Ma “Dame a La Licorne”

Depuis  toujours pour ainsi dire, j’ai un contact interieur avec l’une des six tapisseries fort celebres que l’on peut admirer au Musee de Cluny a Paris, qui font partie de l’ensemble dit de “La Dame a la Licorne”.

La “mienne”, c’est celle ou la Licorne se regarde dans le miroir que lui tend la Dame, et sourit de joie, ses pattes de devant reposant en toute simplicite sur les genoux de sa Dame cherie.

Il se trouve que recemment ces tapisseries ont ete tout specialement restorees, puis remises en place au Musee de Cluny de maniere differente et innovante les mettant encore plus en beaute qu’auparavant. Le journal/magazine  francais “Liberation” a pour cette occasion publie sur Internet un article, accompagne d’une video; une amie aurovilienne de longue date, qui non seulement connait bien mon attirance particuliere pour cette oeuvre, mais m’en a elle-meme offert il y a quelques annees une reproduction partielle de bonne taille, m’a immediatement envoye bien sur des qu’elle les a recus l’article, et la video, que voici:

Peut-etre que certain(e)s d’entre vous ont reconnu la musique accompagnant la video: oui, c’est bien le theme de Hedwige, la jolie chouette de Harry Potter, par John Williams bien sur, le compositeur pour tous ces films. Je sais bien que, ainsi que l’explique Wikipedia,

Dans les films adaptés des romans Harry Potter, plusieurs tapisseries de la série ornent les murs de la salle commune des élèves de la maison Gryffondor11

Je les aime bien, ces films, mais pour tout vous dire, ca m’a choquee que quelqu’un ait eu l’idee saugrenue de choisir cette musique qui n’a en fait rien a voir avec le sujet de la presentation video, alors qu’il y a dans notre patrimoine culturel francais tant de belles musiques instrumentales ou vocales ou les deux, datant de la meme epoque que ces tapisseries, qui auraient pu etre utilisees plutot, rehaussant la somptueuse beaute et le symbolisme esoterique de ces allegories, meme si leur sens nous est devenu obscur.

Mais, plus important pour ce blog que ces remarques somme toute superficielles, qu’en est-il pour moi du symbolisme que j’attache personnellement en particulier a cette tapisserie precise que je prefere?

Bien sur comme chaque etre j’ai mon propre symbolisme intuitif, dans mon cas ne surtout de la demarche spirituelle integrale qui est ma vie depuis plus de quarante ans. Du fait que j’ai vecu dans une culture non occidentale, j’ai ete exposee  a des aspects tres reels du Divin total qui ne sont pas ou ne sont plus percus ni acceptes officiellement dans nos religions judeo-chretiennes extremement masculinisees. Ce qu’on appelle en Inde “la Mere Divine”, cette Presence Infinie, pouvoir createur du Divin, qui tient dans ses immenses bras d’Amour et de Lumiere tout ce qui est, est vite devenue pour moi une realite vivante avec laquelle plusieurs experiences interieures aussi fortes qu’inattendues m’ont mise en contact des les premieres annees de ma venue a Auroville, pres de Pondichery dans le Sud de l’Inde. Une devotion spontanee s’est alors developpee dans mon etre pour cette Realite feminine et maternelle de la Presence Divine, qui protege et guide notre vie ainsi que notre evolution individuelle si nous la laissons faire avec la confiance aimante absolue d’un enfant.

Un equivalent qui pourrait parler a une conscience occidentale de chez nous pourrait etre la seule Presence feminine encore admise et invoquee dans l’Eglise Catholique en plus du Triumvirat de la Trinite, bien que releguee en-dessous d’elle: la Vierge Marie, pour laquelle nombre de Catholiques ont encore une devotion puissante, irresitible et inalterable.

Dans les plus recentes apparitions mariales de par le monde,  Marie s’appelle elle-meme la Dame de Tous les Peuples, et veut interceder pour tous les etres humains, Pouvoir d’Amour Maternel seul capable de mitiger ou annuler toutes les catastrophes que les humains s’attirent par leur comportement erratique et devoye loin des chemins de la Lumiere Eternelle, pourtant reconnaissables meme en ce monde materiel supposement non divin.

Pour moi, dans mon iconographie personnelle, cette Dame a la Licorne est une representation symbolique de cette autre Dame du Royaume Divin, le Feminin Sacre dont les Chevaliers de l’epoque moyen-ageuse et courtoise se font les serviteurs fideles, et pour laquelle ils s’adoubent.

Dans ces six tapisseries le personnage meme de la Dame est chaque fois le centre d’interet predominant, dans chaque tapisserie elle est l’Acteur qui accomplit le Geste initiatique signifiant qui chaque fois va eveiller a la perception divine le sens physique correspondant – plus ce qu’il est convenu d’appeler “le sixieme sens”, expression bien connue en Francais pour designer la perception non physique, le sens interieur non limite par l’espace et le temps.

Ce “Sixieme Sens” dont beaucoup de gens ont l’experience d’une facon ou d’une autre meme de nos jours, mais qui n’est pas mentionne par la Directrice du Musee de Cluny lorsque dans sa presentation elle evoque cette mysterieuse sixieme tapisserie dont la presence trouble et derange apparemment le Materialisme de bon gout a notre epoque, ce “Sixieme Sens” donc s’explique de toute evidence par la Dimension Interieure qu’il nous ouvre, nous en permettant ainsi tout a fait naturellement l’acces, tout comme les cinq autres sens nous permettent d’acceder au monde exterieur sur le Plan Physique de notre corporalite.

Je ne vais pas m’etendre aujourd’hui sur cette Sixieme Tapisserie, car mon propos immediat est simplement d’eclairer pour moi-meme et pour les visiteurs de mon Blog le sens profond que je donne a la Tapisserie representant La Vue… celle que j’appelle “la mienne”, celle ou la Licorne se regarde dans le Miroir de la Dame, qu’elle-meme lui presente gentiment de sa main droite pour qu’elle puisse s’y mirer.

Ce qui est merveilleux dans ce Miroir de la Dame, c’est qu’on s’y voit tels que la Dame nous voit, c’est a dire beaux, beaux de la Realite Divine secrete qui est notre Realite eternelle et profonde.

Car qui donc est la Licorne?…

Mais c’est moi, bien sur! Moi, vous, nous tous, notre moi interieur, notre ame, toute faite de Purete divine simple et naturelle pour laquelle la sexualite n’a pas d’attraction – et c’est pourquoi, dirais-je, la Licorne est supposee dans la legende aimer la compagnie des vierges, seul echo dans notre monde humain de la purete interieure dont elle-meme est porteuse.

La licorne est encore tres presente a notre epoque dans la culture populaire, ainsi qu’en temoignent les nombreuses references mentionnees dans le texte suivant de Wikipedia:

Dans le premier tome de Harry Potter, c’est le meurtre des licornes qui fait découvrir la présence de Voldemort, et le même type de meurtre fait que la Reine des Sorcières cherche à s’emparer de l’étoile dans Stardust. Les licornes blanches mentionnées dans les romans de Terry Brooks furent capturées par des hommes qui les enfermèrent dans des grimoires afin de s’approprier tous leurs pouvoirs1.

Les licornes sont présentes dans le roman de Lord Dunsany, La Fille du roi des elfes, ainsi que dans La Tapisserie de Fionavar, ‘L’Histoire sans fin et le Monde de Narnia. L’œuvre de fantasy la plus connue est La Dernière Licorne, (The Last Unicorn), un roman de Peter S. Beagle publié en 1968, dont l’héroïne est une licorne. Les nouvelles Le rhinocéros qui citait Nietzsche et La licorne de Julie du même auteur (in Le Rhinocéros qui citait Nietzsche, The Rhinoceros Who Quoted Nietzsche and Other Odd Acquaintance, mettent aussi en scène des licornes. Les Dames à la licorne, roman de René Barjavel sorti en 1974. Le Signe de la Licorne, un roman de Roger Zelazny, dans le cycle des Princes d’Ambre, décrit la rencontre des protagonistes avec une licorne solitaire et blanche dans une forêt, l’animal ayant les sabots et la corne dorés. La trilogie de Lyonesse de Jack Vance mentionne une île au large de la Bretagne, où l’on trouve le Graal et la cité d’Avalon, ainsi que des licornes blanches utilisées par les famille royales. La Malédiction de la Licorne est un roman de Bernard Simonay, dans le cycle de Phénix, où l’héroïne porte la licorne sur son blason.

Saga Harry Potter

Dans la saga romanesque Harry Potter, les licornes sont décrites comme de puissantes créatures magiques difficiles à capturer, et leur sang, qui est de couleur argentée et brillant à la lumière de la lune, est un élixir de longue vie. Tuer une licorne est un acte ignoble et celui qui se risque à le faire ne gagne qu’une demi-vie maudite. Le sang de licorne permet de survivre même si l’on est sur le point de mourir, mais au prix de la mort d’un être pur. Les cornes de licorne sont de couleur argentée et font l’objet d’un commerce, tout comme leurs crins qui servent à la fabrication de baguettes et de potions. Les licornes elles-mêmes sont décrites comme de couleur blanche éclatante, avec des sabots d’or, de longues jambes minces et une crinière gris perle. Elles sont attirées par la délicatesse féminine. À la naissance, leur robe est couleur d’or pur, puis devient argentée vers deux ans. Leur corne pousse vers quatre ans et elles sont adultes à sept ans, âge auquel elles deviennent blanches2,3.

Toutes ces descriptions ont leur validite dans le monde interieur cree par leur auteur(e).

Dans mon propre monde interieur, ma Licorne a moi a l’aspect delicat, un peu enfantin de cette Licorne qui sourit de bonheur en se voyant dans sa beaute veritable, grace au Miroir que tient devant elle sa Dame bien-aimee,imgres sur les genoux de laquelle, assise sur ses pattes de derriere, elle a pose en toute confiance ses pattes de devant pour mieux se voir.

Quelle tendre intimite entre la Licorne et la Dame. Sa longue corne unique est son epee au service de la Dame, sa puissante energie consacree au Divin au lieu de se manifester en organe sexuel comme pour les animaux ordinaires du monde ordinaire.

Rien de reprehensible en la sexualite meme chez l’etre humain, si c’est un amour reel que cette sexualite manifeste sur le plan physique, un amour partage et librement consenti par les deux etres qui s’unissent ainsi.

Toutefois chez la Licorne dans ma mythologie a moi c’est une verite plus haute qui s’exprime, ou masculin et feminin ne sont pas separes, mais coexistent dans le meme etre comme c’est le cas pour ce que chacun de nous est dans sa verite au-dela de sa corporalite humaine temporaire.

Cette Licorne qui se mire avec joie dans le Miroir de la Dame Eternelle, c’est mon Moi eternel se reconnaissant pour ce qu’il/elle est vraiment: un des Enfants de la Dame, cheri par elle depuis toujours et pour toujours. et toujours relie a elle interieurement par cet Amour mutuel au regard souriant.

Voila pourquoi la grande reproduction partielle de cette Tapisserie qui m’a ete offerte orne le mur contre lequel est installe mon bureau: sa vue constante chaque fois que je leve les yeux est pour moi le constant rappel de cette Tendresse Eternelle constamment presente entre mon Moi vrai et ma Mere Divine, meme alors que je suis en mission ici sur Terre dans ce corps terrestre humain…

Grace au nouveau pas evolutif en cours, cette Realite plus vraie va s’incarner de plus en plus dans le monde visible… et elle va inclure aussi des Licornes, c’est sur!

Que cette boutade se revele un jour realisee me ferait le plus grand plaisir…

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