Douces et Humbles Illuminations dans ma Chambre

Fragment of the ceiling, the chandeliers and t...

Fragment of the ceiling, the chandeliers and the baldachin of the bed, in the “Chambre de la Reine” in Versailles castle. (Photo credit: Wikipedia)

Une des raisons majeures pour lesquelles je me sens bien a Djaima dans ma nouvelle chambre, c’est que deux de mes objets favoris deja a Repos dans mon ancienne chambre, mis en place ici intuitivement, sans avoir eu le temps d’observer la lumiere tout au long de la journee, fonctionnent enfin a merveille:

L’un, un coeur en verre taille a facettes pendait comme il se devait depuis deux ans au bout de son fil transparent devant ma fenetre, a l’arriere de ma terrasse, mais il etait rare que le soleil arrive a l’illuminer et a le faire lancer des reflets diamantes dans toute la chambre. J’avais fini par presque oublier sa presence. De meme,  la cascade d’etoiles en materiau en fait phosphorescent se balancant au-dessus de mon lit attendait en vain depuis toujours que quelque lumiere vienne la “charger” et faire briller ses etoiles la nuit, je ne m’etais jamais meme rendue compte que ces etoiles etaient phosphorescentes et supposees briller  dans l’obscurite, c’etait juste les jolies couleurs pastel des etoiles qui m’avaient plu. et je les regardais parfois le soir avant d’eteindre,  plutot distraitement, sans me douter de rien.

Ces deux pauvres objets, le premier un cadeau si gentil de la part d’une Guest, et l’autre, achete avec enthousiasme par moi-meme dans un magasin de Pondy il y a plusieurs annees, etaient visiblement moroses et tristes de leur inutilite dans ma vie.

Ici, je ne sais comment, tout a change:

Un midi, reenant de la Cafeteria d’Aurelec comme souvent, au lieu de retourner comme d’habitude directement dans mon espace de travail, je suis allee d’abord “chez moi”, juste a cote. Passant sans m’arreter dans la salle a manger a l’exterieur, j’ai ouvert la porte de la chambre… et suis restee, emerveillee, debout sur le seuil: sous le soleil radieux arrivant du dehors par la grande fenetre, d’innombrables eclats de diamant tournoyaient lentement partout dans la piece, illuminant  en silence murs, sol et plafond de leurs arcs-en-ciel etincelants de beaute.

C’etait un spectacle veritablement feerique, qui m’a coupe le souffle et figee sur place pendant un bon moment. Quand je me suis a nouveau rappele de respirer, ce fut dans l’allegresse de cette decouverte inattendue: le Coeur en “Cristal” fonctionnait enfin!!! Mon propre coeur lui aussi en lancait des eclairs de gratitude pour la Grace Divine qui m’avait fait placer cet objet juste a la bonne place ici.

Il me semble que c’est le lendemain soir que l’autre petit miracle s’est manifeste aussi:

Mon matelas, place sur la plateforme surelevee en maconnerie prevue pour cela, est encadre aux deux bouts par mes deux traversins, un au pied, l’autre a la tete du lit. Ce matin-la, ayant mis de jolis rideaux du cote fenetre au pied du lit (au Sud), de part et d’autre du traversin de ce cote-la, et ayant suspendu ma cascade d’etoiles pastel en haut, au milieu de l’espace entre les rideaux, ouverts style “baldaquin”, il ne me restait plus qu’a me trouver une lampe de chevet, ce que je fis sans trop de peine, juchant une lampe legere sur un bout du traversin; pour mieux y voir quand je lirais au lit le soir meme, je relevai un peu la lampe, flexible. vers le haut. A propos du style “baldaquin”, tout a fait demode de nos jours, mais pas pour moi: j’aime enormement Versailles, et en particulier la Chambre de la Reine, ou j’irais sans probleme dormir si c’etait possible – des gouts de luxe, he oui, reminiscences d’autres temps, bien que maintenant je n’aie pas besoin de luxe veritable, je suis tres satisfaite de mes modestes  demeures dans cette vie-ci… et dans beaucoup d’autres entre-temps!

Cette nuit-la donc, ayant etrenne avec joie tout ce nouvel arrangement qui me plaisait bien, et ayant eu le grand plaisir de lire au lit dans un confort parfait, adossee au traversin surmonte d’un coussin, j’eteignis enfin la lumiere de la lampe de chevet, et m’installai dans le sens oppose, cote tete du lit (au Nord, expres), m’appretant a dormir.

Quelle ne fut pas ma surprise, ma tete une fois sur l’oreiller, de constater que quelque chose brillait encore au-dessus du pied du lit, qui n’etait pas la lampe de chevet, bel et bien eteinte; regardant mieux dans le noir, je vis que c’etait mes cheres etoiles qui brillaient doucement, paisiblement, en  jolie cascade partant du cercle ou elles etaient attachees!… je crois bien que j’ai un petit peu pleure de joie ce soir-la, devant ce second spectacle si inattendu – il ne s’etait jamais produit auparavant – et si bienfaisant pour mon etre interieur.

La, c’etait la place de la lampe de chevet, toute proche, et le fait qu’elle etait dirigee un peu vers le haut, qui  avait fait toute la difference, permettant aux etoiles de se “charger” efficacement et de reveler pour la toute premiere fois qu’elles etaient phosphorescentes! Elles le font bien sur maintenant toutes les nuits, car chaque soir je prends bien soin de laisser la lampe de chevet allumee avant meme que je vienne me coucher, comme ca, meme si je suis fatiguee et ne lis pas, j’ai droit tout de meme a ma cascade lumineuse qui amene chaque fois un bienheureux sourire sur mon visage…

Je sais bien que toutes ces etoiles ou lunes phosporescentes a suspendre ou a coller au plafond pour qu’elles y brillent la nuit, c’est pour les enfants tout ca, les adultes serieux n’ont plus que faire de ce genre de choses, pour eux c’est depasse, ou bien, mieux encore, ils n’en ont jamais eu le gout; mais pour moi c’est comme la mignonne petite lapine en peluche qui dort au pied de la photo de Mere a cote de moi: c’est quelque chose de mon ame qui s’exprime comme cela, symboliquement, et il est important que je la laisse s’exprimer comme cela, tant qu’elle s’exprime aussi autrement et de maniere moins enfantine (d’autres diraient”infantile”…!) et plus adulte le reste du temps. Pour Sri Aurobindo et Mere, loin d’etre des enfantillages a deconseiller, des objets symboliques apparemment risibles, mais servant de support materiel pour renforcer l’atmosphere interieure souhaitable de confiance enfantine dans le Divin, etaient parfaitement acceptables, voire benefiques pour l’individu qui sentait le besoin de le vivre ainsi. Un “besoin” dont il fallait bien sur pouvoir se passer le cas echeant, mais qui avait sa place dans la vie spirituelle…

Un petit clin d’oeil supplementaire de l’Enfant Divin Eternel ce soir-la: une luciole. mais oui, une vraie luciole, s’est mise a clignoter au coin droit de la fenetre, tout contre le rideau attache la! Je l’ai revue souvent depuis, luisant doucement, comme en echo a la lueur multiple des etoiles pastel… Ravissant!

Et pourquoi pensez-vous que je vous parle de tout cela precisement aujourd’hui?…

Parce que, hier soir, j’ai eu droit en prime a un vrai feu d’artifice miniature, la luciole – ou une de ses soeurs – volant joyeusement dans la chambre meme, telle une minuscule etoile tout a fait etincelante, egayant l’obscurite de son clignotement, ici ou la a chaque instant selon une fantaisie toujours impossible a prevoir – s’approchant carrement de moi, de mon visage, se posant  meme un bref instant sur ma main offerte, dansant sa farandole de lumiere pendant de longues minutes devant mes yeux incredules et eblouis, avant finalement d’aller se poser et, apres quelques clignotements de plus, de s’eteindre tranquillement. Alors moi aussi je me suis endormie… le coeur encore une fois plein d’une gratitude qui le faisait fondre de bonheur.

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