Trois mois de Silence…et de Yoga Intégral

(TRADUCTION EN FRANÇAIS DE L’ARTICLE PRÉCÉDENT EN ANGLAIS)
Trois mois, oui, trois mois complets entre mon article le 18 mars de cette année et le prochain que j’ai publié, le 18 juin exactement, mais sans le faire exprès.

Et me voilà, ayant laissé passer à nouveau deux mois avant de publier un autre véritable article complet, il y a deux jours.

Qu’est-ce qui m’a empêché d’écrire pour tout ce temps ??? Pourquoi est-ce que je publie si rarement ces temps-ci? …

Est-ce que rien ne s’est passé, dans ma vie, dans mon travail, dans mon évolution  personelle ou celle d’Auroville, ou celle du monde, qui valait la peine d’être partagé avec vous tous qui vous intéressez au Yoga Intégral de Sri Aurobindo et de la Mère ou, plus généralement, à l’Évolution Consciente ?…

Au contraire, chers amis: trop se passait.

Et une grande partie de tout cela ne pouvait pas être mentionné … Ou pas encore.

L’évolution consciente n’est pas une plaisanterie, ni une question de trucs passionnants au «partage» automatique sur autant de médias sociaux que possible. Ce n’est pas une question de popularité et de ‘Likes’. C’est une question de progrès intérieurs très humbles – et ensuite, souvent aussi, de rechutes dans les vieilles habitudes – jour après jour, minute après minute, à tous les niveaux de votre être, à tour de rôle ou simultanément, y compris, dans de plus en plus de personnes, le niveau cellulaire dès que celui-là décide également de participer.

Et même des progrès importants ne sont pas du tout à claironner, la divulgation prématurée du nouvel événement interne expérimenté peut très bien l’empêcher totalement de continuer, ou minimiser ses effets. Car en en parlant, vous dissipez effectivement l’énergie que ce nouvel événement intérieur contenait en lui-même pour son développement ultérieur en vous; si cette énergie est gaspillée dans une expression trop hâtive, les résultats supplémentaires sont réduits ou ne se développent jamais du tout. Il reste alors un événement unique que vous devrez peut-être attendre longemps pour qu’il se répète … et, espérons-le, se développe cette fois, si vous vous tenez coi! Pour combien de temps? … Eh bien, pour autant de temps qu’il lui sera nécessaire pour vraiment s’installer en vous et s’établir dans votre vie pour de bon.

Ce qui ne veut pas dire que ces nouveaux progrès ne peuvent être à nouveau remplacés par une récurrence d’un trait de personnalité antérieur que vous croyiez avoir été surmonté… mais au moins la récurrence de l’ancien mode ne sera qu’un problème temporaire, et non plus régulier, et ce sera déjà un soulagement considérable, ainsi qu’un encouragement très puissant pour l’avenir, pour les autres victoires similaires auxquelles on peut encore s’efforcer par la suite, avec l’aide de la Grâce divine.

Dans ce Yoga Intégral où le but n’est pas seulement, comme dans les formes traditionnelles du Yoga, la réalisation centrale de son Soi vrai et divin, mais aussi une transformation progressive de l’être complet, aussi dans ses parties extérieures, y compris le corps physique, la Réalisation centrale peut être là depuis longtemps avant qu’une amélioration réelle de la nature extérieure puisse également être observée, et l’on peut ne pas sembler être une personne spécialement spirituelle pour l’œil des autres pendant longtemps, bien que beaucoup à l’intérieur se soit déjà produit, des expériences internes nécessaires à la spiritualisation complète de l’être.

Il faut donc énormément de patience, de persévérance et de foi en le futur résultat dans ce long processus de transformation qui caractérise la nouvelle approche, évolutive, pour laquelle le Yoga Intégral a été créé.

C’est exactement ce que la citation de Sri Aurobindo sélectionnée à l’Ashram comme le Message pour le Jour de Darshan du 15 août, Anniversaire de Sri Aurobindo, a souligné  avec grande force:

“Dans le Yoga comme dans la vie, c’est l’homme qui persiste inlassable jusqu’au bout
Face à toute défaite et désillusion et tous événements et pouvoirs opposés, hostiles et contraires,
C’est lui qui conquiert à la fin et trouve sa foi justifiée
Parce que pour l’âme et la Shakti dans l’homme, rien n’est impossible.”

– Sri Aurobindo

Et tout du long, le Divin Compagnon se révèle être, encore et encore, dans une circonstance après l’autre, le seul ami totalement fiable, dont l’Amour inconditionnel et la Compréhension infinie ne nous laisseront jamais tomber, quelle que soit la faute que l’on puisse faire.

Mais, bien qu’une telle affirmation puisse sembler présenter ce Chemin comme très solitaire, en réalité, c’est tout à fait le contraire que l’on trouve par expérience être vrai: ce Chemin, suivi en la Compagnie Divine de plus en plus constante, devient de plus en plus doux, de l’ineffable, enivrante Douceur de cette Présence Divine, en même temps de plus en plus intime et pourtant de plus en plus pleinement aussi en toutes les parties extérieures de son être… tout en remplissant également tout ce qui est «extérieur» à soi-même, comme un océan infini de Délice Aimant, par lequel l’être entier est de plus en plus imprégné et progressivement transformé… Même si l’on avait du mal à aimer les «autres» auparavant, eux aussi commencent à être sentis comme d’autres formes du même Être Divin et aimés comme tels…

Quelle pure bénédiction  que d’avoir découvert en 1971 ce merveilleux Chemin de l’évolution consciente à travers ce Yoga Intégral… Ma gratitude infinie et intense va à Sri Aurobindo et à la Mère, qui ont rendu cela possible, et aident à chaque pas de ce Chemin, faisant de lui véritablement ce qu’ils appelaient “La Voie Ensoleillée”…

p-sunlit-path

Three Silent Months… of ongoing Integral Yoga

Three months, yes, three full months between my post on 18th March this year and the next one I posted – on 18th June exactly, although unwittingly.

And here I am,  having again let two months pass by before I posted another full article, just two days ago.

What stopped me from writing for all this time??? Why am I posting so rarely these days?…

Did nothing happen – in my life, in my work, in my own evolution or that of Auroville, or that of the world – that was worth sharing with you all interested in Sri Aurobindo and Mother’s Integral Yoga or more generally in Conscious Evolution?…

On the contrary, dear friends: too much was happening.

And much of it couldn’t be spoken about… Or not yet.

Conscious Evolution is not a joke, or a matter of exciting stuff and automatic ‘sharing’ of it on as many social media as possible. It is not a question of popularity and ‘Likes’. It is a matter of humble inner progresses – and then often relapses too, into old ways – day after day, minute after minute, at all levels of your being, in turn or simultaneously, including in more and more people the cellular level too, whenever that too decides to join in.

And even major steps forward aren’t at all to be trumpeted around, for a premature disclosure of the new inner event experienced may very well  make it stop altogether, or minimize its effects. By speaking about it, you are in fact dissipating the energy that this new inner event contained within itself for its own further development in you; if that energy is wasted in too early expression, the further results are curtailed, or they never develop at all. It remains then a one-time event which you may have to wait a lot for it to repeat itself… and hopefully develop further this time, if you keep quiet about it! For how long?… Well, for as long as it needs for really settling within you and establishing itself in your life for good.

Which is not to say that those new progresses cannot be at any time replaced again by some recurrence of a previous personality trait you believed had been overcome… but at least the recurrence of the old pattern will be only a temporary problem, not any longer a regular one, and that will be already a considerable relief as well as a very powerful encouragement for the future other such victories one may be still striving for, with the help of the Divine Grace.

In this Integral Yoga where the aim isn’t only, as in the traditional forms of Yoga, the central realization of one’s true, divine Self, but also a gradual transformation of the full being in its outer parts, including the physical body, the central Realization may be there since long before an actual improvement in the outer nature too can be observed, and one may not seem to be much of a spiritual person to the eye of the others for quite some time, although inwardly a lot may have already happened of the inner experiences needed for the later full spiritualization of the being.

So a lot of patience, perseverance and faith in the future outcome is necessary in this long process of transformation that characterizes the new, evolutive approach for which the Integral Yoga was created. This is exactly what the quotation from Sri Aurobindo selected at the Ashram as the Message for August 15th Darshan Day, Sri Aurobindo’s Birthday, underlined quite emphatically:

‘In the Yoga as in life it is the man who persists unwearied to the last
in the face of every defeat and disillusionment and of all
confronting, hostile and contradicting events and powers
who conquers in the end and finds his faith justified
because to the soul and Shakti in man nothing is impossible.’

– Sri Aurobindo

And all along the Divine Companion is repeatedly found, in one circumstance after the other, to be the only totally reliable Friend one has, whose truly Unconditional Love and Infinite Understanding will never let one down, whatever mistake one may make.

But although such a statement may seem to present this Path as a very solitary one, in reality it is the very opposite that one experiences as true: this Path, when followed in the more and more constant Divine Company, becomes sweeter and sweeter with the ineffable, intoxicating Sweetness of that Divine Presence, at the same time growing more and more intimate and yet filling more and more fully also all the outer parts of one’s being…. while filling up as well all that is ‘outside’ of oneself, like an infinite Ocean of Loving Bliss in which one’s entire being is more and more suffused, and gradually transformed… Even if one had trouble loving the ‘others’ before, they too start being experienced as other forms of the same Divine Being, and loved as such…

What a pure Blessing to have discovered in 1971 this wonderful Path of Conscious Evolution through this Integral Yoga… My infinite, intense gratitude goes to Sri Aurobindo and the Mother who made this possible, and are helping at every step of the Way, making it truly what they called ‘The Sunlit Path’…

p-sunlit-path

 

 

 

 

 

 

 

A True Story, a Difficult but Beautiful One…

pere-fils

(ENGLISH TRANSLATION OF THE PREVIOUS FRENCH ORIGINAL POST)

Being since childhood the intimate friend of the second daughter in a family close to mine, I have been able to follow through her the inner vicissitudes of her father’s life, with the important repercussions they have had on other members of that family, especially the son, her younger brother. The case of this father and son, and their inner itineraries, seems to me so interesting – and indeed so moving – that I wish to present it here today:

As my friend and her elder sister – at that time the only two children of the radiant young couple their parents formed – had originally known him,  their father was very kind, indulgent and tender with them, even enjoying making them laugh as often as possible. He was happy then, at the dawn of a promising career he truly loved, in this French West Africa (the old A.O.F.) that no one suspected was living its last decades. He was gloriously graduating from “Colo”, as it was familiarly called, one of the renowned French ‘Grandes Ecoles’: the famous “Colonial School” where the future “Administrators of Overseas France” were receiving the more than encyclopedic knowledge that they would need for all those most varied and unexpected situations they could possibly have to face once in the heart of Africa.
Throughout her childhood in Africa then, the only occasion when my friend had seen her father really angry was when she inadvertently put him in an embarrassing situation while he was in the exercise of his duties, having presided over the Distribution of the Prizes at the end of the school year, and preparing to be taken back to their home:
The official car was waiting (with him in it …) for his two little girls (including my friend…) to have joined him as soon as they finished singing the last song with the rest of the Choir. Her elder sister, as she was older, had recalled the instructions to rally the car without delay, but she, being too young still, had forgotten … As she, smiling, suspecting nothing, finally came to the car, her father had already at long last sent away the brass band gathered as usual to salute his official comings and goings, and had ordered that the soldiers also quit standing to attention. What a public humiliation for him that he had made everyone wait for him by the fault of such an unconscious and irresponsible
little girl! …  My friend, making herself very small in one of the corners of the car, had seen him mute with fury in the other corner, and he had remained that way throughout the journey. Even when back home, he had not quieted down and not loosened his teeth for the rest of the day, not even talking to his wife – and my friend, despite her young age, realizing for the first time the important role of her father, had also realized with amazement and a certain fear that this silence was the only way he had found to prevent his intense anger from exploding in a way he would later regret .

Years later, my friend remembered this incident, she said to me, when this obstinate silence became her father’s permanent and desperate attitude to keep as much as possible under control the helpless rage which had been in him since the so sad results of Decolonization in ex-French Africa:

He had somehow accepted the interruption of his own career in full swing, plus the grief of separation from all those peoples he loved and who loved him so much that they had implored the officials, but in vain, that he would be allowed to stay; he had done his best also to shrink to the size of “the Métropole”, this France which now could only offer him work within its own borders, and of a bureaucratic kind, honorific certainly, and well paid, but that he had ended up rejecting, because his heart was not in that kind of work, and he preferred to be content with an early retirement – half a retirement pension only, therefore, for the life of the entire family – rather than continue this bureaucratic farce, for him unbearable after the free and vast life he had known, and had originally chosen.


What had completely annihilated him, however, was not so much his personal misfortune as the much bigger one he could see unfolding abroad: all those countries he had cherished and helped as well as he could before, falling one after the other into chaos after their Independence, the small tribal chiefs resuming their reciprocal wars and ruining everything in their way. As this disaster became more widespread, my friend saw her unfortunate father helplessly watch the destruction of all that his life had contributed with so much love to build, his poor life now having itself become useless and meaningless, in a world that also seemed more and more meaningless.
After several years like that, he had taken refuge like a recluse in his own apartment, the apartment he had at least been able to buy, providentially, on his return from Africa, for himself and his family, in a beautiful part of the Parisian far suburbs. Instead of looking for the company of the other ex-administrators who had also come there, he came out only for the groceries needed by his wife, and for the Sunday Mass, which was always dear to his heart, for he had always been very pious and found some comfort in his faith, still intact despite all these trials.


But the misfortunes that had befallen him were not yet over: another element in his life which had hitherto been another source of comfort and even hope – that long-awaited son, born at last just a few years before the final departure from Africa – suddenly became for him, as that son was growing up, the very opposite of comfort and hope ….
As long as he was little, this beloved son had of course corresponded to the gift of heaven that his father saw in him; but becoming more and more himself with his own qualities and defects, he corresponded less and less to the expectations that his father had of him as of the son who was going to “continue the lineage” (Khalil Gibran and his famous “Your children are not your children, etc…” were not yet known !…) and to make his parents proud in the same way that he himself, his father, had made his own parents proud…
The son became, little by little, without realizing it, the living negation of all that his father had expected – and the father, very disappointed, suffering terribly from this very unpleasant but increasingly obvious fact, about which again he could do nothing, felt his love for his son being put to a severe test.
Though gifted for a lot of things, the son, when becoming a teenager, did not make the choices his father would have made in his place, and his father, in spite of himself, was increasingly angry with him for being so different from himself psychologically, and on the contrary, in some respects, so similar to some other adults whom he had never appreciated much.

The relationship between the father and the son inexorably deteriorated, despite all the efforts of the father to remain a father worthy of the name, that is to say, full of love, just as he had been before for his daughters .
 And, added my friend, she and her elder sister, now grown-up, were no longer there to  act as buffers and try to remedy the situation. Her father had always had great respect and appreciation especially for her, to the point of keeping quiet when more than once she had reprimanded him indignantly after he had occasionally poured out his murderous mood upon his wife or some other person present: harsh and hurtful words had become his specialty as soon as some visit forced him to leave this solitude in his closed room and this silence… that he was imposing to himself, precisely, to try to prevent those overflows! …
But the first daughter had married; as for my friend herself, the younger daughter, she had had to go to another region of France for her first post as a young High School Teacher, and that, before this antagonism from the father towards the son (still small then) had become manifest; so that she knew nothing of what had followed her departure. it was only during a visit by her whole family in the town where she taught that, during the meal at the restaurant offered by her father with all his best intentions, he lost control over his words to his son, and my friend was a direct witness to the odious manner in which her father ridiculed and humiliated the poor adolescent as if by pleasure, even in that public place and in front of her. Outraged, she jumped up and threatened to leave the table and the restaurant if her father did not immediately stop this detestable behavior.
The father, ashamed, returning to himself thanks to his daughter’s indignant outburst,  behaved normally throughout the rest of the meal, but when they finally left her to return to Paris, her heart was heavy and she did not know any more what to do:
She could exactly understand, alas, how her father, in his own endless suffering, always  repressed for so many years, and then redoubled by his son, so disappointing for him, whose mere presence was a constant and
ill-restrained irritation (Elizabeth Kübler-Ross was not yet famous, it was not known that banging hard on old directories or thick pillows is a great way to void all the accumulated suffering that might otherwise spill out as violence in one form or the other). And yet my friend could neither excuse the conduct of her father nor leave her unfortunate young brother in such a deplorable situation.
But in fact what could she do, when she herself had no right to legally claim the child’s custody, and she felt barely able to truly educate herself, she who was so intensely  searching for the meaning and purpose of life, beyond the spontaneous and sincere but still too limited faith of her own youth?
She had rejected the golden cage of an “ideal” marriage already planned, that would have prevented her from remaining herself; she had no home, no real family to offer to her brother in this young age where he still needed that …
It had been a very painful heartbreak for her, my friend
confided to me, thus having to choose, so young still herself, between trying to rescue her younger brother, or continuing to explore alone her own life, able as she was to start discerning in it a course and a direction totally off the beaten track –  a direction deeply fascinating and appropriate for herself, certainly, but very likely not right at all for her brother, who already had become for her, in just those few years of separation, almost a stranger…
Finally, she decided not to intervene in her family, even temporarily during her holidays, for all the reasons already expressed, but also because of her various idealistic political commitments in the region of her High School: because they demanded she constantly be physically present on many fronts where peaceful but crucial demonstrations also needed her, so that human societies became, precisely, less absurd and less painful…

Meanwhile her brother ended up being able to lead his own life as he saw fit, living from his majority on away from his family and his father’s opposition, partly thanks to the discreet  (or even secret?) financial help of his mother. My friend, his second big sister, never came to know exactly how all these difficult years went for him, but afterwards she had the opportunity through her work to visit her parents, now elderly, and alone. She was able to see that their father, himself freed at last from his own internal conflicts, no doubt at the price of intense and humble prayers, had succeeded in becoming once again the smiling father of the past, now full even of remarkable compassion for others, where previously sarcastic words would have escaped him, during the time of his descent into hell; and my friend had greatly rejoiced at this inner cure which she had  not dared to hope for. But no one ever mentioned her brother, so she did not do it either, not wanting to risk reawakening painful memories for her parents too.
Later still, the Divine Grace caused her one evening to be there, arriving at their home unexpectedly, just at the moment when their father, already ill for a year, was taken to the hospital.
The next day, while he was preparing to die in his hospital room, my friend noticed that
despite the presence of several other relatives who had come in haste, he was paying particular attention rather to what he seemed to already perceive of what we call the Beyond: his eyes looking up, towards the ceiling, he was smiling with such happiness that he radiated inner beauty. The simple vision of his face in this beatific state filled my friend with the same ineffable happiness, emanating from these spiritual dimensions of total Reality which she had herself discovered by learning to direct her consciousness inward, into the calm and silence of the depths of her being. Visibly, she said to herself with tears of joy in her eyes, her father, if he died, would die at peace with himself, whether or not he had succeeded in making peace with his son too; and that would be right, because he had truly done the best he could, despite the difficult challenges he had put on his program for this lifetime now close to its end…
As the next day her father seemed to be getting better, my friend took the time to visit, in another town, a place she had seen in a trance as the place where, in another of her human incarnations, she had taken a very bad decision, whose influence beyond time weighed like a heavy ball and chain on her life this time around. Arriving on the spot, she recognized the place in its smallest physical details, although she had never gone there before in this life. Throughout the visit she also felt her father’s presence with her – which suddenly made her understand the unconscious karmic bond that had brought them together in this life, and that, she felt, was now finally resolved.
When she returned to her mother, her mother told her that her father had finally died that very afternoon… “Exactly at the time when his presence came to accompany my visit there!”, m
y friend said to herself with gratitude, and the emotion of seeing her previous inner perception confirmed by the facts.

For the funeral, the whole family was there – except her brother. Although informed of course, he had decided not to come. Still too much suffering in him, and resentment…? Some were shocked, but my friend openly took the side of her brother, because having even a faint idea of ​​what their father had made him suffer before, she was not at all sure that, had she been in the place of her brother, she herself would have been able to forgive, and to come. Moreover, he had practically never known his father except in this terrible state, for his earlier, happier memories were too far away for him to remember them so that they could counterbalance the harsh reality that had followed. And he had no way either of knowing the “mitigating circumstances” that would have enabled him to understand how, through too much suffering piled up inside himself, his unfortunate father could have come to such a terrible behavior…
A few years later the brother’s and sister’s paths finally crossed again, she was pleased to see that her brother had succeeded in preserving his own integrity and had not totally hardened since the long ordeal in his young years.
However, their rare encounters were never alone with each other; so much so that they were never able to speak with each other about what each of them had experienced in the years after their separation, which had counted for him or her.

But here are some latest news of importance:
My friend, last year, a few days before her brother’s birthday (which is this time of the year), had the great surprise of suddenly feeling their father’s presence again, she said, where she lives.

Without words spoken, just by telepathy, he made her understand that he was asking her to help for his reconciliation with his son. The suffering of this painful past had lasted long enough, it was time to finally let it dissolve in forgiveness.
For that anniversary of her brother, my friend has not had the courage, she confessed to me, to speak to her brother, neither of this visit nor of the prayer expressed by the consciousness of their father. And over the following year, taken by her usual responsibilities, she more or less forgot about both visit and request.
But this year, just a few days ago, the consciousness of their father had contacted her again – earlier, so that she would have enough time to explain everything to her brother before his birthday (the day on which the soul of each individual is more open to true Love and its Light). He said that forgiveness would be beneficial not only for his own being as the ex-father but also for the inner being of his son: he had to free himself, cleanse himself, alleviate himself from all that past. Bitterness was one of the causes contributing to his aging earlier and faster than he would have without this weight of the past – and my friend had the very clear impression that there again, just as between this same father and herself, between these two beings too there had been in fact an agreement before their births, that in this lifetime they would come together in order to try and learn to forgive – including to forgive oneself one’s own mistakes and failures, often programmed actually on purpose: their future father had agreed to be for a time the apparent “villain” whose ill-treatment of his future son would be in truth meant to try and help his future son achieve inwardly what the son himself wanted for this life: to develop as much as he could the capacity of true Love, and thus of true Forgiveness – without which no one can really regain one”s original divine nature…

I think my friend has finally found an indirect way of telling all this to her brother, whose birthday is fast approaching … Will she succeed in touching him, convincing him? Perhaps he has already forgiven to a certain extent, and he needs only to perfect the inner peace which this almost complete forgiveness has already begun to bring to him? He is the only one to know, and to be able to decide what remains for him to do for this posthumous reconciliation with the consciousness of his father.
Like my friend, however, I have also come to wish with all my heart, and even to pray, that indeed the time may have come, that (even with the help of the Divine Grace if he feels he needs it and he calls for it) this so beneficial
progress may finally be fully realized in him … and that his birthday may all the more be profoundly happy!

 

This is the true story that I wanted to tell you, because we will all be able to find in it something of our own unconscious and secret inner goals, that explain so much of our external history as Voluntary Players in this Great Game of Evolution, on this Earth or some other one …

Une histoire vraie, difficile mais belle…

pere-fils

Étant l’amie intime, depuis l’enfance, de la fille cadette dans une famille proche, j’ai pu suivre à travers elle les péripéties intérieures de la vie de son père, avec les répercussions importantes qu’elles ont eues sur les autres membres de cette famille, en particulier le fils, frère beaucoup plus jeune de mon amie. Le cas de ce père et de ce fils, et de leurs itinéraires intérieurs, me paraît si intéressant – et en fait si émouvant – que je veux vous le présenter ici aujourd’hui:

Tel que l’ont connu à l’origine mon amie et sa soeur aînée – à l’époque les deux seules enfants du jeune couple radieux que formaient leurs parents – leur père était fort gentil,  indulgent et tendre avec elles, prenant même plaisir à les faire rire le plus souvent possible. Il était heureux alors, à l’aube d’une carrière prometteuse et qu’il aimait vraiment, en cette Afrique Occidentale França!se (l’A.O.F. d’antan) dont personne ne se doutait encore qu’elle vivait ses dernières décades. Il sortait glorieusement de “Colo”, comme on l’appelait familièrement, l’une des Grandes Écoles françaises si renommées, cette fameuse “École Coloniale” où les futurs “Administrateurs de la France d’Outre-mer” recevaient le savoir plus qu’encyclopédique dont ils auraient besoin pour toutes les situations les plus variées et les plus inattendues auxquelles ils pourraient avoir à faire face une fois au coeur de l’Afrique.
De toute son enfance vécue donc en Afrique, la seule occasion où mon amie avait vu son père vraiment fâché, c’était lorsqu’elle même l’avait, bien involontairement, mis dans une situation embarrassante alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions, ayant présidé à la Distribution des Prix à la fin de l’année scolaire, et s’apprêtant à être reconduit à leur demeure:
La voiture officielle attendait (avec lui dedans…) que ses deux petites filles (dont mon amie…) l’aient rejoint dès qu’elles auraient chanté la dernière chanson avec le reste de la Chorale. Sa soeur aînée, plus âgée, s’était rappelé la consigne de rallier la voiture sans tarder, mais elle, trop jeune encore, avait oublié… Losqu’elle avait, toute souriante, ne se doutant de rien, enfin rejoint la voiture, son père avait déjà finalement renvoyé toutes les fanfares présentes comme toujours pour saluer ses allées et venues officielles, et avait ordonné que les soldats abandonnent aussi le garde à vous. Quelle humiliation publique pour lui que d’avoir fait ainsi attendre tout le monde par la faute d’une gamine si inconsciente et irresponsable!… Mon amie, se faisant toute petite dans un des coins de la voiture, l’avait vu muet de fureur dans l’autre coin, et il était resté ainsi tout au long du trajet. Mëme arrivé à la maison, il n’avait pas décoléré et pas desserré les dents de toute la fin de la journée, ne parlant même pas à son épouse – et mon amie, malgré son jeune âge, réalisant pour la première fois le rôle important de son père, s’était rendu compte aussi avec stupeur, et une certaine frayeur, que c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour empêcher son intense colère d’exploser d’une manière qu’il aurait regrettée par la suite.

Des années après, mon amie se rappela cet incident, me dit-elle, quand ce mutisme obstiné fur devenu l’attitude permanente et désespérée de son père pour garder autant que possible sous contrôle la rage impuissante qui l’habitait depuis les suites si tristes de la Décolonisation:

Il avait tant bien que mal accepté sa carrière interrompue en plein essor, plus le chagrin de la séparation d’avec toutes ces populations qu’il aimait et qui l’aimaient tant qu’elles avaient imploré les officiels, mais en vain, de le laisser rester; il avait fait de son mieux aussi pour se rapetisser à la taille de “la Métropole”, cette France qui ne pouvait plus lui proposer que des rôles de rond-de-cuir, honorifiques certes, et bien payés, mais qu’il avait fini par rejeter, car son coeur n’y était pas, et il préférait se contenter d’une retraite anticipée – une demi-retraite, donc, pour toute la famille – plutôt que de continuer cette espèce de farce bureaucratique pour lui intolérable, après la vie libre et vaste qu’il avait connue, et avait originellement choisie.
Ce qui l’avait totalement anéanti, cependant, ce n’était pas tant son malheur personnel: ce fut de voir très vite tous ces pays qu’il avait tant chéris et aidés de son mieux, tomber l’un après l’autre dans le chaos après leur Indépendance, les petits chefs tribaux reprenant leurs guerres réciproques et ruinant tout sur leur passage. Au fur et à mesure que ce désastre se généralisait, mon amie a vu son malheureux père assister impuissant et de loin à la destruction de tout ce que sa vie avait contribué avec tant d’amour à construire, sa pauvre vie devenue inutile et dépourvue de sens, dans un monde qui lui aussi semblait de plus en plus dépourvu de sens.
Au bout de plusieurs années comme cela, réfugié comme un reclus chez lui, dans l’appartement qu’il avait au moins pu acheter, providentiellement, au retour d’Afrique, pour lui et sa famille, dans une belle région de la grande banlieue parisienne, au lieu de rechercher la compagnie des quelques autres ex-Administrateurs qui y étaient venus aussi, il ne sortait guère que pour les courses à faire pour son épouse, et pour la messe du dimanche, qui lui tenait toujours à coeur, car il avait toujours été très pieux et trouvait quelque réconfort dans sa foi, conservée intacte malgré toutes ces épreuves.
Mais les malheurs qui s’étaient abattus sur lui n’étaient pas encore terminés: un autre élément dans sa vie, qui avait été jusque-là une autre souce de réconfort et même d’espoir – ce fils tant attendu, né enfin quelques années avant le départ définitif d’Afrique – se mit soudain à devenir pour lui, en grandissant, tout le contraire du réconfort et de l’espoir….
Tant qu’il était petit, ce fils chéri avait bien sûr correspondu au cadeau du ciel qu’y voyait son père; mais devenant de plus en plus lui-même selon ses propres qualités et défauts, il correspondait de moins en moins aux attentes que son père avait de lui comme du fils qui allait “continuer la lignée” (Khalil Gibran et son célèbre “Vos enfants ne sont pas vos enfants, etc” n’étaient pas encore connus…!) et faire honneur à sa famille de la même façon que lui-même son père avait fait honneur à la sienne.
Le fils est devenu peu à peu, sans s’en rendre compte, la négation vivante de tout ce que son père avait escompté – et le père, très déçu, souffrant terriblement de ce fait très désagréable mais de plus en plus évident, à propos duquel là encore il ne pouvait rien, a senti son amour pour son fils être mis à rude épreuve.
Bien que doué pour des tas de choses, le fils devenu adolescent ne faisait pas pour autant les choix que son père aurait fait à sa place, et son père, malgré lui, lui en voulait de plus en plus d’être si différent de lui-même psychologiquement, et si proche au contraire, sur certains points, d’autres adultes qu’il n’avait jamais appréciés. La relation entre le père et le fils s’est inexorablement dégradée, malgré tous les efforts du père pour rester un père digne de ce nom, c’est à dire plein d’amour, tout comme il l’avait été auparavant pour ses filles.
Et, ajouta mon amie, elle et sa soeur aînée, maintenant adultes, n’étaient plus là pour faire tampon et tâcher de remédier à la situation. Son père avait toujours eu grand respect et appréciation spécialement pour elle, au point de se tenir coi quand, plus d’une fois, elle l’avait réprimandé avec indignation après qu’il lui soit arrivé de déverser son humeur massacrante sur son épouse ou quelque autre personne présente: les paroles acerbes et blessantes étaient devenues sa spécialité dès que quelque visite le forçait à sortir de cette solitude dans sa chambre fermée et de ce mutisme … qu’il s’imposait, justement, pour tenter d’empêcher ces débordements!…
Mais la première fille s’était mariée; quant à mon amie elle-même, la cadette, elle avait dû partir dans une autre région pour son premier poste en tant que jeune Professeur de Lycée, et cela avant que cette sorte d’antagonisme du père pour le fils (encore petit alors) soit devenue manifeste; si bien qu’elle ignorait tout de ce qui avait suivi son départ. Ce n’est qu’au cours d’une visite par toute sa famille dans la ville où elle enseignait que, pendant le repas au restaurant offert par son père avec toutes ses meilleures intentions, il perdit à nouveau le contrôle sur ses paroles vis à vis de son fils, et mon amie fut directement témoin de la manière odieuse dont son père ridiiculisait et humiliait comme à plaisir le malheureux adolescent, même dans cet endroit public et devant elle. Outrée, elle se leva d’un bond et menaça de quitter la table et le restaurant si son père ne cessait pas immédiatement ce comportement détestable.
Le père, honteux, revenant à lui-même grâce à cet éclat indigné de sa fille, se comporta normalement pendant toute la suite du repas, mais quand ils la quittèrent tous finalement pour retourner vers Paris, elle avait le coeur gros, et ne savait plus quoi faire:
Elle pouvait exactement comprendre, hélas, comment son père, dans sa propre souffrance sans issue, toujours réprimée depuis tant d’années et redoublée ensuite par ce fils si décevant pour lui, dont la simple présence lui était irritation constante et mal contenue (à l’époque, Elizabeth Kübler-Ross n’était pas encore connue, on ne savait pas que taper à grands coups sur de vieux annuaires ou oreillers bien épais est un excellent moyen d’évacuer toute cette souffrance accumulée qui autrement risque de devenir violence sous une forme ou une autre…!), et pourtant mon amie ne pouvait ni excuser la conduite de son pèe, ni laisser son malheureux jeune frère dans une situation si déplorable.
Mais en fait que pouvait-elle faire, quand elle-même n’avait aucunement le droit de réclamer légalement la charge de cet enfant, et se sentait à peine capable de s’éduquer elle-même véritablement, elle qui était si intensément à la recherche du sens et du but de la vie, au-delà de la foi spontanée et sincère, mais encore trop limitée, de sa propre jeunesse?… Elle avait rejeté la cage dorée d’un mariage “idéal” prévu, mais qui l’aurait empêchée de rester elle-même; elle n’avait aucun foyer, aucune famille réelle à offrir à son frère dans ce jeune äge où il en avait encore malgré tout besoin…
Ce fut un déchirement très douloureux pour elle, me confia mon amie, d’avoir ainsi à choisir, si jeune encore elle-même, entre essayer de secourir son jeune frère, ou continuer à explorer seule sa propre vie, telle qu’elle commençait à peine à y discerner un tracé et une direction totalement hors des sentiers battus – ce qui était profondément fascinant et approprié pour elle, certes, mais qui risquait fort de ne pas l’être du tout pour son frère, devenu déjà pour elle, en ces quelques années de séparation, presqu’un inconnu…
Finalement, elle prit le parti de ne pas intervenir dans sa famille, fût-ce temporairement pendant ses vacances, pour toutes les raisons déjà exprimées, mais aussi à cause de ses divers engagements politiques idéalistes dans la région de son Lycée: car ils exigeaient d’elle constamment qu’elle soit présente physiquement sur de nombreux fronts où des manifestations, pacifiques, mais cruciales, avaient également besoin d’elle pour que les sociétés humaines deviennent justement moins absurdes, et moins douloureuses.
Pendant ce temps son frère a fini par pouvoir mener lui aussi sa propre existence telle qu’il l’entendait, vivant dès sa majorité loin de sa famille et de l’opposition de son père, en partie grâce à l’aide financière discrète (secrète?) de sa mère. Mon amie, sa deuxième grande soeur, n’a jamais su exactement comment toute cette difficile période-là s’est passée pour lui, mais par contre, bien après, elle a eu l’occasion pour son travail de rendre quelquefois visite à leurs parents maintenant âgés, restés seuls; elle a pu constater que leur père, délivré lui-même enfin de ses propres conflits internes, sans doute au prix d’intenses et humbles prières avait réussi à redevenir le père souriant d’autrefois, maintenant plein même d’une remarquable compassion pour autrui, là où des mots mordants lui auraient échappé, du temps de sa descente aux enfers; et mon amie s’est grandement réjouie de cette guérison intérieure qu’elle n’osait plus espérer. Mais jamais personne n’a mentionné son frère, alors elle ne l’a pas fait non plus, ne voulant pas risquer de réveiller des souvenirs douloureux aussi pour ses parents.
Plus tard encore, la Grâce Divine a fait qu’un soir elle s’est trouvée là, arrivant chez eux à l’improviste, juste au moment où leur père, malade déjà depuis un an, était emporté à l’hôpital.
Le jour suivant, alors qu’il se préparait à mourir dans sa chambre d’hôpital, mon amie l’a vu, malgré la présence de plusieurs autres proches venus en hâte, porter son attention surtout sur ce qu’il semblait déjà percevoir de ce que nous appelons l’au-delà; et il souriait d’un tel bonheur qu’il en rayonnait de beauté intérieure. La simple vision de son visage dans cet état béatifique a rempli mon amie du même bonheur ineffable, émanant de ces dimensions spirituelles de la Réalité totale qu’elle-même avait découvertes en apprenant à s’intérioriser dans le calme et le silence des profondeurs de son être. Visiblement, se dit-elle, les larmes aux yeux de joie, son père, s’il mourait, mourrait en paix avec lui-même, qu’il ait ou non réussi à faire aussi la paix avec son fils; et ce serait bien ainsi car il avait vraiment fait du mieux qu’il pouvait, en dépit des défis  si difficiles qu’il s’était mis au programme de cette vie maintenant  proche de sa fin…
Comme le lendemain son père semblait soudain aller mieux, mon amie a pris le temps d’aller visiter dans une autre ville un lieu qu’elle avait vu en transe comme le lieu où, dans une autre de ses vies humaines, elle avait pris une très mauvaise décision, dont l’influence au-delà du temps pesait comme un lourd boulet sur sa vie cette fois-ci. Arrivée sur place, elle a reconnu le lieu dans ses moindres détails physiques, bien qu’elle n’y soit jamais allée auparavant dans cette vie-ci. Pendant toute la visite, elle a également senti la présence avec elle de son père – ce qui lui a fait comprendre soudain le lien karmique inconscient qui les avait réunis dans cette vie-ci, et qui, elle le sentait, était maintenant enfin résolu.
De retour auprès de sa mère, celle-ci lui a appris que son père était finalement mort l’après-midi même… “Exactement à l’heure où sa présence est venue accompagner ma visite là-bas!”, s’est dit mon amie avec gratitude, et l’émotion de voir sa perception être confirmée par les faits.
Pour les funérailles, toute la famille était là – sauf son frère. Bien qu’informé bien sûr, il avait décidé de ne pas venir. Encore trop de souffrance en lui, et de ressentiment?… Certains ont été choqués, mais mon amie a pris ouvertement le parti de son frère, car ayant ne serait-ce qu’une faible idée de ce que leur père lui avait fait vivre autrefois, elle n’était pas du tout sûre qu’à la place de son frère elle aurait été capable de pardonner, et de venir. De plus, lui n’avait pratiquement jamais connu son père que dans ce terrible état, car ses souvenirs plus heureux dataient de trop loin pour qu’il s’en souvienne encore et qu’ils contrebalancent la dure réalité vécue ensuite. Et lui n’avait aucun moyen de savoir comme elle les “circonstances atténuantes” qui lui auraient permis de comprendre un peu comment, à force de trop de souffrance en lui-même, son malheureux père avait pu en arriver à ce comportement haïssable…
Quelques années plus tard les chemins du frère et de la soeur se sont enfin croisés à nouveau, elle a eu la joie de constater que son frère avait réussi à préserver sa propre intégrité et ne s’était pas totalement durci depuis la longue épreuve subie dans ses jeunes années.
Cependant, leurs rares rencontres n’ont jamais été seule à seul; si bien qu’ils n’ont jamais pu se parler en profondeur de ce que chacun d’eux avait vécu, après leur séparation, qui avait compté pour lui ou elle.

Mais voici quelques dernières nouvelles de taille:
Mon amie, l’année dernière, quelques jours avant l’anniversaire de son frère (qui est à cette époque-ci de l’année), a eu l’immense surprise de sentir soudain à nouveau la présence de leur père auprès d’elle, là où elle vit. Sans mots prononcés, juste par télépathie, il lui a fait comprendre qu’il lui demandait d’aider à sa réconciliation avec son fils. La souffrance de ce douloureux passé avait assez duré, il était temps d’enfin la laisser se dissoudre dans le pardon.
Pour cet anniversaire-là de son frère, mon amie n’a pas eu le courage encore, m’a-t-elle avoué, de lui parler ni de cette visite, ni de la prière exprimée par la conscience de leur père. Et au fil de l’année qui a suivi, prise par ses responsabilités habituelles, elle a plus ou moins oublié visite et requête. Mais voilà qu’il y a quelques jours à peine, la conscience de leur père l’a contactée de nouveau, plus tôt, pour qu’elle ait cette fois le temps de tout expliquer à son frère avant l’anniversaire (date où l’âme de chaque individu est davantage ouverte à l’Amour et à sa Lumière) de celui-ci. Il précisait que le pardon serait bénéfique non seulement pour son propre être en tant que l’ex-père, mais aussi pour l’être intérieur de son fils: il devait se libérer, se nettoyer, s’alléger de tout ce passé dont l’amertume contribuait à le faire vieillir plus tôt et plus vite que cela ne se produirait sans ce poids du passé – et mon amie a eu la très nette impression que là encore, tout comme entre ce même père et elle-même, entre ces deux êtres il y avait eu en fait un accord avant leurs naissances, que dans cette vie-ci ils se retrouveraient pour tenter d’apprendre à pardonner et aussi à se pardonner à soi-même ses erreurs et manques souvent programmés en fait à dessein: leur futur père avait accepté d’être pour un temps l’apparent “méchant” dont les mauvais traitements allaient en réalité essayer d’aider son futur fils dans le but que celui-ci avait pour cette vie: faire grandir en lui-même d’autant la capacité d’amour vrai – et donc de pardon vrai – sans laquelle nul ne peut vraiment retrouver sa nature divine originelle…
Je crois que mon amie a fini par trouver un moyen indirect de parler de tout cela à son frère, dont l’anniversaire approche à grands pas… Réussira-t-elle à le toucher, à le convaincre? Peut-être a-t-il en fait déjà pardonné dans une certaine mesure, et n’a-t-il plus besoin que de parfaire la paix intérieure que ce pardon presque total a déjà commencé à lui apporter?… Il est le seul à le savoir, et à pouvoir décider de ce qui lui reste éventuellement à faire pour cette réconciliation posthume avec la conscience de son père.
Comme mon amie cependant, j’en suis venue moi aussi à souhaiter de tout coeur, et même à prier,  qu’en effet le temps soit venu, que (fût-ce avec l’aide de la Grâce Divine s’il en sent le besoin et y fait appel) ce progrès si bénéfique s’accomplisse enfin pleinement en lui… et que son anniversaire en soit d’autant plus profondément heureux!

Voilà donc l’histoire vraie que je voulais vous raconter, car nous pourrons tous y retrouver, sous une forme ou une autre, quelque chose de nos propres buts intérieurs inconscients et secrets, qui expliquent tant de notre histoire extérieure en tant que Joueurs volontaires dans ce Grand Jeu de l’Évolution, sur Terre ou ailleurs…

The “Night of 4th August”, 1789

 

(ENGLISH TRANSLATION OF THE PREVIOUS POST)

In my childhood History lessons about the French Revolution, the only moment that created in my young soul not fright or even horror, but rather an enthusiastic amazement, still deeply imprinted in my being, has been the moment, so important by its consequences, which was called “the Night of the 4th of August”, and every year I celebrate this date for myself with an inner intensity so close to fervor that I suspect a direct participation in this Event, experienced by another self of mine at that time.
 

This year, I do not know why, I wanted to do more than a personal celebration, and here I am presenting on this Blog of Research the account of this great moment that historians of great renown, such as Jules Michelet, later gave, through the article (which I quote almost completely, with all my gratitude) from Wikipedia, dedicated to this event: 

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Night of 4 August 1789


Date of 4 (6 pm) to 5 August 1789 (2 h)
Venue Hotel of the Menus Plaisirs in Versailles
 

“Reform of various feudal rights and tithe. August 11, 1789. “

(Illustration: Anonymous caricature of 1789, with a caption.
A man of the Third Estate: “Hey, still take this, Monsieur le Cure, such a gift from a hand that would like to hold on to it with the other – but this is the last time. “)

The Night of the 4th of August, 1789, or the “Night of August 4″, is the sitting of the National Constituent Assembly, during which the suppression of the feudal privileges was voted. Begun on the 4th of August, 1789, at six o’clock in the evening, it continued, after midnight, until two o’clock in the morning. This was a fundamental event of the French Revolution, since the Constituent Assembly put an end to the feudal system during the sitting. It was the abolition of all feudal rights and privileges as well as all the privileges of classes, provinces, cities and corporations, on the initiative of the Breton Club, the future Jacobin Club.


Context
 

Since the capture of the Bastille on July 14, 1789, a wave of revolts called the Great Fear had developed in France, particularly in the countryside. In some regions, peasants attacked the lords, their property and their archives, especially the terrier books used to establish seigneurial rights. 

The Night of August 4 is a response to this insurrection. The Constituent Assembly is in the process of elaborating the future constitution and the Declaration of the Rights of Man and the Citizen when it receives disturbing tales about the instability in France. Faced with this crisis, two solutions are envisaged. The first wants to reassert the values ​​of property, and thus control the revolt. This solution was soon rejected, as it would only reinforce the peasants’ opposition to the feudal system. The second solution envisages setting up a network of rescue offices, which would help the poorest. But this solution does not respond to the urgency of the situation. 

The idea of ​​the abolition of seigneurial rights, which was probably conceived at a meeting of the Breton Club, a small group of deputies who had become accustomed to discussing between themselves.


The excitement of events

(Illustration: Night of the 4th of August, high relief in bronze of Leopold Morice, monument to the Republic, place of the Republic, Paris, 1883.)

On August 3, 1789, the Duke of Aiguillon proposed the idea of ​​abolition of seigneurial rights to the Breton Club.

The next day, at the end of the evening, the Viscount de Noailles proposed to the National Assembly that the privileges should be abolished in order to restore calm in the provinces.

The Duc d’Aiguillon proposes the equality of all before the tax and the redemption of feudal rights. In reply, Pierre Samuel du Pont de Nemours demands measures of rigor against the peasantry, which makes the historian Albert Mathiez say: “The nobles were open to pity, the bourgeois blamed the inaction of the authorities and wanted to send severe orders to the courts “.

In turn, in an indescribable atmosphere, Guy Le Guen of Kerangal, the Viscount of Beauharnais, Lubersac, the Bishop of La Fare, will outbid by suppressing banalities, untitled pensions, seigneurial jurisdictions, hunting rights, Ecclesiastical privileges.

The Marquis de Foucault made a “vigorous motion against the abuse of military pensions,” and demanded that “the first of the sacrifices should be that which the great should make, and that portion of the nobility which is very opulent by itself, The eyes of the prince are on the already rich, and on which he pours out without measure and accumulates gifts, largesses, excessive treatments, provided by and taken from the very survival substance of the countryside. ”
The Viscount of Beauharnais proposes “the equality of penalties over all classes of citizens and their eligibility in all ecclesiastical, civil and military posts.”

Cottin calls for the extinction of seigneurial justices as well as “all the remnants of the feudal regime which crushes the poor”.
The Bishop of Nancy, Bishop de La Fare, taking the floor, after having disputed it with one of his colleagues, asked, in the name of the clergy, that the ecclesiastical funds should be declared redeemable. And that “their redemption does not turn for the benefit of the ecclesiastical lord, but that it be made useful investments against indigence.”
The Bishop of Chartres, presenting the exclusive right of hunting as “a scourge for the campaigns ruined for more than a year by the elements “, demands its abolition, and in fact the abandonment for himself,” Happy”, he says, “of being able to give the other owners of the kingdom this lesson of humanity and of justice”.
De Richer, returning to the extinction of seigneurial justices, demanded the gratuitousness of justice throughout the kingdom, “except the precautions tending to extend the spirit of chicanery and the indefinite length of trials.”
The Duc du Chatelet then proposes that a tax in money be substituted for the tithe, “except to allow the redemption, as for the seigniorial rights”.
Everything seemed finished. A scene no less great began. After the privileges of the classes, came those of the provinces. Those who were called Countries of State, who had privileges of their own, various advantages for liberties and for taxation, blushed at their selfishness; they wished to be France, whatever might be the cost to their personal interest, to their good old memories.
The Dauphine, as early as 1788 (see Vizille after the Day of the Tiles), had offered it magnanimously concerning itself and advised the other provinces. to do the same. It renewed this offer. The most obstinate, the Bretons, though bound by their mandates, bound by the ancient treaties of their province with France, nevertheless manifested a desire to join. Provence says the same, then Burgundy and Bresse, Normandy, Poitou, Auvergne, Artois. Lorraine, in touching terms, says she would not regret the domination of her worshiped sovereigns who were fathers of the people, if she had the happiness of meeting with her brothers, to enter with them into this maternal home of France, in this immense and glorious family!
Then it was the turn of the cities.
Finally, Lally-Tollendal ended the session in apotheosis by proclaiming Louis XVI “restorer of French liberty.” (Jules Michelet, History of the French Revolution, Flammarion, 1897-1898.)
In one night, the foundations of the system by Orders collapsed.
The following days, the clergy attempted to reconsider the abolition of tithing, but the President of the Assembly, Isaac Le Chapelier, having accepted only discussions on the form, the decrees of August 4 were definitely drafted on the 11th.
On the morrow, Louis XVI. wrote to the Archbishop of Arles: “I will never consent to deprive my clergy, my nobility.” I will not give my sanction to decrees which will deprive them; It is then that the French people could accuse me of injustice and weakness. Monsieur the Archbishop, you submit to the decrees of Providence; I believe I submit to it by not giving way to that enthusiasm which has taken possession of all Orders, but which merely slips onto my soul. If force compelled me to sanction, then I would yield, but then there would be no monarchy or monarch in France. “
Louis XVI. does not give his sanction on these decrees, until he is compelled and forced on the 5th of October.
Thus the privileges of the ecclesiastics, the nobles, the corporations, the cities, and the provinces disappeared.
However, the feudal rights were declared redeemable on the 15th of March, 1790, and their bearers are not bound to prove their origin. In practice, this leads to their maintenance. However, faced with the refusal of many peasant communities, the Legislative Assembly abolished the redemption, save for presentation of the original title, of casual rights, on June 18, 1792, and then for all rights on August 25 of the following year. Finally, on 17 July 1793, the Convention voted for their complete abolition, without compensation, and the burning of feudal titles.
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It is not to say that the fact of having participated in this magnificent enthusiasm that Night has constituted a guarantee for the members of the Nobility or the Clergy to be spared in the later days of the Revolution :
As a proof, it seems, my vague but yet certain recollection of having been, in the same other life, guillotined in spite of everything under the “Terror” that came about later. Yes, “Terror” indeed, with the extreme and blind excesses of this “Revolutionary Tribunal” whose name alone in the History class was enough to fill me with terror in this lifetime.

In me no regret though for having participated in this voluntary sacrifice of our numerous Privileges under the Feudal System still in force until then. It is only the joy and pride of having had such a courage, out of pure compassion for the peasants, in this miraculous fraternity of the Night of the 4th of August, that still vibrate in my deep being. Fraternity too short, certainly, but which undoubtedly foreshadowed the Brotherhood of the whole Humanity that we will one day know thanks to the New Step of our earthly evolution, to a higher degree, New Step already in progress …


La “Nuit du 4 Août” 1789

Des cours d’histoire de mon enfance concernant la Révolution française, le seul moment dont le récit suscita en ma jeune âme non pas la frayeur ou même l’horreur, mais bien au contraire un enthousiasme émerveillé, encore profondément imprimé dans mon être, ce fut le moment, capital par ses conséquences, que l’on appela “la Nuit du 4 août”, et chaque année je célèbre cette date pour moi-même avec une intensité intérieure si proche de la ferveur que je soupçonne une participation directe à cet évènement, vécue par un(e) autre moi-même à cette époque-là.

Cette année-ci, je ne sais pourquoi, j’ai voulu faire plus qu’une célébration personnelle, et me voilà présentant ainsi sur ce Blog de Recherche le récit de ce grand moment que firent par la suite des historiens de grand renom, tel Jules Michelet,  à travers l’article (que je cite presque complètement, avec toute ma gratitude) de Wikipedia consacré à cet évènement:

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Nuit du 4 août 1789

Nuit du 4 août 1789
Date du 4 (18 h) au 5 août 1789 (h)
Lieu Hôtel des Menus Plaisirs à Versailles

« Reforme de différents droits feodaux et de la dîme. Le 11 août 1789. »
(Caricature anonyme de 1789.
Un homme du tiers état : « Hé, prenez toujours, M. le curé, tel refuse d’une main qui voudrait tenir de l’autre, mais c’est la dernière fois. »)

La nuit du 4 août 17891,2, ou nuit du 4 Août3,4, est la séance de l’Assemblée nationale constituante au cours de laquelle fut votée la suppression des privilèges féodaux. Débutée le 4 août 1789 à six heures du soir, elle se prolongea, après minuit, jusqu’à deux heures du matin1. C’est un événement fondamental de la Révolution française, puisque, au cours de la séance qui se tenait alors, l’Assemblée constituante met fin au système féodal. C’est l’abolition de tous les droits et privilèges féodaux ainsi que de tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations, à l’initiative du Club breton, futur « club des Jacobins ».

Contexte

Depuis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 s’est développée en France, notamment dans les campagnes, une vague de révoltes appelée la Grande Peur. Dans certaines régions, des paysans s’en prennent aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives, en particulier les livres terriers qui servent à établir les droits seigneuriaux.

La Nuit du 4 août est une réponse à cette insurrection. L’Assemblée constituante est en train d’élaborer la future constitution ainsi que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen lorsqu’elle reçoit des récits inquiétants à propos de l’instabilité qui sévit en France. Face à cette crise, deux solutions sont alors envisagées. La première veut réaffirmer les valeurs de la propriété, et donc contrôler la révolte. Cette solution est vite rejetée, car elle n’aurait fait que renforcer l’opposition des paysans au système féodal. La seconde solution envisage d’instaurer un réseau de bureaux de secours, qui permettraient d’aider les plus pauvres. Mais cette solution ne répond pas à l’urgence de la situation.

C’est donc pour sortir de ce blocage que naît l’idée de l’abolition des droits seigneuriaux, laquelle a probablement été pensée lors d’une réunion du Club breton, petit groupe de députés qui avaient pris l’habitude de discuter entre eux.

L’effervescence des événements

Le 3 août 1789, le duc d’Aiguillon lance au Club breton l’idée d’une abolition des droits seigneuriaux.

Le lendemain, en fin de soirée, le vicomte de Noailles propose à l’Assemblée nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces.

Le duc d’Aiguillon propose l’égalité de tous devant l’impôt et le rachat des droits féodaux. En réponse, Pierre Samuel du Pont de Nemours réclame des mesures de rigueur contre la paysannerie, ce qui fait dire à l’historien Albert Mathiez : « Les nobles s’ouvraient à la pitié, le bourgeois blâmait l’inaction des autorités et il parlait d’envoyer des ordres sévères aux tribunaux »5.

Tour à tour, dans une ambiance indescriptible, Guy Le Guen de Kerangal, le vicomte de Beauharnais, Lubersac, l’évêque de La Fare vont surenchérir en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, les privilèges ecclésiastiques.

Le marquis de Foucault fait une « motion vigoureuse contre l’abus des pensions militaires » et demande que « le premier des sacrifices soit celui que feront les grands, et cette portion de la noblesse, très opulente par elle-même, qui vit sous les yeux du prince, et sur laquelle il verse sans mesure et accumule des dons, des largesses, des traitements excessifs, fournis et pris sur la pure substance des campagnes ».

Le vicomte de Beauharnais propose « l’égalité des peines sur toutes les classes des citoyens, et leur admissibilité dans tous les emplois ecclésiastiques, civils et militaires ».

Cottin demande l’extinction des justices seigneuriales ainsi que celle de « tous les débris du régime féodal qui écrase l’agriculture ».

L’évêque de Nancy Mgr de La Fare, s’emparant de la parole, après l’avoir disputée à l’un de ses confrères, demande, « au nom du clergé », que les fonds ecclésiastiques soient déclarés rachetables et « que [leur] rachat ne tourne pas au profit du seigneur ecclésiastique, mais qu’il en soit fait des placements utiles pour l’indigence ».

L’évêque de Chartres, présentant le droit exclusif de la chasse comme « un fléau pour les campagnes ruinées depuis plus d’un an par les éléments », en demande l’abolition, et en fait l’abandon pour lui, « heureux, dit-il, de pouvoir donner aux autres propriétaires du royaume cette leçon d’humanité et de justice ».

De Richer[Qui ?], revenant sur l’extinction des justices seigneuriales, demande la gratuité de la justice dans tout le royaume, « sauf les précautions tendant à étendre l’esprit de chicane et la longueur indéfinie des procès ».

Le duc du Châtelet propose alors qu’une taxe en argent soit substituée à la dîme, « sauf à en permettre le rachat, comme pour les droits seigneuriaux ».

« Tout semblait fini. Une scène non moins grande commençait. Après les privilèges des classes, vinrent ceux des provinces. Celles qu’on appelait Pays d’État, qui avaient des privilèges à elles, des avantages divers pour les libertés, pour l’impôt, rougirent de leur égoïsme, elles voulurent être France, quoi qu’il pût en coûter à leur intérêt personnel, à leurs vieux et bons souvenirs. Le Dauphiné, dès 1788 (cf. Vizille après la journée des Tuiles), l’avait offert magnanimement pour lui-même et conseillé aux autres provinces. Il renouvela cette offre. Les plus obstinés, les Bretons, quoique liés par leurs mandats, liés par les anciens traités de leur province avec la France, n’en manifestèrent pas moins le désir de se réunir. La Provence en dit autant, puis la Bourgogne et la Bresse, la Normandie, le Poitou, l’Auvergne, l’Artois. La Lorraine, en termes touchants, dit qu’elle ne regretterait pas la domination de ses souverains adorés qui furent pères du peuple, si elle avait le bonheur de se réunir à ses frères, d’entrer avec eux dans cette maison maternelle de la France, dans cette immense et glorieuse famille ! Puis ce fut le tour des villes. »

— Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Flammarion, 1897-1898

Enfin, Lally-Tollendal termine la séance en apothéose en proclamant Louis XVI « restaurateur de la liberté française ». En une nuit, les fondements du système par ordres s’effondrent. Les jours suivants, le clergé tente de revenir sur la suppression de la dîme, mais le président de l’Assemblée, Isaac Le Chapelier, n’ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août sont définitivement rédigés le 11.

Dès le lendemain, Louis XVI écrit à l’archevêque d’Arles :

« Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient ; c’est alors que le peuple français pourrait m’accuser d’injustice et de faiblesse. Monsieur l’archevêque, vous vous soumettez aux décrets de la Providence ; je crois m’y soumettre en ne me livrant point à cet enthousiasme qui s’est emparé de tous les ordres, mais qui ne fait que glisser sur mon âme. Si la force m’obligeait à sanctionner, alors je céderais, mais alors il n’y aurait plus en France ni monarchie ni monarque. »

Louis XVI n’accorde sa sanction à ces décrets que contraint et forcé, le 5 octobre. Ainsi disparaissent les privilèges des ecclésiastiques, des nobles, des corporations, des villes et des provinces.

Toutefois, les droits féodaux sont déclarés rachetables le 15 mars 1790, et leurs détenteurs ne sont pas tenus d’en prouver l’origine, ce qui, en pratique, conduit à leur maintien. Toutefois, devant le refus de nombreuses communautés paysannes, l’Assemblée législative supprime le rachat, sauf présentation du titre primitif, pour les droits casuels le 18 juin 1792, puis pour l’ensemble des droits le 25 août suivant. Enfin, le 17 juillet 1793, la Convention vote leur abolition complète, sans indemnité, et le brûlement des titres féodaux6,7.


 

Il n’est pas dit que le fait d’avoir participé à ce magnifique élan d’enthousiasme cette Nuit -là ait constitué une garantie, pour les membres de la Noblesse ou du Clergé, d’être épargnés dans la suite de la Révolution – à preuve, semble -t-il, le souvenir que j’ai, vague mais pourtant certain, d’avoir été, dans la même autre vie, guillotinée malgré tout sous “la Terreur” qui sévit plus tard. Oui, “la Terreur”, avec les excès, devenus extrêmes et aveugles, de ce “Tribunal Révolutionnaire” dont le nom seul, en cours d’Histoire, suffisait à me remplir d’effroi dans cette vie-ci …

Malgré tout, ne subsiste en moi aucun regret d’avoir participé à ce sacrifice volontaire de nos nombreux Privilèges sous le Système Féodal encore en vigueur jusque-là. Ne vibre encore en mon être profond que la joie et la fierté d’avoir eu ce courage, par pure compassion pour les paysans, pendant cette miraculeuse fraternité de la Nuit du 4 Août. Fraternité  trop brève alors, certes, mais qui préfigura sans aucun doute la Fraternité de l’Humanité tout entière que nous allons connaître un jour grâce au Nouveau Pas de notre évolution terrestre encore plus élevée, déjà en cours…

And Where We Are At Now… (with a great song in French!…)

The challenges of these more recent years seem to be different, but they are actually the same: it is still the very same Dark Forces doing their best to set human beings, groups, countries, religions, whatever, against each other in the name of their Exclusive Truth supposed to be the Absolute Truth… while the Real Truth, the Supramental Truth brought down by Sri Aurobindo and Mother, now at work upon Earth, being from that Plane beyond the Mental plane, is an all-inclusive Truth, rounded, all embracing, spherical like the Matrimandir at the Centre of Auroville, acting as its Soul…

Just today again, I got a new Facebook ‘Friend’, met actually in 1991 in the US, and who is of Arabic culture, himself a wonderfully cultured mind with a sweet soul, trying to bring Sri Aurobindo to that Arabic culture too. On his FB Page I found  a song – rap at its best for me – that I liked very much and will try to bring here as well as, automatically then, on my own FB Page too; it says all the essential things, in the several languages needed for at least us all of the three Abrahamic religions to resonate to them together:

:A song for Peace
The three Religions:
You do not need to know French to get most of what the song is saying
أغنيىة لمحبي السلام: ثلاث مغنيين، مسيحية وبهودي ومسلم أنتجوا هذه الأغنية على
الإنترنت بدون أن يلتقوا وجها لوجه:

Yuliana, chanteuse Russe de passage à Paris en 2014 tombe par hasard sur cette chanson à la radio et décide en rentrant chez elle à Krasnodar en Russie de la…

 

 

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