31.8.2019: Cérémonie pour Pachamama – et la forêt amazonienne – à Auroville

Samedi dernier, il y juste deux jours, le 31 août, j’ai été heureuse de participer à un évènement organisé comme d’habitude par Anandi, une Aurovilienne (et amie) de longue date, originaire d’Argentine, qui coordine ici tout ce qui concerne l’Amérique (les trois Amériques en Une) et le site de son futur Pavillon dans la Zone Culturelle d’Auroville.
Voici, pour commencer, l’annonce lancée quelque temps auparavant:
Très chers amis, nous aurons une Cérémonie très spéciale le 31 août à notre Site de l’Amérique:
Tout d’abord, c’est le dernier jour d’août, le Mois de la Pachamama, que nous célébrons comme à l’habitude ensemble.
D’autre part, nous avons un Newcomer à Auroville, Eric, de France mais relié à notre Continent, non seulement par son épouse Paraguayenne, mais aussi par son contact très étroit avec les Lakota Sioux, qui lui ont donné l’initiation depuis déjà longtemps.
Mais il y a plus: nous avons reçu des Andes un incroyable cadeau: un Wipala, le drapeau Arc-en-ciel des Peuples Indigènes d’Amérique.
Pour toutes ces raisons, nous allons nous réunir sur l’Apacheta à la Nursery, juste pour Célébrer ensemble… et aussi prier et chanter pour la guérison de l’Amazonie.
S’il vous plaît, apportez de la nourriture, des fleurs, de l’encens, quoi que ce soit qui pour vous a de l’importance, pour l’offrir à notre Terre Mère ce jour-là.
Merci d’être avec nous,
Anandi, B, Eric et Lara
NOTE: ENVOYEZ CETTE INVITATION À TOUTE PERSONNE RELIÉE À L’AMÉRIQUE. MERCI.
Avec cette annonce se trouvait l’image d’une affiche que, par une merveilleuse synchronicité, j’ai vue à nouveau, mais cette fois grand format, juste le jour d’après l’annonce, parmi les nombreux panneaux arrangés en exposition d’extérieur au Centre pour les Visiteurs, informant les gens sur la Zone Culturelle et certains Pavillons Culturels non encore édifiés mais déjà existants dans le coeur des Auroviliens qui s’y sentent reliés de quelque manière que ce soit. Je n’avais jamais eu la curiosité d’aller regarder ces panneaux auparavant, si bien que je n’avais jamais vu non plus cette extraordinaire affiche de l’Amérique Une, et maintenant je la voyais deux fois en deux jours!…
(J’ai bien essayé de copier-coller cette affiche sur cet article, mais je n’ai pas réussi… pas encore. Je trouverai bien le moyen à un moment… ).
Quelques jours et un Rappel après, le jour J était déjà là, et tout se passa très bien. Environ 26 personnes participèrent.
Le jour suivant, Anandi ouvrit la voie aux impressions et commentaires, en étant la première à donner les siens dans un nouveau mail:
Merci à Eric pour ses Prières Lakota, à Andres pour sa gaita et à Jivatman pour son improvisation à la flûte pendant notre Visualisation concernant l’Amazonie. À Svaram pour les instruments et à tout le monde pour avoir participé de tout leur coeur à cette Célébration. Combien nous souhaitons que nos voix et notre amour, depuis le Site de l’Amérique à Auroville, aient atteint notre Amérique pour l’aider à surmonter ce moment difficile.
Un grand merci à B pour avoir fait partie d’Amérique Une depuis quarante ans… et pour avoir apporté un gâteau au chocolat avec une Carte de l’Amérique tracée dessus! Merci à Shakti et Ravi pour la délicieuse nourriture indienne.
Dans son Amour, en Gratitude
💜🕊

Anandi

Ce à quoi Jivatman (l’Aurovilien du Brésil qui improvisa de façon si belle sur sa flûte) répondit immédiatement:
Un grand Merci à toi pour ce partage!
et Mita, qui n’était pas venue, répondit elle aussi:
Wow, Anandi,
Ça semble avoir été fabuleux!
Regrette de n’avoir pas pu rentrer assez tôt pour me joindre à vous.
La prochaine fois!
Meilleurs voeux
Mita R.
Lire tout cela eut sur moi également un étrange effet de contagion, ouvrant en moi tout un flot de sentiments profonds dont j’avais été consciente pendant la Cérémonie, et qui soudain voulaient être partagés avec tous. Voici la forme que cela a prise finalement:
“Mes joyeux remerciements à chacun de ceux qui ont fait de cet évènement un aussi beau moment – ceux déjà mentionnés par Anandi, plus Anandi elle-même, pour en avoir été l’initiatrice… Et puis merci à Pachamama en personne, vivante dans ce monticule que nous avions formé, tout comme sous nos pieds nus; et à ses grands enfants-arbres hauts et larges autour de nous dans cette belle clairière, avec le Soleil présent lui aussi, descendant lentement à travers le feuillage dans la vastitude du Ciel au-dessus de nous! Notre Appel alla vers les Six Directions, oui vraiment, avec en nos coeurs spécialement l’Amazonie…
Vers les Deux Directions du Temps aussi nous avons appelé: il se trouve que je suis l’une des rares personnes à Auroville depuis 1972, à représenter l’Amérique Centrale, à travers la Martinique, l’une de ces Antilles, françaises ou non, qui sont les restes dans l’Océan Atlantique d’un très ancien Continent du Passé Oublié, longtemps avant ce vaste

mélange de peuples aux diverses origines que les trois parties de l’Amérique, y compris ces îles, sont devenues au présent, à part quelques rares endroits ayant encore leur population originelle. Vers un Futur plus vrai, symbolisé par Auroville elle-même, alla aussi notre Appel:

Auroville: enfin un lieu où la Diversité divine est consciemment protégée et chérie, tout en étant en même temps harmonisée en sa vaste, divine Unité…
Eh bien, après le changement de location officielle du Site de l’Amérique, c’était la première fois que j’étais arrivée à trouver un moment, au moment voulu… et à trouver même aussi enfin cette nouvelle location, pas si facile à atteindre, mais si accueillante une fois là!
Il y avait même un petit carré de feuille d’or pour amener le Matrimandir au beau milieu de tous les objets plus spécifiquement culturels à utiliser pendant la Cérémonie… Et de toutes petites photos de Sri Aurobindo et de Mère étaient là également, matérialisations discrètes comme il se devait de leur Présence et Soutien dans notre entreprise.
Mes remerciements les plus chaleureux à toi, Eric, pour m’avoir depuis je ne sais où apporté une chaise, afin que je n’aie pas à rester debout tout le temps! Sois béni pour cela, aussi bien que pour ton rôle si important dans cette Cérémonie à laquelle ton acte de gentillesse m’a permis de me joindre!
Ayant à rentrer chez moi avant la nuit, je ne pouvais rester jusqu’à la toute fin et avoir une part de la nourriture si appétissante apportée dès le début par B, et vers la fin par Shakti + Ravi et leurs merveileux enfants, mais j’ai pu au moins être là pour me réjouir de la participation délicieusement spontanée de la petite fille, et même du bébé, avant de devoir m’en aller… Quelle Bénédiction additionnelle du Futur ils étaient pour nous tous là-bas, surtout des adultes ayant préparé le terrain et l’atmosphère du mieux qu’ils ont pu, pour que eux réalisent plus tard l’Auroville encore plus vrai dont la Terre a besoin…
Avec de l’Amour souriant,
Bhaga ‘
Quand j’ai eu terminé cette “petite contribution” qui s’allongeait au fur et à mesure que je l’écrivais, j’ai réalisé qu’elle était en fait destinée à devenir la dernière partie du nouvel article depuis longtemps attendu pour mon Blog de Recherche, ‘Lab of Evolution’: un article qui retracerait l’historique de cet évènement comme je l’ai vécu et serai toujours heureuse de me le rappeler….
Et voilà que ce récit est là maintenant, pour que vous qui me lisez, en ayez la joie vous aussi!… Avec l’aide de l’une des photos prises pendant la Cérémonie:

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31.8.2019: The Pachamama Ceremony in Auroville – also for the Amazon forests

This last Saturday, just two days ago, on 31st of August, I was glad to participate in an event organized as usual by Anandi, a long time Aurovilian and personal friend from Argentina, who coordinates here all that concerns America (the three Americas as One) and the site of its future Pavilion in the Cultural Zone of Auroville.
Here is, to start with, the announcement she had put out some days before:
Dearest people, we have a very Special Ceremony the 31st. August at our America Site :
First of all, it is the last day of August, the Month of the Pachamama that we usually celebrate together.
On the other hand, we have a New Comer in Auroville, Eric, from France, related with our Continent, one for being married with a Paraguayan lady, and also, for his very close contact with the Lakota Sioux, with whom he has been initiated long back.
But more: we have received an incredible gift from the Andes: a Wipala,  the Rainbow flag of the Indigenous People of America.
For all of that, we are going to be together at the Apacheta in the Nursery, just to Celebrate together… and also to pray and sing for the healing of the Amazon.
 
Please, bring some food, flowers, incense. or anything valuable for you, to offer to the Mother Earth that day.
 
Thanks for being with us,
 
Anandi, B, Eric and Lara
 
 
NOTE : PLEASE FORWARD THIS INVITATION TO EVERYBODY RELATED WITH AMERICA. THANKS
With this announcement was also the image of a great poster that, by a wonderful synchronicity, I saw again just the day after the announcement, but this time big size, at the Visitors’ Centre, among the many panels put up as an outside exhibition informing people about the Cultural Zone and some of the Cultural Pavilions not yet built, but already living in the heart of the Aurovilians related to it in whatever way. I had never had the curiosity to look at those panels before, so I had never seen this amazing ‘America Poster either, and now I was seeing twice in two days!…
(I tried to copy and paste here that poster, but it didn’t work … yet. Some day I’ll find the way…)
A few days and a ‘Reminder’ email later, the Day was already upon us, and it all happened very smoothly. About 26 persons showed up.
The following day, Anandi opened the way to impressions and comments, by starting with her own:
Thanks to Eric for his Lakota Prayers , to Andres for his gaita and to Jivatman for his flute improvisation for our Visualization on the Amazon . To Svaram for the instruments , and to everybody participating heartily on the Celebration . We would like that our voices and love from the America Site in Av., went to our America for overcome this difficult moment .
A big thanks to B for having been with America One for the last 40 years … and for bringing a chocolate cake with the America’s map on ! Thanks to Shakti and Ravi for the delicious Indian food.
In Her Love and Gratitude
💜🕊

Anandi

To which Jivatman (the Aurovilian from Brazil who improvized beautifully on his flute) answered at once:
 Thank you so much for sharing!
and Mita, who had missed it, sent in another reply: 
Wow, Anandi,
That sounds fabulous!
Wish I could have made it back in time to join in.
The next one!
Best,
Mita R.
Reading all this had a contagious effect on me as well, opening up in me a whole well of deep feelings I had been conscious of during the event, and that suddenly wanted to be shared with all. Here is the form it finally took:
‘My joyful thanks to everyone who made this such a very nice event – those already mentioned by Anandi, plus Anandi herself for taking the initiative… And plus also Pachamama herself, alive in that little mound we made, just as under our naked feet; and her large tree-children standing tall and large around us in that beautiful clearing, with the Sun attending too, going down slowly through the foliage in the vastness of the Sky over us! Our Call went to all the Six Directions indeed, with in our heart especially the Amazon…

To the Two Directions of Time as well we called: I happen to be one of the few here since 1972 who represent Central America, through Martinique, one of those French Antilles or West Indies, which are the small remnants in the Atlantic Ocean of a very ancient, forgotten Past Continent, long before this vast melting-pot of peoples of all origins that the present three parts of America, including those islands, have slowly become over the millennia, except for rare spots with still the original population. Towards a truer Future, symbolized by Auroville itself, went also our Call:

Auroville: at last a place where the divine Diversity is being consciously kept and cherished, while being also harmonized into its vast, divine Unity…
Well, after the change of location of America’s official site, this was the first time I managed to find the time, at the right time… and to find also at last this new place, not so easy to reach, but so welcoming once there! Even a little square of gold was there to bring the Matrimandir into the midst of all the more specifically cultural objects that were used for the Ceremony… And tiny photos of Sri Aurobindo and Mother were there too, materializations discrete as should be of their Presence and Help in our endeavor.
My warmest thanks to you, Eric, for bringing me all the way from somewhere a chair, so that I wouldn’t have to stand all the time!… May you be blessed for that, as much as for your great role in this Ceremony your caring enabled me to join in!
Having to go home before dark, I couldn’t stay till the very end and get a share of the delicious-looking food brought from the start by B, and towards the end by Shakti + Ravi and their wonderful kids, but at least I was able to enjoy the delightful participation of those kids before having to leave… What an additional Blessing from the Future they were for all of us there, mostly adults who have prepared the ground and the atmosphere as best they could, for them to realize in turn later the truer yet Auroville that the Earth needs…
With smiling Love,
Bhaga ‘
After finishing this ‘little contribution’ of mine that had grown longer as it was being written, I realized it was actually to be the last part of a much overdue new post for my Research Blog, ‘Lab of Evolution’: a post that would retrace the history of the event as I lived it and will be ever happy to remember it….
And here it is now, for you my readers to enjoy it too!… With the help of one of the photos taken during the Ceremony:

 

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Eric with the drum, Anandi with the poncho

Intégral Yoga & Défauts humains (V): le Divin en l’autre, et en tout

Lorsque je suis arrivée en 1972 à Auroville, le nouveau livre d’écrits de Sri Aurobindo que j’ai alors découvert était tout mince, mais il a à nouveau été un éblouissement, comme l’avait déjà été auparavant “La Vie divine”. Il s’agissait de ses “Pensées et Aphorismes”, beaucoup d’entre eux déjà mentionnés et cités au fil des années sur ce Blog, y compris dans mes articles récents, mais leur valeur est si profonde et si universelle que je vais avoir à en utiliser encore certains dans le présent article. Les quelques-uns qui suivent, tirés de la section ‘Jnana’ de l’opuscule, quand je les ai lus alors, m’ont coupé le souffle par l’énormité de ce qu’ils impliquaient. Cela allait bien plus loin que les croyances fort belles mais encore limitées de ceux qui adorent Jésus-Christ, ou de ceux qui adorent Vishnou le Protecteur (plutôt que Brahma le Créateur ou Shiva le Destructeur, dans l’Hindouisme). Voici ce que dit Sri Aurobindo:

21 — Le chrétien et le vaishnava louent le pardon ; quant à moi, je demande :
« Qu’ai-je donc à pardonner et à qui ? »

22 — Dieu m’a frappé avec une main humaine ; dirai-je donc : « Je Te pardonne Ton insolence, ô Dieu » ?

23 — Dieu m’a fait du bien avec un coup. Dirai-je : « Je Te pardonne, ô Tout-Puissant, le mal et la cruauté, mais ne recommence pas » ?

24 — Quand je me plains d’une infortune et l’appelle un mal, ou quand je suis jaloux et déçu, je sais qu’en moi s’est encore réveillé l’éternel imbécile.

25 — Quand je vois les autres souffrir, je sens que je suis malheureux, mais une sagesse qui n’est pas mienne voit le bien qui s’approche, et approuve.

27 — Dieu est un grand et cruel Tortionnaire, parce qu’Il aime. Vous ne comprenez pas, parce que vous n’avez pas vu Krishna et joué avec lui.

29 — J’ai oublié ce qu’est le vice et la vertu ; je ne vois plus que Dieu, Son jeu dans le monde et Sa volonté dans l’humanité.

 

Se moquant de la raison humaine, qui essaye de juger ce qui est bien ou mal à partir des apparences superficielles, c’est avec beaucoup d’ironie que Sri Aurobindo décrit la manière habituelle de raisonner:

31 — Ce que je désire ou pense être bon ne se produit pas, par conséquent il est évident que ce n’est pas un Être suprêmement sage qui gouverne le monde,
mais seulement un Hasard aveugle ou une Causalité brutale.

C’est par expérience personnelle que Sri Aurobindo avait vu combien peut se tromper la raison humaine, et écrivait ces Aphorismes, car en 1908 il avait été soudain arrêté et jeté dans la prison d’Alipore à Calcutta, sur la base d’une accusation si grave qu’elle pouvait lui coûter la vie. Dans sa surprise il s’était plaint anxieusement au Divin: où était donc la Protection dont il se croyait assuré tant que sa vie serait consacrée à libérer son pays du joug britannique?

Eh bien, le Divin lui répondit qu’il n’y avait pas eu d’autre choix que cette extrême façon de s’y prendre pour arrêter Aurobindo dans son élan politique, après qu’il ait ignoré les avertissements plus doux qui lui avaient été donnés auparavant, de tout arrêter – ainsi qu’il devrait le faire, car le Divin avait pour lui une mission encore plus importante! Aurobindo avait d’ailleurs fait suffisamment pour l’Inde: d’autres allaient se lever pour continuer cette tâche, et l’Inde deviendrait de toutes façons libre pendant les grands changements mondiaux à venir…

Et le Divin promit aussi de le protéger personnellement contre tout danger réel dû à l’incarcération et au procès, lui assurant qu’il serait en fait libéré. En effet, un an jour pour jour plus tard, au moment du jugement, son avocat dans sa plaidoierie se mit à prononcer des mots divinement inspirés et inspirants, prophétisant le renom et la gratitude mondiale dont bénéficierait un jour l’accusé, en tant que le bienfaiteur de l’Humanité qu’il allait devenir. Dans la stupeur et le total silence où tous étaient plongés, le miracle se produisit: contre toute attente, Aurobindo fut purement et simplement acquitté.

Mais il y eut plus encore à cette incroyable histoire: durant cette entière année de prison, il avait reçu du Divin, jour après jour, toute l’expérience spirituelle très diverse dont il aurait besoin comme base pour la réelle Mission, immense, que le Divin lui réservait: aller plus loin encore que tout cela, et trouver le Yoga Intégral qui rendrait l’Humanité dans son ensemble capable de briser la prison de Conscience Mentale qui l’empêchait de poursuivre son évolution vers une Conscience plus haute et plus vraie. Pour cette intense année d’entraînement spirituel, le Divin avait envahi la vie en prison d’Aurobindo lui-même, sous la forme de Sri Krishna, le Divin en tant que l’Amant Éternel de nos âmes, révélant sa Présence en tout et tous autour de lui, y compris le procureur et les juges!… Ainsi que l’expliqua Aurobindo plus tard dans son fameux discours à Uttarpara, le premier après sa libération:

“C’était Sri Krishna qui était assis là, c’était mon Amant et mon Ami qui était assis là et souriait. “Maintenant as-tu peur?” Il dit, “Je suis en tous les hommes et j’ai le pouvoir de changer leurs actions et leurs paroles. Ma protection est encore avec toi et tu n’as pas à avoir peur. Ce procès qui t’est intenté, laisse-le entre mes mains. Ce n’est pas à toi de t’en occuper, Ce n’était pas pour un procès que je t’ai amené ici, mais pour autre chose. Le procès lui-même est seulement un moyen pour ce que Je veux faire, et rien de plus .

Est-ce étonnant alors, qu’en 1913 Sri Aurobindo ait écrit ces sublimes mots de gratitude:

34 — Ô Infortune, sois bénie, car à travers toi j’ai vu le visage de mon Amant.

Donc après tout cela, vous qui me lisez, vous avez tout intérêt à cesser de considérer automatiquemnt que “les autres” sont l’évidente source et cause de tous vos malheurs, et à voir plutôt la Main du Divin agissant à travers diverses circonstances extérieures et divers intruments humains – la plupart d’entre eux, étant donné l’état d’inconscience présente des êtres humains, ne se rendant absolument pas compte qu’ils participent en fait à un Plan Divin extraordinairemnt complexe et minutieusement organisé qui se déroule sous la forme de cette Évolution Terrestre. À travers tout ce qui se passe chacun d’entre nous est conduit le mieux possible à la comprèhension correcte de comment tout cela fonctionne, avec la Grâce Divine à l’oeuvre pour tous, même alors que l’évènement extérieur semble être ‘mauvais’, ou injuste, ou… 

Plus vite nous apprendrons à avoir de plus en plus constamment cette nouvelle perception et compréhension de chaque situation – de quoi que ce soit qui se passe – plus vite nous deviendrons paisibles et heureux… juste comme Sri Aurobindo lui-même nous en a indiqué le moyen à travers ses si précieux Aphorismes,  ceux-ci maintenant venant de leur section “Bhakti”:

444 — Il y a deux choses en Dieu que les hommes appellent mal : ce qu’ils ne peuvent pas du tout comprendre, et ce qu’ils comprennent mal et dont ils font mauvais usage quand ils en ont la possession ; c’est seulement ce qu’ils recherchent à tâtons, à moitié en vain et qu’ils comprennent vaguement, qu’ils appellent bon et saint. Mais, pour moi, toutes choses sont aimables en Lui.

445 — Ils disent, ô mon Dieu, que je suis fou, parce que je ne vois aucune faute en Toi ; mais si, vraiment, je suis fou de Ton amour, je ne tiens pas à recouvrer mon bon sens.

446 — « Erreurs, mensonges, faux pas ! » s’écrient-ils. Que Tes erreurs sont brillantes et belles, ô Seigneur ! Tes mensonges sauvent la vie à la Vérité ; par Tes faux pas le monde se perfectionne.

447 — « Vie, Vie, Vie ! », c’est ce que j’entends les passions crier ; « Dieu, Dieu, Dieu ! », telle est la réponse de l’âme. À moins que tu ne voies et n’aimes la Vie comme Dieu seulement, la Vie elle-même sera une joie scellée pour toi.

448 — « Il l’aime » disent les sens ; mais l’âme dit : « Dieu, Dieu, Dieu. » Telle est la formule qui embrasse toute l’existence.

449 — Si tu ne peux pas aimer le ver le plus vil et le plus immonde des criminels, comment peux-tu croire que tu as accepté Dieu en ton esprit ?

450 — Aimer Dieu en excluant le monde, c’est Lui donner une adoration intense mais imparfaite.

488 — Je dois aimer mon voisin non pas parce qu’il est le voisinage, car qu’y a-t-il dans le voisinage et les distances ? Ni parce que les religions me disent qu’il est mon frère, car où est la source de cette fraternité ? Mais parce qu’il est moi-même. Le voisinage et les distances touchent le corps — le cœur va au-delà. La fraternité est celle du sang, du pays, de la religion ou de l’humanité ; mais quand l’intérêt égoïste vocifère, qu’advient-il de cette fraternité ? C’est seulement en vivant en Dieu et en transformant le mental, le cœur et le corps à l’image de Son unité universelle que cet amour profond, désintéressé, inébranlable, devient possible.

Cela ne s’arrête même pas là: avec cet Amour vient aussi le Miel de ce Délice d’Être et de Devenir, qui fait partie de l’Essence-même du Divin, car c’est l’aspect Ananda de SatChitAnanda. Dans cette Nouvelle Conscience dont l’Aurore nous éclaire et transforme de plus en plus la manière dont nous vivons chaque moment de notre vie, les défauts humains dûs à notre égo humain graduellement s’effacent avec lui, tout naturellemnt, au fur et à mesure que nous grandissons au-delà d’eux. C’est là le merveilleux Miel Divin que nous commençons à goûter de manière de plus en plus permanente, et c’est là la route toute droite vers cette “Vie Divine” à nous promise, ici sur Terre. C’est à chacun d’entre nous d’utiliser le secret ultime que Sri Aurobindo nous a donné  à travers encore un de ses “Aperçus et Pensées” :

 

“Transforme tout en miel. Telle est la loi pour vivre divinement.”

 

Integral Yoga & Human Defects (V): the Divine in the Other & in Everything

When I arrived in Auroville in 1972, the new book of writings from Sri Aurobindo I discovered then was a thin one, but it just blew my mind once again, just as his ‘Life Divine’ had done before. It was his ‘Thoughts & Aphorisms’, many of them mentioned and quoted already over the years on this blog, and in my recent articles too, but their value is so deep and universal, I’ll have to use some of them in the present article again. The following few, in the ‘Jnana’ part of the booklet, when I read them long ago, took my breath away by the hugeness of what they actually meant. It went way beyond the very beautiful but still limited beliefs of those who adore Jesus-Christ, or those who adore Vishnu, the Preserver (in contrast to Brahma the Creator and Shiva the Destroyer, in Hinduism). Here is what Sri Aurobindo says:

22. Forgiveness is praised by the Christian and the Vaishnava, but for me, I ask, “What have I to forgive and whom?”

23. God struck me with a human hand; shall I say then, “I pardon Thee thy insolence, O God”?

24. God gave me good in a blow. Shall I say, “I forgive thee, O Almighty One, the harm and the cruelty, but do it not again”?

25. When I pine at misfortune and call it evil, or am jealous and disappointed, then I know that there is awake in me again the eternal fool.

And Sri Aurobindo adds: ‘… but the wisdom that is not mine, sees the good that is coming and approves.’

28. God is a great and cruel Torturer because He loves. You do not understand this, because you have not seen and played with Krishna.

30. I have forgotten what vice is and what virtue; I can only see God, His play in the world and His will in humanity.

Mocking our human reason, which tries to judge from superficial appearances what is good or evil, it is only with irony that Sri Aurobindo describes its usual way of reasoning:

32. What I wished or thought to be the right thing, does not come about; therefore it is clear that there is no All Wise one who guides the world but only blind Chance or a brute Causality.

It is from his own experience that Sri Aurobindo knew better than human reason, by the time he was writing those Aphorisms: when in 1908 he had been all of a sudden arrested and thrown into the Alipore jail of Calcutta, under such a serious accusation that it could mean death for him, in his surprise he anxiously complained to the Divine: where was the Protection he thought was assured to him as long as his life was dedicated to his mission of freeing his country from the British rule?

Well, the Divine responded that there was no other choice but this drastic solution for stopping Aurobindo in his political tracks, after he had ignored the milder promptings given previously to him to quit – as he would have to, for the Divine had an even more important mission for him! He had done enough for India, by the way: others would now rise up to continue that task, and India would anyway become free during the major world-changes to come…

And the Divine did promise to also protect him personally now against any real danger from the incarceration and court-case, assuring him he would actually come out free. Well, a year to the day later, at the time of the decisive judgement, his lawyer in his speech suddenly uttered divinely inspired and inspiring, prophetic words about the worldwide renown and gratitude that would one day be there for the accused man, as the great benefactor of Humanity that he would become. In the stunned total silence everyone had fallen into, the miracle happened: to everyone’s amazement Aurobindo was purely and simply acquitted.

But there was even more to this incredible story: during that one year in prison, he had been given by the Divine, day after day, all the diverse spiritual experiences he would need as a basis for the real, immense Mission the Divine had in store for him: to go further than all that and find the new, Integral Yoga that would enable Humanity as a whole to break out from the Mental Consciousness imprisoning it and preventing it from further evolution towards a higher and truer Consciousness. For this intense, year-long, spiritual training, the Divine had invaded Aurobindo’s own prison life in the form of Sri Krishna, the Divine as the Eternal Lover of our Souls, revealing Himself in everything and everyone around him, including the lawyers and judges!… As Aurobindo explained later in his famous speech at Uttarpara, the first one after his liberation:

‘It was Sri Krishna who sat there, it was my Lover and Friend who sat there and smiled. “Now do you fear?” He said, “I am in all men and I overrule their actions and their words. My protection is still with you and you shall not fear. This case which is brought against you, leave it in my hand. It is not for you. It was not for the trial that I brought you here but for something else. The case itself is only a means for my work and nothing more.

Any wonder then that in 1913 Sri Aurobindo was writing this sublime words of gratitude:

35. O Misfortune, blessed be thou; for through thee I have seen the face of my Lover.

So after all this,  you, my readers, have better stop considering automatically ‘the others’ to be the obvious source and cause of all your miseries, and start seeing in all that is happening the Hand of the Divine through various outer circumstances and human instruments, – most of them, given our present human unconsciousness, totally unaware that they are actually participating in an exquisitely complex and minutely arranged Divine Plan gradually unfolding in this Terrestrial Evolution. Through all those occurrences each of us is led as best as possible to the correct understanding of how it all works, with the Divine Grace being there for all, even when the outer event seems to be ‘bad’, or unjust, or…

The faster we will learn to have more and more constantly this new perception and understanding of each situation, of whatever is happening, the faster we will become peaceful and happy…. just as Sri Aurobindo himself showed us the way to be through those so precious Aphorisms of his, now from the ‘Bhakti’ part of them:

444. There are two things in God which men call evil, that which they cannot understand at all and that which they misunderstand and, possessing, misuse; it is only what they grope after half-vainly and dimly understand that they call good and holy. But to me all things in Him are lovable.

445. They say, O my God, that I am mad because I see no fault in Thee; but if I am indeed mad with Thy love, I do not wish to recover my sanity.

446. “Errors, falsehoods, stumblings!” they cry. How bright and beautiful are Thy errors, O Lord! Thy falsehoods save Truth alive; by Thy stumblings the world is perfected.

447. Life, Life, Life, I hear the passions cry; God, God, God, is the soul’s answer. Unless thou seest and lovest Life as God only, then is Life itself a sealed joy to thee.

448. “He loves her”, the senses say; but the soul says “God God God”. That is the all-embracing formula of existence.

449. If thou canst not love the vilest worm and the foulest of criminals, how canst thou believe that thou hast accepted God in thy spirit?

450. To love God, excluding the world, is to give Him an intense but imperfect adoration.

488. I should love my neighbour not because he is neighbourhood, — for what is there in neighbourhood and distance? nor because the religions tell me he is my brother, — for where is the root of that brotherhood? but because he is myself. Neighbourhood and distance affect the body, the heart goes beyond them. Brotherhood is of blood or country or religion or humanity, but when self-interest clamours what becomes of this brotherhood? It is only by living in God and turning mind and heart and body into the image of his universal unity that that deep, disinterested and unassailable love becomes possible.

It doesn’t even stop there: with that Love comes also the Honey of this Delight of Being and Becoming that is part of the very Essence of the Divine, for it is the Ananda part of SatChitAnanda. In this New Consciousness now dawning on us and transforming more and more the way we live each moment of our life, the human defects due to our human ego gradually fade away with it, just naturally, as we simply outgrow them. It is this wonderful Divine Honey which we start tasting more and more permanently, and this is the straight way to this ‘Life Divine’ promised to us, right here on Earth. It’s up to each of us to use the ultimate secret given to us by Sri Aurobindo in yet another one of  his ‘Thoughts & Glimpses’:

 

Integral Yoga & Human Defects (IV) : What About Psychoanalysis Today ?

I recommend to all those who can read English the great cascade of comments posted yesterday by my psychologist friend Don Salmon who lives in the USA. All in response to my previous post quoting two texts by Sri Aurobindo on Psychoanalysis, Don’s comments provide additional richness of information to the topic at hand. Interestingly enough,  Don’s comments even constitute a kind of preparation for the present post of mine -all the more because I have posted right away some short answers to them.

But as this new post I am now writing was already intended before, and meant to continue what I myself wanted to convey through this current sequence of posts on the same overall topic, rather than making this post now a direct reply to Don, I’ll just keep  on my own track, and say what I wanted to say anyway… knowing that by doing so I’ll be at the same time answering further Don’s concerns.

So I’d like to go back to the two texts from Sri Aurobindo quoted in my previous post:

Why did I quote them, first of all?

Well, together with Mother’s later re-formulation of her own corresponding Message, these two texts from Sri Aurobindo had been also mentioned by her to Satprem in relation to the same subject, so I felt it was only fair to quote this whole addition asked for by the Mother, just as it had been added indeed by Satprem in the final text of this passage of the Agenda on ‘Don’t try to be virtuous’.

But fairness wasn’t the only reason:

I felt also that both texts (which I knew and loved since long) truly shed on the whole topic of Psychological Healing such a powerful and clear and illuminating light, that they would be of great help for everybody, be it patient or medical doctor, and for still a very long time, as Sri Aurobindo indicated there the very central root of all psychological problems: the absence in most of us human beings of sufficient influence from our secret Divine Self, deep within as well as high above our superficial self with all its presently warring parts.

This indicates also then the obvious real solution: the necessity for each individual to reconnect and gradually re-identify with his/her true, Divine Self, so as to transform as well gradually those external parts into their potential divine reality, as perfected instruments of self-expression of the Divine in this world of Manifestation.

Such an immense overall understanding  and goal go way beyond what ordinary Psychology and Psychiatry perceive of Human Nature, but unless one gets that fuller picture of what we truly are, there is no way this needed inner balance and harmony can establish themselves in our being. Such a supremely important point makes these quotes an invaluable gift, just by itself already.

Given this fuller picture that is the all-pervasive basis for all that Sri Aurobindo and Mother taught from their own huge spiritual experience, Psychoanalysis in those early times was obviously rather inadequate, as Sri Aurobindo starts with saying, quite unequivocally. And yet Sri Aurobindo, in his vast wisdom, doesn’t put any blanket condemnation upon it. All that he says is carefully and clearly qualified: it is Freud he is talking about, and he explains exactly what is fundamentally wrong in Freud’s approach and all similar approaches. He wants us to understand why he doesn’t approve of it.

Not only does Sri Aurobindo point out why this approach is so wrong and actually dangerous, but he also describes what would be the correct way: finding the true Light first, then only – and cautiously –  using it to go into the intermediary strata of our inner, psychological being, with all their warring obscurities obscuring constantly our consciousness. and making us think, feel and act according to their whims instead of our real, spiritual inclination and will.

But Sri Aurobindo’s warning is qualified also time-wise: he himself underlies that these new discoveries Psychoanalysis prides itself of, are fragmentary and distorted because this aspiring new science is only in its infancy. Far from condemning it forever, at the end of what he writes, he expresses full confidence on the contrary that a day will come when the real knowledge in that field will gradually emerge and be used successfully for the benefit of all.

So, seeing this wonderful clarity and precision in Sri Aurobindo’s two texts, I felt no one could possibly misinterpret them if not by their own inattentive and mistaken reading of them. I knew that risk still could be there in my readers, but I gave them at least the benefit of the doubt, so to say, trusting their own better judgement and sheer thinking capacity!…

After seeing yesterday the immediate and somewhat indignant reaction from Don against my publishing those texts, I wondered what may have caused the difference in his perception and my own perception of whether those two texts were still useful reading, or by now totally outdated, given the huge strides forward in the right direction that have happened since then in that field of medical research and practice (see Don’s second comment, about Dan Sieger, about that).

The major difference, obviously to me, stems quite simply from the place in the world  and the social context in which each of us lives:

Don was born and lives in the USA, and in a city there where all such subjects are part to a large extent of normal life, thanks to the relatively high level of education and intellectuality in most of the population. A psychologist himself, together with his equally qualified wife he has written a book and is putting together a website about what I would call the New Psychology. From what he has himself written in his comments yesterday, one can see he is part just naturally of those circles of researchers in this field who meet or communicate often, nationally and internationally, All know of the latest advances, and are  able to have access, themselves and their family, to the most advanced psychological care that they already know is available, if ever they find themselves in psychological or psychiatric trouble. They somehow take all that for granted, it’s just ‘normal life’ for them.

Well, the situation is utterly different in the part of the world where, although French, I live by choice since 1972: Auroville, near Puducherry (ex-Pondicherry), South India. This is rural Tamil Nadu, with only a few big cities far and between. The new discoveries and new ways of New Psychology have a hard time here reaching and infiltrating mentalities still steeped in antiquated educative systems where the Freudian concepts remain hugely the predominant, if often subconscious (!) basis of understanding for those in the masses sufficiently educated to have at least heard of such notions at all. Even in the top level of really educated people, changing the old beliefs one has received isn’t easy: the ego is there too, which prevented Sigmund Freud himself from ever accepting that some of his theories may be wrong, even when his faithful student Carl Jung had the courage to point out to him what didn’t seem to be correct… Patients in areas of the world where Dan Siegel isn’t even heard of can at least use the clues given by Sri Aurobindo, as clear criteria for selecting the doctor whose approach will not harm them…

So my quiet conclusion is that Don and myself are actually both right in our different perceptions of the need still, or not, of those two texts by Sri Aurobindo. It all depends on the context in which we live and on the audience we are thinking of and trying to reach and help when we write. We are complementary, I would say. In this way,  our long mutual appreciation makes us a good bridge between the two worlds we each live in and identify ourselves with to some extent, however subconsciously… Oops! Here comes Freud again, surreptitiously, in our generalized acceptation of at least that basic discovery he did make, that was true, and confirmed by Sri Aurobindo then: the existence of the Subconscious!

I’ll end with celebrating with Don and inviting everyone to read that most wonderful other text by Sri Aurobindo that Don took the trouble to find again in order to quote it in his next comment… It summarizes indeed what we both agree deeply about, which fills up our life, and that we both found only in Sri Aurobindo.

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PS: Yes, this morning, after a good night of rest, my cells have been happy to peacefully participate in the creation of this article… But now, enough is enough!… 😊

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Integral Yoga & Human Defects (III): Sri Aurobindo on Psychoanalysis

(Different illustration but same text as in my French original previous article)

A NOTE AND AN ADDENDUM BY SATPREM ABOUT THE PASSAGE FROM ‘MOTHER’S AGENDA’ QUOTED IN THE PREVIOUS ARTICLE:

3 When Satprem published extracts from this conversation in the Ashram Bulletin of April 1962, Mother had this passage modified (over his protests). Instead of “Do not try to be virtuous,” she put “Do not try to seem virtuous”; and she added: “There’s a drawback here. People never understand anything, or rather they understand everything in their own way. They would take this sentence as an encouragement to get into mischief, to misbehave, to entertain wrong feelings, and then proclaim, ‘We are the Lord’s favorites!’… There was something like it in one of Sri Aurobindo’s letters, you remember – a letter to people who wanted to bring all the impurities in themselves out to the surface; he told them that was definitely not the way!” (See Sri Aurobindo’s two letters on psychoanalysis in the Addendum.)

  ADDENDUM

(Two letters of Sri Aurobindo on psychoanalysis)

Your practice of psycho-analysis was a mistake. It has, for the time at least, made the work of purification more complicated, not easier. The psycho-analysis of Freud is the last thing that one should associate with yoga. It takes up a certain part, the darkest, the most perilous, the unhealthiest part of the nature, the lower vital subconscious layer, isolates some of its most morbid phenomena and attributes to it and them an action out of all proportion to its true role in the nature. Modern psychology is an infant science, at once rash, fumbling and crude. As in all infant sciences, the universal habit of the human mind – to take a partial or local truth, generalise it unduly and try to explain a whole field of Nature in its narrow terms – runs riot here. Moreover, the exaggeration of the importance of suppressed sexual complexes is a dangerous falsehood and it can have a nasty influence and tend to make the mind and vital more and not less fundamentally impure than before.

It is true that the subliminal in man is the largest part of his nature and has in it the secret of the unseen dynamisms which explain his surface activities. But the lower vital subconscious which is all that this psycho-analysis of Freud seems to know, – and even of that it knows only a few ill-lit corners, – is no more than a restricted and very inferior portion of the subliminal whole. The subliminal self stands behind and supports the whole superficial man; it has in it a larger and more efficient mind behind the surface mind, a larger and more powerful vital behind the surface vital, a subtler and freer physical consciousness behind the surface bodily existence. And above them it opens to higher superconscient as well as below them to lower subconscient ranges. If one wishes to purify and transform the nature, it is the power of these higher ranges to which one must open and raise to them and change by them both the subliminal and the surface being. Even this should be done with care, not prematurely or rashly, following a higher guidance, keeping always the right attitude; for otherwise the force that is drawn down may be too strong for an obscure and weak frame of nature. But to begin by opening up the lower subconscious, risking to raise up all that is foul or obscure in it, is to go out of one’s way to invite trouble. First, one should make the higher mind and vital strong and firm and full of light and peace from above; afterwards one can open up or even dive into the subconscious with more safety and some chance of a rapid and successful change.

The system of getting rid of things by anubhava [experience] can also be a dangerous one; for on this way one can easily become more entangled instead of arriving at freedom. This method has behind it two well-known psychological motives. One, the motive of purposeful exhaustion, is valid only in some cases, especially when some natural tendency has too strong a hold or too strong a drive in it to be got rid of by vicara [intellectual reflection] or by the process of rejection and the substitution of the true movement in its place; when that happens in excess, the sadhak has sometimes even to go back to the ordinary action of the ordinary life, get the true experience of it with a new mind and will behind and then return to the spiritual life with the obstacle eliminated or else ready for elimination. But this method of purposive indulgence is always dangerous, though sometimes inevitable. It succeeds only when there is a very strong will in the being towards realisation; for then indulgence brings a strong dissatisfaction and reaction, vairagya, and the will towards perfection can be carried down into the recalcitrant part of the nature.

The other motive for anubhava is of a more general applicability; for in order to reject anything from the being one has first to become conscious of it, to have the clear inner experience of its action and to discover its actual place in the workings of the nature. One can then work upon it to eliminate it, if it is an entirely wrong movement, or to transform it if it is only the degradation of a higher and true movement. It is this or something like it that is attempted crudely and improperly with a rudimentary and insufficient knowledge in the system of psycho-analysis. The process of raising up the lower movements into the full light of consciousness in order to know and deal with them is inevitable; for there can be no complete change without it. But it can truly succeed only when a higher light and force are sufficiently at work to overcome, sooner or later, the force of the tendency that is held up for change. Many, under the pretext of anubhava, not only raise up the adverse movement, but support it with their consent instead of rejecting it, find justifications for continuing or repeating it and so go on playing with it, indulging its return, eternising it; afterwards when they want to get rid of it, it has got such a hold that they find themselves helpless in its clutch and only a terrible struggle or an intervention of divine grace can liberate them. Some do this out of a vital twist or perversity, others out of sheer ignorance; but in yoga, as in life, ignorance is not accepted by Nature as a justifying excuse. This danger is there in all improper dealings with the ignorant parts of the nature; but none is more ignorant, more perilous, more unreasoning and obstinate in recurrence than the lower vital subconscious and its movements. To raise it up prematurely or improperly for anubhava is to risk suffusing the conscious parts also with its dark and dirty stuff and thus poisoning the whole vital and even the mental nature. Always therefore one should begin by a positive, not a negative experience, by bringing down something of the divine nature, calm, light, equanimity, purity, divine strength into the parts of the conscious being that have to be changed; only when that has been sufficiently done and there is a firm positive basis, is it safe to raise up the concealed subconscious adverse elements in order to destroy and eliminate them by the strength of the divine calm, light, force and knowledge. Even so, there will be enough of the lower stuff rising up of itself to give you as much of the anubhava as you will need for getting rid of the obstacles; but then they can be dealt with with much less danger and under a higher internal guidance.

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*   *

I find it difficult to take these psycho-analysts at all seriously when they try to scrutinise spiritual experience by the flicker of their torch-lights, – yet perhaps one ought to, for half-knowledge is a powerful thing and can be a great obstacle to the coming in front of the true Truth. This new psychology looks to me very much like children learning some summary and not very adequate alphabet, exulting in putting their a-b-c-d of the subconscient and the mysterious underground super-ego together and imagining that their first book of obscure beginnings (c-a-t cat, t-r-e-e tree) is the very heart of the real knowledge. They look from down up and explain the higher lights by the lower obscurities; but the foundation of these things is above and not below, upari budhna esam. The superconscient, not the subconscient, is the true foundation of things. The significance of the lotus is not to be found by analysing the secrets of the mud from which it grows here; its secret is to be found in the heavenly archetype of the lotus that blooms for ever in the Light above. The self-chosen field of these psychologists is besides poor, dark and limited; you must know the whole before you can know the part and the highest before you can truly understand the lowest. That is the promise of the greater psychology awaiting its hour before which these poor gropings will disappear and come to nothing.

 

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Yoga Intégral & Défauts Humains (III): Sri Aurobindo sur la Psychanalyse

NOTE DE SATPREM SUR LE PASSAGE DE “L’AGENDA DE MÈRE” CITÉ DANS L’ARTICLE PRÉCÉDENT:

3 Lorsque nous avons publié partiellement cette conversation dans le Bulletin de l’Ashram, en avril 1962, Mère nous a fait modifier (malgré nos protestations) cette phrase: au lieu de «N’essayez pas d’être vertueux», Elle a mis: «N’essayez pas d’avoir l’air vertueux», et Elle a ajouté: «Il y a un inconvénient. Les gens ne comprennent jamais rien, ou plutôt ils comprennent à leur manière. Ils prendraient ça pour un encouragement à faire des bêtises, à être mauvais, à avoir de mauvais sentiments, et ils diraient: «Nous sommes les préférés du Seigneur!»… Tu te souviens, il y a une lettre de Sri Aurobindo comme cela, à des gens qui voulaient faire sortir tout ce qu’il y a de mauvais en eux – il leur a dit que ce n’était pas du tout la manière!» (Voir en addendum deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse.)

ADDENDUM

(Deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse)

Votre pratique de la psychanalyse était une erreur. Elle a, pour le moment du moins, rendu plus compliqué et non plus facile le travail de purification. La psychanalyse de Freud est la dernière chose que l’on devrait associer au yoga. Elle prend une certaine partie de la nature, la plus obscure, la plus périlleuse, la plus malsaine – la couche sub-consciente du vital inférieur – et elle isole quelques-uns de ses phénomènes les plus morbides en leur attribuant une action hors de toute proportion avec leur rôle véritable dans la nature. La psychologie moderne est une science dans l’enfance, à la fois imprudente, tâtonnante et rudimentaire. Comme il en est de toutes les sciences dans l’enfance, cette habitude universelle du mental humain de prendre une vérité partielle ou locale, de la généraliser abusivement et de vouloir expliquer tout un domaine de la Nature selon ses étroites formules, s’en donne à cœur joie ici. En outre, cette exagération de l’importance des complexes sexuels refoulés est une dangereuse fausseté; elle peut avoir une influence pernicieuse en rendant le mental et le vital non pas moins mais plus fondamentalement impurs qu’auparavant.

Il est vrai que le subliminal dans l’homme constitue la plus large part de sa nature et recèle le secret de dynamismes invisibles qui expliquent ses activités de surface. Mais la couche subconsciente du vital inférieur, qui est tout ce que semble connaître cette psychanalyse de Freud (et encore n’en connaît-elle que quelques recoins mal éclairés), n’est qu’une fraction limitée et très inférieure de la totalité subliminale. Le moi subliminal s’étend derrière et soutient l’ensemble de l’homme de surface; il recèle un mental plus large et plus efficace derrière le mental de surface, un vital plus vaste et plus puissant derrière le vital de surface, une conscience physique plus subtile et plus libre derrière l’existence corporelle de surface. Au-dessus de ces niveaux, il s’ouvre aux étendues supraconscientes, de même qu’en dessous il s’ouvre aux étendues subconscientes inférieures. Si l’on veut purifier et tranformer la nature, c’est au pouvoir de ces étendues supérieures qu’il faut s’ouvrir et s’élever afin, par elles, de changer non seulement l’être subliminal mais l’être de surface. Ceci même doit se faire avec prudence et non d’une façon prématurée et précipitée, en suivant une direction supérieure et en gardant toujours l’attitude vraie, sinon la force que l’on fait descendre risque d’être trop puissante pour la fragile et obscure charpente de la nature. Mais commencer par ouvrir le subconscient inférieur en risquant de soulever tout ce qui s’y trouve d’obscur et de fétide, c’est aller au devant des ennuis. D’abord, il faut fortifier et affermir le mental et le vital supérieurs en les emplissant de la lumière et de la paix d’en haut; après, on peut ouvrir le subconscient ou même y plonger avec plus de sécurité et quelque chance de changement heureux et rapide.

Le système qui consiste à se débarrasser des choses indésirables par anoubhava [assouvissement] peut également être dangereux; sur ce chemin, il est plus facile de s’empêtrer davantage que d’arriver à la liberté. Cette méthode s’appuie sur deux principes psychologiques bien connus. L’un, le principe d’épuisement volontaire, est valable dans certains cas, surtout quand certaines tendances naturelles ont une emprise trop forte ou une poussée trop puissante pour que l’on puisse s’en débarrasser par vichâra, c’est-à-dire par le procédé de rejet et de substitution du mouvement vrai; quand ceci arrive avec excès, le chercheur doit parfois même retourner à l’action ordinaire de la vie ordinaire et en faire l’expérience vraie avec un mental nouveau et une volonté nouvelle derrière, puis revenir à la vie spirituelle une fois que l’obstacle est éliminé ou prêt à être éliminé. Mais cette méthode d’assouvissement volontaire est toujours dangereuse, bien que parfois inévitable. Elle ne réussit que si l’être possède une puissante volonté de réalisation, car l’assouvissement entraîne une forte insatisfaction et une réaction, vaïragya, et dès lors la volonté de perfection peut être poussée jusque dans la partie récalcitrante de la nature.

L’autre principe de l’anoubhava est d’une application plus générale; en effet, pour rejeter quoi que ce soit hors de l’être, il faut d’abord en être conscient, avoir clairement l’expérience intérieure de son action et découvrir sa place effective dans le fonctionnement de la nature. Alors on peut agir dessus pour l’éliminer si c’est un mouvement complètement faux, ou le transformer si c’est seulement une dégradation d’un mouvement supérieur vrai. C’est cela ou quelque chose de ce genre que tente grossièrement et abusivement, avec une connaissance rudimentaire et insuffisante, le système de la psychanalyse. Le procédé qui consiste à soulever les mouvements inférieurs dans la pleine lumière de la conscience afin de les connaître et de les manipuler est inévitable, car il ne peut pas y avoir de changement complet sans cela. Mais on ne peut y réussir vraiment que quand la lumière et la force supérieures sont suffisamment actives pour surmonter plus ou moins vite la force de la tendance que l’on expose à la lumière afin de la changer. Bien des gens, sous prétexte d’anoubhava, non seulement soulèvent le mouvement adverse mais l’entretiennent de leur consentement au lieu de le rejeter, trouvent des justifications pour le prolonger ou le répéter et continuent ainsi de jouer avec lui, de caresser son retour et de l’éterniser, et, plus tard, lorsqu’ils veulent s’en débarrasser, il a une telle emprise qu’ils se trouvent impuissants et dans ses griffes; seule une lutte terrible ou une intervention de la grâce divine peuvent les libérer. Certains font cela par déformation vitale ou par perversité, d’autres par pure ignorance, mais dans le yoga comme dans la vie, l’ignorance n’est pas acceptée par la Nature comme une excuse justifiante. C’est le danger qui guette toute manipulation incorrecte des parties ignorantes de la nature; or, rien n’est plus ignorant, plus périlleux, plus irraisonné et obstiné dans ses récidives que le subconscient vital inférieur et ses mouvements. Le soulever prématurément ou incorrectement sous prétexte d’anoubhava, c’est risquer aussi d’inonder de ce magma obscur et fangeux les parties conscientes et d’empoisonner ainsi toute la nature vitale et même mentale. Donc, toujours, il faudrait commencer par une expérience positive et non par une expérience négative, et faire descendre tant soit peu la nature divine, la lumière, l’équanimité, la pureté, la force et le calme divins dans les parties de l’être conscient qui doivent être changées; c’est seulement quand on a fait cela suffisamment et qu’il existe une solide base positive, qu’il est prudent de soulever les éléments adverses cachés dans le subconscient afin de les détruire ou de les éliminer par la force du calme divin, de la lumière, de l’énergie et de la connaissance divines. Même ainsi, il subsistera toujours assez de ce magma inférieur pour se lever de lui-même et vous donner autant d’anoubhava que vous en aurez besoin pour vous débarrasser de l’obstacle, mais, alors, il pourra être manipulé avec beaucoup moins de danger et sous une direction intérieure supérieure.

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*   *

Je trouve difficile de prendre vraiment au sérieux ces psychanalystes lorqu’ils tentent de scruter l’expérience spirituelle à la lumière clignotante de leur lampe de poche – encore qu’on le devrait peut-être, car le demi-savoir est une chose puissante et il peut être un grand obstacle à l’émergence de la vraie Vérité. Cette nouvelle psychologie me fait l’effet d’enfants qui apprennent quelque alphabet sommaire et pas très adéquat, exultant d’additionner ensemble leur a-b-c-d du subconscient et le mystérieux super-ego souterrain, et qui s’imaginent que leur premier manuel des obscurs commencements (c-h-a-t = chat, a-r-b-r-e = arbre) est l’essence même de la vraie connaissance. Ils regardent de bas en haut et expliquent les lumières supérieures par les obscurités inférieures, mais le fondement des choses est en haut et non en bas, oupari boudhna esham. C’est le supraconscient et non le subconscient qui est le vrai fondement des choses. La signification du lotus ne se trouve pas en analysant les secrets de la boue dans laquelle il pousse ici-bas; son secret se trouve dans l’archétype céleste du lotus qui fleurit à jamais dans la Lumière d’en haut. En outre, le domaine que ces psychologues se sont choisis est maigre, obscur, limité; il faut d’abord connaître le tout avant de pouvoir connaître la partie et le plus haut avant de comprendre vraiment le plus bas. Telle est la promesse d’une psychologie plus large qui attend son heure et devant laquelle ces pauvres tâtonnements s’évanouiront comme rien.5

(5 Sri Aurobindo, Letters on Yoga, Cent. Ed., XXIV, 1605.)

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