Intégral Yoga & Défauts humains (V): le Divin en l’autre, et en tout

Lorsque je suis arrivée en 1972 à Auroville, le nouveau livre d’écrits de Sri Aurobindo que j’ai alors découvert était tout mince, mais il a à nouveau été un éblouissement, comme l’avait déjà été auparavant “La Vie divine”. Il s’agissait de ses “Pensées et Aphorismes”, beaucoup d’entre eux déjà mentionnés et cités au fil des années sur ce Blog, y compris dans mes articles récents, mais leur valeur est si profonde et si universelle que je vais avoir à en utiliser encore certains dans le présent article. Les quelques-uns qui suivent, tirés de la section ‘Jnana’ de l’opuscule, quand je les ai lus alors, m’ont coupé le souffle par l’énormité de ce qu’ils impliquaient. Cela allait bien plus loin que les croyances fort belles mais encore limitées de ceux qui adorent Jésus-Christ, ou de ceux qui adorent Vishnou le Protecteur (plutôt que Brahma le Créateur ou Shiva le Destructeur, dans l’Hindouisme). Voici ce que dit Sri Aurobindo:

21 — Le chrétien et le vaishnava louent le pardon ; quant à moi, je demande :
« Qu’ai-je donc à pardonner et à qui ? »

22 — Dieu m’a frappé avec une main humaine ; dirai-je donc : « Je Te pardonne Ton insolence, ô Dieu » ?

23 — Dieu m’a fait du bien avec un coup. Dirai-je : « Je Te pardonne, ô Tout-Puissant, le mal et la cruauté, mais ne recommence pas » ?

24 — Quand je me plains d’une infortune et l’appelle un mal, ou quand je suis jaloux et déçu, je sais qu’en moi s’est encore réveillé l’éternel imbécile.

25 — Quand je vois les autres souffrir, je sens que je suis malheureux, mais une sagesse qui n’est pas mienne voit le bien qui s’approche, et approuve.

27 — Dieu est un grand et cruel Tortionnaire, parce qu’Il aime. Vous ne comprenez pas, parce que vous n’avez pas vu Krishna et joué avec lui.

29 — J’ai oublié ce qu’est le vice et la vertu ; je ne vois plus que Dieu, Son jeu dans le monde et Sa volonté dans l’humanité.

 

Se moquant de la raison humaine, qui essaye de juger ce qui est bien ou mal à partir des apparences superficielles, c’est avec beaucoup d’ironie que Sri Aurobindo décrit la manière habituelle de raisonner:

31 — Ce que je désire ou pense être bon ne se produit pas, par conséquent il est évident que ce n’est pas un Être suprêmement sage qui gouverne le monde,
mais seulement un Hasard aveugle ou une Causalité brutale.

C’est par expérience personnelle que Sri Aurobindo avait vu combien peut se tromper la raison humaine, et écrivait ces Aphorismes, car en 1908 il avait été soudain arrêté et jeté dans la prison d’Alipore à Calcutta, sur la base d’une accusation si grave qu’elle pouvait lui coûter la vie. Dans sa surprise il s’était plaint anxieusement au Divin: où était donc la Protection dont il se croyait assuré tant que sa vie serait consacrée à libérer son pays du joug britannique?

Eh bien, le Divin lui répondit qu’il n’y avait pas eu d’autre choix que cette extrême façon de s’y prendre pour arrêter Aurobindo dans son élan politique, après qu’il ait ignoré les avertissements plus doux qui lui avaient été donnés auparavant, de tout arrêter – ainsi qu’il devrait le faire, car le Divin avait pour lui une mission encore plus importante! Aurobindo avait d’ailleurs fait suffisamment pour l’Inde: d’autres allaient se lever pour continuer cette tâche, et l’Inde deviendrait de toutes façons libre pendant les grands changements mondiaux à venir…

Et le Divin promit aussi de le protéger personnellement contre tout danger réel dû à l’incarcération et au procès, lui assurant qu’il serait en fait libéré. En effet, un an jour pour jour plus tard, au moment du jugement, son avocat dans sa plaidoierie se mit à prononcer des mots divinement inspirés et inspirants, prophétisant le renom et la gratitude mondiale dont bénéficierait un jour l’accusé, en tant que le bienfaiteur de l’Humanité qu’il allait devenir. Dans la stupeur et le total silence où tous étaient plongés, le miracle se produisit: contre toute attente, Aurobindo fut purement et simplement acquitté.

Mais il y eut plus encore à cette incroyable histoire: durant cette entière année de prison, il avait reçu du Divin, jour après jour, toute l’expérience spirituelle très diverse dont il aurait besoin comme base pour la réelle Mission, immense, que le Divin lui réservait: aller plus loin encore que tout cela, et trouver le Yoga Intégral qui rendrait l’Humanité dans son ensemble capable de briser la prison de Conscience Mentale qui l’empêchait de poursuivre son évolution vers une Conscience plus haute et plus vraie. Pour cette intense année d’entraînement spirituel, le Divin avait envahi la vie en prison d’Aurobindo lui-même, sous la forme de Sri Krishna, le Divin en tant que l’Amant Éternel de nos âmes, révélant sa Présence en tout et tous autour de lui, y compris le procureur et les juges!… Ainsi que l’expliqua Aurobindo plus tard dans son fameux discours à Uttarpara, le premier après sa libération:

“C’était Sri Krishna qui était assis là, c’était mon Amant et mon Ami qui était assis là et souriait. “Maintenant as-tu peur?” Il dit, “Je suis en tous les hommes et j’ai le pouvoir de changer leurs actions et leurs paroles. Ma protection est encore avec toi et tu n’as pas à avoir peur. Ce procès qui t’est intenté, laisse-le entre mes mains. Ce n’est pas à toi de t’en occuper, Ce n’était pas pour un procès que je t’ai amené ici, mais pour autre chose. Le procès lui-même est seulement un moyen pour ce que Je veux faire, et rien de plus .

Est-ce étonnant alors, qu’en 1913 Sri Aurobindo ait écrit ces sublimes mots de gratitude:

34 — Ô Infortune, sois bénie, car à travers toi j’ai vu le visage de mon Amant.

Donc après tout cela, vous qui me lisez, vous avez tout intérêt à cesser de considérer automatiquemnt que “les autres” sont l’évidente source et cause de tous vos malheurs, et à voir plutôt la Main du Divin agissant à travers diverses circonstances extérieures et divers intruments humains – la plupart d’entre eux, étant donné l’état d’inconscience présente des êtres humains, ne se rendant absolument pas compte qu’ils participent en fait à un Plan Divin extraordinairemnt complexe et minutieusement organisé qui se déroule sous la forme de cette Évolution Terrestre. À travers tout ce qui se passe chacun d’entre nous est conduit le mieux possible à la comprèhension correcte de comment tout cela fonctionne, avec la Grâce Divine à l’oeuvre pour tous, même alors que l’évènement extérieur semble être ‘mauvais’, ou injuste, ou… 

Plus vite nous apprendrons à avoir de plus en plus constamment cette nouvelle perception et compréhension de chaque situation – de quoi que ce soit qui se passe – plus vite nous deviendrons paisibles et heureux… juste comme Sri Aurobindo lui-même nous en a indiqué le moyen à travers ses si précieux Aphorismes,  ceux-ci maintenant venant de leur section “Bhakti”:

444 — Il y a deux choses en Dieu que les hommes appellent mal : ce qu’ils ne peuvent pas du tout comprendre, et ce qu’ils comprennent mal et dont ils font mauvais usage quand ils en ont la possession ; c’est seulement ce qu’ils recherchent à tâtons, à moitié en vain et qu’ils comprennent vaguement, qu’ils appellent bon et saint. Mais, pour moi, toutes choses sont aimables en Lui.

445 — Ils disent, ô mon Dieu, que je suis fou, parce que je ne vois aucune faute en Toi ; mais si, vraiment, je suis fou de Ton amour, je ne tiens pas à recouvrer mon bon sens.

446 — « Erreurs, mensonges, faux pas ! » s’écrient-ils. Que Tes erreurs sont brillantes et belles, ô Seigneur ! Tes mensonges sauvent la vie à la Vérité ; par Tes faux pas le monde se perfectionne.

447 — « Vie, Vie, Vie ! », c’est ce que j’entends les passions crier ; « Dieu, Dieu, Dieu ! », telle est la réponse de l’âme. À moins que tu ne voies et n’aimes la Vie comme Dieu seulement, la Vie elle-même sera une joie scellée pour toi.

448 — « Il l’aime » disent les sens ; mais l’âme dit : « Dieu, Dieu, Dieu. » Telle est la formule qui embrasse toute l’existence.

449 — Si tu ne peux pas aimer le ver le plus vil et le plus immonde des criminels, comment peux-tu croire que tu as accepté Dieu en ton esprit ?

450 — Aimer Dieu en excluant le monde, c’est Lui donner une adoration intense mais imparfaite.

488 — Je dois aimer mon voisin non pas parce qu’il est le voisinage, car qu’y a-t-il dans le voisinage et les distances ? Ni parce que les religions me disent qu’il est mon frère, car où est la source de cette fraternité ? Mais parce qu’il est moi-même. Le voisinage et les distances touchent le corps — le cœur va au-delà. La fraternité est celle du sang, du pays, de la religion ou de l’humanité ; mais quand l’intérêt égoïste vocifère, qu’advient-il de cette fraternité ? C’est seulement en vivant en Dieu et en transformant le mental, le cœur et le corps à l’image de Son unité universelle que cet amour profond, désintéressé, inébranlable, devient possible.

Cela ne s’arrête même pas là: avec cet Amour vient aussi le Miel de ce Délice d’Être et de Devenir, qui fait partie de l’Essence-même du Divin, car c’est l’aspect Ananda de SatChitAnanda. Dans cette Nouvelle Conscience dont l’Aurore nous éclaire et transforme de plus en plus la manière dont nous vivons chaque moment de notre vie, les défauts humains dûs à notre égo humain graduellement s’effacent avec lui, tout naturellemnt, au fur et à mesure que nous grandissons au-delà d’eux. C’est là le merveilleux Miel Divin que nous commençons à goûter de manière de plus en plus permanente, et c’est là la route toute droite vers cette “Vie Divine” à nous promise, ici sur Terre. C’est à chacun d’entre nous d’utiliser le secret ultime que Sri Aurobindo nous a donné  à travers encore un de ses “Aperçus et Pensées” :

 

“Transforme tout en miel. Telle est la loi pour vivre divinement.”

 

Integral Yoga & Human Defects (V): the Divine in the Other & in Everything

When I arrived in Auroville in 1972, the new book of writings from Sri Aurobindo I discovered then was a thin one, but it just blew my mind once again, just as his ‘Life Divine’ had done before. It was his ‘Thoughts & Aphorisms’, many of them mentioned and quoted already over the years on this blog, and in my recent articles too, but their value is so deep and universal, I’ll have to use some of them in the present article again. The following few, in the ‘Jnana’ part of the booklet, when I read them long ago, took my breath away by the hugeness of what they actually meant. It went way beyond the very beautiful but still limited beliefs of those who adore Jesus-Christ, or those who adore Vishnu, the Preserver (in contrast to Brahma the Creator and Shiva the Destroyer, in Hinduism). Here is what Sri Aurobindo says:

22. Forgiveness is praised by the Christian and the Vaishnava, but for me, I ask, “What have I to forgive and whom?”

23. God struck me with a human hand; shall I say then, “I pardon Thee thy insolence, O God”?

24. God gave me good in a blow. Shall I say, “I forgive thee, O Almighty One, the harm and the cruelty, but do it not again”?

25. When I pine at misfortune and call it evil, or am jealous and disappointed, then I know that there is awake in me again the eternal fool.

And Sri Aurobindo adds: ‘… but the wisdom that is not mine, sees the good that is coming and approves.’

28. God is a great and cruel Torturer because He loves. You do not understand this, because you have not seen and played with Krishna.

30. I have forgotten what vice is and what virtue; I can only see God, His play in the world and His will in humanity.

Mocking our human reason, which tries to judge from superficial appearances what is good or evil, it is only with irony that Sri Aurobindo describes its usual way of reasoning:

32. What I wished or thought to be the right thing, does not come about; therefore it is clear that there is no All Wise one who guides the world but only blind Chance or a brute Causality.

It is from his own experience that Sri Aurobindo knew better than human reason, by the time he was writing those Aphorisms: when in 1908 he had been all of a sudden arrested and thrown into the Alipore jail of Calcutta, under such a serious accusation that it could mean death for him, in his surprise he anxiously complained to the Divine: where was the Protection he thought was assured to him as long as his life was dedicated to his mission of freeing his country from the British rule?

Well, the Divine responded that there was no other choice but this drastic solution for stopping Aurobindo in his political tracks, after he had ignored the milder promptings given previously to him to quit – as he would have to, for the Divine had an even more important mission for him! He had done enough for India, by the way: others would now rise up to continue that task, and India would anyway become free during the major world-changes to come…

And the Divine did promise to also protect him personally now against any real danger from the incarceration and court-case, assuring him he would actually come out free. Well, a year to the day later, at the time of the decisive judgement, his lawyer in his speech suddenly uttered divinely inspired and inspiring, prophetic words about the worldwide renown and gratitude that would one day be there for the accused man, as the great benefactor of Humanity that he would become. In the stunned total silence everyone had fallen into, the miracle happened: to everyone’s amazement Aurobindo was purely and simply acquitted.

But there was even more to this incredible story: during that one year in prison, he had been given by the Divine, day after day, all the diverse spiritual experiences he would need as a basis for the real, immense Mission the Divine had in store for him: to go further than all that and find the new, Integral Yoga that would enable Humanity as a whole to break out from the Mental Consciousness imprisoning it and preventing it from further evolution towards a higher and truer Consciousness. For this intense, year-long, spiritual training, the Divine had invaded Aurobindo’s own prison life in the form of Sri Krishna, the Divine as the Eternal Lover of our Souls, revealing Himself in everything and everyone around him, including the lawyers and judges!… As Aurobindo explained later in his famous speech at Uttarpara, the first one after his liberation:

‘It was Sri Krishna who sat there, it was my Lover and Friend who sat there and smiled. “Now do you fear?” He said, “I am in all men and I overrule their actions and their words. My protection is still with you and you shall not fear. This case which is brought against you, leave it in my hand. It is not for you. It was not for the trial that I brought you here but for something else. The case itself is only a means for my work and nothing more.

Any wonder then that in 1913 Sri Aurobindo was writing this sublime words of gratitude:

35. O Misfortune, blessed be thou; for through thee I have seen the face of my Lover.

So after all this,  you, my readers, have better stop considering automatically ‘the others’ to be the obvious source and cause of all your miseries, and start seeing in all that is happening the Hand of the Divine through various outer circumstances and human instruments, – most of them, given our present human unconsciousness, totally unaware that they are actually participating in an exquisitely complex and minutely arranged Divine Plan gradually unfolding in this Terrestrial Evolution. Through all those occurrences each of us is led as best as possible to the correct understanding of how it all works, with the Divine Grace being there for all, even when the outer event seems to be ‘bad’, or unjust, or…

The faster we will learn to have more and more constantly this new perception and understanding of each situation, of whatever is happening, the faster we will become peaceful and happy…. just as Sri Aurobindo himself showed us the way to be through those so precious Aphorisms of his, now from the ‘Bhakti’ part of them:

444. There are two things in God which men call evil, that which they cannot understand at all and that which they misunderstand and, possessing, misuse; it is only what they grope after half-vainly and dimly understand that they call good and holy. But to me all things in Him are lovable.

445. They say, O my God, that I am mad because I see no fault in Thee; but if I am indeed mad with Thy love, I do not wish to recover my sanity.

446. “Errors, falsehoods, stumblings!” they cry. How bright and beautiful are Thy errors, O Lord! Thy falsehoods save Truth alive; by Thy stumblings the world is perfected.

447. Life, Life, Life, I hear the passions cry; God, God, God, is the soul’s answer. Unless thou seest and lovest Life as God only, then is Life itself a sealed joy to thee.

448. “He loves her”, the senses say; but the soul says “God God God”. That is the all-embracing formula of existence.

449. If thou canst not love the vilest worm and the foulest of criminals, how canst thou believe that thou hast accepted God in thy spirit?

450. To love God, excluding the world, is to give Him an intense but imperfect adoration.

488. I should love my neighbour not because he is neighbourhood, — for what is there in neighbourhood and distance? nor because the religions tell me he is my brother, — for where is the root of that brotherhood? but because he is myself. Neighbourhood and distance affect the body, the heart goes beyond them. Brotherhood is of blood or country or religion or humanity, but when self-interest clamours what becomes of this brotherhood? It is only by living in God and turning mind and heart and body into the image of his universal unity that that deep, disinterested and unassailable love becomes possible.

It doesn’t even stop there: with that Love comes also the Honey of this Delight of Being and Becoming that is part of the very Essence of the Divine, for it is the Ananda part of SatChitAnanda. In this New Consciousness now dawning on us and transforming more and more the way we live each moment of our life, the human defects due to our human ego gradually fade away with it, just naturally, as we simply outgrow them. It is this wonderful Divine Honey which we start tasting more and more permanently, and this is the straight way to this ‘Life Divine’ promised to us, right here on Earth. It’s up to each of us to use the ultimate secret given to us by Sri Aurobindo in yet another one of  his ‘Thoughts & Glimpses’:

 

Integral Yoga & Human Defects (IV) : What About Psychoanalysis Today ?

I recommend to all those who can read English the great cascade of comments posted yesterday by my psychologist friend Don Salmon who lives in the USA. All in response to my previous post quoting two texts by Sri Aurobindo on Psychoanalysis, Don’s comments provide additional richness of information to the topic at hand. Interestingly enough,  Don’s comments even constitute a kind of preparation for the present post of mine -all the more because I have posted right away some short answers to them.

But as this new post I am now writing was already intended before, and meant to continue what I myself wanted to convey through this current sequence of posts on the same overall topic, rather than making this post now a direct reply to Don, I’ll just keep  on my own track, and say what I wanted to say anyway… knowing that by doing so I’ll be at the same time answering further Don’s concerns.

So I’d like to go back to the two texts from Sri Aurobindo quoted in my previous post:

Why did I quote them, first of all?

Well, together with Mother’s later re-formulation of her own corresponding Message, these two texts from Sri Aurobindo had been also mentioned by her to Satprem in relation to the same subject, so I felt it was only fair to quote this whole addition asked for by the Mother, just as it had been added indeed by Satprem in the final text of this passage of the Agenda on ‘Don’t try to be virtuous’.

But fairness wasn’t the only reason:

I felt also that both texts (which I knew and loved since long) truly shed on the whole topic of Psychological Healing such a powerful and clear and illuminating light, that they would be of great help for everybody, be it patient or medical doctor, and for still a very long time, as Sri Aurobindo indicated there the very central root of all psychological problems: the absence in most of us human beings of sufficient influence from our secret Divine Self, deep within as well as high above our superficial self with all its presently warring parts.

This indicates also then the obvious real solution: the necessity for each individual to reconnect and gradually re-identify with his/her true, Divine Self, so as to transform as well gradually those external parts into their potential divine reality, as perfected instruments of self-expression of the Divine in this world of Manifestation.

Such an immense overall understanding  and goal go way beyond what ordinary Psychology and Psychiatry perceive of Human Nature, but unless one gets that fuller picture of what we truly are, there is no way this needed inner balance and harmony can establish themselves in our being. Such a supremely important point makes these quotes an invaluable gift, just by itself already.

Given this fuller picture that is the all-pervasive basis for all that Sri Aurobindo and Mother taught from their own huge spiritual experience, Psychoanalysis in those early times was obviously rather inadequate, as Sri Aurobindo starts with saying, quite unequivocally. And yet Sri Aurobindo, in his vast wisdom, doesn’t put any blanket condemnation upon it. All that he says is carefully and clearly qualified: it is Freud he is talking about, and he explains exactly what is fundamentally wrong in Freud’s approach and all similar approaches. He wants us to understand why he doesn’t approve of it.

Not only does Sri Aurobindo point out why this approach is so wrong and actually dangerous, but he also describes what would be the correct way: finding the true Light first, then only – and cautiously –  using it to go into the intermediary strata of our inner, psychological being, with all their warring obscurities obscuring constantly our consciousness. and making us think, feel and act according to their whims instead of our real, spiritual inclination and will.

But Sri Aurobindo’s warning is qualified also time-wise: he himself underlies that these new discoveries Psychoanalysis prides itself of, are fragmentary and distorted because this aspiring new science is only in its infancy. Far from condemning it forever, at the end of what he writes, he expresses full confidence on the contrary that a day will come when the real knowledge in that field will gradually emerge and be used successfully for the benefit of all.

So, seeing this wonderful clarity and precision in Sri Aurobindo’s two texts, I felt no one could possibly misinterpret them if not by their own inattentive and mistaken reading of them. I knew that risk still could be there in my readers, but I gave them at least the benefit of the doubt, so to say, trusting their own better judgement and sheer thinking capacity!…

After seeing yesterday the immediate and somewhat indignant reaction from Don against my publishing those texts, I wondered what may have caused the difference in his perception and my own perception of whether those two texts were still useful reading, or by now totally outdated, given the huge strides forward in the right direction that have happened since then in that field of medical research and practice (see Don’s second comment, about Dan Sieger, about that).

The major difference, obviously to me, stems quite simply from the place in the world  and the social context in which each of us lives:

Don was born and lives in the USA, and in a city there where all such subjects are part to a large extent of normal life, thanks to the relatively high level of education and intellectuality in most of the population. A psychologist himself, together with his equally qualified wife he has written a book and is putting together a website about what I would call the New Psychology. From what he has himself written in his comments yesterday, one can see he is part just naturally of those circles of researchers in this field who meet or communicate often, nationally and internationally, All know of the latest advances, and are  able to have access, themselves and their family, to the most advanced psychological care that they already know is available, if ever they find themselves in psychological or psychiatric trouble. They somehow take all that for granted, it’s just ‘normal life’ for them.

Well, the situation is utterly different in the part of the world where, although French, I live by choice since 1972: Auroville, near Puducherry (ex-Pondicherry), South India. This is rural Tamil Nadu, with only a few big cities far and between. The new discoveries and new ways of New Psychology have a hard time here reaching and infiltrating mentalities still steeped in antiquated educative systems where the Freudian concepts remain hugely the predominant, if often subconscious (!) basis of understanding for those in the masses sufficiently educated to have at least heard of such notions at all. Even in the top level of really educated people, changing the old beliefs one has received isn’t easy: the ego is there too, which prevented Sigmund Freud himself from ever accepting that some of his theories may be wrong, even when his faithful student Carl Jung had the courage to point out to him what didn’t seem to be correct… Patients in areas of the world where Dan Siegel isn’t even heard of can at least use the clues given by Sri Aurobindo, as clear criteria for selecting the doctor whose approach will not harm them…

So my quiet conclusion is that Don and myself are actually both right in our different perceptions of the need still, or not, of those two texts by Sri Aurobindo. It all depends on the context in which we live and on the audience we are thinking of and trying to reach and help when we write. We are complementary, I would say. In this way,  our long mutual appreciation makes us a good bridge between the two worlds we each live in and identify ourselves with to some extent, however subconsciously… Oops! Here comes Freud again, surreptitiously, in our generalized acceptation of at least that basic discovery he did make, that was true, and confirmed by Sri Aurobindo then: the existence of the Subconscious!

I’ll end with celebrating with Don and inviting everyone to read that most wonderful other text by Sri Aurobindo that Don took the trouble to find again in order to quote it in his next comment… It summarizes indeed what we both agree deeply about, which fills up our life, and that we both found only in Sri Aurobindo.

Image result for Sri Aurobindo

PS: Yes, this morning, after a good night of rest, my cells have been happy to peacefully participate in the creation of this article… But now, enough is enough!… 😊

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Integral Yoga & Human Defects (III): Sri Aurobindo on Psychoanalysis

(Different illustration but same text as in my French original previous article)

A NOTE AND AN ADDENDUM BY SATPREM ABOUT THE PASSAGE FROM ‘MOTHER’S AGENDA’ QUOTED IN THE PREVIOUS ARTICLE:

3 When Satprem published extracts from this conversation in the Ashram Bulletin of April 1962, Mother had this passage modified (over his protests). Instead of “Do not try to be virtuous,” she put “Do not try to seem virtuous”; and she added: “There’s a drawback here. People never understand anything, or rather they understand everything in their own way. They would take this sentence as an encouragement to get into mischief, to misbehave, to entertain wrong feelings, and then proclaim, ‘We are the Lord’s favorites!’… There was something like it in one of Sri Aurobindo’s letters, you remember – a letter to people who wanted to bring all the impurities in themselves out to the surface; he told them that was definitely not the way!” (See Sri Aurobindo’s two letters on psychoanalysis in the Addendum.)

  ADDENDUM

(Two letters of Sri Aurobindo on psychoanalysis)

Your practice of psycho-analysis was a mistake. It has, for the time at least, made the work of purification more complicated, not easier. The psycho-analysis of Freud is the last thing that one should associate with yoga. It takes up a certain part, the darkest, the most perilous, the unhealthiest part of the nature, the lower vital subconscious layer, isolates some of its most morbid phenomena and attributes to it and them an action out of all proportion to its true role in the nature. Modern psychology is an infant science, at once rash, fumbling and crude. As in all infant sciences, the universal habit of the human mind – to take a partial or local truth, generalise it unduly and try to explain a whole field of Nature in its narrow terms – runs riot here. Moreover, the exaggeration of the importance of suppressed sexual complexes is a dangerous falsehood and it can have a nasty influence and tend to make the mind and vital more and not less fundamentally impure than before.

It is true that the subliminal in man is the largest part of his nature and has in it the secret of the unseen dynamisms which explain his surface activities. But the lower vital subconscious which is all that this psycho-analysis of Freud seems to know, – and even of that it knows only a few ill-lit corners, – is no more than a restricted and very inferior portion of the subliminal whole. The subliminal self stands behind and supports the whole superficial man; it has in it a larger and more efficient mind behind the surface mind, a larger and more powerful vital behind the surface vital, a subtler and freer physical consciousness behind the surface bodily existence. And above them it opens to higher superconscient as well as below them to lower subconscient ranges. If one wishes to purify and transform the nature, it is the power of these higher ranges to which one must open and raise to them and change by them both the subliminal and the surface being. Even this should be done with care, not prematurely or rashly, following a higher guidance, keeping always the right attitude; for otherwise the force that is drawn down may be too strong for an obscure and weak frame of nature. But to begin by opening up the lower subconscious, risking to raise up all that is foul or obscure in it, is to go out of one’s way to invite trouble. First, one should make the higher mind and vital strong and firm and full of light and peace from above; afterwards one can open up or even dive into the subconscious with more safety and some chance of a rapid and successful change.

The system of getting rid of things by anubhava [experience] can also be a dangerous one; for on this way one can easily become more entangled instead of arriving at freedom. This method has behind it two well-known psychological motives. One, the motive of purposeful exhaustion, is valid only in some cases, especially when some natural tendency has too strong a hold or too strong a drive in it to be got rid of by vicara [intellectual reflection] or by the process of rejection and the substitution of the true movement in its place; when that happens in excess, the sadhak has sometimes even to go back to the ordinary action of the ordinary life, get the true experience of it with a new mind and will behind and then return to the spiritual life with the obstacle eliminated or else ready for elimination. But this method of purposive indulgence is always dangerous, though sometimes inevitable. It succeeds only when there is a very strong will in the being towards realisation; for then indulgence brings a strong dissatisfaction and reaction, vairagya, and the will towards perfection can be carried down into the recalcitrant part of the nature.

The other motive for anubhava is of a more general applicability; for in order to reject anything from the being one has first to become conscious of it, to have the clear inner experience of its action and to discover its actual place in the workings of the nature. One can then work upon it to eliminate it, if it is an entirely wrong movement, or to transform it if it is only the degradation of a higher and true movement. It is this or something like it that is attempted crudely and improperly with a rudimentary and insufficient knowledge in the system of psycho-analysis. The process of raising up the lower movements into the full light of consciousness in order to know and deal with them is inevitable; for there can be no complete change without it. But it can truly succeed only when a higher light and force are sufficiently at work to overcome, sooner or later, the force of the tendency that is held up for change. Many, under the pretext of anubhava, not only raise up the adverse movement, but support it with their consent instead of rejecting it, find justifications for continuing or repeating it and so go on playing with it, indulging its return, eternising it; afterwards when they want to get rid of it, it has got such a hold that they find themselves helpless in its clutch and only a terrible struggle or an intervention of divine grace can liberate them. Some do this out of a vital twist or perversity, others out of sheer ignorance; but in yoga, as in life, ignorance is not accepted by Nature as a justifying excuse. This danger is there in all improper dealings with the ignorant parts of the nature; but none is more ignorant, more perilous, more unreasoning and obstinate in recurrence than the lower vital subconscious and its movements. To raise it up prematurely or improperly for anubhava is to risk suffusing the conscious parts also with its dark and dirty stuff and thus poisoning the whole vital and even the mental nature. Always therefore one should begin by a positive, not a negative experience, by bringing down something of the divine nature, calm, light, equanimity, purity, divine strength into the parts of the conscious being that have to be changed; only when that has been sufficiently done and there is a firm positive basis, is it safe to raise up the concealed subconscious adverse elements in order to destroy and eliminate them by the strength of the divine calm, light, force and knowledge. Even so, there will be enough of the lower stuff rising up of itself to give you as much of the anubhava as you will need for getting rid of the obstacles; but then they can be dealt with with much less danger and under a higher internal guidance.

*
*   *

I find it difficult to take these psycho-analysts at all seriously when they try to scrutinise spiritual experience by the flicker of their torch-lights, – yet perhaps one ought to, for half-knowledge is a powerful thing and can be a great obstacle to the coming in front of the true Truth. This new psychology looks to me very much like children learning some summary and not very adequate alphabet, exulting in putting their a-b-c-d of the subconscient and the mysterious underground super-ego together and imagining that their first book of obscure beginnings (c-a-t cat, t-r-e-e tree) is the very heart of the real knowledge. They look from down up and explain the higher lights by the lower obscurities; but the foundation of these things is above and not below, upari budhna esam. The superconscient, not the subconscient, is the true foundation of things. The significance of the lotus is not to be found by analysing the secrets of the mud from which it grows here; its secret is to be found in the heavenly archetype of the lotus that blooms for ever in the Light above. The self-chosen field of these psychologists is besides poor, dark and limited; you must know the whole before you can know the part and the highest before you can truly understand the lowest. That is the promise of the greater psychology awaiting its hour before which these poor gropings will disappear and come to nothing.

 

Related image

 

 

 

 

 

Yoga Intégral & Défauts Humains (III): Sri Aurobindo sur la Psychanalyse

NOTE DE SATPREM SUR LE PASSAGE DE “L’AGENDA DE MÈRE” CITÉ DANS L’ARTICLE PRÉCÉDENT:

3 Lorsque nous avons publié partiellement cette conversation dans le Bulletin de l’Ashram, en avril 1962, Mère nous a fait modifier (malgré nos protestations) cette phrase: au lieu de «N’essayez pas d’être vertueux», Elle a mis: «N’essayez pas d’avoir l’air vertueux», et Elle a ajouté: «Il y a un inconvénient. Les gens ne comprennent jamais rien, ou plutôt ils comprennent à leur manière. Ils prendraient ça pour un encouragement à faire des bêtises, à être mauvais, à avoir de mauvais sentiments, et ils diraient: «Nous sommes les préférés du Seigneur!»… Tu te souviens, il y a une lettre de Sri Aurobindo comme cela, à des gens qui voulaient faire sortir tout ce qu’il y a de mauvais en eux – il leur a dit que ce n’était pas du tout la manière!» (Voir en addendum deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse.)

ADDENDUM

(Deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse)

Votre pratique de la psychanalyse était une erreur. Elle a, pour le moment du moins, rendu plus compliqué et non plus facile le travail de purification. La psychanalyse de Freud est la dernière chose que l’on devrait associer au yoga. Elle prend une certaine partie de la nature, la plus obscure, la plus périlleuse, la plus malsaine – la couche sub-consciente du vital inférieur – et elle isole quelques-uns de ses phénomènes les plus morbides en leur attribuant une action hors de toute proportion avec leur rôle véritable dans la nature. La psychologie moderne est une science dans l’enfance, à la fois imprudente, tâtonnante et rudimentaire. Comme il en est de toutes les sciences dans l’enfance, cette habitude universelle du mental humain de prendre une vérité partielle ou locale, de la généraliser abusivement et de vouloir expliquer tout un domaine de la Nature selon ses étroites formules, s’en donne à cœur joie ici. En outre, cette exagération de l’importance des complexes sexuels refoulés est une dangereuse fausseté; elle peut avoir une influence pernicieuse en rendant le mental et le vital non pas moins mais plus fondamentalement impurs qu’auparavant.

Il est vrai que le subliminal dans l’homme constitue la plus large part de sa nature et recèle le secret de dynamismes invisibles qui expliquent ses activités de surface. Mais la couche subconsciente du vital inférieur, qui est tout ce que semble connaître cette psychanalyse de Freud (et encore n’en connaît-elle que quelques recoins mal éclairés), n’est qu’une fraction limitée et très inférieure de la totalité subliminale. Le moi subliminal s’étend derrière et soutient l’ensemble de l’homme de surface; il recèle un mental plus large et plus efficace derrière le mental de surface, un vital plus vaste et plus puissant derrière le vital de surface, une conscience physique plus subtile et plus libre derrière l’existence corporelle de surface. Au-dessus de ces niveaux, il s’ouvre aux étendues supraconscientes, de même qu’en dessous il s’ouvre aux étendues subconscientes inférieures. Si l’on veut purifier et tranformer la nature, c’est au pouvoir de ces étendues supérieures qu’il faut s’ouvrir et s’élever afin, par elles, de changer non seulement l’être subliminal mais l’être de surface. Ceci même doit se faire avec prudence et non d’une façon prématurée et précipitée, en suivant une direction supérieure et en gardant toujours l’attitude vraie, sinon la force que l’on fait descendre risque d’être trop puissante pour la fragile et obscure charpente de la nature. Mais commencer par ouvrir le subconscient inférieur en risquant de soulever tout ce qui s’y trouve d’obscur et de fétide, c’est aller au devant des ennuis. D’abord, il faut fortifier et affermir le mental et le vital supérieurs en les emplissant de la lumière et de la paix d’en haut; après, on peut ouvrir le subconscient ou même y plonger avec plus de sécurité et quelque chance de changement heureux et rapide.

Le système qui consiste à se débarrasser des choses indésirables par anoubhava [assouvissement] peut également être dangereux; sur ce chemin, il est plus facile de s’empêtrer davantage que d’arriver à la liberté. Cette méthode s’appuie sur deux principes psychologiques bien connus. L’un, le principe d’épuisement volontaire, est valable dans certains cas, surtout quand certaines tendances naturelles ont une emprise trop forte ou une poussée trop puissante pour que l’on puisse s’en débarrasser par vichâra, c’est-à-dire par le procédé de rejet et de substitution du mouvement vrai; quand ceci arrive avec excès, le chercheur doit parfois même retourner à l’action ordinaire de la vie ordinaire et en faire l’expérience vraie avec un mental nouveau et une volonté nouvelle derrière, puis revenir à la vie spirituelle une fois que l’obstacle est éliminé ou prêt à être éliminé. Mais cette méthode d’assouvissement volontaire est toujours dangereuse, bien que parfois inévitable. Elle ne réussit que si l’être possède une puissante volonté de réalisation, car l’assouvissement entraîne une forte insatisfaction et une réaction, vaïragya, et dès lors la volonté de perfection peut être poussée jusque dans la partie récalcitrante de la nature.

L’autre principe de l’anoubhava est d’une application plus générale; en effet, pour rejeter quoi que ce soit hors de l’être, il faut d’abord en être conscient, avoir clairement l’expérience intérieure de son action et découvrir sa place effective dans le fonctionnement de la nature. Alors on peut agir dessus pour l’éliminer si c’est un mouvement complètement faux, ou le transformer si c’est seulement une dégradation d’un mouvement supérieur vrai. C’est cela ou quelque chose de ce genre que tente grossièrement et abusivement, avec une connaissance rudimentaire et insuffisante, le système de la psychanalyse. Le procédé qui consiste à soulever les mouvements inférieurs dans la pleine lumière de la conscience afin de les connaître et de les manipuler est inévitable, car il ne peut pas y avoir de changement complet sans cela. Mais on ne peut y réussir vraiment que quand la lumière et la force supérieures sont suffisamment actives pour surmonter plus ou moins vite la force de la tendance que l’on expose à la lumière afin de la changer. Bien des gens, sous prétexte d’anoubhava, non seulement soulèvent le mouvement adverse mais l’entretiennent de leur consentement au lieu de le rejeter, trouvent des justifications pour le prolonger ou le répéter et continuent ainsi de jouer avec lui, de caresser son retour et de l’éterniser, et, plus tard, lorsqu’ils veulent s’en débarrasser, il a une telle emprise qu’ils se trouvent impuissants et dans ses griffes; seule une lutte terrible ou une intervention de la grâce divine peuvent les libérer. Certains font cela par déformation vitale ou par perversité, d’autres par pure ignorance, mais dans le yoga comme dans la vie, l’ignorance n’est pas acceptée par la Nature comme une excuse justifiante. C’est le danger qui guette toute manipulation incorrecte des parties ignorantes de la nature; or, rien n’est plus ignorant, plus périlleux, plus irraisonné et obstiné dans ses récidives que le subconscient vital inférieur et ses mouvements. Le soulever prématurément ou incorrectement sous prétexte d’anoubhava, c’est risquer aussi d’inonder de ce magma obscur et fangeux les parties conscientes et d’empoisonner ainsi toute la nature vitale et même mentale. Donc, toujours, il faudrait commencer par une expérience positive et non par une expérience négative, et faire descendre tant soit peu la nature divine, la lumière, l’équanimité, la pureté, la force et le calme divins dans les parties de l’être conscient qui doivent être changées; c’est seulement quand on a fait cela suffisamment et qu’il existe une solide base positive, qu’il est prudent de soulever les éléments adverses cachés dans le subconscient afin de les détruire ou de les éliminer par la force du calme divin, de la lumière, de l’énergie et de la connaissance divines. Même ainsi, il subsistera toujours assez de ce magma inférieur pour se lever de lui-même et vous donner autant d’anoubhava que vous en aurez besoin pour vous débarrasser de l’obstacle, mais, alors, il pourra être manipulé avec beaucoup moins de danger et sous une direction intérieure supérieure.

*
*   *

Je trouve difficile de prendre vraiment au sérieux ces psychanalystes lorqu’ils tentent de scruter l’expérience spirituelle à la lumière clignotante de leur lampe de poche – encore qu’on le devrait peut-être, car le demi-savoir est une chose puissante et il peut être un grand obstacle à l’émergence de la vraie Vérité. Cette nouvelle psychologie me fait l’effet d’enfants qui apprennent quelque alphabet sommaire et pas très adéquat, exultant d’additionner ensemble leur a-b-c-d du subconscient et le mystérieux super-ego souterrain, et qui s’imaginent que leur premier manuel des obscurs commencements (c-h-a-t = chat, a-r-b-r-e = arbre) est l’essence même de la vraie connaissance. Ils regardent de bas en haut et expliquent les lumières supérieures par les obscurités inférieures, mais le fondement des choses est en haut et non en bas, oupari boudhna esham. C’est le supraconscient et non le subconscient qui est le vrai fondement des choses. La signification du lotus ne se trouve pas en analysant les secrets de la boue dans laquelle il pousse ici-bas; son secret se trouve dans l’archétype céleste du lotus qui fleurit à jamais dans la Lumière d’en haut. En outre, le domaine que ces psychologues se sont choisis est maigre, obscur, limité; il faut d’abord connaître le tout avant de pouvoir connaître la partie et le plus haut avant de comprendre vraiment le plus bas. Telle est la promesse d’une psychologie plus large qui attend son heure et devant laquelle ces pauvres tâtonnements s’évanouiront comme rien.5

(5 Sri Aurobindo, Letters on Yoga, Cent. Ed., XXIV, 1605.)

Image result for Psychanalyse

Integral Yoga & Human Defects (II) -“Don’t Try to Be Virtuous…”

(Translation of the original French previous post)

To realize that everybody has got some defects, and so to admit that one has some too, to accept to see them, whatever they may be, is only the very first step for becoming able one day to truly correct them.

But Mother goes much further than that in the conversation with Satprem down below.

A moment in ‘Mother’s Agenda’ which seems to me a particularly important one and which I try then to myself live as much as I can, at all levels of my being, and even the cells sometimes start to experience it too, which means that this new inner attitude is spreading…

Image result for La Mère de l'Ashram Sri Aurobindo

January 21, 1962

(The point of departure for this conversation was one of Sri Aurobindo’s aphorisms:)

70 – Examine thyself without pity, then thou wilt be more charitable and pitiful to others.

Very good! (Mother laughs) That’s very good.

It’s very good for everyone, isn’t it?

Especially for those who think they’re so superior.

But it really does correspond to something very deep.

This is exactly the experience I have been going through these past few days; since the day before yesterday it seems to have reached its peak, and this morning it developed into a comprehensive vision, an earth-encompassing vision.

It’s almost like a reversal of attitude.

Actually, people have always taken themselves for victims hounded by adverse forces – the courageous fight back, the rest lament. But increasingly there has been a very concrete vision of the role the adverse forces play in the creation, of their almost absolute necessity as goads to make the creation progress and become its Origin again. And there was such a clear vision that one should accomplish one’s own transformation – that’s what we must pray for, what we must work out – rather than demand the conversion or abolition of the adverse forces.

And this is all from the terrestrial, not the individual standpoint (for the individual standpoint, it’s quite clear): I am speaking from the terrestrial standpoint.

And there was the sudden vision of all the error, all the incomprehension, all the ignorance, all the darkness and – even worse – all the ill will in the earth’s consciousness, which felt responsible for the prolongation of those adverse forces and beings and offered them up in a great… it was more than an aspiration, it was a sort of holocaust, so that the adverse forces might disappear, might no longer have any reason to exist, no longer need to be there to point out all that has to change.

The adverse forces were necessitated by all these negations of the divine life. And this movement of earth consciousness towards the Supreme, the offering of all these things with such extraordinary intensity, was a kind of reparation so that those adverse forces might disappear.

The experience was very intense. It crystallized around a small nucleus of experiences too personal to mention (because I wasn’t the only one involved), which translated into this: “Take all my wrongdoings, take them all, accept them, obliterate them, and may those forces disappear.”

That’s essentially what this aphorism says, seen from the other end. So long as a single human consciousness carries the possibility of feeling, acting, thinking or being in opposition to the great divine Becoming, it is impossible to blame anyone else for it; it is impossible to blame the adverse forces, which are kept in the creation as a means of making you see and feel how far you still have to go.

(silence)

It was like a memory,1 an eternally present memory of that consciousness of supreme Love emanated by the Lord onto earth – INTO earth – to draw it back again to Him. And truly it was the descent of the very essence of the divine nature into the most total divine negation, and thus the abandonment of the divine condition to take on terrestrial darkness, so as to bring Earth back to the divine state. And unless That, that supreme Love, becomes all-powerfully conscious here on Earth, the return can never be definitive.

It came after the vision of the great divine Becoming.2 “Since this world is progressive,” I was wondering, “since it is increasingly becoming the Divine, won’t there always be this deeply painful sense of the nondivine, of the state that, compared with the one to come, is not divine? Won’t there always be what we call ‘adverse forces,’ in other words, things that don’t harmoniously follow the movement?” Then came the answer, the vision of That: “No, the moment of this very Possibility is drawing near, the moment for the manifestation of the essence of perfect Love, which can transform this unconsciousness, this ignorance and this ill will that goes with it into a luminous and joyous progression, wholly progressive, wholly comprehensive, thirsting for perfection.”

It was very concrete.

And it corresponds to a state where you are so PERFECTLY identified with all that is, that you concretely become all that is antidivine – and so you can offer it up. It can be offered up and really transformed through this offering.

This sort of will in people for purity, for Good (which in ordinary mentality is expressed by a need to be virtuous) is actually the GREAT OBSTACLE to true self-giving. It’s the root of Falsehood, the very source of hypocrisy: the refusal to take up one’s share of the burden of difficulties. And that’s what Sri Aurobindo has touched on in this aphorism, directly and very simply.

Do not try to be virtuous. See to what extent you are united, ONE with all that is antidivine. Take up your share of the burden; accept to be impure and false yourself, and in so doing you will be able to take up the Shadow and offer it. And insofar as you are able to take it and offer it, things will change.3

Don’t try to be among the pure. Accept to be with those who are in darkness and, in total love, offer it all.

(silence)

From the moment this was seen and DONE, the full power came back – the great creative Power.

(silence)

Most likely the experience could take place only because the time had come for all this to be offered up.

The point is not to perpetuate those things, but to offer them up.

Because the time has come to manifest this Power, which is a power of Love – of LOVE, not merely of identity – of Love, of perfect Love; for perfect Love alone can offer.

It happened this morning, with great simplicity, but at the same time it had something so vast and almighty in it, as if the Universal Mother were turning towards the Lord and saying, “At last! We are ready.”

That was my experience this morning.

Do you mean to say there’s been a progress on Earth?

Yes, on Earth; it’s the Earth’s history that’s in question.

Now?

In those realms, you know, “now” sometimes stretches over many years. I won’t say it’s going to be instantaneous; that, I don’t know – I don’t know. I will probably know in a few days.

It’s like opening a door just a crack and catching a glimpse of what’s beyond….

It was the same kind of experience when I told Sri Aurobindo that India was free; it was the Universal Mother speaking from what could be called Her origin – it was from that level – and the thing took thirty-five years to come down on Earth.

When I had the experience that the time had come for the supramental Force to descend on Earth, I followed the effects of that descent, I followed the effects and the consequences in my consciousness. But to ordinary eyes it was something like what happened with India’s liberation – it’s possible, of course, that the Supermind did come down, but for the moment its effects are more than veiled.

The first rather tangible manifestation was this vision of the boat; with that, things became more concrete, it radically changed something in the attitude.

We’re at another stage now.

(silence)

This recent period has been very difficult. I see clearly that it was a preparation – to prepare the way for that experience. It came to reverse the attitude, the attitude of struggling to surmount, subdue and abolish everything antidivine in creation.

Up till now, this attitude was probably (not probably – certainly) necessary to prepare things. But now there’s a sort of sudden reversal, as if the moment had come for the creative principle, the force, the universal creative Force to say, “This too is Me. For it is time for it to disappear. This too is Me: I no longer treat it as an enemy to get rid of; I accept it as Myself, so that it truly does become Me.”

And it was preceded by a kind of anguish: “Will there always be something that, compared with the state to come, seems antidivine?” No: after a long preparation, it becomes capable of feeling divine – and thus of being divine.

Looking at things externally, in terms of present material reality, there is still a lot of ground to be covered before the new manifestation becomes an actual fact. What we have now is probably the seed of the thing – like the seed of India’s freedom, which later blossomed.

 

 

 

 

 

 

 

 

Yoga Intégral et Défauts Humains (II) -“N’essayez pas d’être vertueux…”

Se rendre compte que tout le monde a des défauts, et donc admettre qu’on en a soi-même aussi, accepter de les voir, quels qu’ils soient, n’est encore qu’un tout premier pas pour arriver un jour à les corriger vraiment.

Mais Mère va encore beaucoup plus loin dans la conversation avec Satprem qui suit.

Un moment de “L’Agenda de Mère” qui me semble particulièrement important et que donc je vis moi-même de mon mieux, à tous les niveaux de mon être, et même les cellules parfois commencent à le vivre aussi, ce qui veut dire que cette attitude intérieure nouvelle se répand…

Image result for La Mère de l'Ashram Sri Aurobindo

 

21 janvier 1962

(La conversation suivante a eu pour point de départ un aphorisme de Sri Aurobindo:)

70 – Examine-toi sans pitié, alors tu seras plus charitable et plus compatissant pour les autres.

Très bien! (Mère rit) C’est très bien.

C’est très bon pour tout le monde, non?

Surtout pour les gens qui se croient très supérieurs.

Mais vraiment, ça correspond à quelque chose de très profond.

Justement, c’est une expérience que j’ai depuis quelques jours et qui est comme arrivée à son apogée depuis avant-hier, et une vision d’ensemble au point de vue terrestre, ce matin.

C’est presque comme un renversement d’attitude.

Au fond, les hommes se sont toujours pris pour des espèces de victimes harcelées par les forces adverses, et ceux qui sont courageux se battent, les autres se lamentent. Mais de plus en plus, il y a eu une vision très concrète du rôle que jouent les forces adverses dans la création, de leur nécessité pour ainsi dire absolue pour qu’il puisse y avoir le progrès nécessaire afin que la création redevienne son Origine. Et la vision si claire qu’au lieu de demander la conversion ou l’abolition des forces adverses, c’est sa propre transformation qu’il faut accomplir, pour laquelle il faut prier, qu’il faut effectuer.

Ceci, au point de vue terrestre, je ne me place pas au point de vue individuel; le point de vue individuel, on le sait, n’est-ce pas, c’est au point de vue terrestre.

Et c’était la vision, tout d’un coup, de toutes les erreurs, de toutes les incompréhensions, de toutes les ignorances, de toutes les obscurités, et, pire que cela, de toutes les mauvaises volontés de la conscience terrestre, qui se sont senties responsables de la prolongation de ces êtres et de ces forces adverses, et qui les ont offertes dans une grande – plus qu’aspiration, une sorte d’holocauste, pour que les forces adverses puissent disparaître, qu’elles n’aient plus de raison d’être, qu’elles ne soient plus là comme des indicatrices de tout ce qui doit changer.

Elles étaient rendues obligatoires par toutes ces choses qui étaient des négations de la vie divine; et ce mouvement de la conscience terrestre au Suprême, l’offrande de toutes ces choses avec une intensité extraordinaire, était comme un rachat pour que ces forces adverses puissent disparaître.

C’était une expérience très intense. Elle s’est cristallisée autour d’un petit noyau d’expériences trop personnelles pour que ça puisse se raconter (je veux dire que je ne suis pas seule en cause), mais qui se traduisait comme cela: «Prends toutes les fautes que j’ai commises, prends toutes ces fautes, accepte-les, efface-les, pour que ces forces puissent disparaître.»

Cet aphorisme, c’est ça à l’autre bout, c’est ça dans son essence. Tant qu’une conscience humaine aura en elle la possibilité de sentir, d’agir ou de penser ou d’être contrairement au grand Devenir divin, il est impossible d’en blâmer un autre; il est impossible de blâmer les forces adverses, qui sont maintenues dans la création comme le moyen de vous faire voir et sentir tout le chemin qui est à faire.

(silence)

C’était comme un souvenir1 – un souvenir qui est éternellement présent – de cette Conscience d’Amour suprême que le Seigneur a émanée sur la terre, dans la terre – dans la terre – pour la ramener à Lui, et c’était vraiment la descente dans la Négation divine la plus totale de l’essence même de la Nature divine, par conséquent l’abandon de l’état divin pour accepter l’obscurité terrestre, afin de ramener la Terre à l’état divin. Et à moins que ce ne soit Ça, cet Amour suprême, qui devienne tout puissamment conscient ici, sur la Terre, le retour ne pourra jamais être définitif.

C’était après la vision du grand Devenir divin;2 je me disais: «Puisque ce monde est progressif, puisqu’il devient de plus en plus le Divin, est-ce qu’il n’y aura pas toujours ce sentiment, si profondément douloureux, de la chose qui n’est pas divine, de l’état qui n’est pas divin par rapport à celui qui doit devenir; est-ce qu’il n’y aura pas toujours ce que l’on appelle des «forces adverses», c’est-à-dire quelque chose qui ne suit pas harmonieusement le mouvement?» Alors la réponse est venue, la vision de Ça est venue: «Non, c’est justement le moment de cette Possibilité-là qui est proche, le moment de la manifestation de cette essence d’Amour parfait qui peut transformer cette inconscience, cette ignorance et cette mauvaise volonté qui en est la conséquence, en une progression lumineuse, joyeuse, toute progressive, toute compréhensive, assoiffée de perfection.»

C’était très concret.

Et ça correspond à un état où l’on s’identifie si parfaitement à tout ce qui est, qu’on devient tout ce qui est anti-divin, d’une façon concrète, et qu’on peut l’offrir – qu’on peut l’offrir, qu’on peut vraiment le transformer par l’offrande.

Au fond, dans les hommes, c’est cette espèce de volonté de pureté, de Bien (qui se traduit dans la mentalité ordinaire par le besoin d’être vertueux) qui est le grand obstacle au vrai don de soi. C’est à l’origine du Mensonge, et surtout c’est la source même de l’hypocrisie: le refus d’accepter de prendre sur soi sa part du fardeau des difficultés. Et c’est cela que Sri Aurobindo a touché dans cet aphorisme, tout droit, d’une façon très simple.

N’essayez pas d’être vertueux. Voyez à quel point vous êtes uni, UN avec tout ce qui est anti-divin, prenez votre part du fardeau, acceptez d’être, vous-même, impur et mensonger, et, comme cela, vous pourrez prendre l’Ombre et la donner. Et dans la mesure où vous êtes capable de la prendre et de la donner, alors les choses changeront.3

N’essayez pas d’être parmi les purs. Acceptez d’être avec ceux qui sont dans l’obscurité, et dans un amour total, donnez tout ça.

(silence)

De la minute où ça a été vu et FAIT, le plein Pouvoir est revenu – le grand Pouvoir créateur.

(silence)

Probablement, l’expérience ne pouvait venir que parce que c’était le moment où le don de tout cela était venu.

Ce n’est pas pour le perpétuer: c’est pour le donner.

C’est parce que le moment est venu de manifester ce Pouvoir, qui est un Pouvoir d’amour – D’AMOUR, pas seulement d’identité –, d’Amour, d’Amour parfait, qui seul peut donner.

C’était ce matin, dans une grande simplicité, mais en même temps quelque chose de si vaste et de si tout-puissant, comme si la Mère universelle se tournait vers le Seigneur et lui disait: «Enfin! nous sommes prêts.»

Voilà mon expérience de ce matin.

Tu veux dire qu’il y a eu un progrès sur la Terre?

Oui, sur la Terre, c’est de l’histoire de la Terre qu’il s’agit.

Maintenant?

Tu sais, les «maintenant» dans ces domaines-là s’étendent sur de nombreuses années, parfois. Je ne veux pas dire que ce sera instantané, ça, je ne sais pas – je ne sais pas, je le saurai probablement dans quelques jours.

Tu sais… quand on entrebâille une porte et qu’on voit un tout petit peu comme ça…

Quand j’ai dit à Sri Aurobindo que l’Inde était libre, c’était la même expérience, c’était la Mère universelle (à ce qu’on pourrait appeler son point de départ), c’était là, c’était Elle qui parlait – ça a mis trente-cinq ans à venir sur la Terre.

Quand j’ai eu l’expérience que le moment était venu pour que la Force supramentale descende sur la Terre, j’ai suivi dans ma conscience, j’ai suivi les effets (les conséquences et les effets), mais pour une vision ordinaire c’était quelque chose d’équivalent à ce qui s’est passé pour la libération de l’Inde: n’est-ce pas, c’est possible que ce soit descendu, mais, pour le moment, les effets en sont plus que voilés.

La première manifestation un peu tangible, c’était cette vision du bateau; alors c’est devenu plus concret, ça a changé quelque chose radicalement dans l’attitude.

Maintenant, c’est une autre étape.

(silence)

Tous ces temps derniers étaient très difficiles. Je vois bien que c’était pour préparer – c’était pour préparer ça. C’était pour renverser cette attitude – une attitude de lutte pour surmonter, vaincre, abolir tout ce qui est anti-divin dans la création.

C’était probablement (pas probablement, c’était certainement) nécessaire depuis le commencement jusqu’à maintenant pour préparer les choses. Mais maintenant, c’est une sorte de renversement subit, comme si le moment était venu, justement pour le Principe créateur, la Force, la Force créatrice de l’univers, de dire: «Ça aussi, c’est Moi. Parce qu’il est temps que ça disparaisse. Ça aussi, c’est Moi; Je ne le traite plus comme un ennemi que Je dois rejeter, Je l’accepte comme Moi, pour qu’il devienne vraiment Moi.»

Et c’était précédé par une sorte d’angoisse: «Est-ce que, toujours, il y aura comme ça quelque chose qui, par rapport à ce qui doit devenir, paraîtra toujours anti-divin?» – Non, après une longue préparation, ça devient capable de se sentir divin. Et par conséquent de l’être.

Si on regarde extérieurement, dans le fait matériel maintenant, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que cette manifestation nouvelle devienne une chose accomplie. Mais c’est probablement le germe de la Chose qui est là maintenant, comme l’était le germe de la liberté de l’Inde, qui s’est épanoui plus tard.4

Previous Older Entries

%d bloggers like this: