24.11.18: Mon Jour de Darshan permanent avec Sri Krishna

Message sur la Carte distribuée à l’Ashram pour ce Jour de Darshan (plus traduction) :

‘Where you are? / Où vous êtes?

In the Mother’s presence here and close to me. / Dans la présence de la Mère et près de moi.

Where you are going? / Où vous allez?

Towards union with the Divine through dedication and service. / Vers l’union avec le Divin à travers le don de soi et le service.

What you are doing here?/ Ce que vous faites ici?

Service and self-giving to the Divine. / Le service et le don de soi au Divin.

 

The rest depends . . . on the simplicity and fullness with which you give yourself and serve.’ / Le reste dépend de la simplicité et de l’entièreté avec laquelle vous vous donnez et vous servez”.

Sri Aurobindo

Je célèbre toujours ce spécifique Jour de Darshan de Sri Aurobindo avec un article ayant à voir avec Sri Krishna, pour des raisons que j’ai expliquées déjà en 2011 (quand je commençais ce Blog de Recherche) dans l’article suivant (que je ne crois pas avoir encore traduit en français, mais je le ferai si quelqu’un me le demande) :

https://labofevolution.wordpress.com/2011/11/24/november-24th1926-sri-aurobindo-krishna/

Mais aussi pour moi personnellement – pas juste à cause de sa signification pour Sri Aurobindo – ce jour de Darshan du 24 Novembre a été ressenti depuis longtemps comme en quelque sorte mon propre Jour de Krishna annuel …. qui au fil des années est graduellement devenu une sorte de Darshan permanent , bien que je le célèbre encore spécialement ce jour-là !

Dans toutes les diverses formes de Relation que chacun d’entre nous peut avoir avec le Divin, Sri Aurobindo explique (dans la ‘Synthèse des Yoga’ je crois, probablement à la fin de ce qui concerne le Bhakti Yoga) que la Relation en elle-même est toujours pleine de Délice… et pourtant il y a d’une certaine manière des degrés dans ce Délice: depuis le Délice de la Camaraderie, de l’Amitié, et autres, il semble culminer dans le Délice de la Relation avec le Divin en tant que le Parent idéal … et là, l’Amour de notre Père Éternel est déjà très délicieux, mais l’Amour de notre Mère Éternelle est tout de même encore plus doux … et malgré tout, même celui-là est surpassé par le Délice Suprême qu’est la Relation avec le Divin en tant que notre Amant Divin : l’Éternel Amant de notre Âme.

Il y a bien sûr aussi le Délice de l’Identité avec le Divin (cela, c’est davantage le but du Jnana Yoga) – mais alors, dans l’absolu de cet état de conscience, on se sent être uniquement l’Un … et cela ne permet pas la possibilité de l’Amour, car l’Amour c’est ce Délice, inhérent à l’Un Divin, se déversant vers quelqu’un d’autre … ce qui ne peut se produire que lorqu’il y a au moins deux êtres !!! D’où justement la Multiplication de Soi de l’Un en ces innombrables autres Sois dont nous faisons tous partie :  tout cela, précisément pour que l’Un en Tout puisse avoir l’expérience du Délice de la Relation, avec toutes les Nuances d’Amour que l’Un peut exprimer.

Ce qui est merveilleux, c’est que toutes ces nuances de l’Amour Divin sont comme un seul arc-en-ciel, où la même Lumière d’Amour se divise/multiplie en toute cette diversité de  nuances d’Elle-même, juste pour le Délice de savourer sa propre délicieuse Diversité. Lorsque nous, esprits habitant temporairement ce monde de Matière, en arrivons au point de faire l’expérience de ces merveilleuses Nuances de l’Amour Dicin, notre Âme découvre que, tout du long, c’est en fait du même Être Unique qu’elle fait l’expérience; et que cette Diversité dans l’Amour ne fait qu’ajouter encore plus de Délice à son propre Délice en tant qu’Âme, passant de plus en plus constamment d’une nuance de cet Amour Délice à une autre délicieuse nuance du même Amour Délice …

Eh oui, nous n’avons pas besoin de mourir ni d’aller en aucun ‘Paradis’ pour faire l’expérience de tels Délices d’Amour Divin. Nous pouvons y goûter ici-même, sur Terre, pendant nos existences incarnées, si seulement nous prenons la peine d’aller chercher assez profond en nous-même pour le trouver, et si nous faisons de cela le But de notre vie.

Dans toutes les religions, et aussi en dehors d’elles, il y a eu des êtres humains qui ont découvert cette Possibilité et ne l’ont pas laissée passer. On les appelle les Mystiques – ou autrement, selon les diverses religions – mais tous ont découvert et goûté ce même merveilleux Secret qu’est l’Amour Divin, ici sur Terre. Beaucoup de ceux qui ont été déclarés officirllement Saints par l’Église Catholique, par exemple, étaient des mystiques.

En Inde, cette Relation d’Amour avec le Divin est appelée ‘Bhakti,’ et ceux qui la recherchent ou la vivent déjà, des ‘bhaktas’.

Le Yoga Intégral mis au point ensemble par Sri Aurobindo et la Mère, pour aider les autres personnes intéressées à une Évolution Consciente, inclut bien sûr le Jnana Yoga et le Karma Yoga (Service du Divin à travers le don de soi et la dédication de toutes les activités) , mais aussi et particulièrement le Bhakti Yoga. Le Yoga Intégral donne même une place tout à fait centrale à ce qui en nous est l’origine de l’Amour pour le Divin : notre Âme individuelle (ou plutôt “Être Psychique”, littéralement l’Être de notre Âme, qui se développe à partir d”elle au long de nos vies successives), au plus profond de nous-même. C’est lui qui est recommandé comme la toute première partie de notre Être à rejoindre et à laisser complètement être notre Guide Intérieur pour toute notre sadhana (processus intérieur de progrès spirituel).

En effet, l’Amour pour le Divin est indispensable aussi pour le Karma Yoga, si l’on veut véritablement servir le Divin et se donner à Lui/Elle : ce n’est pas par un sens de devoir ou d’obligation que l’on peut vraiment faire cela – alors que si on le fait par Amour, cela se fait automatiquement et avec joie, ainsi que nous le savons tous par expérience.

Voilà pourquoi toutes les explications ci-dessus se rapportent au Message pourtant plutôt “Karma-Yoguique” du Darshan d’aujourd’hui (inscrit au début de cet article) et se rapportent aussi en même temps à cet échatillon d’humanité en évolution consciente que je suis, en tant que pratiquante du Yoga Intégral.

Comme dans mon cas personnel l’Être Psychique avait été très actif depuis l’enfance, avec Jésus et la Vierge Marie alors mes formes préférées du Divin (pas d’attraction du tout pour le Père!), sa forte influence en moi n’a été interrompue que par ma crise de questionnement mental en devenant jeune adulte en 1971 … crise qui m’a menée à une Illumination massive à travers la révélation reçue des premières lignes de ‘La Vie Divine’, par Sri Aurobindo. Mais mon Être Psychique n’était toujours pas autorisé par mon Mental à régner à nouveau comme auparavant.

Afin de ré-établir en moi cette Influence si nécessaire, aussitôt que je suis allée vivre à Auroville en 1972, les expériences – à noueau massives – dont la Mère Divine m’a gratifiée fin 1973 se sont ajoutées à l’expérience originelle totalement illuminatrice reçue en 1971 de Sri Aurobindo – lui-même perçu depuis lors comme étant l’expression d’un Père Tout-Connaissant et merveilleusement Inspirant. La puissance combinée de ces deux “méga-expériences” mit enfin et une fois pour toutes en miettes le blocage mental, et me remit dans ma délicieuse Relation avec le Divin – mais maintenant perçu comme mon Divin Parent, Père et Mère à la fois, avec mes bien-aimés Sri Aurobindo et Mère comme sa double incarnation sur Terre afin d’accomplir l’Action Évolutive nécessaire et décisive pour notre époque .

Mais une autre partie de ma nature humaine avait besoin bien sûr aussi de l’Amour de mon Amant Divin, et ce de plus en plus à mesure que les amants humains se révélaient encore et encore bien incapables évidemment d’assouvir ce qui était en fait un intense besoin intérieur de mon Amant Divin …

Mon Âme n’eut pas longtemps à attendre:

À peine en mai 1975, j’ai passé trois jours et trois nuits à chercher ardemment le retour en pleine force d’encore une autre expérience cruciale, quelques semaines auparavant, encore avec la Mère Divine (mais rencontrée cette fois directement dans la Dimension Psychique elle-même, dans ce profond “Monde de l’Âme” décrit par Sri Aurobindo dans “Savitri”).

À  la fin de ces trois jours de solitude délibérée et intense, il m’a été dit intérieurement que je pouvais retourner dans ma chambre au sein de la grande hutte collective, et j’ai obéi. Eh bien, quelle surprise m’attendait!… Qui apparut devant mon regard intérieur le matin suivant, m’enveloppant d’une incroyable mais légèrement malicieuse tendresse?… Les Yeux et le Sourire irrésistiblement charmeurs du Divin à nouveau, certes, mais cette fois en tant que l’Amant Éternel de mon Âme !… Et mon Âme, en un heureux soupir de reconnaissance venue d’une autre vie, murmura doucement le seul Nom qu’elle connaissait alors pour son Bien-Aimé : “Krishna !…”

Mais “Krishna” tel que mon Âme l’a découvert et en a besoin dans cette vie-ci est la forme encore supérieure de cet Aspect de Délice du Divin que Krishna a incarné autrefois sous ce nom-là: c’est le Suprême Délice Divin lui-même, l’Ananda de “Satchitananda”, le coeur même de la Nature Éternelle du Divin. Il faut que ce soit Krishna en tant que Bhagavan en personne, le Tout-Délice révélé, dont les mots, dits à Arjuna, étaient comme un Chant : la Bhagavad-Gîta.

Et pas même seulement cela : cet Ananda Absolu s’est manifesté jusqu’à présent surtout comme un Pouvoir Lunaire, passif en quelque sorte, quelque chose à ressentir intérieurement en méditation ou contemplation, les yeux clos comme le Buddha, et qui vous tirait au-dedans, sans action vers l’extérieur. Mais la sorte d’Ananda dont je sentais le besoin, pour moi-même d’abord, mais aussi pour l’humanité et le monde entier, était un Ananda actif, le Pouvoir Solaire de l’Ananda, finalement se manifestant dans ee monde de Matière souffrante, comme un Pouvoir maintenant envahissant la Matière et la Vie pour les libérer, les guérir, leur donner enfin leur Plénitude par son irrésistible Délice Divin.

Ce Nom que je cherchais si ardemment depuis 1975, il m’a été donné de le découvrir, début 1979, à travers “Le Secret du Véda”, de Sri Aurobindo:

L’un des (très anciens) Hymnes Védiques traduits et commentés par Sri Aurobindo était  addressé à l’Aspect du Divin que les Rishis inspirés qui les ont écrits appelaient “Bhaga”: c’était la forme active du Pouvoir de Délice, qui seule peut compléter le travail des autres Aspects, en défaisant enfin tous les noeuds de la Douleur et des autres résultats de la Fausse Réalité dans laquelle nous avons vécu jusqu’à présent. Bhaga est celui des Quatre Rois Solaires qui vient en dernier: avec son irrésistible Pouvoir de Délice, il est celui qui peut dissiper entièrement le Cauchemar, et rendre à ce monde et à tous les êtres qui y vivent leur vraie, divine Realité – qui est Délice.

C’était de manière évidente le Nom que j’avais tant senti le besoin de trouver, qui donnerait sa Direction précise à ma vie entière et m’aiderait à grandir toujours plus vers ce qu’il signifiait, comme vers une Étoile … Ce Nom a aussi fait de moi aussitôt quelque chose comme la Fiancée de mon bien-aimé Bhagavan, le Suprême en tant que le Tout-Délice … dont le Nom était précisément basé sur ce Nom lui-même, “Bhaga”, le Pouvoir de Délice inhérent à Bhagavan !

Quel Programme!!! Il aurait pu facilement m’écraser sous son énormité. Mais avec l’Aide intérieure constante de mes Parents spirituels chéris, Sri Aurobindo et Mère, l’ Âme-Enfant qui en moi y aspirait a grandi et grandi, en dépit de tous les obstacles intérieurs, difficultés et retours en arrière, vers ce que cette Âme voulait tellement devenir .

Dans le contexte chrétien, il y a ce que l’on appelle le Mariage Mystique de l’Âme avec son Bien-Aimé – dans ce contexte-là Jésus-Christ. Ma propre Âme fraternise totalement  avec ces autres Âmes qui se sont éprises de cet Aspect du Divin que Jésus a incarné. Je sais que mon Âme aussi s’est prise d’Amour autrefois, en d’autre(s) vie(s), pour ce même Aspect, l’Amour Divin, que Jésus a incarné si merveilleusement alors .

Mais dans cette vie-ci, avec l’activation, à partir du 29.02.56 , de la Conscience-Force Supramentale dans la Matière terrestre et corporelle, nous entrons dans une Ère Évolutive nouvelle : ce n’est plus seulement l’Amour Divin mais aussi le Délice Divin à sa Source, qui doit être maintenant manifesté avec tout son conquérant Pouvoir de Transformation, afin que même nos corps physiques puissent avoir leur part de ce Délice Divin qui seul peut vraiment et pour toujours les guérir, en direction des corps transformés que eux aussi, et leurs cellules, aspirent à devenir, afin de manifester toujours mieux le Divin, ici même, sur Terre.

Alors mon Mariage Mystique à moi est cette fois-ci avec cette forme encore plus complète, toute-puissante, du Divin : Bhagavan, le Tout-Délice …  Et ce jour, ce 24 Novembre, chaque année est à mes yeux en quelque sorte notre Anniversaire de Mariage !… Ce qui rend ce Jour de Darshan spécifique encore plus merveilleusement “spécial” pour moi que les autres !…

Voilà le Secret si extrêmement Profond et Doux que je me trouve avoir partagé avec vous en ce jour, à ma totale surprise . Je suppose que c’est parce que cela peut aider d’autres êtres partout, qui eux aussi cherchent anxieusement leur propre Bien-Aimé, l’Aspect  précis du Divin que leur Âme aspire le plus à connaître et à manifester de plus en plus dans leur vie , comme leur Companion Divin en toutes circonstances.

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(Image Credit goes to https://www.clipartmax.com/middle/m2H7K9N4m2d3b1K9_seat-check-lets-individuals-seated-at-a-restaurant-mystic-marriage-of-saint/)

Auroville n’est ni un monastère ni un ashram. Pourtant, comme vous le voyez, les Mariages Mystiques se produisent également ici – car je ne suis très probablement pas le ou la seul(e) Aurovilien(ne) en qui cette sorte  d’états mystiques profonds se produisent,   de plus en plus comme une nouvelle façon de vivre, au milieu de la vie quotidienne avec ses activités apparemment “ordinaires”. Et ce n’est pas fini, beaucoup plus reste à venir ….

Bonjour, Bhagavan et son Monde Nouveau! Je t’en prie, continue d’entrer et de t’installer! Tu es on ne peut plus bienvenu !!!

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24.11.2018: The ‘Krishna’ permanent Darshan Day in my life

Card Message distributed at the Ashram for this Darshan Day:

‘Where you are?

In the Mother’s presence here and close to me.

Where you are going?

Towards union with the Divine through dedication and service.

What you are doing here?

Service and self-giving to the Divine.

 

The rest depends . . . on the simplicity and fullness with which you give yourself and serve.’

Sri Aurobindo

I am always celebrating this specific Darshan Day of Sri Aurobindo with an article  having to do with Sri Krishna, for reasons I explained already in 2011 (when I was starting this Research Blog) in the following article:

https://labofevolution.wordpress.com/2011/11/24/november-24th1926-sri-aurobindo-krishna/

But also for myself personally – not just because of its signifcance to Sri Aurobindo, – this November 24 Darshan Day has been felt since long as somehow my own yearly Krishna Day…. which has over the years gradually turned into a kind of permanent Darshan, although I still celebrate it especially on that Day!

In all the diverse forms of Relationship each of us can have with the Divine, Sri Aurobindo explains (in the ‘Synthesis of Yoga’ I believe, probably at the end of what concerns Bhakti Yoga) that the Relationship in itself is always blissful… and yet there are somehow some degrees in that Bliss: from the Bliss of Companionship, Friendship, and such, it seems to culminate with the Bliss of relating to the Divine as the ideal Parent… and there, our Eternal Father’s Love is already very blissful, but our Eternal Mother’s Love is somewhat even sweeter… and yet, even that is surpassed by the Supreme Bliss that is to relate to the Divine as our Divine Lover, the Eternal Lover of our Soul.

There is of course also the Delight of Identity with the Divine (this is more the Goal of the Jnana Yoga, though) – but then in that absolute condition one remains just the One… and that precludes the possibility of Love, as Love is the outpouring of this inherent Divine Delight towards another being… which can happen only when there are at least two beings!!!, Hence indeed this Self-Multiplication of the One Being into those numberless other Selves that we are all part of: it is all in order for the One to be able to experience the Delight of Relationship, in all the Nuances of Love it can express of Itself.

The wonderful thing is that all those nuances of Divine Love are like a single Rainbow, where the very same Light of Love divides/multiplies Itself into this whole diversity of nuances of Itself, just for the Delight of tasting its own delightful Self-Diversity. As we, spirits temporarily inhabiting this world of Matter, come at some point to experience each of those wonderful Nuances of Love, our Soul discovers that, all the while, it is in fact the same one and only Divine Being it is experiencing, and that this very Diversity  of Love just adds still more Delight to its own Delight as a Soul, passing more and more constantly from one nuance of this Love Delight to another delightful nuance of It…

Yes, we don’t need to die and go to ‘Paradise’ for experiencing such Delights of Divine Love. It is available already right here on Earth in our embodied lives, if only we take the trouble to go search deeply enough for it, and make it the Purpose of our life.

In all religions, and outside of them too, there have been human beings who discovered that Possibility and went for it: they are the Mystics, called differently in the various religions, but who all have discovered and enjoyed the very same wonderful Secret of Divine Love, here on Earth. Many of the people declared officially Saints by the Catholic Church, for example, were mystics.

In India, this Love Relationship with the Divine is called ‘Bhakti,’ and those who seek it or are already experiencing it, ‘bhaktas’.

The Integral Yoga of Conscious Evolution devised together by Sri Aurobindo and the Mother, in order to help other people interested in Conscious Evolution, includes of course the Jnana Yoga and Karma Yoga (Service of the Divine through one’s dedicated activities) , but also very much the Bhakti Yoga. It gives even a very central place to it, with the origin of Love for the Divine in us, our individual Soul (or rather Psychic Being, literally the Being of our Soul, developing from it along our lifetimes), deep in ourselves, recommended as the very first inner part of ourselves to be reached and made fully active as the Inner Guide of our entire sadhana (process of spiritual progress).

Love for the Divine is actually indispensable for truly serving the Divine and giving oneself to Him-Her: it is not through a sense of duty or obligation that one can really, truly do that – while through Love, it happens automatically and joyfully, as we all know by experience.

This is why all of the above explanations are relevant to the Darshan Message of today, as given at the beginning of this article, and at the same time relevant to the sample of consciously evolving Humanity that I myself am, as a follower of their Integral Yoga:

As in my own case the Psychic Being had been quite active already since childhood, with Jesus and the Virgin Mary then my preferred forms of the Divine (no attraction at all for the Father!), its strong influence in me was interrupted only by my mental crisis as a young adult in 1971… which led me to a massive Illumination through the first lines of Sri Aurobindo’s revelatory ‘Life Divine.’ But my Psychic Being was still not authorized by my mind to reign again as before.

To re-establish that needed Influence in me, as soon as I joined Auroville in 1972, the – again massive! – inner experiences gifted to me by the Divine as The Mother in 1973 added to the original stunning experience given to me in I971 by Sri Aurobindo – himself more the expression of a wonderfully all-knowing and inspiring Divine Father. The combination of those two  mega-experiences shattered at last the mental blockage once and for all, and returned me to my blissful Relationship with the Divine – but now experienced as my Divine Father-Mother, with my cherished Sri Aurobindo and Mother as their embodied forms on Earth.

But another part of my human nature required of course also the Divine Lover’s Love, more and more so as I found out again and again that the human lovers could not possibly fulfill what was actually an intense need for my Divine Lover…

Well, my soul didn’t have to wait for long:

Right in May 1975, I had just passed three days and nights ardently seeking the return in full force of yet another crucial experience a few weeks before with the Divine Mother (but met this time straight in the Psychic Dimension itself, in this deep ‘World-Soul’ described by Sri Aurobindo in ‘Savitri’).

At the end of those three days I had been told inwardly that I could go back to my hut, and had obediently done so, I was in for a mighty surprise. Who is it that appeared in front of my inner eyes the next morning, enveloping me with unbelievable but slightly mischievous tenderness, but the irresistibly charming Eyes and Smile of  the Divne again, yes, but this time as the Eternal Lover of my Soul!… And my Soul, in a happy sigh of inner recognition from another lifetime, softly uttered the only Name it knew then for its Beloved: ‘Krishna!…’

But ‘Krishna’ as my Soul needs Him to be in this lifetime is the even higher form of that Aspect of Delight of the Divine which Krishna embodied under that name: it has to be the Supreme Divine Delight Itself, Ananda as in Satchitananda, the very core of the Divine’s Eternal Nature. It had to be Krishna as Bhagavan Himself, the Blissful One revealed, whose words, told to Arjuna, were like a Song: the Bhagavad-Gîta.

And not even that only: that Absolute Ananda has manifested Itself until now only as a passive, Lunar Power, so to say: something to be experienced inwardly in meditation or contemplation, with eyes closed like the Buddha, and which pulled you inward, had no outward action. But the kind of Ananda I felt the need of, for myself first of all, but also for humanity and the entire world, was an active, Solar Power of Ananda, finally manifesting itself in this suffering world of Matter, as a Power now invading Matter and Life to free them, heal them, fulfill them at last with its irresistible Divine Delight.

That Name I was looking for so ardently since 1975 I was given to discover, in early 1979, through Sri Aurobindo’s ‘Secret of the Veda’:

One of the very ancient, Vedic Hymns translated and commented by Sri Aurobindo was addressed to the Aspect of the Divine that the Rishis called ‘Bhaga’: it was the active Power of Delight that alone can complete the work of the other Aspects, by untying finally all the knots of Pain and other results of the False Reality in which we have been living until now. Bhaga is the one among the Four Sun Kings who comes last; with his irresistible Delight of Being, he is the one who can dispel entirely the Nightmare, and restore this world and every being in it to its true, divine Reality – which is Delight.

That was obviously the Name I had been so eager to find, which would give its precise Direction to my entire life and help me grow more and more towards what it meant, like towards a Star… That name made me also immediately something like the future Bride of my Beloved Bhagavan, the Supreme as the Blissful One… whose Name was precisely based on that very name, ‘Bhaga’,  Bhagavan’s own inherent Power of Delight!

Quite a Program!!!  It could easily have overwhelmed me. But with the constant inner Help from my two cherished Parents, Sri Aurobindo and the Mother, the aspiring Child-Soul in me has grown and grown, in spite of all inner obstacles and difficulties and setbacks, towards what it wished so much to become.

In the Christian context, there is something called the Mystic Marriage of the Soul with its Beloved, seen in that context as Jesus-Christ. My own Soul fraternizes fully with those other Souls who fell in Love with the Aspect of the Divine that Jesus embodied. Probably my own Soul has been in Love also before, in other lifetime(s), with that same Aspect, Divine Love, that he embodied then.

But in this lifetime, with the activation, from 29.02.56 on, of the Supramental  Consciousness-Force in terrestial and cellular Matter by Sri Aurobindo and Mother, we are entering a new Evolutive Era: it is not only Divine Love, but also the Divine Delight at its Source, that must be now manifested in all its conquering, transforming Power, so that our physical bodies too can share in this Divine Delight that alone can truly and permanently heal them, towards the transformed bodies they too aspire to become, in order to manifest the Divine better and better right here on Earth.

So my own Mystical Marriage is with that still more complete, all-powerful form of the Divine: Bhagavan, the Blissful One… And today, November 24th, is every year, in my eyes, somehow our Wedding Anniversary!… Which makes this specific Darshan Day even more wonderfully ‘special’ to me than the others!…

This is the utterly Deep and Sweet Secret that I have found myself sharing with you today, to my own astonishment. I suppose this is because it can be a help to other beings everywhere who anxiously are looking also for their own Beloved, the specific Aspect of the Divine that their Soul aspires most to experience and manifest more and more in their own life, as their constant Divine Companion in all circumstances.

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(Image Credit goes to https://www.clipartmax.com/middle/m2H7K9N4m2d3b1K9_seat-check-lets-individuals-seated-at-a-restaurant-mystic-marriage-of-saint/)

Auroville is no monastery and no ashram. Yet, as you can see, Mystic Marriages do happen also here – for I am most probably not the only Aurovilian in whom this kind of deep mystical states are happening, more and more as a way of life, in the midst of daily life and its apparently ordinary activities. And much more is to come…

Hello, New  World! Please keep coming in and settling down! You are most welcome!!!

Balancing in Ourselves the Masculine and the Feminine that are One

Almost everybody on Earth has by now come to know of the YIN-YANG symbol from the ancient Chinese Wisdom:

yin-yang

It is the symbolic representation of all the polarities our mind is perceiving everywhere – including in our own life, where it is powerfully exemplified to start with by the polarity between the two opposite genders our physical body has to belong to: the Masculine or the Feminine – and in our human experience the Masculine has been having the upper hand over the Feminine for such a long time that it seems pretty much like for ever.

This present situation of course strongly encourages our mind to envisage everything as constituted in the same way of pairs of contraries that, extremely contrasted as they are by the Mind’s tendency to do so, seem bound to oppose each other in an endless struggle to win over the other, hence our impression that this Duality is an absolute and eternal Fact of Life.

But the very symbol of the YIN-YANG polarity shows without any doubt something quite different, if only we really look at it carefully.

Far from an actual Duality, what is shown is a Oneness: the Mystery of Mysteries that is called the Tao – another word for the Divine Reality. In this symbol, even those two universal Principles called the Yin and the Yang never stand each one on their own, in isolation: it is always the YIN and the YANG together, for each of them always contains the other one, even if only in the most minimal proportion. They cannot exist without each other, for it is only in relation to each other that they exist at all. And that relation between the two is never static, it constantly balances itself out in an instability and constant newness that is Life itself: constant change.

What a far cry from this sense of wholeness and balance is our present mental perception of the Polarities as two principles trying to win over each other for absolute supremacy and eternal dominance of the other!… Our society, and within it the education that, from birth on, our families give to all of us, deeply inculcates in each of us the sense of a gender-based identity that will pervade our entire life in all its aspects, if we want to conform to the expectations, first from our parents and then from the other humans beings around us, of a gender-based ‘proper’ behavior. Boys become afraid to show any trait attributed usually to girls, and of course girls, afraid to show any trait supposedly boyish. We all end up living in a gender-based prison, which we accept all the more easily because we have come to believe this all reflects the true reality of our being, and of Reality in general.

We are totally missing the point that the ancient symbol, in its deep Wisdom, was meant to awaken us to.

But things are changing.

The current spiritual awakening that touches more and more people all over the planet in this new evolutive step brings up with it an increasing awareness in many that our present lifetime is not the only one we have experienced. In some of those other lifetimes some of us start even remembering to some extent, we were of the opposite gender, This is only  to be expected, for the spirit in each of us carries in itself both the Masculine and the Feminine principles together, and needs to feel free to express the qualities of both as required by the circumstances, or just its own inner choice.

This is why there is since about fifty years such an increase in the number of human beings who find in themselves a tendency to be gay or lesbian, or to change the sex they were born with, because their inner sense of identity doesn’t accept any more to be restricted to the gender-based rules of behavior and dress imposed on them by their society – often with the heaviness of human laws and cruel punishments added to the original scriptures of their religion.

But Evolution is a divine Law of Growth that no human power can stop, and even the most cruel repression cannot compel for ever people to act against what they truly feel. Part of that irresistible growth is the re-unification in each of us of the Masculine and the Feminine, and the free expression of both kinds of qualities in any proportion each of us may feel appropriate at any given moment. It is already begun, and soon no one but the most archaic consciousnesses will be shocked, for it is a new ‘normality’ that is being created in our midst by the Evolutive Force, which will transform our societies into the places of inner freedom that they must become if they want to survive in Humanity’s truer Future.

Well, I am glad that in my own individual being the very same process of re-unification of the Masculine and the Feminine, already there of course at the soul level, Image 1 symbolized by the Unicorn,

and started since long at the mental level, Image 2

has now taken a major step forward at the emotional and vital level too:

Quite obviously, as represented especially through those two last notebook covers I presented in recent posts, the Feminine Image as well as the Masculine Image 3 were both much too extreme, and so, both inappropriate if allowed to act separately; but through the joining of the two that has spontaneously just happened, the qualities of both together have suddenly begun manifesting themselves in a most satisfactory way since the melding of the two, giving me the needed balance between the two, a living, variable balance that I can modify constantly as the situation requires… or as my own inner sense of divinely inspired Freedom happens to prefer at that moment!…

What a divinely simple Transformative Process that lets no quality ever acquired in our other lifetimes go wasted in this one: if our longing for a certain quality is strong and persistent enough, and if we remain open, trusting that we can change, the transfer and the melding do happen, and changed we are indeed!…

 

 

 

 

Notre Maman Divine et nous, Ses enfants

Avec mes remerciements à l’ami américain qui l’a cité récemment dans un message à moi adressé, ce passage du poème épique de Sri Aurobindo «Savitri», livre 3, chant 2:

«De l’Inconnu, c’est Elle le cœur lumineux ,
Une puissance de silence dans les profondeurs de Dieu;
Elle est la Force, la Parole inévitable,
L’aimant de notre difficile ascension,
Le Soleil d’où nous allumons tous nos soleils,
La Lumière qui se penche depuis les Vastitudes non encore réalisées,
La joie qui nous fait signe depuis l’impossible,
Le pouvoir de tout ce qui jamais
encore n’est descendu.
Toute la Nature l’appelle à sa manière muette
Pour guérir de Ses pieds la lancinante douleur de la vie
Et briser les sceaux obscurs sur l’âme de l’homme
Et allumer Son feu dans le cœur fermé des choses.

Après une si merveilleuse description d’Elle, qui est notre Mère Divine , comment puis-je oser l’appeler simplement et affectueusement «notre Maman divine»?

Parce qu’Elle est aussi cela, pour ces petits enfants d’Elle ici, que nous sommes tous encore, même si certaines de nos expériences ou aussi réalisations spirituelles peuvent nous donner parfois l’illusion que nous sommes déjà hautement évolués !

Tant que, malgré ces grandes expériences intérieures, nous avons toujours un ego presque «normal» (assez chanceux si ce n’est pas tout à fait un ego spirituel, le pire de tous …! 😀) nous ne sommes que de petits enfants dans Son grand Jardin d’Enfants qu’est la Terre, elle-même devant rester encore à la fois une aire de jeux et un champ de bataille tant que ce sens de la séparation que l’Ego donne, continue toujours dans notre moi extérieur.

Alors, n’étant encore qu’une grande masse d’enfants faisant plein de bêtises ici, dans ces corps humains tels qu’ils sont actuellement, nous avons souvent besoin de Son aide, car tous les enfants ont besoin de l’aide de leur chère Maman, toujours prête à les aider! C’est-à-dire, lorsque leur Maman humaine est une aussi bonne Maman qu’elle doit l’être pour que’dans la gaieté du jeu et en toute sécurité, sans entrave et sans torsion, ils se développent en de bons et heureux adultes humains …

Il y a quelques jours, en visitant la page Facebook d’une amie chère de France pour son anniversaire, j’ai trouvé cette jolie petite vidéo, dont je souhaite partager le lien avec vous ici aujourd’hui, car il décrit très bien comment une bonne, vraiment aimante mère humaine (et aussi, pourquoi pas, un père) se comporte avec ses enfants:

 

 

‘9 choses que vous devriez dire chaque jour à vos enfants’:

 Ci-dessous,  voici le texte des 9 légendes correspondantes pour chacun des dessins qui les illustrent:

1 / ‘Je t’aime’ – Dites-le plus souvent possible.

2 / ‘J’adore quand tu …’ – Exprimez votre l’appréciation pour les aspects positifs de leur comportement.

3 / ‘Tu me rends heureux’ – Ils se sentiront appréciés à leur véritable valeur.

4 / ‘Je suis fier de toi’ – Ils doivent savoir qu’ils font un bon travail, même s’il est difficile.

5 / ‘Tu es spécial’ – Aidez-les à comprendre que leur personnalité unique est une force.

6 / ‘Je te fais confiance’ – Cela fera d’eux des adultes honnêtes.

7 / ‘Je crois en toi’ – Cela les aidera à croire en eux-mêmes.

8 / ‘Je sais que tu peux le faire’ – Encouragez-les à ne pas abandonner trop facilement.

9 / ‘Je suis reconnaissante de t’avoir’ – cela ensoleillera leur journée! …

Je pense que nous devrions tous être reconnaissants envers mon amie pour cette vidéo, car ces légendes sont tout à fait importantes à retenir: elles expriment à leur manière non seulement ce qu’un bon parent humain dirait, mais en même temps ce que notre Maman Divine aussi nous dit à nous tous, silencieusement, tout le temps … que nous entendrions bien, si seulement nous apprenions à l’écouter dans cet espace intérieur d’Amour en nous, où elle peut être entendue lorsque nous sommes silencieux, tout comme la caresse calme et douce d’une brise peut se sentir quand tout se tait …

Même si vous ne parvenez pas au début à entendre Sa voix ou à comprendre Ses paroles, vous sentirez toujours le calme, la douceur, et vous ressentirez le bonheur profond que seule la caresse aimante de notre Maman Divine peut donner à l’enfant que chacun de nous est toujours, tout au fond …

Et ne vous inquiétez pas si vous n’êtes peut-être pas un aussi bon enfant d’Elle que vous voudriez l’être: Elle, si personne d’autre, vous connait et vous comprend parfaitement … même mieux que vous ne le faites vous-même, car vous êtes depuis toujours et pour toujours une partie de son Être infini, et cela apporte une intimité, une proximité totale que vous ne croiriez jamais être même possible …,

Donc, faites-Lui confiance entièrement, car vous le pouvez: dans Ses bras de Lumière et de Tendresse, vous êtes toujours en sécurité, même pendant votre Aventure sur Terre dans ce corps humain; car même ici, c’est en réalité dans Ses bras que vous restez secrètement tout le temps …! Vous êtes libre, bien sûr, libre même de L’oublier – mais à vos risques et périls, car c’est votre Aventure, alors vous devez être libre de la vivre selon vos propres termes, tout dépend de vous, même les dangers que dans votre script avant  de naître vous avez prévu que vous vouliez afronter. Et pourtant, juste se rappeler d’Elle, L’appeler, intérieurement ou extérieurement, vous sauvera quand rien d’autre ne le pourrait … si c’est ce que Sa Sagesse aimante considère comme le meilleur moyen de vous aider dans votre effort de croissance … Si jamais votre corps n’est pas sauvé, au moins vous saurez que ce fut de toutes façons le mieux qui pouvait vous arriver, car la mort du corps n’est jamais la fin de notre Être éternel: une autre aventure, une croissance accrue nous attendent encore et encore , chaque fois que nous le voudrons, et ceci, un jour, dans des corps physiques rendus immortels, au cours de notre exploration éternelle de nos possibilités illimitées dans Ses univers sans fin: car Elle est un Être Infini de Sagesse, Pouvoir, Harmonie et Perfection, et nous sommes les enfants de cet Infini.

Our Divine Mamma, and Us, Her Kids

With my thanks to the American friend who quoted it recently in a message to me, this passage from Sri Aurobindo’s epic poem ‘Savitri’, book 3, canto 2 :

‘The luminous heart of the Unknown is she,
A power of silence in the depths of God;
She is the Force, the inevitable Word,
The magnet of our difficult ascent,
The Sun from which we kindle all our suns,
The Light that leans from the unrealised Vasts,
The joy that beckons from the impossible,
The Might of all that never yet came down.
All Nature dumbly calls to her alone
To heal with her feet the aching throb of life
And break the seals on the dim soul of man
And kindle her fire in the closed heart of things.’

After such a wonderful description of She who is our Divine Mother, how dare I call Her simply and affectionately ‘our Divine Mamma’?!?

Because She is that, too, for those little children of Hers here, that we all still are, however greatly evolved some of our spiritual experiences or even realizations may give us sometimes the illusion that we already are…!

As long as, in spite of those great inner experiences, we are still having also an almost ‘normal’ ego (lucky enough if it is not altogether a spiritual ego, the worst kind of them all…!  😀  ) we are but small kids in her great Earth Kindergarten, itself  bound to be still both a Playground and a Battlefield as long as this Sense of Separateness that the Ego gives, still lingers in our outer selves.

So, being as yet just a big bunch of kids fooling around down here in these human bodies as they are at present, we often badly need Her help – as any kids do need the help of their dear, always helpful Mamma! That is, when their human Mamma is as good as they need her to be for them to grow playfully and safely, unhindered and untwisted, into good and happy human ‘adults’…

Just a few days ago, visiting the Facebook Page of a dear friend from France for her birthday, I came across this great little video, the link to which I want to share with you here today, because it describes beautifully how a good, truly loving human mother (and also, why not, a father) behaves with her/his kids:

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‘9 Things You Should Say Every Day to Your Kids’:

A little challenge (ha!…) for those among my English-speaking visitors who may enjoy it:

If you like, watch first the short video on YouTube, thanks to the link above, and then only you can if necessary look down below at the translation of the 9 corresponding captions for each of the drawings that illustrate them!  🙂

SPOILER ALERT… Here are the translations:

1/ ‘I love you’ – Say it as often as possible.

2/ ‘I love it when you…’ – Express appreciation for the positive aspects of their behavior.

3/ ‘You make me happy’ –  They will feel appreciated to their true worth.

4/ ‘I am proud of you’ – They need to know that they are doing a good job, even when it is a difficult one.

5/ ‘You are special’ – Help them understand that their unique personality is a strength.

6/ ‘I trust you’ – That will make of them honest adults.

7/ ‘I believe in you’ – That will help them to believe in themselves.

8/ ‘I know you can do it’ – Encourage them not to abandon too easily.

9/ ‘I am grateful for having you’ – that will make their day!…

I think we should all be thankful to my friend for this video, as those captions are all-important to remember: they express in their own way not only what a good human parent would say, but at the same time what our Divine Mamma too is saying to us all, silently, all the time… which we would start hearing all right if only we would learn to listen to Her in that Inner Space of Love inside us, where She can be heard when we are quiet, just like the calm and sweet caress of a breeze can be felt when all falls silent…

Even if you don’t manage at first to hear Her voice or understand Her words to you, still you will feel the calmness, the sweetness, and you will feel the deep happiness that only our Divine Mamma’s loving caress can give to the kid each of us still is, deep within…

And don’t worry if you are perhaps not yet as good a child of Hers as you would like to be: She, if no one else, knows and understands you perfectly… even better than you yourself do, for you have ever been and still are for ever a part of Her own infinite Being, and that brings an intimacy, a total closeness you would never believe is even possible…,

So, trust Her entirely, for you can: in Her arms of Light and Tenderness you are for ever safe, even during your Adventure on Earth in that human body; for even here, it is really in Her arms that you secretly remain all the time…! You are free of course, free even to forget about Her – but at your own risk, for this is your Adventure, so you must be free to live it on your own terms, everything is up to you, even the dangers that in your script before you wanted to face. And yet, just to remember Her, to call Her, inwardly or outwardly, will save you when nothing else could… if this is what Her loving Wisdom sees as the best way for helping you in your endeavor to grow… If ever your body is not saved, at least you will know that it was still the very best that could happen to you, for the death of the body is never the end for our eternal Being: further adventure and further growth await us for ever and ever more, whenever we like, and some day in physical bodies made also immortal, in our eternal exploration of our limitless possibilities in Her endless Universes: for She is an Infinite Being of Wisdom, Power, Harmony and Perfection, and we are the Children of that Infinite.

 

 

 

A True Story, a Difficult but Beautiful One…

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(ENGLISH TRANSLATION OF THE PREVIOUS FRENCH ORIGINAL POST)

Being since childhood the intimate friend of the second daughter in a family close to mine, I have been able to follow through her the inner vicissitudes of her father’s life, with the important repercussions they have had on other members of that family, especially the son, her younger brother. The case of this father and son, and their inner itineraries, seems to me so interesting – and indeed so moving – that I wish to present it here today:

As my friend and her elder sister – at that time the only two children of the radiant young couple their parents formed – had originally known him,  their father was very kind, indulgent and tender with them, even enjoying making them laugh as often as possible. He was happy then, at the dawn of a promising career he truly loved, in this French West Africa (the old A.O.F.) that no one suspected was living its last decades. He was gloriously graduating from “Colo”, as it was familiarly called, one of the renowned French ‘Grandes Ecoles’: the famous “Colonial School” where the future “Administrators of Overseas France” were receiving the more than encyclopedic knowledge that they would need for all those most varied and unexpected situations they could possibly have to face once in the heart of Africa.
Throughout her childhood in Africa then, the only occasion when my friend had seen her father really angry was when she inadvertently put him in an embarrassing situation while he was in the exercise of his duties, having presided over the Distribution of the Prizes at the end of the school year, and preparing to be taken back to their home:
The official car was waiting (with him in it …) for his two little girls (including my friend…) to have joined him as soon as they finished singing the last song with the rest of the Choir. Her elder sister, as she was older, had recalled the instructions to rally the car without delay, but she, being too young still, had forgotten … As she, smiling, suspecting nothing, finally came to the car, her father had already at long last sent away the brass band gathered as usual to salute his official comings and goings, and had ordered that the soldiers also quit standing to attention. What a public humiliation for him that he had made everyone wait for him by the fault of such an unconscious and irresponsible
little girl! …  My friend, making herself very small in one of the corners of the car, had seen him mute with fury in the other corner, and he had remained that way throughout the journey. Even when back home, he had not quieted down and not loosened his teeth for the rest of the day, not even talking to his wife – and my friend, despite her young age, realizing for the first time the important role of her father, had also realized with amazement and a certain fear that this silence was the only way he had found to prevent his intense anger from exploding in a way he would later regret .

Years later, my friend remembered this incident, she said to me, when this obstinate silence became her father’s permanent and desperate attitude to keep as much as possible under control the helpless rage which had been in him since the so sad results of Decolonization in ex-French Africa:

He had somehow accepted the interruption of his own career in full swing, plus the grief of separation from all those peoples he loved and who loved him so much that they had implored the officials, but in vain, that he would be allowed to stay; he had done his best also to shrink to the size of “the Métropole”, this France which now could only offer him work within its own borders, and of a bureaucratic kind, honorific certainly, and well paid, but that he had ended up rejecting, because his heart was not in that kind of work, and he preferred to be content with an early retirement – half a retirement pension only, therefore, for the life of the entire family – rather than continue this bureaucratic farce, for him unbearable after the free and vast life he had known, and had originally chosen.


What had completely annihilated him, however, was not so much his personal misfortune as the much bigger one he could see unfolding abroad: all those countries he had cherished and helped as well as he could before, falling one after the other into chaos after their Independence, the small tribal chiefs resuming their reciprocal wars and ruining everything in their way. As this disaster became more widespread, my friend saw her unfortunate father helplessly watch the destruction of all that his life had contributed with so much love to build, his poor life now having itself become useless and meaningless, in a world that also seemed more and more meaningless.
After several years like that, he had taken refuge like a recluse in his own apartment, the apartment he had at least been able to buy, providentially, on his return from Africa, for himself and his family, in a beautiful part of the Parisian far suburbs. Instead of looking for the company of the other ex-administrators who had also come there, he came out only for the groceries needed by his wife, and for the Sunday Mass, which was always dear to his heart, for he had always been very pious and found some comfort in his faith, still intact despite all these trials.


But the misfortunes that had befallen him were not yet over: another element in his life which had hitherto been another source of comfort and even hope – that long-awaited son, born at last just a few years before the final departure from Africa – suddenly became for him, as that son was growing up, the very opposite of comfort and hope ….
As long as he was little, this beloved son had of course corresponded to the gift of heaven that his father saw in him; but becoming more and more himself with his own qualities and defects, he corresponded less and less to the expectations that his father had of him as of the son who was going to “continue the lineage” (Khalil Gibran and his famous “Your children are not your children, etc…” were not yet known !…) and to make his parents proud in the same way that he himself, his father, had made his own parents proud…
The son became, little by little, without realizing it, the living negation of all that his father had expected – and the father, very disappointed, suffering terribly from this very unpleasant but increasingly obvious fact, about which again he could do nothing, felt his love for his son being put to a severe test.
Though gifted for a lot of things, the son, when becoming a teenager, did not make the choices his father would have made in his place, and his father, in spite of himself, was increasingly angry with him for being so different from himself psychologically, and on the contrary, in some respects, so similar to some other adults whom he had never appreciated much.

The relationship between the father and the son inexorably deteriorated, despite all the efforts of the father to remain a father worthy of the name, that is to say, full of love, just as he had been before for his daughters .
 And, added my friend, she and her elder sister, now grown-up, were no longer there to  act as buffers and try to remedy the situation. Her father had always had great respect and appreciation especially for her, to the point of keeping quiet when more than once she had reprimanded him indignantly after he had occasionally poured out his murderous mood upon his wife or some other person present: harsh and hurtful words had become his specialty as soon as some visit forced him to leave this solitude in his closed room and this silence… that he was imposing to himself, precisely, to try to prevent those overflows! …
But the first daughter had married; as for my friend herself, the younger daughter, she had had to go to another region of France for her first post as a young High School Teacher, and that, before this antagonism from the father towards the son (still small then) had become manifest; so that she knew nothing of what had followed her departure. it was only during a visit by her whole family in the town where she taught that, during the meal at the restaurant offered by her father with all his best intentions, he lost control over his words to his son, and my friend was a direct witness to the odious manner in which her father ridiculed and humiliated the poor adolescent as if by pleasure, even in that public place and in front of her. Outraged, she jumped up and threatened to leave the table and the restaurant if her father did not immediately stop this detestable behavior.
The father, ashamed, returning to himself thanks to his daughter’s indignant outburst,  behaved normally throughout the rest of the meal, but when they finally left her to return to Paris, her heart was heavy and she did not know any more what to do:
She could exactly understand, alas, how her father, in his own endless suffering, always  repressed for so many years, and then redoubled by his son, so disappointing for him, whose mere presence was a constant and
ill-restrained irritation (Elizabeth Kübler-Ross was not yet famous, it was not known that banging hard on old directories or thick pillows is a great way to void all the accumulated suffering that might otherwise spill out as violence in one form or the other). And yet my friend could neither excuse the conduct of her father nor leave her unfortunate young brother in such a deplorable situation.
But in fact what could she do, when she herself had no right to legally claim the child’s custody, and she felt barely able to truly educate herself, she who was so intensely  searching for the meaning and purpose of life, beyond the spontaneous and sincere but still too limited faith of her own youth?
She had rejected the golden cage of an “ideal” marriage already planned, that would have prevented her from remaining herself; she had no home, no real family to offer to her brother in this young age where he still needed that …
It had been a very painful heartbreak for her, my friend
confided to me, thus having to choose, so young still herself, between trying to rescue her younger brother, or continuing to explore alone her own life, able as she was to start discerning in it a course and a direction totally off the beaten track –  a direction deeply fascinating and appropriate for herself, certainly, but very likely not right at all for her brother, who already had become for her, in just those few years of separation, almost a stranger…
Finally, she decided not to intervene in her family, even temporarily during her holidays, for all the reasons already expressed, but also because of her various idealistic political commitments in the region of her High School: because they demanded she constantly be physically present on many fronts where peaceful but crucial demonstrations also needed her, so that human societies became, precisely, less absurd and less painful…

Meanwhile her brother ended up being able to lead his own life as he saw fit, living from his majority on away from his family and his father’s opposition, partly thanks to the discreet  (or even secret?) financial help of his mother. My friend, his second big sister, never came to know exactly how all these difficult years went for him, but afterwards she had the opportunity through her work to visit her parents, now elderly, and alone. She was able to see that their father, himself freed at last from his own internal conflicts, no doubt at the price of intense and humble prayers, had succeeded in becoming once again the smiling father of the past, now full even of remarkable compassion for others, where previously sarcastic words would have escaped him, during the time of his descent into hell; and my friend had greatly rejoiced at this inner cure which she had  not dared to hope for. But no one ever mentioned her brother, so she did not do it either, not wanting to risk reawakening painful memories for her parents too.
Later still, the Divine Grace caused her one evening to be there, arriving at their home unexpectedly, just at the moment when their father, already ill for a year, was taken to the hospital.
The next day, while he was preparing to die in his hospital room, my friend noticed that
despite the presence of several other relatives who had come in haste, he was paying particular attention rather to what he seemed to already perceive of what we call the Beyond: his eyes looking up, towards the ceiling, he was smiling with such happiness that he radiated inner beauty. The simple vision of his face in this beatific state filled my friend with the same ineffable happiness, emanating from these spiritual dimensions of total Reality which she had herself discovered by learning to direct her consciousness inward, into the calm and silence of the depths of her being. Visibly, she said to herself with tears of joy in her eyes, her father, if he died, would die at peace with himself, whether or not he had succeeded in making peace with his son too; and that would be right, because he had truly done the best he could, despite the difficult challenges he had put on his program for this lifetime now close to its end…
As the next day her father seemed to be getting better, my friend took the time to visit, in another town, a place she had seen in a trance as the place where, in another of her human incarnations, she had taken a very bad decision, whose influence beyond time weighed like a heavy ball and chain on her life this time around. Arriving on the spot, she recognized the place in its smallest physical details, although she had never gone there before in this life. Throughout the visit she also felt her father’s presence with her – which suddenly made her understand the unconscious karmic bond that had brought them together in this life, and that, she felt, was now finally resolved.
When she returned to her mother, her mother told her that her father had finally died that very afternoon… “Exactly at the time when his presence came to accompany my visit there!”, m
y friend said to herself with gratitude, and the emotion of seeing her previous inner perception confirmed by the facts.

For the funeral, the whole family was there – except her brother. Although informed of course, he had decided not to come. Still too much suffering in him, and resentment…? Some were shocked, but my friend openly took the side of her brother, because having even a faint idea of ​​what their father had made him suffer before, she was not at all sure that, had she been in the place of her brother, she herself would have been able to forgive, and to come. Moreover, he had practically never known his father except in this terrible state, for his earlier, happier memories were too far away for him to remember them so that they could counterbalance the harsh reality that had followed. And he had no way either of knowing the “mitigating circumstances” that would have enabled him to understand how, through too much suffering piled up inside himself, his unfortunate father could have come to such a terrible behavior…
A few years later the brother’s and sister’s paths finally crossed again, she was pleased to see that her brother had succeeded in preserving his own integrity and had not totally hardened since the long ordeal in his young years.
However, their rare encounters were never alone with each other; so much so that they were never able to speak with each other about what each of them had experienced in the years after their separation, which had counted for him or her.

But here are some latest news of importance:
My friend, last year, a few days before her brother’s birthday (which is this time of the year), had the great surprise of suddenly feeling their father’s presence again, she said, where she lives.

Without words spoken, just by telepathy, he made her understand that he was asking her to help for his reconciliation with his son. The suffering of this painful past had lasted long enough, it was time to finally let it dissolve in forgiveness.
For that anniversary of her brother, my friend has not had the courage, she confessed to me, to speak to her brother, neither of this visit nor of the prayer expressed by the consciousness of their father. And over the following year, taken by her usual responsibilities, she more or less forgot about both visit and request.
But this year, just a few days ago, the consciousness of their father had contacted her again – earlier, so that she would have enough time to explain everything to her brother before his birthday (the day on which the soul of each individual is more open to true Love and its Light). He said that forgiveness would be beneficial not only for his own being as the ex-father but also for the inner being of his son: he had to free himself, cleanse himself, alleviate himself from all that past. Bitterness was one of the causes contributing to his aging earlier and faster than he would have without this weight of the past – and my friend had the very clear impression that there again, just as between this same father and herself, between these two beings too there had been in fact an agreement before their births, that in this lifetime they would come together in order to try and learn to forgive – including to forgive oneself one’s own mistakes and failures, often programmed actually on purpose: their future father had agreed to be for a time the apparent “villain” whose ill-treatment of his future son would be in truth meant to try and help his future son achieve inwardly what the son himself wanted for this life: to develop as much as he could the capacity of true Love, and thus of true Forgiveness – without which no one can really regain one”s original divine nature…

I think my friend has finally found an indirect way of telling all this to her brother, whose birthday is fast approaching … Will she succeed in touching him, convincing him? Perhaps he has already forgiven to a certain extent, and he needs only to perfect the inner peace which this almost complete forgiveness has already begun to bring to him? He is the only one to know, and to be able to decide what remains for him to do for this posthumous reconciliation with the consciousness of his father.
Like my friend, however, I have also come to wish with all my heart, and even to pray, that indeed the time may have come, that (even with the help of the Divine Grace if he feels he needs it and he calls for it) this so beneficial
progress may finally be fully realized in him … and that his birthday may all the more be profoundly happy!

 

This is the true story that I wanted to tell you, because we will all be able to find in it something of our own unconscious and secret inner goals, that explain so much of our external history as Voluntary Players in this Great Game of Evolution, on this Earth or some other one …

Une histoire vraie, difficile mais belle…

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Étant l’amie intime, depuis l’enfance, de la fille cadette dans une famille proche, j’ai pu suivre à travers elle les péripéties intérieures de la vie de son père, avec les répercussions importantes qu’elles ont eues sur les autres membres de cette famille, en particulier le fils, frère beaucoup plus jeune de mon amie. Le cas de ce père et de ce fils, et de leurs itinéraires intérieurs, me paraît si intéressant – et en fait si émouvant – que je veux vous le présenter ici aujourd’hui:

Tel que l’ont connu à l’origine mon amie et sa soeur aînée – à l’époque les deux seules enfants du jeune couple radieux que formaient leurs parents – leur père était fort gentil,  indulgent et tendre avec elles, prenant même plaisir à les faire rire le plus souvent possible. Il était heureux alors, à l’aube d’une carrière prometteuse et qu’il aimait vraiment, en cette Afrique Occidentale França!se (l’A.O.F. d’antan) dont personne ne se doutait encore qu’elle vivait ses dernières décades. Il sortait glorieusement de “Colo”, comme on l’appelait familièrement, l’une des Grandes Écoles françaises si renommées, cette fameuse “École Coloniale” où les futurs “Administrateurs de la France d’Outre-mer” recevaient le savoir plus qu’encyclopédique dont ils auraient besoin pour toutes les situations les plus variées et les plus inattendues auxquelles ils pourraient avoir à faire face une fois au coeur de l’Afrique.
De toute son enfance vécue donc en Afrique, la seule occasion où mon amie avait vu son père vraiment fâché, c’était lorsqu’elle même l’avait, bien involontairement, mis dans une situation embarrassante alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions, ayant présidé à la Distribution des Prix à la fin de l’année scolaire, et s’apprêtant à être reconduit à leur demeure:
La voiture officielle attendait (avec lui dedans…) que ses deux petites filles (dont mon amie…) l’aient rejoint dès qu’elles auraient chanté la dernière chanson avec le reste de la Chorale. Sa soeur aînée, plus âgée, s’était rappelé la consigne de rallier la voiture sans tarder, mais elle, trop jeune encore, avait oublié… Losqu’elle avait, toute souriante, ne se doutant de rien, enfin rejoint la voiture, son père avait déjà finalement renvoyé toutes les fanfares présentes comme toujours pour saluer ses allées et venues officielles, et avait ordonné que les soldats abandonnent aussi le garde à vous. Quelle humiliation publique pour lui que d’avoir fait ainsi attendre tout le monde par la faute d’une gamine si inconsciente et irresponsable!… Mon amie, se faisant toute petite dans un des coins de la voiture, l’avait vu muet de fureur dans l’autre coin, et il était resté ainsi tout au long du trajet. Mëme arrivé à la maison, il n’avait pas décoléré et pas desserré les dents de toute la fin de la journée, ne parlant même pas à son épouse – et mon amie, malgré son jeune âge, réalisant pour la première fois le rôle important de son père, s’était rendu compte aussi avec stupeur, et une certaine frayeur, que c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour empêcher son intense colère d’exploser d’une manière qu’il aurait regrettée par la suite.

Des années après, mon amie se rappela cet incident, me dit-elle, quand ce mutisme obstiné fur devenu l’attitude permanente et désespérée de son père pour garder autant que possible sous contrôle la rage impuissante qui l’habitait depuis les suites si tristes de la Décolonisation:

Il avait tant bien que mal accepté sa carrière interrompue en plein essor, plus le chagrin de la séparation d’avec toutes ces populations qu’il aimait et qui l’aimaient tant qu’elles avaient imploré les officiels, mais en vain, de le laisser rester; il avait fait de son mieux aussi pour se rapetisser à la taille de “la Métropole”, cette France qui ne pouvait plus lui proposer que des rôles de rond-de-cuir, honorifiques certes, et bien payés, mais qu’il avait fini par rejeter, car son coeur n’y était pas, et il préférait se contenter d’une retraite anticipée – une demi-retraite, donc, pour toute la famille – plutôt que de continuer cette espèce de farce bureaucratique pour lui intolérable, après la vie libre et vaste qu’il avait connue, et avait originellement choisie.
Ce qui l’avait totalement anéanti, cependant, ce n’était pas tant son malheur personnel: ce fut de voir très vite tous ces pays qu’il avait tant chéris et aidés de son mieux, tomber l’un après l’autre dans le chaos après leur Indépendance, les petits chefs tribaux reprenant leurs guerres réciproques et ruinant tout sur leur passage. Au fur et à mesure que ce désastre se généralisait, mon amie a vu son malheureux père assister impuissant et de loin à la destruction de tout ce que sa vie avait contribué avec tant d’amour à construire, sa pauvre vie devenue inutile et dépourvue de sens, dans un monde qui lui aussi semblait de plus en plus dépourvu de sens.
Au bout de plusieurs années comme cela, réfugié comme un reclus chez lui, dans l’appartement qu’il avait au moins pu acheter, providentiellement, au retour d’Afrique, pour lui et sa famille, dans une belle région de la grande banlieue parisienne, au lieu de rechercher la compagnie des quelques autres ex-Administrateurs qui y étaient venus aussi, il ne sortait guère que pour les courses à faire pour son épouse, et pour la messe du dimanche, qui lui tenait toujours à coeur, car il avait toujours été très pieux et trouvait quelque réconfort dans sa foi, conservée intacte malgré toutes ces épreuves.
Mais les malheurs qui s’étaient abattus sur lui n’étaient pas encore terminés: un autre élément dans sa vie, qui avait été jusque-là une autre souce de réconfort et même d’espoir – ce fils tant attendu, né enfin quelques années avant le départ définitif d’Afrique – se mit soudain à devenir pour lui, en grandissant, tout le contraire du réconfort et de l’espoir….
Tant qu’il était petit, ce fils chéri avait bien sûr correspondu au cadeau du ciel qu’y voyait son père; mais devenant de plus en plus lui-même selon ses propres qualités et défauts, il correspondait de moins en moins aux attentes que son père avait de lui comme du fils qui allait “continuer la lignée” (Khalil Gibran et son célèbre “Vos enfants ne sont pas vos enfants, etc” n’étaient pas encore connus…!) et faire honneur à sa famille de la même façon que lui-même son père avait fait honneur à la sienne.
Le fils est devenu peu à peu, sans s’en rendre compte, la négation vivante de tout ce que son père avait escompté – et le père, très déçu, souffrant terriblement de ce fait très désagréable mais de plus en plus évident, à propos duquel là encore il ne pouvait rien, a senti son amour pour son fils être mis à rude épreuve.
Bien que doué pour des tas de choses, le fils devenu adolescent ne faisait pas pour autant les choix que son père aurait fait à sa place, et son père, malgré lui, lui en voulait de plus en plus d’être si différent de lui-même psychologiquement, et si proche au contraire, sur certains points, d’autres adultes qu’il n’avait jamais appréciés. La relation entre le père et le fils s’est inexorablement dégradée, malgré tous les efforts du père pour rester un père digne de ce nom, c’est à dire plein d’amour, tout comme il l’avait été auparavant pour ses filles.
Et, ajouta mon amie, elle et sa soeur aînée, maintenant adultes, n’étaient plus là pour faire tampon et tâcher de remédier à la situation. Son père avait toujours eu grand respect et appréciation spécialement pour elle, au point de se tenir coi quand, plus d’une fois, elle l’avait réprimandé avec indignation après qu’il lui soit arrivé de déverser son humeur massacrante sur son épouse ou quelque autre personne présente: les paroles acerbes et blessantes étaient devenues sa spécialité dès que quelque visite le forçait à sortir de cette solitude dans sa chambre fermée et de ce mutisme … qu’il s’imposait, justement, pour tenter d’empêcher ces débordements!…
Mais la première fille s’était mariée; quant à mon amie elle-même, la cadette, elle avait dû partir dans une autre région pour son premier poste en tant que jeune Professeur de Lycée, et cela avant que cette sorte d’antagonisme du père pour le fils (encore petit alors) soit devenue manifeste; si bien qu’elle ignorait tout de ce qui avait suivi son départ. Ce n’est qu’au cours d’une visite par toute sa famille dans la ville où elle enseignait que, pendant le repas au restaurant offert par son père avec toutes ses meilleures intentions, il perdit à nouveau le contrôle sur ses paroles vis à vis de son fils, et mon amie fut directement témoin de la manière odieuse dont son père ridiiculisait et humiliait comme à plaisir le malheureux adolescent, même dans cet endroit public et devant elle. Outrée, elle se leva d’un bond et menaça de quitter la table et le restaurant si son père ne cessait pas immédiatement ce comportement détestable.
Le père, honteux, revenant à lui-même grâce à cet éclat indigné de sa fille, se comporta normalement pendant toute la suite du repas, mais quand ils la quittèrent tous finalement pour retourner vers Paris, elle avait le coeur gros, et ne savait plus quoi faire:
Elle pouvait exactement comprendre, hélas, comment son père, dans sa propre souffrance sans issue, toujours réprimée depuis tant d’années et redoublée ensuite par ce fils si décevant pour lui, dont la simple présence lui était irritation constante et mal contenue (à l’époque, Elizabeth Kübler-Ross n’était pas encore connue, on ne savait pas que taper à grands coups sur de vieux annuaires ou oreillers bien épais est un excellent moyen d’évacuer toute cette souffrance accumulée qui autrement risque de devenir violence sous une forme ou une autre…!), et pourtant mon amie ne pouvait ni excuser la conduite de son pèe, ni laisser son malheureux jeune frère dans une situation si déplorable.
Mais en fait que pouvait-elle faire, quand elle-même n’avait aucunement le droit de réclamer légalement la charge de cet enfant, et se sentait à peine capable de s’éduquer elle-même véritablement, elle qui était si intensément à la recherche du sens et du but de la vie, au-delà de la foi spontanée et sincère, mais encore trop limitée, de sa propre jeunesse?… Elle avait rejeté la cage dorée d’un mariage “idéal” prévu, mais qui l’aurait empêchée de rester elle-même; elle n’avait aucun foyer, aucune famille réelle à offrir à son frère dans ce jeune äge où il en avait encore malgré tout besoin…
Ce fut un déchirement très douloureux pour elle, me confia mon amie, d’avoir ainsi à choisir, si jeune encore elle-même, entre essayer de secourir son jeune frère, ou continuer à explorer seule sa propre vie, telle qu’elle commençait à peine à y discerner un tracé et une direction totalement hors des sentiers battus – ce qui était profondément fascinant et approprié pour elle, certes, mais qui risquait fort de ne pas l’être du tout pour son frère, devenu déjà pour elle, en ces quelques années de séparation, presqu’un inconnu…
Finalement, elle prit le parti de ne pas intervenir dans sa famille, fût-ce temporairement pendant ses vacances, pour toutes les raisons déjà exprimées, mais aussi à cause de ses divers engagements politiques idéalistes dans la région de son Lycée: car ils exigeaient d’elle constamment qu’elle soit présente physiquement sur de nombreux fronts où des manifestations, pacifiques, mais cruciales, avaient également besoin d’elle pour que les sociétés humaines deviennent justement moins absurdes, et moins douloureuses.
Pendant ce temps son frère a fini par pouvoir mener lui aussi sa propre existence telle qu’il l’entendait, vivant dès sa majorité loin de sa famille et de l’opposition de son père, en partie grâce à l’aide financière discrète (secrète?) de sa mère. Mon amie, sa deuxième grande soeur, n’a jamais su exactement comment toute cette difficile période-là s’est passée pour lui, mais par contre, bien après, elle a eu l’occasion pour son travail de rendre quelquefois visite à leurs parents maintenant âgés, restés seuls; elle a pu constater que leur père, délivré lui-même enfin de ses propres conflits internes, sans doute au prix d’intenses et humbles prières avait réussi à redevenir le père souriant d’autrefois, maintenant plein même d’une remarquable compassion pour autrui, là où des mots mordants lui auraient échappé, du temps de sa descente aux enfers; et mon amie s’est grandement réjouie de cette guérison intérieure qu’elle n’osait plus espérer. Mais jamais personne n’a mentionné son frère, alors elle ne l’a pas fait non plus, ne voulant pas risquer de réveiller des souvenirs douloureux aussi pour ses parents.
Plus tard encore, la Grâce Divine a fait qu’un soir elle s’est trouvée là, arrivant chez eux à l’improviste, juste au moment où leur père, malade déjà depuis un an, était emporté à l’hôpital.
Le jour suivant, alors qu’il se préparait à mourir dans sa chambre d’hôpital, mon amie l’a vu, malgré la présence de plusieurs autres proches venus en hâte, porter son attention surtout sur ce qu’il semblait déjà percevoir de ce que nous appelons l’au-delà; et il souriait d’un tel bonheur qu’il en rayonnait de beauté intérieure. La simple vision de son visage dans cet état béatifique a rempli mon amie du même bonheur ineffable, émanant de ces dimensions spirituelles de la Réalité totale qu’elle-même avait découvertes en apprenant à s’intérioriser dans le calme et le silence des profondeurs de son être. Visiblement, se dit-elle, les larmes aux yeux de joie, son père, s’il mourait, mourrait en paix avec lui-même, qu’il ait ou non réussi à faire aussi la paix avec son fils; et ce serait bien ainsi car il avait vraiment fait du mieux qu’il pouvait, en dépit des défis  si difficiles qu’il s’était mis au programme de cette vie maintenant  proche de sa fin…
Comme le lendemain son père semblait soudain aller mieux, mon amie a pris le temps d’aller visiter dans une autre ville un lieu qu’elle avait vu en transe comme le lieu où, dans une autre de ses vies humaines, elle avait pris une très mauvaise décision, dont l’influence au-delà du temps pesait comme un lourd boulet sur sa vie cette fois-ci. Arrivée sur place, elle a reconnu le lieu dans ses moindres détails physiques, bien qu’elle n’y soit jamais allée auparavant dans cette vie-ci. Pendant toute la visite, elle a également senti la présence avec elle de son père – ce qui lui a fait comprendre soudain le lien karmique inconscient qui les avait réunis dans cette vie-ci, et qui, elle le sentait, était maintenant enfin résolu.
De retour auprès de sa mère, celle-ci lui a appris que son père était finalement mort l’après-midi même… “Exactement à l’heure où sa présence est venue accompagner ma visite là-bas!”, s’est dit mon amie avec gratitude, et l’émotion de voir sa perception être confirmée par les faits.
Pour les funérailles, toute la famille était là – sauf son frère. Bien qu’informé bien sûr, il avait décidé de ne pas venir. Encore trop de souffrance en lui, et de ressentiment?… Certains ont été choqués, mais mon amie a pris ouvertement le parti de son frère, car ayant ne serait-ce qu’une faible idée de ce que leur père lui avait fait vivre autrefois, elle n’était pas du tout sûre qu’à la place de son frère elle aurait été capable de pardonner, et de venir. De plus, lui n’avait pratiquement jamais connu son père que dans ce terrible état, car ses souvenirs plus heureux dataient de trop loin pour qu’il s’en souvienne encore et qu’ils contrebalancent la dure réalité vécue ensuite. Et lui n’avait aucun moyen de savoir comme elle les “circonstances atténuantes” qui lui auraient permis de comprendre un peu comment, à force de trop de souffrance en lui-même, son malheureux père avait pu en arriver à ce comportement haïssable…
Quelques années plus tard les chemins du frère et de la soeur se sont enfin croisés à nouveau, elle a eu la joie de constater que son frère avait réussi à préserver sa propre intégrité et ne s’était pas totalement durci depuis la longue épreuve subie dans ses jeunes années.
Cependant, leurs rares rencontres n’ont jamais été seule à seul; si bien qu’ils n’ont jamais pu se parler en profondeur de ce que chacun d’eux avait vécu, après leur séparation, qui avait compté pour lui ou elle.

Mais voici quelques dernières nouvelles de taille:
Mon amie, l’année dernière, quelques jours avant l’anniversaire de son frère (qui est à cette époque-ci de l’année), a eu l’immense surprise de sentir soudain à nouveau la présence de leur père auprès d’elle, là où elle vit. Sans mots prononcés, juste par télépathie, il lui a fait comprendre qu’il lui demandait d’aider à sa réconciliation avec son fils. La souffrance de ce douloureux passé avait assez duré, il était temps d’enfin la laisser se dissoudre dans le pardon.
Pour cet anniversaire-là de son frère, mon amie n’a pas eu le courage encore, m’a-t-elle avoué, de lui parler ni de cette visite, ni de la prière exprimée par la conscience de leur père. Et au fil de l’année qui a suivi, prise par ses responsabilités habituelles, elle a plus ou moins oublié visite et requête. Mais voilà qu’il y a quelques jours à peine, la conscience de leur père l’a contactée de nouveau, plus tôt, pour qu’elle ait cette fois le temps de tout expliquer à son frère avant l’anniversaire (date où l’âme de chaque individu est davantage ouverte à l’Amour et à sa Lumière) de celui-ci. Il précisait que le pardon serait bénéfique non seulement pour son propre être en tant que l’ex-père, mais aussi pour l’être intérieur de son fils: il devait se libérer, se nettoyer, s’alléger de tout ce passé dont l’amertume contribuait à le faire vieillir plus tôt et plus vite que cela ne se produirait sans ce poids du passé – et mon amie a eu la très nette impression que là encore, tout comme entre ce même père et elle-même, entre ces deux êtres il y avait eu en fait un accord avant leurs naissances, que dans cette vie-ci ils se retrouveraient pour tenter d’apprendre à pardonner et aussi à se pardonner à soi-même ses erreurs et manques souvent programmés en fait à dessein: leur futur père avait accepté d’être pour un temps l’apparent “méchant” dont les mauvais traitements allaient en réalité essayer d’aider son futur fils dans le but que celui-ci avait pour cette vie: faire grandir en lui-même d’autant la capacité d’amour vrai – et donc de pardon vrai – sans laquelle nul ne peut vraiment retrouver sa nature divine originelle…
Je crois que mon amie a fini par trouver un moyen indirect de parler de tout cela à son frère, dont l’anniversaire approche à grands pas… Réussira-t-elle à le toucher, à le convaincre? Peut-être a-t-il en fait déjà pardonné dans une certaine mesure, et n’a-t-il plus besoin que de parfaire la paix intérieure que ce pardon presque total a déjà commencé à lui apporter?… Il est le seul à le savoir, et à pouvoir décider de ce qui lui reste éventuellement à faire pour cette réconciliation posthume avec la conscience de son père.
Comme mon amie cependant, j’en suis venue moi aussi à souhaiter de tout coeur, et même à prier,  qu’en effet le temps soit venu, que (fût-ce avec l’aide de la Grâce Divine s’il en sent le besoin et y fait appel) ce progrès si bénéfique s’accomplisse enfin pleinement en lui… et que son anniversaire en soit d’autant plus profondément heureux!

Voilà donc l’histoire vraie que je voulais vous raconter, car nous pourrons tous y retrouver, sous une forme ou une autre, quelque chose de nos propres buts intérieurs inconscients et secrets, qui expliquent tant de notre histoire extérieure en tant que Joueurs volontaires dans ce Grand Jeu de l’Évolution, sur Terre ou ailleurs…

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