dogme matérialiste. Certains scientifiques courageux le mettent en question en effet, et gagnent progressivement du terrain, mais les autres du courant dominant continuent à tenir férocement à ce dogme.
Quoiqu’il en soit, au moins ceux d’entre nous qui sommes en train d’apprendre à vivre nos vies comme un processus d’Evolution Consciente sauront que “Dieu” n’est pas seulemnt en chacun d’entre nous, mais également en chaque particule composant notre corps et tout le reste du monde physique. En nous êtres humains cette Présence secrète donne la possibilité de participer délibérément, en toute conscience, à la création constante de la Réalité dans laquelle nous vivons et que nous sommes nous-mêmes. Ainsi que l’explique si clairement Sri Aurobindo:

“La pensée n’est pas essentielle à l’existence et n’en est pas la cause, mais c’est un instrument pour devenir: je deviens ce que je vois en moi-même. Tout ce que la pensée me suggère, je puis le faire; tout ce que la pensée révèle en moi, je puis le devenir. Telle devrait être l’inébranlable foi de l’homme en lui-même, car Dieu habite en lui.”

Non seulement Sri Aurobindo a expliqué cela, mais de nombreux autres grands êtres spirituels l’ont fait aussi.
Je suis surprise que Luc l’évangéliste ait jamais pu écrire ces mots cités au début de cet article, car Jésus également a indiqué de manière répétée à ses disciples que nous avons tous le potentiel de faire les mêmes miracles extraordinaires que lui-même faisait; seul notre manque de foi en le Divin présent en nous nous empêchait de le faire. Je dois dire que j’ai pensé plusieurs fois à Jésus calmant la tempête en mer de Galilée, avec le souhait intense d’être déjà capable d’en faire autant moi-même pour les vagues de l’Océan Indien!!!
J’ai évidemment pensé aussi à lui demander de le faire pour moi, mais je savais que cela irait à l’encontre de ce qui est précisément le but de tout ceci: que nous apprenions à le faire nous-mêmes!
Alors même qu’apparemment nous avons réussi au moins collectivement à obtenir le résultat voulu, comme a été le cas pour ce gros problème d’érosion ici, bien que j’y croie théoriquement et  que j’aie moi-même lancé l’appel collectif, je peux voir à quel point il est difficile pourtant pour moi aussi, juste de reconnaître le succès quand il se produit!…  Pour la partie de notre mental qui s’occupe de notre vie quotidienne, de notre vie physique, cela ne peut pas être, c’est littéralement incroyable, cela ne va pas avc les lois normales du monde physique telles que nous croyons qu’elles sont.
C’est en nous ce “mental physique”, comme l’appelait Sri Aurobindo,  qui toujours tend à douter que quoi que ce soit d’extraordiaire ou de carrément miraculeux puisse jamais vraiment se produire. Le mental physique va chercher n’importe quelle explication sans valeur, ridicule, complètement malhonnête, pour se débarrasser du fait remarquable et ainsi éviter d’avoir à réviser tous les livres.
La plupart des scientifiques sont motivés par la quête véritable de la vérité que la partie supérieure de leur mental recherche en effet; mais trop souvent quand de nouvelles découvertes sont annoncées, qui ne vont pas avec leurs théories favorites ou, pire encore, qui démolissent les théories faisant la célébrité de ces scientifiques, il est extrêmement difficile pour eux de conserver suffisamment d’honnêteté mentale et de résister à l’envie de s’allier à leur mental physique, qui secrètement en eux crie à l’imposture et est incapable d’accepter la vérité de cette nouvelle découverte indésirable. C’est seulement par un très gros effort de sincérité parfaite que n’importe qui dans cette situation arrivera à reconnaître le fait abhorré comme vrai.
Ce qui est amusant, c’est que dans le cas de notre succès collectif, le fait en lui-même était tout ce qu’il y a de bienvenu, et pourtant le mental physique en moi n’est toujours pas entièrement convaincu que oui, c’est nous qui avons accompli cela!!! En secret, il pense que quelque autre cause, simplement physique, a produit ce merveilleux résultat: comment pourrait-ce être vraiment l’effet de notre volonté collective?! Quelle idée ridicule, folle, le mental physique grommelle, caché dans son coin pour éviter que mon mental supérieur, aux idées plus avancées, ne lui passe un savon!… 
Pour un chercheur comme moi, observer ces réactions obstinées s’accrochant en moi avec toute leur obscure ténacité en dépit des années pendant lesquelles j’ai déjà fait quantité d’expériences de ce genre – et souvent couronnées de succès, en plus – me montre clairement tout ce qui en nous doit changer avant que nous soyions totalement prêts pour quelque chose d’aussi éloigné que “La Vie Divine” telle que Sri Aurobindo l’a annoncée et décrite. Quand nous en serons là, ce sera devenu aussi naturel et évident que c’est maintenant d’être comme nous le sommes, mais entre-temps nous avons tout intérêt à utiliser encore et encore le pouvoir de notre pensée, juste pour nous habituer à sa réalité et au potentiel incroy… euh, non, tout à fait croyable que ce pouvoir représente déjà  dans nos vies au présent!
Nous sommes des petits “dieux” en plein entraînement. C’est cela que snous sommes véritablement. Que notre mental physique se débrouille comme il pourra avec ce fait déconcertant!  
Peut être les lignes qui suivent, de Sri Aurobindo, lui seront-elles une aide:

“Tout n’est pas ici la besogne d’une Nature frappée de cécité:
Un Verbe, une Sagesse nous observe d’en haut,
Un Témoin qui sanctionne le vouloir et les travaux de cette Nature,
Un Oeil invisible dans l’immensité aveugle;
Il y a l’Influence d’une Lumière surplombante,
Il y a des pensées lointaines, des éternités scellées;
Un mobile mystique met en mouvement astres et soleils.
Dans ce passage d’une Force sourde et ignorante
A une conscience qui lutte et à un souffle de vie éphémère,
Une puissante Surnature veille sur le Temps.
Le monde est autre que nous ne le pensons et voyons à présent,
Nos vies, un plus profond mystère que nous ne l’avons rêvé;
Nos mentals sont des starters dans la course vers Dieu,
Nos âmes sont des moi délégués du Suprême.
A travers le champ cosmique, le long de routes étroites,
Quémandant une maigre aumône des mains de la Fortune
Et vêtu de robes de mendiant, chemine l’Un.
Même sur le théâtre de ces petites vies,
Derrière l’action respire une secrète douceur,
La poussée d’une divinité en miniature.
Une passion mystique issue des fontaines de Dieu
Coule à travers les espaces protégés de l’âme,
Une force qui aide soutient la terre souffrante,
Une invisible proximité et une joie dissimulée.”

(Sri Aurobindo, “Savitri”, p. 168-169)

(La traduction ci-dessus est simplement littérale, et ne cherche qu’à donner le sens, et non la beauté du texte de Sri Aurobindo, pour laquelle l’original anglais est irremplaçable.)

Traduction de “Repos Beach Erosion Rant… and Prayer”

Je veux que la Vie soit  belle,
Pas juste ma vie, mais toute la Vie…
Je sais que ça vient, ça vient,
De plus en plus et de plus en plus,
Mais pendant ce temps-là
Le lieu où je vis
Et que j’aime,
“Repos”, a les pieds dans l’eau,
Les vagues glissent en silence
De plus en plus loin
Sous les fondations d’une bâtisse
Dont on aurait bien besoin
Pour une utilisation meilleure
Que de s’en aller à vau-l’eau.
Je veux que la Vie soit merveille,
Elle le sera, je sais, je sais,
Mais quoi pour maintenant, là?
Oh, fini les ouragans, de grâce,
Fini les tremblements de terre,
Et les niveaux de mer qui montent!
Et fini, tout spécialement ici,
L’érosion dûe aux actions humaines!
Pourquoi de stupides ports sont-ils construits,
Qui bloquent le sable sur sa route vers nos côtes
Pour y garder nos plages grandes et belles?
Pourquoi est-ce toujours la politique qui gagne,
Et l’argent, et la corruption?
Assez, assez!
Nous y voilà, en 2012,
Et en juillet, la mi-année.
Il est grand temps que le Temps  change
De linéaire à éternel
Et que nous ayions des vacances,
Nous les Humains sur cette Terre,
Pour détente et repos bien gagnés…
“Repos”, c’est ce que dit ce nom,
Et c’est ce que je veux, pour moi-même
Et pour cette terre aussi,
Encore si blême et désolée
Six mois après ce dur cyclone.
Je veux la pluie, je veux des fleurs,
Je veux de l’eau douce dans nos puits,
Je veux des chaises autour des tables
Et des gens assis sur ces chaises
A nouveau savourant un jus,
Une nourriture bonne et saine,
Et le son de l’océan proche,
Oh oui, proche, mais pas si proche!…
Une plage doit regrandir,
Pour rendre plus doux et lointains
Les rouleaux aimés des surfeurs
Mais redoutés des nageurs calmes…
Quand je suis revenue cette fois,
Volontaire pour cette période,
Je savais que ce serait dur,
Mais pas que ce serait si long!
J’en ai un peu tellement assez
De ces difficultés sans fin…
Je comptais sur tout pour plus tôt,
Les pouvoirs intérieurs reconquis,
L’aide massive venue de l’espace,
La fin des changements terrestres…
Mais ce lent combat se prolonge,
S’étirant en eternité,
Et tous mes efforts semblent vains,
Bien que je sente mes progrès,
Tous ces progrès semblent en vain,
Ineffectifs, et incapables
De modifier le cours des choses
Et de protéger ce que j’aime.
Je ne demande pas tellement:
Juste que ce lieu reste sauf
Et qu’une vie nouvelle lui donne
Une chance de manifester son nom
Dans des conditions enfin bonnes…
“Repos” fut ainsi  nommé comme plage
Avec à ses pieds l’océan
Mais pas un océan menace,
Ou alors on l’influençait
Et il ne restait pas menace.
Pourquoi maintenant dois-je voir
Notre clôture battue des vagues
Tout du long de ce côté plage -
Clôture, victime du cyclone
Déjà avant, qu’il fut si dur
De remplacer! – et qui est emportée,
Et nous regardons, impuissants?
Hé oui, c’est vrai, je suis amère,
Dans ma mauvaise humeur je râle:
Pourquoi donc cet Un que nous sommes,
Cet Un qui est Tout Ce Qui Est,
Nie-t-il ainsi le scénario
Qu’avec amour j’avais écrit
Pour ce lieu?
Pourquoi pendant tout un mois ces vagues
Ont-elles creusé tout le rivage,
Jour après jour, avec furie?
Alors maintenant c’est ce blog
Qui est le lieu où vient s’écrire
Mon cri contre cette érosion,
Contre l’absurde destruction
De ce bout du corps d’Auroville.
C’est mon blog, le miroir fidèle
De tout ce qui se passe en moi,
Alors cela aussi doit être écrit
Et exprimé pour ce que c’est,
Même si ce n’est pas très “yoguique”!
Il ne s’agit pas d’avoir l’air parfaite
Alors que je ne le suis pas, et que
Dedans j’ai ces deux choix possibles:
Aller avec le Tout, sans problème,
Ou bien savoir ce que je veux vraiment
Et insister pour que ce mini-rêve
Puisse aussi exister, bien caché
Discrètement dans son petit coin
Juste pour ma joie, et celle des autres
Qui ont toujours aimé ce lieu.
Pourquoi ne serait-il pas possible
D’avoir ce mini-paradis
Nous donnant son simple Repos
Pendant  que le Tourbillon et le Drame
Continuent le temps qu’il faudra
Dans les autres aspects de la Vie?
Quand tout est dur, il faut qu’il reste
Quelque part, pas juste dedans,
Un peu de douceur dans nos vies.
C’est là ma joyeuse demande
A Tout Ce Qui Est, l’Un qui est Nous:
Juste épargnez ce petit lieu,
Faites-en un hâvre de paix
Où, fatigués, se reposer…
C’est là ma vision de ce lieu;
Deviendra-t-elle réalité?
Qui m’aidera à la rendre réelle?
Quand vous lisez cette vision,
Si elle vous touche, ou vous inspire,
Joignez aux miennes votre prière,
L’énergie de votre pensée,
La puissance de votre vouloir
Pour ensemble la rendre vraie.
Si un jour vous passez ici,
Vous aussi serez bienvenus
Pour savourer ce doux Repos!…

*****************************

UN HAVRE SAUVEUR, DE SPLENDIDE ET DOUX REPOS

“Dans un hâvre sauveur de splendide et doux repos,

On pouvait boire à nouveau la vie en longs traits de miel-feu,

Et retrouver l’habitude oubliée du bonheur…”

(Sri Aurobindo, “Savitri” p.15)

Repos s’apprête à commencer une nouvelle phase de sa vie, une nouvelle naissance pour un futur basé sur le respect de sa véritable identité telle qu’indiquée par le nom même que la Mère, fondatrice d’Auroville, donna à ce lieu précis sur la Côte de Coromandel: elle l’appela “Repos”.

Ainsi, “Repos” est l’endroit parfait pour tous ceux, Auroviliens ou visiteurs séjournant à Auroville comme “Guests”, qui veulent apprendre ce qu’est le vrai repos: découvrir quel en est le ressenti exact,  qu’est-ce qui l’amène dans notre corps et être entier, et comment en faire l’expérience à volonté dans notre vie, où que ce soit.

Le repos est l’une des conditions essentielles nécessaires à  otre bien-être, notre équilibre psychologique et notre santé tout entière. A Repos c’est d’abord l’environnement naturel qui aide notre corps à se détendre ét à se reconnecter aux rythmes profonds et tranquilles de la nature et de l’univers autour de nous. Les vastes étendues de l’océan et du ciel, la contemplation des deux ensemble, le son des vagues, tout le cadre a en lui-même un effet calmant sur corps et mental, résultant en une conscience élargie et sereine.

Hamacs, chaises-longues et même huttes pour ceux qui veulent rester offrent le confort voulu, mais dans l’esprit d’un style de vie simple, loin du luxe vide des “beach-resorts” habituels, loin du faux besoin des drogues, de l’alcool ou d’autres addictions. Des rafraîchissemeznts ainsi qu’une nourriture saine et savoureuse sont disponibles aussi bien sûr, mais simplement comme un plaisir de plus, laissant toujours l’accent principal sur le cadeau premier que le lieu a à offrir: l’effet reposant d’être devant l’océan, sous le doux balancement des cocotiers dans la brise. Pour ceux qui s’intéresseraient à l’exploration des niveaux de repos encore plus profonds, des sessions de Biofeedback et des Séminaires-ateliers de Conscience Cellulaire sont possibles à la Section Spéciale du Laboratoire de l’Evolution qui se trouve à Repos.

Une zone dans le lieu permet des séances de bronzage décent et discret; les parents de petits enfants peuvent aussi se reposer grâce au Service prévu pour s’occuper des petits, et à l’Aire de Jeu, avec un bassin d’eau de mer où les enfants peuvent également prendre des leçons de natation; même les adultespeuvent y bénéficier d’une baignade en sécurité quand l’océan est dangereux. Les jours où il est calme, des sorties en bateaux à la rencontre des dauphins peuvent être organisées avec les pêcheurs locaux.

Un terrain de tennis et un de volley-ball offrent des opportunités de sport léger, favorable à un meilleur repos ensuite. Livres, musiques et films de belle qualité intérieure sont disponibles dans les accueillants espaces collectifs sur le terrain. Quand la nuit vient, après un bon mais léger dîner, lune et étoiles remplacent le soleil pour faire scintiller l’océan; une dernière promenade sur le rivage prépare chacun à dormir tôt et d’un sommeil reposant…

Les huttes peuvent être réservées tout au long de l’année par les individus ou groupes désirant bénéficier de ce que le lieu a à offrir, aussi longtemps qu’eux-mêmes seront prêts à respecter l’atmosphère et la fonction spéciales de Repos dans Auroville.

(Le texte ci-dessus est une première expression par moi – Bhaga – de la nouvelle vision de Repos que toutes nos énergies pourraient contribuer à réaliser.)

Pour Repos: ma Plainte contre l’Erosion… et ma Prière

Il vaut mieux ne pas essayer de traduire en Français, à la hâte, le petit “poème” que je viens de publier en Anglais. Qu’il suffise pour le moment que je vous en communique la teneur essentielle: Repos, le petit lieu aurovilien sur la plage où j’ai la joie d’habiter par choix depuis des années, commence à s’écrouler par morceaux dans l’océan sous le choc, pratiquement incessant depuis près d’un mois, des vagues en cette saison où l’érosion est la plus forte.
J’ai grand besoin de l’aide intérieure de celles et ceux qui aiment ce blog, pour ralentir et si possible arrêter ce processus destructeur qui cette fois-ci va trop loin, démolissant à nouveau la clôture déjà si longue à remettre en place après le cyclone, et minant jour après jour les fondations des maisons et autres bâtiments les plus proches de l’eau, maintenant montant à l’assaut de notre terrain.
Les mesures de protection enfin promises officiellement par l’administration d’Auroville prennent du temps à se réaliser, vu toutes les signatures et autorisations voulues particulièrement par ce qui concerne aussi l’administration indienne, et pendant ce temps-là les vagues ont formé une falaise de deux mètres de haut, qui s’avance maintenant de plus en plus près de la façade de ma maison, n’en étant plus qu’à environ quatre mètres de distance – distance qu’elles peuvent fort bien finir de parcourir en une simple nuit  si elles continuent à ce train-là…! Il faut donc l’aide intérieure immédiate et vigoureuse de tous ceux et celles qui se sentiront concernés, pour calmer et ralentir ces vagues au moins jusqu’à ce que les protections extérieures voulues soient en place, d’ici quelques jours peut-on espérer.
Pourquoi je m’obstine à vouloir continuer à vivre ici?…
Ce lieu a tant donné d’amour aux nombreux Auroviliens, petits et grands, qui y sont venus pendant plus de trente ans, je ne peux pas l’abandonner comme ça; et en plus il y a tous les signes qu’il a aussi un futur, encore plus proche en fait de sa vocation telle que perçue par Mère quand elle lui a donné ce nom, “Repos”, d’après la qualité d’atmosphère qu’elle y avait sentie. Un lieu nommé par Mère, ça ne s’abandonne pas, c’est un don précieux, à garder précieusement pour ce qu’il peut ajouter de bénéfique et d’unique à nos vies individuelles et à notre vie collective. En tous cas c’est comme ça que je vois et ressens les choses, alors j’agis en conséquence.
Je vais déjà publier ce petit texte d’explication sommaire, et puis je verrai ce que mon “poème” peut devenir en Français…

Pourquoi Je Suis Allée à Chartres: Une Revue de Vies Passées

TRADUCTION FRANCAISE DE “WHY I WENT TO CHARTRES: A PAST LIVES REVIEW”

Comme pour ma visite à Azay-le-rideau, il y avait une raison spécifique et importante aussi pour ma visite à la Cathédrale de Chartres.
Juste après avoir publié il y a quelques jours mes notes écrites au moment de mon expérience massive là-bas en 2002, un vague souvenir commença soudain à se faire sentir en moi, de la raison exacte pour laquelle, pour commencer, j’étais allée à Chartres:
Le vague souvenir refaisant surface était d’une après-midi très spéciale passée, à Auroville même, avec une Aurovilienne originaire d’Angleterre, âgée alors d’une soixantaine d’années, et douée depuis l’enfance de la capacité d’obtenir des informations à partir des objets sur lesquels elle se concentrait intérieurement tout en les tenant dans sa main. On appelle cela “Psychométrie.”

Une fois de plus tenir un journal m’a été bien utile… A peine un quart d’heure après que le souvenir ait commencé à revenir, et que je sois montée à l’étage chercher le carnet voulu, je ressortais de ma chambre avec en main le carnet de l’année en question, et m’installant confortablement sur ma petite chaise basse dans mon minuscule bureau “Recherche” au rez de chaussée, je commençais à lire mes notes du jeudi 13 août 1998:
“Hier après-midi j’avais rendez-vous avec J. pour une REVUE DE VIES PASSEES; c’est une clairvoyante, et de nombreuses personnes d’Auroville sont allées la rencontrer, son travail est très apprécié; après pas mal de réticence pendant longtemps, j’ai finalement décidé d’essayer…
Alors qu’elle tenait (les yeux clos) l’anneau d’or que je porte toujours, elle commença à voir toutes sortes de choses, au sujet d’abord de ma vie présente et de mon état intérieur présent, ainsi décrits:
– Un serpent dressé de toute sa hauteur, avec son capuchon déployé au-dessus de ma tête et du chakra-couronne…!
“Kundalini compètement ouverte!” s’écria-t-elle avec étonnement. “Avez-vous conscience qu’il en est ainsi?… Le sentez-vous?… Je ne l’ai jamais vue ouverte complètement comme ça, avec même le capuchon!!!” (Oh, ce doit être ce qui m’est arrivé le 18 novembre 1973, quand Mère a quitté son corps, pensé-je, éberluée).
– Une aura de belles couleurs; de l’amour, beaucoup, et… et un pouvoir mental d’extrêmement bonne qualité, pas assez utilisé ni exprimé.
– Diversité extrêmement riche d’éléments gagnés pendant d’innombrables vies passées, partout, dans toutes les sortes de situations possibles, reculant très loin dans le temps:
“Aussi loin que je (J.) regarde dans le passé, vous (Bhaga) êtes aussi là. Une très vieille âme, venue en cette vie-ci pour utiliser tout cela, pour la dernière étape d’une longue première phase, qui va déboucher sur une nouvelle phase dans un Inconnu si incroyablement beau que moi-même (J.) j’ai peine à le concevoir.”
Puis elle elle passa à plus de détails sur ces vies antérieures, et à partir de maintenant dans ces notes “je” signifiera moi, Bhaga, répétant ce qu’elle disait: 
– Dans cette vie-ci j’ai rencontré un Avatar, mais ce n’est pas la première fois que j’en ai rencontré un: j’étais un moine au temps de Buddha, un de ses compagnons, et parmi ceux qui ne perdirent pas courage quand il quitta son corps mais continuèrent à aller ici et là dans le pays, bénissant les gens de leur présence, et la terre du contact de leur pieds sur leur passage (quelque chose que j’ai souvent la sensation de faire dans cette vie-ci aussi).
– A nouveau , un moine, au Tibet, il y a longtemps: un très jeune garçon, assis patiemment aux portes du monastére de Lhassa, avec juste son bol de nourriture et un peu d’eau (et plus rien d’autre après cela), attendant d’être autorisé à entrer et à devenir un moine. Après trois jours les grandes portes s’ouvrent finalement juste avant midi et je suis emmené à l’intérieur; et comme les portes se referment derrière moi, je sais que c’est là vraiment ma place.
– J’ai fait partie de toutes les religions possibles, pas seulement Bouddhisme. CHARTRES est un lieu où je devrais absolument aller. J’étais l’un des initiés là il y a longtemps quand Joseph d’Arimathie, l’oncle de Jésus, s’arrêta sur son chemin de retour vers la Palestine (après qu’il ait fondé Glastonbury en Angleterre) quand il fut capable d’accepter le départ de Jésus. Joseph mourut et fut enterré dans la crypte, et une protection occulte fut posée autour de la crypte à cette époque-là par les initiés, dont je faisais partie. Plusieurs fois on a tenté, mais jamais la crypte n’a été ouverte. Sur le sol de la cathédrale au-dessus il y a un motif en spirale conduisant au Centre – juste au-dessus de la tombe dans la crypte en bas. Point d’une extrême puissance (J. et son mari ont dû se tenir l’un à l’autre!) sur lequel je devrais me placer quand j’aurai l’occasion d’aller là-bas. Cette vie-là a eu une importance spéciale, bien que d’une façon différente des vies en tant que moine bouddhiste.

– En Egypte Ancienne, comme esclave (là j’étais une femme) venant du peuple hébreu, captive avec mon mari depuis notre enfance. Dans cette vie-là j’ai prié et fait un voeu que si jamais un jour j’avais du pouvoir et de l’argent, je l’utiliserais pour donner une vie décente aux gens qui me serviraient.

– En Chine Ancienne, comme épouse, si ce n’est d’un Roi, au moins d’un noble très, très, très riche et puissant. Nous nous aimions tendrement, et j’étais pleine de compassion et de sollicitude pour les esclaves, serviteurs et paysans autour de nous et sur nos vastes terres. Presque un sentiment familial. Dans cette vie-là il m’a été donné la possibilité de réaliser ma prière et mon voeu de la vie en Ancienne Egypte, et je les ai réalisés en effet magnifiquement. Et cette profonde sollicitude pour les autres sur le plan matériel fait toujours partie de ce que j’ai apporté à nouveau dans cette vie présente (tout à fait exact, ajouterai-je ici).

– Deux vies (au moins) en tant que prêtresse:
    – En Egypte Ancienne: une prêtresse pleine de savoir et de sincérité, très bienveillante, responsable de l’enseignement aux jeunes “novices”; l’une d’entre elles, particulièrement chérie, était avec moi, presque’une petite fille encore, et je lui eneignais avec affection comment se protéger des attaques hostiles (Quand J. m’a décrit cette scène qu’elle voyait, j’ai instantanément senti que la novice était mon amie présente C., à cette époque-là).
    – Dans la Rome Antique: une Vestale sous le règne de Caligula (“Oh, je n’aime pas cela, c’est si sombre!” s’écria J., fronçant les sourcils). Donnée au temple encore enfant, à quinze ans j’avais été obligée d’avoir une relation sexuelle avec un homme riche, afin qu’il donne de l’argent au temple etc. Je n’avais pas accepté cette expérience triste et douloureuse comme quelque chose de vrai, ordonné par les dieux et leur faisant plaisir, mais au contraire je commençai à mettre en question en moi-même la vérité des dieux, faisant davantage confiance à mon propre sentiment de la Vérité telle que je la ressentais de l’intérieur. A cause de cela, à dix-sept ans à peine, quand je fus devenue une prêtresse, je refusai d’accomplir à nouveau ce “devoir du sexe”, si bien que je me retrouvai face à la colère des autres prêtresses, qui essayèrent de me faire plier à leur volonté, puis aux prêtres, puis à Caligula en personne, qui me viola, me tortura et me fit écarteler,  pour servir de leçon aux autres qu’il était préférable de se soumettre. J’ai encore en moi ce sens de ne devoir obéissance et confiance qu’en ma propre Vérité intérieure – sans même que ce soit nécessairement en rapport avec aucune déité ou religion (et dans cette vie-ci aussi cette tendance m’a attiré des ennuis extérieurs – moindres, heureusement! – encore et encore, même à Auroville, dirais-je… Et je me révolte totalement et instantanément contre toute tentative de me forcer à faire quelque chose de contraire à ma Vérité intérieure: je m’enfuis, en larmes et en rage, laissant l’autre ou les autres personne(s) interloquées, se demandant quel est mon problème!)  

Autres commentaires généraux par J. sur les résultats d’ensemble de toutes ces vies:

– Célibat (volontaire ou involontaire), aussi bien que bonheur conjugal, torture sexuelle, j’ai eu l’expérience de vies et de vies de complètement différentes situations et attitudes par rapport au sexe (y compris des vies de courtisane, j’en suis sûre,  lui ai-je dit plus tard, et elle l’a confirmé); et maintenant dans cette vie-ci tout cela est là en moi pour être intégré et vécu comme une Vérité UNE avec toutes ses apparentes contradictions.

– Le besoin de solitude et le besoin d’être avec d’autres personnes et d’avoir des compagnons sont de la même façon tous deux également présents en moi maintenant.

J. ne sait rien de ma personalité dans cette vie-ci, excepté les apparences que tout le monde peut voir, mais qui, elle l’a découvert et me l’a dit presqu’immédiatement dans cette session, “cachent une autre et très différente Bhaga” avec une très large aura et une profonde complexité et richesse d’être. Mais, ajouta-t-elle plus tard, les gens à un niveau subconscient se rendent souvent compte de quelque chose de très spécial en moi… qui leur fait peur et les éloigne de moi, quand ils ne se mettent pas en colère contre moi pour être différente d’eux et en fait plus évoluée qu’eux intérieurement. D’où une relation pas très facile avec les autres, et une vie de solitude intérieure jusqu’à présent. Mais cette vie-ci est extrêmement importante, car c’est le moment où les leçons apprises et les capacités acquises durant toutes ces autres vies doivent se constituer en un tout cohérent et être utilisées pour une manifestation harmonieuse et complète de ce que je suis vraiment, en préparation pour quelque stupéfiant développement ultérieur encore à venir.

Bien; voilà ce que cette Revue de Vies Passées m’a appris sur moi-même vue dans la perspective vaste et dynamique de cet immense Jeu Evolutif sur la Planète Terre dans lequel je me suis embarquée à un certain point, apparemment il y a de cela très longtemps. De quelle utilité peut donc être ce qui m’a été dit, pour ces autres êtres humains maintenant en train de lire ces lignes? Cela peut être utile pour eux s’ils se rendent compte que je ne suis qu’un échantillon de ce que beaucoup, beaucoup d’entre nous sont en ce moment sur la Terre: cette sorte d’extrême diversité et richesse d’expériences de la Vie, et la maturité intérieure que cela donne, sont là au même degré dans une multitude d’autres “vieilles âmes” un peu partout, prêtes pour le prochain pas de l’Evolution terrestre et enfin, ainsi qu’il a été promis dès le début, pour la transformation réelle de nos êtres individuels aussi bien que de la Vie Terrestre dans son ensemble.
Ce blog est simplement le Miroir que je tiens devant vous tous pour que vous commenciez à vous reconnaître vous aussi en lui, ou plutôt votre Soi, éternellement croissant avec le mien et celui de tous les autres en cet Un dont nous faisons tous partie pour toujours…

Les “Lettres sur le Yoga” et les “Entretiens”

Au début, quand on a des expériences aussi puissantes que celle, par exemple, que j’ai eue à Chartres, ou aussi intenses que celles données par l’Etre Psychique en nous, on est tout déçu et chagriné et inquiet si on les voit ne pas durer, et laisser place à nouveau apparemment au même état de conscience ordinaire qu’on avait avant… On se demande parfois, “Mais alors, à quoi ça sert, toutes ces expériences fabuleuses où on est dans un état de conscience tellement incroyable, si après on redégringole au niveau de conscience ordinaire habituel? Bon, c’est vrai, au moins on les a eues, ces  grandes expériences, mais… et alors??? A quoi ça nous avance en fait?…”
Et puis, au fur et à mesure que les années passent, on se rend compte du résultat…
C’est comme si il fallait tout un travail préliminaire à un niveau ou à un autre de l’être, souvent à l’insu de notre conscience mentale, avant que le “coup de boutoir” décisif devienne possible, et se produise, passage soudain à un autre état de conscience.
De même, après que ce passage abrupt se soit produit, mais de manière seulement temporaire, il faut en général des mois, voire des années avant que les effets durables de ce passage ne se fassent sentir, d’abord de loin en loin, puis souvent, et puis finalement de manière pratiquement permanente, acquisition nouvelle devenue peu à peu “normale” pour notre conscience – tellement “normale” que, ne se rappelant déjà plus comment on était avant, on ne se rend même plus vraiment compte du changement énorme que le nouvel état stabilisé constitue!
Quelque chose qui m’a beaucoup aidée et continue à m’aider à comprendre et aussi à relativiser les différentes expériences que j’ai pu avoir au fil des années, et qui continuent sous toutes sortes de formes (comme celle de cette expérience très récente avec la Terre, Gaia, ou bien au niveau cellulaire), est la lecture des “Lettres sur le Yoga”, trois volumes de réponses par Sri Aurobindo aux lettres écrites par certains disciples pour obtenir des explications et conseils de sa part quant à leur vie intérieure, dédiée autant que possible au Yoga Intégral mis au point par Sri Aurobindo et Mère pour le processus d’évolution consciente rendu maintenant nécessaire par le nouveau pas évolutif commençant à se produire sur la Terre.
Lorsque j’avais lu le livre écrit par Satprem (un disciple français particulièrement inspiré, et écrivain) à la demande de Mère, sur Sri Aurobindo, livre pour lequel Satprem avait choisi le titre “Sri Aurobindo ou L’Aventure de la Conscience”, l’accent était évidemment sur Sri Aurobindo, et les expériences spirituelles décrites étaient les siennes; j’avais été extrêmement impressionnée, mais en même temps cela m’avait quelque peu découragée d’avance, car tout cela me paraissait tellement extraordinaire, je ne voyais pas comment les êtres humains ordinaires comme moi-même pourraient jamais avoir des expériences semblables. J’avais commencé à mesurer l’énormité des changements requis pour la transformation évolutive envisagée, et à moins de l’équivalent d’un miracle,  et même de miracles répétés, comment de tels changements pourraient-ils jamais se produire, par exemple en mon être?…
C’est dire à quel point j’ai été surprise et émerveillée lorsque, presqu’immédiatement apreès mon arrivée a Auroville, j’ai commencé à vivre de manière tout à fait inattendue des expériences spirituelles nombreuses et variées, tout à fait comme si un moteur intérieur s’était mis en marche!!! Ce ne sont pas des choses dont on parle habituellement à d’autres – et de toutes façons qui aurait eu la connaissance véritable pour m’aider? – Sri Aurobindo et Mere n’étaient plus là physiquement pour être consultés, alors je ne savais plus très bien où j’en étais ni à quoi correspondaient les choses que je vivais.
C’est là que les “Lettres sur le Yoga” m’ont sauvée, car souvent il y avait au moins un extrait ou deux de la description donnée par un disciple ou un autre de l’expérience intérieure à propos de laquelle il voulait des éclaircissements, et souvent je reconnaissais alors au passage un type précis d’espérience que moi aussi je venais justement de vivre. Les commentaires de Sri Aurobindo dans sa réponse en devenaient doublement intéressants, n’étant plus pour moi simplement théoriques et donc abstraits, mais tout à fait concrets, et une aide précieuse dans bien des cas.
Pour la débutante que j’étais, les “Entretiens” de Mère, ces commentaires, oraux mais enregistres, qu’elle avait donnés des années durant aux jeunes éduqués à l’Ecole de l’Ashram, ont été également une bénédiction. Comme c’était à des enfants qu’elle s’adressait, leur donnant, sous couvert de “classes de Français”, une compréhension de base de la spiritualité, c’était en termes tout à fait simples qu’elle s’exprimait, le plus souvent sans la terminologie indienne que Sri Aurobindo, lui, dans ses Lettres, s’adressant à des adultes imprégnés du langage traditionnel, était au contraire presque forcé d’utiliser.
Naviguant entre ces deux sources de renseignements dont j’avalais avidement pages et volumes, je me suis vite constitué des points de repère dans cet univers de la spiritualité où j’avais pénétré sans le connaître. De plus, faisant pleine confiance à Sri Aurobindo et Mère, ces deux guides intérieurs avec qui je me sentais de plus en plus reliée en profondeur bien qu’ils soient tous deux théoriquement “morts”, je n’hésitais pas à leur poser directement toute question à laquelle je ne trouvais pas moi-même rapidement la réponse dans leurs écrits. Et à ma grande satisfaction, chaque fois à nouveau émerveillée, j’obtenais toujours bientôt ma réponse, la réponse qui m’éclairait pleinement sur le point en question.
Ma familiarité grandissante avec tous ces textes a fait peu à peu de moi une véritable “spécialiste” aux yeux d’autres personnes d’Auroville qui avaient moins le goût ou prenaient moins le temps de lire. Ce qui m’a préservée, for heureusement, de devenir une redoutable érudite comme nous en connaissons tous, c’est que j’avais aussi l’expérience personnelle, et non pas seulement la connaissane livresque, de ce que j’étudiais, ce qui m’a toujours empêchée de tomber dans le dogmatisme trop facile aux simples théoriciens qui ne se rendent pas compte des nuances infinies que peut présenter l’expérience concrete bien vivante, de personne à personne.
L’importance de certains details aux yeux de Sri Aurobindo m’a appris à moi aussi à observer avec exactitude le déroulement d’une expérience pendant même qu’elle se produisait, puis à en prendre note avec la même exactitude. Ce qui me paraissait bizarre et incompréhensible sur le moment, mais que j’ai résisté à la tentation de supprimer ou de modifier dans mes notes s’est souvent révélé en effet par la suite un détail particulièrement signifiant et révélateur, une clé pour la compréhension précise de l’expérience.
Cet entraînement auquel je me suis ainsi délibérément livrée m’a été fort précieux plus tard, après 1984 (démarrage du “Laboratoire de l’Evolution”), quand j’ai commencé à véritablement tenir un journal de ma vie intérieure. Combien de fois me suis-je félicitée de l’avoir fait! Des expériences majeures qu’on s’imagine ne jamais pouvoir oublier s’estompent bel et bien peu à peu, ou bien leur déroulement réel ne reste pas tel quel dans la mémoire. On est bien étonné, parfois, en relisant ses notes, de voir à quel point nos souvenirs s’en étaient en fait écartés…
Comme l’a dit cette excellente clairvoyante J. pendant la Revue de mes Vies Passées (voir article récent), j’ai une capacité mentale extrêmement développée; cela devient un atout quand on est comme moi par tempérament, non seulement une mystique assoiffée d’expérience du Divin, mais aussi un chrcheur assoiffé de compréhension de chaque expérience en elle-même et de l’ensemble grandissant qu’elles forment à elles toutes. Et une fois que la compréhension est là, ce mental bien organisé me donne aussi la capacité d’expliquer à d’autres de facon variée ce que j’ai moi-même vécu et compris. Et depuis un an ce blog est venu s’ajouter comme nouveau moyen d’expression quand à ce processus d’évolution consciente qui est depuis plus de quarante ans toute ma vie, et devient jour après jour la vie d’un nombre toujours croissant d’autres êtres humains sur cette planète Terre en pleine transformation elle aussi…

Vues du Labyrinthe et de la Rosace de Chartres

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