Ode au Ventilateur de Plafond

Qu’il est doux, qu’il est doux, lorsque l’Ete commence,

Qu’il est doux de pouvoir s’allonger simplement

Sur le lit, les coussins, la natte, pas d’importance,

Et la, de se laisser rafraichir par ton vent!…

Qu’il est doux de sentir ton vent nous caresser

Et nous faire revivre, et cela meme alors

Que le temps ne fait pas d’effort pour se presser

Et qu’il ne vient non plus nulle brise au-dehors!

L’Ete, l’Ete indien, ce n’est pas de la blague,

Surtout quand on n’est plus a la plage, a “Repos”,

Comme Brigitte Bardot jadis en sa “Madrague”…

Deja, des que l’on sort il faut mettre un chapeau!…

Bon, ce n’est pas encore carrement la fournaise,

“Le fond de l’air est frais” peut-on se dire encore

Le matin au reveil, ou quand on est a l’aise

En scooter ou moto, et que le pauvre corps

N’est pas sur un velo, pedalant dans l’espace,

Et donc se rechauffant, meme en restant assis,

Force de s’activer des que l’on se deplace,

A moins qu’il ne se trouve en taxi, et “AC” !

Mais l'”Air Conditioning”, c’est parfois un peu trop,

Du moins a mon avis, car on s’y habitue:

Quand on sort de cet air confine de metro,

On retrouve l’air chaud, et le contraste tue…!

Ayant bien depasse l’age de la retraite,

Je me sens libre enfin de travailler pourtant,

Car a ce qui vraiment me passionne, et en fait

Ce que j’ai grand plaisir a faire tout le temps,

Ce qui me plait, m’excite, me stimule et m’amuse,

Bien que pour d’autres gens ce serait dur travail,

Quand pour moi simplement c’est ecouter ma Muse

Et qu’a moi leur travail ne dirait rien qui vaille!…

Alors, selon les jours, parfois je me prelasse;

Si je n’ai rien a faire d’urgent dans mon bureau,

Chez moi je fais ce dont jamais je ne me lasse:

Chanter, danser, ranger, ou bien baigner dans l’eau

Agreablement tiede ou se meuvent mes membres

En la forme-baignoire creusee sur le balcon,

Son bloc equilibrant, au-dela de ma chambre,

Par son ciment lisse de si douce facon,.

La vaste plate-forme ou se trouve mon lit…

L’encadrent mes deux tables “a creativite”,

L’une ou trone un grand Jeu, et puis l’autre, ou je vis

Un autre jeu encore, une autre activite:

Devant le haut miroir orne de mes bijoux,

Bracelets et colliers aux multiples couleurs;

Chaque matin je viens, je m’assieds, et je joue

A assortir habits a rayures ou a fleurs

Avec les accessoires qui vont les faire chanter:

Boucles d’oreilles, bagues, barrettes ou elastiques,

Tout cela amplifie l’harmonie enchantee

Ou l’or peut se marier meme a l’humble plastique,

Et tout l’ensemble est beau, amenant le sourire,

Ou bien parfois, expres, j’ajoute une casquette,

Et tout devient cocasse, et je pars d’un fou-rire!

Car les deux  sont, au choix, le but de cette quete…

Plus loin, dans le passage, mon orgue electronique,

Bien vieux sous son tissu, fait encore impression,

Quoiqu’il n’en sorte, helas, plus jamais de musique:

L’air salin l’a rouille, il n’est plus qu’illusion…

Mais, heureux de servir d’appui au grand classeur

Dont les pages multiples sont celles de ces chansons

Que depuis quarante ans je compose, o bonheur,

Il participe encore, bien que sans aucun son,

A cette irresistible expression de mon ame,

Source eternelle de l’Eau-de-Miel a boire enfin

Qui jaillit autrefois a l’eveil de sa Flamme,

Flamme eternelle d’Amour ardent pour le Divin…

C’est ainsi qu’allongee maintenant, je compose

Ce poeme inspire par le ventilateur

Juste en dessous duquel ce matin je repose,

Tout a la joie d’ecrire en poete amateur!

Je vous entends d’ici: “Ces vers sont ridicules:

“Ode au Ventilateur”?! Mais il faut etre fou!…”

Et pourtant, regardez, j’ai mis une majuscule,

Car TOUT est le Divin, prenant forme pour nous,

Pour nous aider, le temps que nous passons ici:

Meme un ventilateur, c’est le Divin cache,

Et les autres objets que nous faisons, aussi,

Ainsi que pierres et plantes, et bien sur, animaux;

Par trop forte chaleur, notre vie est gachee…

Un bon ventilateur nous epargne ces maux!

Et voila la raison veritable pour quoi,

En depit du bon sens habituel des humains,

Divin Ventilateur, ce poeme est pour toi:

Ressentant mon amour dans ma voix et mes mains,

La conscience endormie en toi va s’eveiller,

Lentement la conscience en toi va me repondre,

Tous mes autres objets, je les sens essayer,

Lentement l’illusion nous separant va fondre,

L’Unite Vraie du Tout, nous la retrouverons!.

Deja je la ressens, si simple et si precieuse,

De plus en plus souvent; Cela, nous le serons,

Cet Un qui est Amour, Liesse silencieuse…..

 

 

 

2 Comments (+add yours?)

  1. Namah d'Auroville
    May 06, 2016 @ 07:03:16

    Que ce poème me touche, connaissant chaleur indienne et Ventilateur, et Bhaga en son coeur et en ses couleurs, multiples et harmonieuses! Les grands êtres se cachent dans leur humanité profonde, sans bruit ils travaillent, sous le Divin Fan. Namah d’Auroville.

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    • Bhaga
      May 06, 2016 @ 08:14:37

      Et que ce si joli commentaire me touche donc lui aussi! Merci tout plein a la gentille “collegue” et amie qui me l’envoie de France, ou l’arrivee incognito de cette fee amoureuse du froid a carrement fait neiger une derniere fois, a sa grande joie!… 😀

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