“MUOB”, ou ma NDE/EMI a Auroville, Avril 1975

Traduction de l’article originel en anglais: “MUOB”, or my NDE in Auroville, April 1975

https://labofevolution.wordpress.com/2014/07/19/my-nde-in-auroville-april-1975/

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A peine quelques annees apres mon arrivee a Auroville, je devins impatiente de la lenteur de notre progres collectif. Parmi les communautes auroviliennes existantes, je ne pouvais en trouver aucune ou l’intensite, le feu interieur pour l’evolution consciente et le Yoga Integral me semblaient etre encore vraiment vivants.

Seule une nouvelle communaute, demarree recemment sur les hauteurs entre deux canyons par un austere et rayonnant jeune homme venu de l’Ashram, avait encore de l’attrait pour moi, car en lui et dans ce nouvel endroit la flamme interieure me semblait etre encore bien allumee.

Il m’autorisa a me joindre aux quelques personnes elues qui vivaient deja autour de lui.

J’etais tres heureuse, et pendant environ six mois tout alla bien.

Mais a un certain point il me prit a l’ecart et me dit en prive, de maniere completement inattendue, que certaines tendances en moi n’etaient pas bonnes pour l’endroit et il allait falloir que je m’en aille .

Frappee de surprise et d’horreur, je le suppliai de me donner au moins quelque temps, ne serait-ce qu’un mois; dans l’espace de ce mois j’etais sure de pouvoir deraciner en moi quoi que ce soit de problematique qu’il ait a l’esprit comme rendant ma presence indesirable.

Il accepta de me donner ce mois de plus, apres lequel nous nous rencontrerions a nouveau, dans sa hutte, pour qu’il m’informe de sa decision finale.

Vous pouvez imaginer comment j’ai passe cet unique mois que j’avais pour me changer de maniere suffisamment convaincante pour gagner son approbation et etre autorisee a rester, ce qui etait expremement important pour moi: jour et nuit je faisais l’offrande fervente de mon etre et de quelque defaut que je puisse avoir au Divin , le Divin tel que j’etais deja entree en contact avec Lui/Elle dans cette gigantesque experience du 18 Novembre 1973: la Mere Divine. (Voir l’article precedent: https://labofevolution.wordpress.com/2015/11/29/a-nouveau-le-17-novembre-est-passe/)

Mais dans cet enorme Darshan d’Elle-meme que j’avais recu ce jour-la, le contact interieur avec Elle, l’intimite de sa Presence guidante avaient manque. En l’absence de cette direction interieure en direct d’Elle en moi-meme, j’avais fait une sorte de pacte secret avec Elle: je considererais ce jeune homme comme Sa voix pour moi, et quoi que ce soit qu’il me dirait je considererais que c’etait Elle-meme qui me le disait – certainement pas une solution ideale, mais a l’epoque je n’en voyais pas d’autre, alors c’etait la meilleure facon que je pouvais inventer pour recevoir, au moins indirectement, la Direction de Mere.

Lorsque le mois finalement toucha a sa fin, chcune de ses minutes ayant ete passees en ardente priere que je puisse rester, j’allai a la hutte de ce jeune homme et m’assis en face de lui en silence, attendant son verdict. Tous les deux nous etions dans cette position en lotus (en tailleur…) qui est si pratique dans ces huttes  pour s’asseoir sur un fin coussin directement sur le plancher, dans ce cas-la le plancher superieur de la hutte, a l’etage. Mon coeur battait violemment dans ma poitrine pendant qu j’attendais qu’il parle.

Apres une courte concentration muette, il me regarda droit dans les yeux et me dit, avec grande gentillesse mais aussi la fermete d’une decision finale:

“Je suis desole, il faut vraiment que vous partiez.”

Aucune reponse ne sortit de moi, car ses mots m’avaient frappee comme un couteau se fichant dans mon coeur. La douleur saisit mon coeur dans son feroce etau, douleur si aigue que je ne pouvais meme pas crier.

Je m’evanouis – tout devint soudain noir -, mes yeux se fermant par eux-memes pendant que mon corps assis devenait rigide  dans un spasme comme s’il etait gele.

Dans le noir interieur m’environnant maintenant de partout, la douleur etait la seule chose me rappelant que j’avais encore un corps; mais interieurement je pouvais sentir l’energie de vie refluer de tous mes membres, de mon organisme tout entier, refluant de plus en plus vite, vers mon coeur, le flot de l’energie de vie etant attire la irresistiblement, exactement comme vers un trou noir qui l’aspirait completement en dedans de lui: un trou noir de douleur atroce.

Ma seule pensee, emergeant de l’intense sentiment de desespoir qui me submergeait, etait ceci:

” Alors la Mere Divine m’a rejetee. Elle m’a dit “Non”. Ce lieu etait le dernier, le seul ou je sentais que je recevrais de l’aide pour progresser et m’ameliorer. Maintenant je n’ai plus nulle part d’autre ou aller. Je suis perdue. Ma vie n’a plus aucun sens. Je peux aussi bien mourir.”

Et dans l’etrange vacuite mentale de ce moment, un souvenir encore plus etrange soudain me traversa l’esprit…

De longues annees auparavant, encore enfant, j’avais lu une devinette, une blague amusante dans  “Selection du Reader’s Digest”:

”Le son que fait une explosion est BOUM. Quel est le son que fait une implosion?”

La reponse etait: “MUOB”.

J’avais aime ce son amusant, il m’avait fait rire, car il exprimait si bien ce qu’une implosion est en effet…

Et maintenant, dans ce moment que je ressentais tout a fait comme celui de ma mort imminente par implosion, voila que c’etait la seule pensee qui brievement me revenait a l’esprit, apres avoir ete totalement oubliee pendant des decennies:

“Eh bien voila, maintenant je suis en train de faire MUOB…”

Mon desespoir etait si total que ca m’etait egal d’etre en train de mourir. Je regardais simplement tout cela se passer, avec une indifference muette oppressante de douleur.

Ce qui subsistait de mon etre, je l’eprouvais de plus en plus comme une intensite de douleur et de desespoir comprimee a l’infini. Je devenais de plus en plus une sorte de pierre, une pierre noire, de plus en plus dure, de plus en plus minuscule, la douleur devenant de plus en plus intolerable a mesure que j’approchais du point ou je serais entierement avalee par le trou noir et disparaitrais dans le neant.

Au bord meme de l’annihilation, quelque chose en moi surgit soudain, aussi tenu que cela ait ete, quelque chose qui ne pouvait accepter. Accepter un tel sort, accepter que la Mere Divine m’avait rejetee, c’etait trop injuste, trop cruel:

“Mais Elle est ma Mere Eternelle! Elle sait tout de moi. Elle sait ma sincerite, Elle sait combien, de toutes mes forces, j’ai essaye!… Comment pourrait-Elle me rejeter? Ce n’est pas possible, Elle ne peut pas m’abandonner !”

Et dans un ultime elan d’amour pour Elle, et de confiance en son Amour, un appel au secours angoisse, un hurlement interieur jaillit vers Elle a travers le Noir Neant de Mort en train de m’engouffrer:

“MERE!…”

Instantanement je me retrouvai dans un immense, et pourtant intime royaume de merveilleuse Lumiere doree constituant tout, le paysage si beau, les etres memes qui etaient la – mais parmi eux moi, sous la forme d’une mignonne petite fille d’environ six ans, dans une jolie petite robe courte a volants, je n’avais d’yeux que pour Elle, ma Divine Maman, qui etait assise la a quelque distance, sur une sorte de trone fait de la meme merveilleuse Lumiere, et son Etre lui aussi rayonnait doucement de cette Lumiere, tandis qu’Elle ouvrait les bras vers moi, souriant d’un sourire si doux que je m’elancai en courant vers Elle, les bras avidement tendus, et je me jetai sur ses genoux en confiance totale et joyeux abandon. J’etais chez moi enfin, avec Elle.

Du moment eternel qui suivit, je me rappelle seulement l’Unite beatifique entre nous, et comment Elle me reconforta, riant doucement, me disant que bien sur Elle ne m’avait jamais rejetee du tout, et ne le ferait jamais, c’etait une impossibilite, mais a ce stade-la de mon existence humaine toute cette douleur avait ete necessaire pour que ma conscience atteigne finalement l’intensite de besoin voulue pour me faire passer dans cette autre Dimension et venir dans ce Royaume de Douceur d’Amour lumineuse, qui penetrait tout, ce Royaume en lequel nos ames ont leur Origine, et qui est notre chez nous veritable entre nos temps de vie sur Terre ou ailleurs, lorsque nous faisons l’experience d’etre un Humain dans un corps physique humain.

Je me laissai fondre en Elle, en son Amour, j’etais sienne pour une heureuse eternite dans laquelle aucun sens de temps qui passe n’existait du tout.

Et soudain ma conscience se retrouva de nouveau dans cette hutte, a l’interieur de mon corps toujours assis la, rigidement immobile en face du jeune homme egalement toujours assis la. J’etais dans un etat de parfait bonheur et tranquillite.

Il me regardait avec stupeur et une sorte d’effroi, completement abasourdi, apres avoir probablement vu les extremes changements qui avaient du se produire sur mon visage, exprimant  les extremes changements d’etat interieur dont j’avais eu l’experience. Je ressentis de la compassion pour lui, qui avait ete le temoin de tout cela sans savoir ce qui se passait en moi. Je ressentis de la gratitude aussi, pour le role qu’il avait joue sans s’en douter dans ce merveilleux changement de dimension dont j’avais eu l’experience: en me poussant jusqu’aux extremes limites du desespoir et de la mort, il avait ete l’instrument utilise par la Mere Divine pour obtenir ce resultat. Je lui souris avec douceur et dis:

“Donc, il faut que je m’en aille?… Bon. Pas de probleme. Je peux aller n’inporte ou, cela n’a pas d’importance. Y a-t-il un autre endroit d’Auroville que vous suggereriez?”

En effet, l’endroit n’etait plus important, ni meme lui, le jeune homme, maintenant que j’avais mon contact interieur avec ma chere Mere etabli en toute securite a l’interieur de moi, accessible directement pour m’y referer.

Pendant un moment il ne put en croire ses oreilles. C’etait une personne transformee qu’il regardait et ecoutait. Le changement avait ete si abrupt qu’il en etait tout deconcerte. Finalement il parvint a me dire effectivement le nom d’une autre communaute ou l’on avait besoin de quelqu’un pour prendre soin de l’endroit, la personne precedente etant recemment partie.

Et je suis donc allee la, avec mon beau et doux secret cache en moi… le secret de cette presque mort par crise cardiaque, et de ma visite au bienheureux chez nous dans la Realite derriere celle-ci…

 

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