31.8.2019: Cérémonie pour Pachamama – et la forêt amazonienne – à Auroville

Samedi dernier, il y juste deux jours, le 31 août, j’ai été heureuse de participer à un évènement organisé comme d’habitude par Anandi, une Aurovilienne (et amie) de longue date, originaire d’Argentine, qui coordine ici tout ce qui concerne l’Amérique (les trois Amériques en Une) et le site de son futur Pavillon dans la Zone Culturelle d’Auroville.
Voici, pour commencer, l’annonce lancée quelque temps auparavant:
Très chers amis, nous aurons une Cérémonie très spéciale le 31 août à notre Site de l’Amérique:
Tout d’abord, c’est le dernier jour d’août, le Mois de la Pachamama, que nous célébrons comme à l’habitude ensemble.
D’autre part, nous avons un Newcomer à Auroville, Eric, de France mais relié à notre Continent, non seulement par son épouse Paraguayenne, mais aussi par son contact très étroit avec les Lakota Sioux, qui lui ont donné l’initiation depuis déjà longtemps.
Mais il y a plus: nous avons reçu des Andes un incroyable cadeau: un Wipala, le drapeau Arc-en-ciel des Peuples Indigènes d’Amérique.
Pour toutes ces raisons, nous allons nous réunir sur l’Apacheta à la Nursery, juste pour Célébrer ensemble… et aussi prier et chanter pour la guérison de l’Amazonie.
S’il vous plaît, apportez de la nourriture, des fleurs, de l’encens, quoi que ce soit qui pour vous a de l’importance, pour l’offrir à notre Terre Mère ce jour-là.
Merci d’être avec nous,
Anandi, B, Eric et Lara
NOTE: ENVOYEZ CETTE INVITATION À TOUTE PERSONNE RELIÉE À L’AMÉRIQUE. MERCI.
Avec cette annonce se trouvait l’image d’une affiche que, par une merveilleuse synchronicité, j’ai vue à nouveau, mais cette fois grand format, juste le jour d’après l’annonce, parmi les nombreux panneaux arrangés en exposition d’extérieur au Centre pour les Visiteurs, informant les gens sur la Zone Culturelle et certains Pavillons Culturels non encore édifiés mais déjà existants dans le coeur des Auroviliens qui s’y sentent reliés de quelque manière que ce soit. Je n’avais jamais eu la curiosité d’aller regarder ces panneaux auparavant, si bien que je n’avais jamais vu non plus cette extraordinaire affiche de l’Amérique Une, et maintenant je la voyais deux fois en deux jours!…
(J’ai bien essayé de copier-coller cette affiche sur cet article, mais je n’ai pas réussi… pas encore. Je trouverai bien le moyen à un moment… ).
Quelques jours et un Rappel après, le jour J était déjà là, et tout se passa très bien. Environ 26 personnes participèrent.
Le jour suivant, Anandi ouvrit la voie aux impressions et commentaires, en étant la première à donner les siens dans un nouveau mail:
Merci à Eric pour ses Prières Lakota, à Andres pour sa gaita et à Jivatman pour son improvisation à la flûte pendant notre Visualisation concernant l’Amazonie. À Svaram pour les instruments et à tout le monde pour avoir participé de tout leur coeur à cette Célébration. Combien nous souhaitons que nos voix et notre amour, depuis le Site de l’Amérique à Auroville, aient atteint notre Amérique pour l’aider à surmonter ce moment difficile.
Un grand merci à B pour avoir fait partie d’Amérique Une depuis quarante ans… et pour avoir apporté un gâteau au chocolat avec une Carte de l’Amérique tracée dessus! Merci à Shakti et Ravi pour la délicieuse nourriture indienne.
Dans son Amour, en Gratitude
💜🕊

Anandi

Ce à quoi Jivatman (l’Aurovilien du Brésil qui improvisa de façon si belle sur sa flûte) répondit immédiatement:
Un grand Merci à toi pour ce partage!
et Mita, qui n’était pas venue, répondit elle aussi:
Wow, Anandi,
Ça semble avoir été fabuleux!
Regrette de n’avoir pas pu rentrer assez tôt pour me joindre à vous.
La prochaine fois!
Meilleurs voeux
Mita R.
Lire tout cela eut sur moi également un étrange effet de contagion, ouvrant en moi tout un flot de sentiments profonds dont j’avais été consciente pendant la Cérémonie, et qui soudain voulaient être partagés avec tous. Voici la forme que cela a prise finalement:
“Mes joyeux remerciements à chacun de ceux qui ont fait de cet évènement un aussi beau moment – ceux déjà mentionnés par Anandi, plus Anandi elle-même, pour en avoir été l’initiatrice… Et puis merci à Pachamama en personne, vivante dans ce monticule que nous avions formé, tout comme sous nos pieds nus; et à ses grands enfants-arbres hauts et larges autour de nous dans cette belle clairière, avec le Soleil présent lui aussi, descendant lentement à travers le feuillage dans la vastitude du Ciel au-dessus de nous! Notre Appel alla vers les Six Directions, oui vraiment, avec en nos coeurs spécialement l’Amazonie…
Vers les Deux Directions du Temps aussi nous avons appelé: il se trouve que je suis l’une des rares personnes à Auroville depuis 1972, à représenter l’Amérique Centrale, à travers la Martinique, l’une de ces Antilles, françaises ou non, qui sont les restes dans l’Océan Atlantique d’un très ancien Continent du Passé Oublié, longtemps avant ce vaste

mélange de peuples aux diverses origines que les trois parties de l’Amérique, y compris ces îles, sont devenues au présent, à part quelques rares endroits ayant encore leur population originelle. Vers un Futur plus vrai, symbolisé par Auroville elle-même, alla aussi notre Appel:

Auroville: enfin un lieu où la Diversité divine est consciemment protégée et chérie, tout en étant en même temps harmonisée en sa vaste, divine Unité…
Eh bien, après le changement de location officielle du Site de l’Amérique, c’était la première fois que j’étais arrivée à trouver un moment, au moment voulu… et à trouver même aussi enfin cette nouvelle location, pas si facile à atteindre, mais si accueillante une fois là!
Il y avait même un petit carré de feuille d’or pour amener le Matrimandir au beau milieu de tous les objets plus spécifiquement culturels à utiliser pendant la Cérémonie… Et de toutes petites photos de Sri Aurobindo et de Mère étaient là également, matérialisations discrètes comme il se devait de leur Présence et Soutien dans notre entreprise.
Mes remerciements les plus chaleureux à toi, Eric, pour m’avoir depuis je ne sais où apporté une chaise, afin que je n’aie pas à rester debout tout le temps! Sois béni pour cela, aussi bien que pour ton rôle si important dans cette Cérémonie à laquelle ton acte de gentillesse m’a permis de me joindre!
Ayant à rentrer chez moi avant la nuit, je ne pouvais rester jusqu’à la toute fin et avoir une part de la nourriture si appétissante apportée dès le début par B, et vers la fin par Shakti + Ravi et leurs merveileux enfants, mais j’ai pu au moins être là pour me réjouir de la participation délicieusement spontanée de la petite fille, et même du bébé, avant de devoir m’en aller… Quelle Bénédiction additionnelle du Futur ils étaient pour nous tous là-bas, surtout des adultes ayant préparé le terrain et l’atmosphère du mieux qu’ils ont pu, pour que eux réalisent plus tard l’Auroville encore plus vrai dont la Terre a besoin…
Avec de l’Amour souriant,
Bhaga ‘
Quand j’ai eu terminé cette “petite contribution” qui s’allongeait au fur et à mesure que je l’écrivais, j’ai réalisé qu’elle était en fait destinée à devenir la dernière partie du nouvel article depuis longtemps attendu pour mon Blog de Recherche, ‘Lab of Evolution’: un article qui retracerait l’historique de cet évènement comme je l’ai vécu et serai toujours heureuse de me le rappeler….
Et voilà que ce récit est là maintenant, pour que vous qui me lisez, en ayez la joie vous aussi!… Avec l’aide de l’une des photos prises pendant la Cérémonie:

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Intégral Yoga & Défauts humains (V): le Divin en l’autre, et en tout

Lorsque je suis arrivée en 1972 à Auroville, le nouveau livre d’écrits de Sri Aurobindo que j’ai alors découvert était tout mince, mais il a à nouveau été un éblouissement, comme l’avait déjà été auparavant “La Vie divine”. Il s’agissait de ses “Pensées et Aphorismes”, beaucoup d’entre eux déjà mentionnés et cités au fil des années sur ce Blog, y compris dans mes articles récents, mais leur valeur est si profonde et si universelle que je vais avoir à en utiliser encore certains dans le présent article. Les quelques-uns qui suivent, tirés de la section ‘Jnana’ de l’opuscule, quand je les ai lus alors, m’ont coupé le souffle par l’énormité de ce qu’ils impliquaient. Cela allait bien plus loin que les croyances fort belles mais encore limitées de ceux qui adorent Jésus-Christ, ou de ceux qui adorent Vishnou le Protecteur (plutôt que Brahma le Créateur ou Shiva le Destructeur, dans l’Hindouisme). Voici ce que dit Sri Aurobindo:

21 — Le chrétien et le vaishnava louent le pardon ; quant à moi, je demande :
« Qu’ai-je donc à pardonner et à qui ? »

22 — Dieu m’a frappé avec une main humaine ; dirai-je donc : « Je Te pardonne Ton insolence, ô Dieu » ?

23 — Dieu m’a fait du bien avec un coup. Dirai-je : « Je Te pardonne, ô Tout-Puissant, le mal et la cruauté, mais ne recommence pas » ?

24 — Quand je me plains d’une infortune et l’appelle un mal, ou quand je suis jaloux et déçu, je sais qu’en moi s’est encore réveillé l’éternel imbécile.

25 — Quand je vois les autres souffrir, je sens que je suis malheureux, mais une sagesse qui n’est pas mienne voit le bien qui s’approche, et approuve.

27 — Dieu est un grand et cruel Tortionnaire, parce qu’Il aime. Vous ne comprenez pas, parce que vous n’avez pas vu Krishna et joué avec lui.

29 — J’ai oublié ce qu’est le vice et la vertu ; je ne vois plus que Dieu, Son jeu dans le monde et Sa volonté dans l’humanité.

 

Se moquant de la raison humaine, qui essaye de juger ce qui est bien ou mal à partir des apparences superficielles, c’est avec beaucoup d’ironie que Sri Aurobindo décrit la manière habituelle de raisonner:

31 — Ce que je désire ou pense être bon ne se produit pas, par conséquent il est évident que ce n’est pas un Être suprêmement sage qui gouverne le monde,
mais seulement un Hasard aveugle ou une Causalité brutale.

C’est par expérience personnelle que Sri Aurobindo avait vu combien peut se tromper la raison humaine, et écrivait ces Aphorismes, car en 1908 il avait été soudain arrêté et jeté dans la prison d’Alipore à Calcutta, sur la base d’une accusation si grave qu’elle pouvait lui coûter la vie. Dans sa surprise il s’était plaint anxieusement au Divin: où était donc la Protection dont il se croyait assuré tant que sa vie serait consacrée à libérer son pays du joug britannique?

Eh bien, le Divin lui répondit qu’il n’y avait pas eu d’autre choix que cette extrême façon de s’y prendre pour arrêter Aurobindo dans son élan politique, après qu’il ait ignoré les avertissements plus doux qui lui avaient été donnés auparavant, de tout arrêter – ainsi qu’il devrait le faire, car le Divin avait pour lui une mission encore plus importante! Aurobindo avait d’ailleurs fait suffisamment pour l’Inde: d’autres allaient se lever pour continuer cette tâche, et l’Inde deviendrait de toutes façons libre pendant les grands changements mondiaux à venir…

Et le Divin promit aussi de le protéger personnellement contre tout danger réel dû à l’incarcération et au procès, lui assurant qu’il serait en fait libéré. En effet, un an jour pour jour plus tard, au moment du jugement, son avocat dans sa plaidoierie se mit à prononcer des mots divinement inspirés et inspirants, prophétisant le renom et la gratitude mondiale dont bénéficierait un jour l’accusé, en tant que le bienfaiteur de l’Humanité qu’il allait devenir. Dans la stupeur et le total silence où tous étaient plongés, le miracle se produisit: contre toute attente, Aurobindo fut purement et simplement acquitté.

Mais il y eut plus encore à cette incroyable histoire: durant cette entière année de prison, il avait reçu du Divin, jour après jour, toute l’expérience spirituelle très diverse dont il aurait besoin comme base pour la réelle Mission, immense, que le Divin lui réservait: aller plus loin encore que tout cela, et trouver le Yoga Intégral qui rendrait l’Humanité dans son ensemble capable de briser la prison de Conscience Mentale qui l’empêchait de poursuivre son évolution vers une Conscience plus haute et plus vraie. Pour cette intense année d’entraînement spirituel, le Divin avait envahi la vie en prison d’Aurobindo lui-même, sous la forme de Sri Krishna, le Divin en tant que l’Amant Éternel de nos âmes, révélant sa Présence en tout et tous autour de lui, y compris le procureur et les juges!… Ainsi que l’expliqua Aurobindo plus tard dans son fameux discours à Uttarpara, le premier après sa libération:

“C’était Sri Krishna qui était assis là, c’était mon Amant et mon Ami qui était assis là et souriait. “Maintenant as-tu peur?” Il dit, “Je suis en tous les hommes et j’ai le pouvoir de changer leurs actions et leurs paroles. Ma protection est encore avec toi et tu n’as pas à avoir peur. Ce procès qui t’est intenté, laisse-le entre mes mains. Ce n’est pas à toi de t’en occuper, Ce n’était pas pour un procès que je t’ai amené ici, mais pour autre chose. Le procès lui-même est seulement un moyen pour ce que Je veux faire, et rien de plus .

Est-ce étonnant alors, qu’en 1913 Sri Aurobindo ait écrit ces sublimes mots de gratitude:

34 — Ô Infortune, sois bénie, car à travers toi j’ai vu le visage de mon Amant.

Donc après tout cela, vous qui me lisez, vous avez tout intérêt à cesser de considérer automatiquemnt que “les autres” sont l’évidente source et cause de tous vos malheurs, et à voir plutôt la Main du Divin agissant à travers diverses circonstances extérieures et divers intruments humains – la plupart d’entre eux, étant donné l’état d’inconscience présente des êtres humains, ne se rendant absolument pas compte qu’ils participent en fait à un Plan Divin extraordinairemnt complexe et minutieusement organisé qui se déroule sous la forme de cette Évolution Terrestre. À travers tout ce qui se passe chacun d’entre nous est conduit le mieux possible à la comprèhension correcte de comment tout cela fonctionne, avec la Grâce Divine à l’oeuvre pour tous, même alors que l’évènement extérieur semble être ‘mauvais’, ou injuste, ou… 

Plus vite nous apprendrons à avoir de plus en plus constamment cette nouvelle perception et compréhension de chaque situation – de quoi que ce soit qui se passe – plus vite nous deviendrons paisibles et heureux… juste comme Sri Aurobindo lui-même nous en a indiqué le moyen à travers ses si précieux Aphorismes,  ceux-ci maintenant venant de leur section “Bhakti”:

444 — Il y a deux choses en Dieu que les hommes appellent mal : ce qu’ils ne peuvent pas du tout comprendre, et ce qu’ils comprennent mal et dont ils font mauvais usage quand ils en ont la possession ; c’est seulement ce qu’ils recherchent à tâtons, à moitié en vain et qu’ils comprennent vaguement, qu’ils appellent bon et saint. Mais, pour moi, toutes choses sont aimables en Lui.

445 — Ils disent, ô mon Dieu, que je suis fou, parce que je ne vois aucune faute en Toi ; mais si, vraiment, je suis fou de Ton amour, je ne tiens pas à recouvrer mon bon sens.

446 — « Erreurs, mensonges, faux pas ! » s’écrient-ils. Que Tes erreurs sont brillantes et belles, ô Seigneur ! Tes mensonges sauvent la vie à la Vérité ; par Tes faux pas le monde se perfectionne.

447 — « Vie, Vie, Vie ! », c’est ce que j’entends les passions crier ; « Dieu, Dieu, Dieu ! », telle est la réponse de l’âme. À moins que tu ne voies et n’aimes la Vie comme Dieu seulement, la Vie elle-même sera une joie scellée pour toi.

448 — « Il l’aime » disent les sens ; mais l’âme dit : « Dieu, Dieu, Dieu. » Telle est la formule qui embrasse toute l’existence.

449 — Si tu ne peux pas aimer le ver le plus vil et le plus immonde des criminels, comment peux-tu croire que tu as accepté Dieu en ton esprit ?

450 — Aimer Dieu en excluant le monde, c’est Lui donner une adoration intense mais imparfaite.

488 — Je dois aimer mon voisin non pas parce qu’il est le voisinage, car qu’y a-t-il dans le voisinage et les distances ? Ni parce que les religions me disent qu’il est mon frère, car où est la source de cette fraternité ? Mais parce qu’il est moi-même. Le voisinage et les distances touchent le corps — le cœur va au-delà. La fraternité est celle du sang, du pays, de la religion ou de l’humanité ; mais quand l’intérêt égoïste vocifère, qu’advient-il de cette fraternité ? C’est seulement en vivant en Dieu et en transformant le mental, le cœur et le corps à l’image de Son unité universelle que cet amour profond, désintéressé, inébranlable, devient possible.

Cela ne s’arrête même pas là: avec cet Amour vient aussi le Miel de ce Délice d’Être et de Devenir, qui fait partie de l’Essence-même du Divin, car c’est l’aspect Ananda de SatChitAnanda. Dans cette Nouvelle Conscience dont l’Aurore nous éclaire et transforme de plus en plus la manière dont nous vivons chaque moment de notre vie, les défauts humains dûs à notre égo humain graduellement s’effacent avec lui, tout naturellemnt, au fur et à mesure que nous grandissons au-delà d’eux. C’est là le merveilleux Miel Divin que nous commençons à goûter de manière de plus en plus permanente, et c’est là la route toute droite vers cette “Vie Divine” à nous promise, ici sur Terre. C’est à chacun d’entre nous d’utiliser le secret ultime que Sri Aurobindo nous a donné  à travers encore un de ses “Aperçus et Pensées” :

 

“Transforme tout en miel. Telle est la loi pour vivre divinement.”

 

Yoga Intégral & Défauts Humains (III): Sri Aurobindo sur la Psychanalyse

NOTE DE SATPREM SUR LE PASSAGE DE “L’AGENDA DE MÈRE” CITÉ DANS L’ARTICLE PRÉCÉDENT:

3 Lorsque nous avons publié partiellement cette conversation dans le Bulletin de l’Ashram, en avril 1962, Mère nous a fait modifier (malgré nos protestations) cette phrase: au lieu de «N’essayez pas d’être vertueux», Elle a mis: «N’essayez pas d’avoir l’air vertueux», et Elle a ajouté: «Il y a un inconvénient. Les gens ne comprennent jamais rien, ou plutôt ils comprennent à leur manière. Ils prendraient ça pour un encouragement à faire des bêtises, à être mauvais, à avoir de mauvais sentiments, et ils diraient: «Nous sommes les préférés du Seigneur!»… Tu te souviens, il y a une lettre de Sri Aurobindo comme cela, à des gens qui voulaient faire sortir tout ce qu’il y a de mauvais en eux – il leur a dit que ce n’était pas du tout la manière!» (Voir en addendum deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse.)

ADDENDUM

(Deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse)

Votre pratique de la psychanalyse était une erreur. Elle a, pour le moment du moins, rendu plus compliqué et non plus facile le travail de purification. La psychanalyse de Freud est la dernière chose que l’on devrait associer au yoga. Elle prend une certaine partie de la nature, la plus obscure, la plus périlleuse, la plus malsaine – la couche sub-consciente du vital inférieur – et elle isole quelques-uns de ses phénomènes les plus morbides en leur attribuant une action hors de toute proportion avec leur rôle véritable dans la nature. La psychologie moderne est une science dans l’enfance, à la fois imprudente, tâtonnante et rudimentaire. Comme il en est de toutes les sciences dans l’enfance, cette habitude universelle du mental humain de prendre une vérité partielle ou locale, de la généraliser abusivement et de vouloir expliquer tout un domaine de la Nature selon ses étroites formules, s’en donne à cœur joie ici. En outre, cette exagération de l’importance des complexes sexuels refoulés est une dangereuse fausseté; elle peut avoir une influence pernicieuse en rendant le mental et le vital non pas moins mais plus fondamentalement impurs qu’auparavant.

Il est vrai que le subliminal dans l’homme constitue la plus large part de sa nature et recèle le secret de dynamismes invisibles qui expliquent ses activités de surface. Mais la couche subconsciente du vital inférieur, qui est tout ce que semble connaître cette psychanalyse de Freud (et encore n’en connaît-elle que quelques recoins mal éclairés), n’est qu’une fraction limitée et très inférieure de la totalité subliminale. Le moi subliminal s’étend derrière et soutient l’ensemble de l’homme de surface; il recèle un mental plus large et plus efficace derrière le mental de surface, un vital plus vaste et plus puissant derrière le vital de surface, une conscience physique plus subtile et plus libre derrière l’existence corporelle de surface. Au-dessus de ces niveaux, il s’ouvre aux étendues supraconscientes, de même qu’en dessous il s’ouvre aux étendues subconscientes inférieures. Si l’on veut purifier et tranformer la nature, c’est au pouvoir de ces étendues supérieures qu’il faut s’ouvrir et s’élever afin, par elles, de changer non seulement l’être subliminal mais l’être de surface. Ceci même doit se faire avec prudence et non d’une façon prématurée et précipitée, en suivant une direction supérieure et en gardant toujours l’attitude vraie, sinon la force que l’on fait descendre risque d’être trop puissante pour la fragile et obscure charpente de la nature. Mais commencer par ouvrir le subconscient inférieur en risquant de soulever tout ce qui s’y trouve d’obscur et de fétide, c’est aller au devant des ennuis. D’abord, il faut fortifier et affermir le mental et le vital supérieurs en les emplissant de la lumière et de la paix d’en haut; après, on peut ouvrir le subconscient ou même y plonger avec plus de sécurité et quelque chance de changement heureux et rapide.

Le système qui consiste à se débarrasser des choses indésirables par anoubhava [assouvissement] peut également être dangereux; sur ce chemin, il est plus facile de s’empêtrer davantage que d’arriver à la liberté. Cette méthode s’appuie sur deux principes psychologiques bien connus. L’un, le principe d’épuisement volontaire, est valable dans certains cas, surtout quand certaines tendances naturelles ont une emprise trop forte ou une poussée trop puissante pour que l’on puisse s’en débarrasser par vichâra, c’est-à-dire par le procédé de rejet et de substitution du mouvement vrai; quand ceci arrive avec excès, le chercheur doit parfois même retourner à l’action ordinaire de la vie ordinaire et en faire l’expérience vraie avec un mental nouveau et une volonté nouvelle derrière, puis revenir à la vie spirituelle une fois que l’obstacle est éliminé ou prêt à être éliminé. Mais cette méthode d’assouvissement volontaire est toujours dangereuse, bien que parfois inévitable. Elle ne réussit que si l’être possède une puissante volonté de réalisation, car l’assouvissement entraîne une forte insatisfaction et une réaction, vaïragya, et dès lors la volonté de perfection peut être poussée jusque dans la partie récalcitrante de la nature.

L’autre principe de l’anoubhava est d’une application plus générale; en effet, pour rejeter quoi que ce soit hors de l’être, il faut d’abord en être conscient, avoir clairement l’expérience intérieure de son action et découvrir sa place effective dans le fonctionnement de la nature. Alors on peut agir dessus pour l’éliminer si c’est un mouvement complètement faux, ou le transformer si c’est seulement une dégradation d’un mouvement supérieur vrai. C’est cela ou quelque chose de ce genre que tente grossièrement et abusivement, avec une connaissance rudimentaire et insuffisante, le système de la psychanalyse. Le procédé qui consiste à soulever les mouvements inférieurs dans la pleine lumière de la conscience afin de les connaître et de les manipuler est inévitable, car il ne peut pas y avoir de changement complet sans cela. Mais on ne peut y réussir vraiment que quand la lumière et la force supérieures sont suffisamment actives pour surmonter plus ou moins vite la force de la tendance que l’on expose à la lumière afin de la changer. Bien des gens, sous prétexte d’anoubhava, non seulement soulèvent le mouvement adverse mais l’entretiennent de leur consentement au lieu de le rejeter, trouvent des justifications pour le prolonger ou le répéter et continuent ainsi de jouer avec lui, de caresser son retour et de l’éterniser, et, plus tard, lorsqu’ils veulent s’en débarrasser, il a une telle emprise qu’ils se trouvent impuissants et dans ses griffes; seule une lutte terrible ou une intervention de la grâce divine peuvent les libérer. Certains font cela par déformation vitale ou par perversité, d’autres par pure ignorance, mais dans le yoga comme dans la vie, l’ignorance n’est pas acceptée par la Nature comme une excuse justifiante. C’est le danger qui guette toute manipulation incorrecte des parties ignorantes de la nature; or, rien n’est plus ignorant, plus périlleux, plus irraisonné et obstiné dans ses récidives que le subconscient vital inférieur et ses mouvements. Le soulever prématurément ou incorrectement sous prétexte d’anoubhava, c’est risquer aussi d’inonder de ce magma obscur et fangeux les parties conscientes et d’empoisonner ainsi toute la nature vitale et même mentale. Donc, toujours, il faudrait commencer par une expérience positive et non par une expérience négative, et faire descendre tant soit peu la nature divine, la lumière, l’équanimité, la pureté, la force et le calme divins dans les parties de l’être conscient qui doivent être changées; c’est seulement quand on a fait cela suffisamment et qu’il existe une solide base positive, qu’il est prudent de soulever les éléments adverses cachés dans le subconscient afin de les détruire ou de les éliminer par la force du calme divin, de la lumière, de l’énergie et de la connaissance divines. Même ainsi, il subsistera toujours assez de ce magma inférieur pour se lever de lui-même et vous donner autant d’anoubhava que vous en aurez besoin pour vous débarrasser de l’obstacle, mais, alors, il pourra être manipulé avec beaucoup moins de danger et sous une direction intérieure supérieure.

*
*   *

Je trouve difficile de prendre vraiment au sérieux ces psychanalystes lorqu’ils tentent de scruter l’expérience spirituelle à la lumière clignotante de leur lampe de poche – encore qu’on le devrait peut-être, car le demi-savoir est une chose puissante et il peut être un grand obstacle à l’émergence de la vraie Vérité. Cette nouvelle psychologie me fait l’effet d’enfants qui apprennent quelque alphabet sommaire et pas très adéquat, exultant d’additionner ensemble leur a-b-c-d du subconscient et le mystérieux super-ego souterrain, et qui s’imaginent que leur premier manuel des obscurs commencements (c-h-a-t = chat, a-r-b-r-e = arbre) est l’essence même de la vraie connaissance. Ils regardent de bas en haut et expliquent les lumières supérieures par les obscurités inférieures, mais le fondement des choses est en haut et non en bas, oupari boudhna esham. C’est le supraconscient et non le subconscient qui est le vrai fondement des choses. La signification du lotus ne se trouve pas en analysant les secrets de la boue dans laquelle il pousse ici-bas; son secret se trouve dans l’archétype céleste du lotus qui fleurit à jamais dans la Lumière d’en haut. En outre, le domaine que ces psychologues se sont choisis est maigre, obscur, limité; il faut d’abord connaître le tout avant de pouvoir connaître la partie et le plus haut avant de comprendre vraiment le plus bas. Telle est la promesse d’une psychologie plus large qui attend son heure et devant laquelle ces pauvres tâtonnements s’évanouiront comme rien.5

(5 Sri Aurobindo, Letters on Yoga, Cent. Ed., XXIV, 1605.)

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Yoga Intégral et Défauts Humains (II) -“N’essayez pas d’être vertueux…”

Se rendre compte que tout le monde a des défauts, et donc admettre qu’on en a soi-même aussi, accepter de les voir, quels qu’ils soient, n’est encore qu’un tout premier pas pour arriver un jour à les corriger vraiment.

Mais Mère va encore beaucoup plus loin dans la conversation avec Satprem qui suit.

Un moment de “L’Agenda de Mère” qui me semble particulièrement important et que donc je vis moi-même de mon mieux, à tous les niveaux de mon être, et même les cellules parfois commencent à le vivre aussi, ce qui veut dire que cette attitude intérieure nouvelle se répand…

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21 janvier 1962

(La conversation suivante a eu pour point de départ un aphorisme de Sri Aurobindo:)

70 – Examine-toi sans pitié, alors tu seras plus charitable et plus compatissant pour les autres.

Très bien! (Mère rit) C’est très bien.

C’est très bon pour tout le monde, non?

Surtout pour les gens qui se croient très supérieurs.

Mais vraiment, ça correspond à quelque chose de très profond.

Justement, c’est une expérience que j’ai depuis quelques jours et qui est comme arrivée à son apogée depuis avant-hier, et une vision d’ensemble au point de vue terrestre, ce matin.

C’est presque comme un renversement d’attitude.

Au fond, les hommes se sont toujours pris pour des espèces de victimes harcelées par les forces adverses, et ceux qui sont courageux se battent, les autres se lamentent. Mais de plus en plus, il y a eu une vision très concrète du rôle que jouent les forces adverses dans la création, de leur nécessité pour ainsi dire absolue pour qu’il puisse y avoir le progrès nécessaire afin que la création redevienne son Origine. Et la vision si claire qu’au lieu de demander la conversion ou l’abolition des forces adverses, c’est sa propre transformation qu’il faut accomplir, pour laquelle il faut prier, qu’il faut effectuer.

Ceci, au point de vue terrestre, je ne me place pas au point de vue individuel; le point de vue individuel, on le sait, n’est-ce pas, c’est au point de vue terrestre.

Et c’était la vision, tout d’un coup, de toutes les erreurs, de toutes les incompréhensions, de toutes les ignorances, de toutes les obscurités, et, pire que cela, de toutes les mauvaises volontés de la conscience terrestre, qui se sont senties responsables de la prolongation de ces êtres et de ces forces adverses, et qui les ont offertes dans une grande – plus qu’aspiration, une sorte d’holocauste, pour que les forces adverses puissent disparaître, qu’elles n’aient plus de raison d’être, qu’elles ne soient plus là comme des indicatrices de tout ce qui doit changer.

Elles étaient rendues obligatoires par toutes ces choses qui étaient des négations de la vie divine; et ce mouvement de la conscience terrestre au Suprême, l’offrande de toutes ces choses avec une intensité extraordinaire, était comme un rachat pour que ces forces adverses puissent disparaître.

C’était une expérience très intense. Elle s’est cristallisée autour d’un petit noyau d’expériences trop personnelles pour que ça puisse se raconter (je veux dire que je ne suis pas seule en cause), mais qui se traduisait comme cela: «Prends toutes les fautes que j’ai commises, prends toutes ces fautes, accepte-les, efface-les, pour que ces forces puissent disparaître.»

Cet aphorisme, c’est ça à l’autre bout, c’est ça dans son essence. Tant qu’une conscience humaine aura en elle la possibilité de sentir, d’agir ou de penser ou d’être contrairement au grand Devenir divin, il est impossible d’en blâmer un autre; il est impossible de blâmer les forces adverses, qui sont maintenues dans la création comme le moyen de vous faire voir et sentir tout le chemin qui est à faire.

(silence)

C’était comme un souvenir1 – un souvenir qui est éternellement présent – de cette Conscience d’Amour suprême que le Seigneur a émanée sur la terre, dans la terre – dans la terre – pour la ramener à Lui, et c’était vraiment la descente dans la Négation divine la plus totale de l’essence même de la Nature divine, par conséquent l’abandon de l’état divin pour accepter l’obscurité terrestre, afin de ramener la Terre à l’état divin. Et à moins que ce ne soit Ça, cet Amour suprême, qui devienne tout puissamment conscient ici, sur la Terre, le retour ne pourra jamais être définitif.

C’était après la vision du grand Devenir divin;2 je me disais: «Puisque ce monde est progressif, puisqu’il devient de plus en plus le Divin, est-ce qu’il n’y aura pas toujours ce sentiment, si profondément douloureux, de la chose qui n’est pas divine, de l’état qui n’est pas divin par rapport à celui qui doit devenir; est-ce qu’il n’y aura pas toujours ce que l’on appelle des «forces adverses», c’est-à-dire quelque chose qui ne suit pas harmonieusement le mouvement?» Alors la réponse est venue, la vision de Ça est venue: «Non, c’est justement le moment de cette Possibilité-là qui est proche, le moment de la manifestation de cette essence d’Amour parfait qui peut transformer cette inconscience, cette ignorance et cette mauvaise volonté qui en est la conséquence, en une progression lumineuse, joyeuse, toute progressive, toute compréhensive, assoiffée de perfection.»

C’était très concret.

Et ça correspond à un état où l’on s’identifie si parfaitement à tout ce qui est, qu’on devient tout ce qui est anti-divin, d’une façon concrète, et qu’on peut l’offrir – qu’on peut l’offrir, qu’on peut vraiment le transformer par l’offrande.

Au fond, dans les hommes, c’est cette espèce de volonté de pureté, de Bien (qui se traduit dans la mentalité ordinaire par le besoin d’être vertueux) qui est le grand obstacle au vrai don de soi. C’est à l’origine du Mensonge, et surtout c’est la source même de l’hypocrisie: le refus d’accepter de prendre sur soi sa part du fardeau des difficultés. Et c’est cela que Sri Aurobindo a touché dans cet aphorisme, tout droit, d’une façon très simple.

N’essayez pas d’être vertueux. Voyez à quel point vous êtes uni, UN avec tout ce qui est anti-divin, prenez votre part du fardeau, acceptez d’être, vous-même, impur et mensonger, et, comme cela, vous pourrez prendre l’Ombre et la donner. Et dans la mesure où vous êtes capable de la prendre et de la donner, alors les choses changeront.3

N’essayez pas d’être parmi les purs. Acceptez d’être avec ceux qui sont dans l’obscurité, et dans un amour total, donnez tout ça.

(silence)

De la minute où ça a été vu et FAIT, le plein Pouvoir est revenu – le grand Pouvoir créateur.

(silence)

Probablement, l’expérience ne pouvait venir que parce que c’était le moment où le don de tout cela était venu.

Ce n’est pas pour le perpétuer: c’est pour le donner.

C’est parce que le moment est venu de manifester ce Pouvoir, qui est un Pouvoir d’amour – D’AMOUR, pas seulement d’identité –, d’Amour, d’Amour parfait, qui seul peut donner.

C’était ce matin, dans une grande simplicité, mais en même temps quelque chose de si vaste et de si tout-puissant, comme si la Mère universelle se tournait vers le Seigneur et lui disait: «Enfin! nous sommes prêts.»

Voilà mon expérience de ce matin.

Tu veux dire qu’il y a eu un progrès sur la Terre?

Oui, sur la Terre, c’est de l’histoire de la Terre qu’il s’agit.

Maintenant?

Tu sais, les «maintenant» dans ces domaines-là s’étendent sur de nombreuses années, parfois. Je ne veux pas dire que ce sera instantané, ça, je ne sais pas – je ne sais pas, je le saurai probablement dans quelques jours.

Tu sais… quand on entrebâille une porte et qu’on voit un tout petit peu comme ça…

Quand j’ai dit à Sri Aurobindo que l’Inde était libre, c’était la même expérience, c’était la Mère universelle (à ce qu’on pourrait appeler son point de départ), c’était là, c’était Elle qui parlait – ça a mis trente-cinq ans à venir sur la Terre.

Quand j’ai eu l’expérience que le moment était venu pour que la Force supramentale descende sur la Terre, j’ai suivi dans ma conscience, j’ai suivi les effets (les conséquences et les effets), mais pour une vision ordinaire c’était quelque chose d’équivalent à ce qui s’est passé pour la libération de l’Inde: n’est-ce pas, c’est possible que ce soit descendu, mais, pour le moment, les effets en sont plus que voilés.

La première manifestation un peu tangible, c’était cette vision du bateau; alors c’est devenu plus concret, ça a changé quelque chose radicalement dans l’attitude.

Maintenant, c’est une autre étape.

(silence)

Tous ces temps derniers étaient très difficiles. Je vois bien que c’était pour préparer – c’était pour préparer ça. C’était pour renverser cette attitude – une attitude de lutte pour surmonter, vaincre, abolir tout ce qui est anti-divin dans la création.

C’était probablement (pas probablement, c’était certainement) nécessaire depuis le commencement jusqu’à maintenant pour préparer les choses. Mais maintenant, c’est une sorte de renversement subit, comme si le moment était venu, justement pour le Principe créateur, la Force, la Force créatrice de l’univers, de dire: «Ça aussi, c’est Moi. Parce qu’il est temps que ça disparaisse. Ça aussi, c’est Moi; Je ne le traite plus comme un ennemi que Je dois rejeter, Je l’accepte comme Moi, pour qu’il devienne vraiment Moi.»

Et c’était précédé par une sorte d’angoisse: «Est-ce que, toujours, il y aura comme ça quelque chose qui, par rapport à ce qui doit devenir, paraîtra toujours anti-divin?» – Non, après une longue préparation, ça devient capable de se sentir divin. Et par conséquent de l’être.

Si on regarde extérieurement, dans le fait matériel maintenant, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que cette manifestation nouvelle devienne une chose accomplie. Mais c’est probablement le germe de la Chose qui est là maintenant, comme l’était le germe de la liberté de l’Inde, qui s’est épanoui plus tard.4

L’Anniversaire de Mère le 21, et le nouveau Darshan qu’Elle m’a donné…

(Traduction en français de l’article précédent)

Habituellement je ne prévois aucun évènement extérieur pour un Jour de Darshan, de façon à pouvoir me concentrer pleinement sur la dimension intérieure de ma vie et sur le Darshan de ce Jour.

Mais cette année il avait fallu que je mette au programme du 21 (Anniversaire de Mère) tout d’abord un “Déjeuner” important pour remercier une personne officielle au Consulat de Pondy, qui m’avait énormément aidée à m’obtenir finalement la petite retraite à laquelle j’avais droit, et que je reçois maintenant depuis un an déjà. Dans ma sincère gratitude je tenais vraiment à ce que ce déjeuner avec elle se produise, et c’était son seul moment de libre, alors j’avais donné mon accord, pensant que Mère n’y verrait pas d’inconvénient, cette personne ayant été sans s’en rendre compte un si merveilleux instrument de Mère pour me faire avoir à travers elle cette relative abondance fort nécessaire dans ma vie matérielle.

De plus, un jeune couple qui travaille régulèrement avec moi au sujet de leurs cellules m’avait demandé s’ils pouvaient venir en fin d’après-midi, et à cela aussi j’avais donné mon accord, pensant à nouveau que Mère ne verrait pas d’objection à ce que nous nous concentrions sur nos cellules même le Jour Anniversaire de sa Naissance.

Mais à la dernière minute le déjeuner à Pondy a dû être annulé, car la dame là-bas a soudain été envoyée faire un travail ailleurs, et le jeune couple ensuite a changé sa venue au lendemain matin, le 22.

Si bien que les deux rendez-vous extérieurs prévus ont tous les deux disparu sans laisser de trace, et j’ai eu la jolie surprise d’avoir une entière journée de libre à passer chez moi  en compagnie de moi-même et de Mère…

Et combien cela s’est révélé être précieux!…

J’avais eu une vague impression au matin que pendant les derniers six mois environ mes sentiments envers Mère et mon habituelle proximité intime avec Elle avaient peut-être diminué, à cause de la concentration presqu’ exclusive qui avait grandi en moi pour le Divin en tant que Bhagavan, le Suprême, Bhagavan mon Amant Divin et maintenant même mon Époux, avec Qui je passais de plus en plus, et souvent dans un tel délice, mes jours et mes nuits…

Si j’avais besoin d’une preuve pour m’assurer que rien n’avait diminué pour autant avec Mère, j’ai reçu cette Preuve le jeudi après-midi même, lorsqu’une très profonde intériorisation m’a en quelque sorte saisie à un certain moment, et je me suis retrouvée dans les Doux Bras de ma Mère Éternelle, et Elle ne m’a pas laissée sortir de son Étreinte pendant un si long temps que j’ai perdu tout sens du Temps et l’ai rejointe dans son Éternité…

Cette condition intérieure était si intense que j’en avais encore à peine émergé lorsque la nuit a commencé à tomber, et je suis allée finalement droit à mon lit dans cette semi-trance béatifique, sans avoir eu mon léger dîner habituel…

Et sans avoir non plus écrit de notes pour moi-même sur ce merveilleux Darshan que ma Maman Divine m’avait donné en ce Jour de Darshan! Maintenant toutes peurs qu’une distance ait pu se former entre nous étaient totalement effacées de mon être, et je suis son éternelle enfant plus que jamais – s’il existe un “plus” à la Plénitude et à l’Infinitude…

En Gratitude pour Elle qui est notre éternelle Maman, sur qui nous pouvons toujours compter! Car Elle aussi est le Suprême. Dans les mots de Sri Aurobindo pour son Mantra à la Mère Divine:

‘OM ANANDAMAYI, CHAITANYAMAYI, SATYAMAYI, PARAME…

03: Om Anandamayi, Chaitanyamayi, Satyamayi Parame

L’Action de Sri Aurobindo continue…

(Traduction française de l’article précédent, ‘Sri Aurobindo’s Continued Action’)

Carte-Message de l’Ashram pour ce Jour de Darshan commémorant le décès de Sri Aurobindo le 5 Décembre 1950 (plus traduction):

‘In absolute silence sleeps an absolute Power.’/ “Dans l’absolu silence dort un Pouvoir absolu”.

Savitri

Sri Aurobindo

De retour en Inde en 1893 en tant que jeune adulte déterminé à libérer son pays du Joug britannique, après une douzaine d’années d’un engagement politique intensément actif et dangereux, lorsqu’un Ordre Intérieur du Divin lui fit savoir que sa véritable Mission était bien d’être un Combattant pour la Liberté, certes, mais d’une manière encore bien plus vaste, car c’était pour libérer l’Humanité tout entière du Joug du Pouvoir Mental, Aurobindo Ghose se donna avec la même fervente intensité à l’énorme nouvelle Tâche qui lui était présentée.

Se tournant complètement vers ce but spirituel de trouver la Nouvelle Voie de Yoga qui constituerait un Pas Nouveau de l’Évolution ici sur Terre, au lieu de l’habituelle Échappée loin de la vie terrestre qu’était la spiritualité traditionnelle, l’homme ardent qui s’appelait maintenant Sri Aurobindo prit refuge en 1910 dans l’enclave alors française de Pondichéry, un reclus spirituel parmi quelques compagnons du Bengale qui s’étaient exilés pour le suivre. Avec la venue en 1914 de cette Française de haut niveau spirituel en qui il reconnut “La Mère”, son alter ego spiritual et sa collaboratrice pour  faire avancer l’Évolution sur Terre, et après son retour défintif en 1920, dès 1926 il remporta une Victoire intériere majeure: la Descente de Sri Krishna dans le Physique, le 24 Novembre. Ce jour marqua le début d’un changement important: Sri Aurobindo demanda à la Mère de s’occuper entièrement des disciples de plus en plus nombreux autour d’eux (ainsi naquit l’Ashram) tandis que lui se retirait dans sa chambre pour une durée indéterminée.

Il ne faut pas s’y tromper: Sri Aurobindo ne s’était pas retiré pour ne rien faire, loin de là: dans d’autres articles sur ce Blog a été décrite la nouvelle Tâche énorme, surhumaine qu’il lui fallut entreprendre alors: faire descendre la Conscience-Force Supramentale depuis les hauteurs de son propre Royaume jusqu’à ce Royaume de Matière, où elle pourrait activer le même Pouvoir Supramental qui y dormait encore, et ainsi démarrer sur Terre cette nouvelle Ère Évolutive devenue si urgente, qui rendrait l’Humanité capable de dépasser l’Ère Mentale présente et de ne plus y être emprisonnée.

Si bien que Sri Aurobindo tout comme Mère ont été pleinement occupés après 1926, c’est le moins qu’on en puisse dire !!!

Et pourtant dans un article récent à l’occasion du 11.11 2018, pour la Célébration  Internationale de l’Armistice qui mit fin à la Première Guerre Mondiale, j’ai évoqué la  formidable Action invisible que Sri Aurobindo et la Mère décidèrent tous les deux d’avoir, d’abord pendant la Première, puis la Deuxième Guerre Mondiale, au moment  crucial où cette Aide devint absolument nécessaire, et avec autant de puissance que possible, pour que les Alliés for the Allies vainquent la terrible menace du Nazisme Hitlérien, en train de conquérir et d’asservir le monde entier. (https://labofevolution.wordpress.com/2018/11/11/11-11-2018-centenary-of-the-armistice/?fbclid=IwAR3MbKhVh7flMAaVeP91xiEJFD8WBpbH9AxQ4uiM9YcVJefkYyHzpOkWh78).

Dans cet article-là c’était l’un des livres de Maggi Lidchi-Grassi que je recommandais hautement, comme un inestimable document “interne”, pour ainsi dire, sur toute cette période si dangereuse pour la Terre et pour le Nouveau Pas évolutif véritablement  prévu: basé en fait sur l’Amour Divin – exactement le contraire de l’horrible version déformée qu’Hitler faisait de son mieux pour produire…

Aujourd’hui c’est un autre encore des magnifiques livres de Maggi Lidchi-Grassi que j’ai juste fini de relire:  concernant à nouveau la Deuxième Guerre Mondiale, mais nous racontant cette fois entièrement l’histoire vraie, incroyable, absolument prenante, de ce soldat Irlandais-Américain, John Kelly, histoire dont seuls des passages étaient donnés dans l’autre livre..

Déjà depuis l’enfance il était en termes très amicaux avec deux Êtres merveilleux, qu’il appelait “le Grand Être” et “la Dame Céleste”. Jeune adulte appelé sous les drapeaux pendant la Deuxième Guerre Mondiale, il participa à la terrible Bataille de la Sarre, dans l’Est de la France… et c’est là qu’encore et encore ces deux mêmes Ëtres vinrent à son secours et à celui de ses compagnons les autres soldats, les sauvant chaque fois, de la manière la plus incroyable, du danger et de la mort, par leurs avertissements, ou leurs conseils stratégiques, ou même tout bonnement une protecion miraculeuse.  Le livre entier, ”Great Sir and the Heaven Lady”, est basé très fidèlement sur le témoignage direct de ce soldat en personne, qui finalement, après la Guerre, découvrit l’identité physique de ses merveilleux Amis et Bienfaiteurs, et en suivit la trace jusqu’à Pondichéry, à temps pour rencontrer la Mère pendant qu’elle était encore dans son corps physique.

Une histoire vraie, des plus émouvantes et belles, qui nous fait nous rendre compte à quel point Sri Aurobindo et Mère ont été actifs, non seulement, ainsi que l’autre livre en fait surtout état, en influençant et guidant intérieurement les Dirigeants Alliés, mais aussi en plein sur les chanps de bataille, pour sauver les troupes elles-mêmes, durant cette Seconde Guerre Mondiale (et la Première aussi, mais cela sera pour un autre article…).

À vrai dire, même la mort de Sri Aurobindo a été une Action majeure de plus de sa part: ainsi que je l’ai dit dans certains de mes articles précédents, c’est délibérément qu’il a laissé le Plan Physique, par un sacrifice de son corps physique déjà à moitié transformé,  afin de finir suffisamment vite, dans les autres dimensions, ce Travail de faire descendre le Supramental, qu’il avait dû interrompre pour stopper Hitler et ses troupes – car cela était devenu à un certain point la priorité absolue.

En 1949 pourtant, encore une autre Guerre Mondiale menaçant à nouveau fit que la priorité absolue retourna à la Descente du Supramental:  il n’y avait que cela qui pourrait amener irrévocablement ici sur la Terre et dans la Matière terrestre ce Pouvoir Supramental seul capable de remporter la victoire sur les Forces d’Obscurité amenant chaque fois ces énormes Guerres dans leurs tentatives furieusement désespérées d’empêcher tout pas nouveau de l’Évolution sur Terre…

Le sacrifice de Sri Aurobindo pour l’Humanité le 5 décembre 1950 – l’éénemnt-même que nous commémorons aujourd’hui – ne fut pas en vain: le 29 Février 1956 la Jonction se fit, perçue tout de suite intérieurement par la Mère, avec des résultats immédiats sur son propre corps physique, alors que pour la Terre dans son ensemble elle vit que les effets seraient retardés par la sombre couche d’Inconscience tout autour de la planète. Mais à peine quatre années plus tard, au début des Années Soixante, quand elle vit tous les changements se produisant en Occident à travers le Flower Power etc, Mère salua joyeusement ces premiers résultats planétaires visibles de ce qu’elle avait appelé en 1956 la “Manifestaton Supramentale”.

C’est pendant cette période du début des Années Soixante, le 14 Février 1961, qu’elle écrivit le Message immensément illuminateur que je reproduis ci-dessous, écrit de sa main:

Image result for Sri Aurobindo... an Action straight from the Supreme (The Mother)

(“Ce que Sri Aurobindo représente dans l’histoire du monde n’est pas un enseignement, ni même une révélation; c’est une action décisive venue tout droit du Suprême.”)

Durant toutes les années qui ont suivi, qui virent l’enregistrement par Satprem de tout ce document évolutif si précieux qu’est “L’Agenda de Mère”, les treize volumes sont pleins, parmi d’autres remarques cruciales de Mère, de commentaires attestant de l’Action de Sri Aurobindo comme se continuant de plus belle, affectant de manière souvent très importante les évènements terrestres, sur une grande ou petite échelle.

Après la “mort” de Mère elle-même le 17 Novembre 1973 (voir, grâce à l’encadré “Search” en haut, les nombreux articles que j’ai écrits sur ce sujet capital) il n’y a plus aucun accompte “officiel” de l’Action de Sri Aurobindo en ce monde-ci.

Mais à en juger par l’expérience personnelle que j’en ai, et celle d’un grand nombre d’autres personnes – pour ne parler que de celles que je connais, ici à Auroville, ou ailleurs – il y a tout plein d’exemples montrant que l’Action de Sri Aurobindo parmi nous ne fait qu’augmenter!… Pour ma part, je me rappelle une remarquable expérience, directement au niveau cellulaire, pour ce même Jour de Darshan du 5 Décembre, il y a seulement quelques années, que je vais probablement finir par relater ici dans quelque nouvel article, quand le temps sera mûr pour cela…

Aujourd’hui, je vais simplement terminer en affirmant avec pleine force que ce Jour de Darshan (comme tous les autres) n’est pas simplement une Commémoration d’un évènement passé – en l’occurrence ce qui est arrivé en 1950. C’est chaque fois aussi une occasion très réelle pour une Action renouvelée de Sri Aurobindo (ou Mère) dans notre propre être également – si nous nous gardons toujours ouverts à cette Possibilité…  et reconnaissants ensuite, pour quoi que ce soit qui ait pu se produire, dont nous n’ayons pas eu conscience ou appréciation suffisantes sur le moment, mais qui se développera peut-être plus tard, à partir de ce qui aura été fait pour nous par Eux en tel ou tel Jour de Darshan !…

24.11.18: Mon Jour de Darshan permanent avec Sri Krishna

Message sur la Carte distribuée à l’Ashram pour ce Jour de Darshan (plus traduction) :

‘Where you are? / Où vous êtes?

In the Mother’s presence here and close to me. / Dans la présence de la Mère et près de moi.

Where you are going? / Où vous allez?

Towards union with the Divine through dedication and service. / Vers l’union avec le Divin à travers le don de soi et le service.

What you are doing here?/ Ce que vous faites ici?

Service and self-giving to the Divine. / Le service et le don de soi au Divin.

 

The rest depends . . . on the simplicity and fullness with which you give yourself and serve.’ / Le reste dépend de la simplicité et de l’entièreté avec laquelle vous vous donnez et vous servez”.

Sri Aurobindo

Je célèbre toujours ce spécifique Jour de Darshan de Sri Aurobindo avec un article ayant à voir avec Sri Krishna, pour des raisons que j’ai expliquées déjà en 2011 (quand je commençais ce Blog de Recherche) dans l’article suivant (que je ne crois pas avoir encore traduit en français, mais je le ferai si quelqu’un me le demande) :

https://labofevolution.wordpress.com/2011/11/24/november-24th1926-sri-aurobindo-krishna/

Mais aussi pour moi personnellement – pas juste à cause de sa signification pour Sri Aurobindo – ce jour de Darshan du 24 Novembre a été ressenti depuis longtemps comme en quelque sorte mon propre Jour de Krishna annuel …. qui au fil des années est graduellement devenu une sorte de Darshan permanent , bien que je le célèbre encore spécialement ce jour-là !

Dans toutes les diverses formes de Relation que chacun d’entre nous peut avoir avec le Divin, Sri Aurobindo explique (dans la ‘Synthèse des Yoga’ je crois, probablement à la fin de ce qui concerne le Bhakti Yoga) que la Relation en elle-même est toujours pleine de Délice… et pourtant il y a d’une certaine manière des degrés dans ce Délice: depuis le Délice de la Camaraderie, de l’Amitié, et autres, il semble culminer dans le Délice de la Relation avec le Divin en tant que le Parent idéal … et là, l’Amour de notre Père Éternel est déjà très délicieux, mais l’Amour de notre Mère Éternelle est tout de même encore plus doux … et malgré tout, même celui-là est surpassé par le Délice Suprême qu’est la Relation avec le Divin en tant que notre Amant Divin : l’Éternel Amant de notre Âme.

Il y a bien sûr aussi le Délice de l’Identité avec le Divin (cela, c’est davantage le but du Jnana Yoga) – mais alors, dans l’absolu de cet état de conscience, on se sent être uniquement l’Un … et cela ne permet pas la possibilité de l’Amour, car l’Amour c’est ce Délice, inhérent à l’Un Divin, se déversant vers quelqu’un d’autre … ce qui ne peut se produire que lorqu’il y a au moins deux êtres !!! D’où justement la Multiplication de Soi de l’Un en ces innombrables autres Sois dont nous faisons tous partie :  tout cela, précisément pour que l’Un en Tout puisse avoir l’expérience du Délice de la Relation, avec toutes les Nuances d’Amour que l’Un peut exprimer.

Ce qui est merveilleux, c’est que toutes ces nuances de l’Amour Divin sont comme un seul arc-en-ciel, où la même Lumière d’Amour se divise/multiplie en toute cette diversité de  nuances d’Elle-même, juste pour le Délice de savourer sa propre délicieuse Diversité. Lorsque nous, esprits habitant temporairement ce monde de Matière, en arrivons au point de faire l’expérience de ces merveilleuses Nuances de l’Amour Dicin, notre Âme découvre que, tout du long, c’est en fait du même Être Unique qu’elle fait l’expérience; et que cette Diversité dans l’Amour ne fait qu’ajouter encore plus de Délice à son propre Délice en tant qu’Âme, passant de plus en plus constamment d’une nuance de cet Amour Délice à une autre délicieuse nuance du même Amour Délice …

Eh oui, nous n’avons pas besoin de mourir ni d’aller en aucun ‘Paradis’ pour faire l’expérience de tels Délices d’Amour Divin. Nous pouvons y goûter ici-même, sur Terre, pendant nos existences incarnées, si seulement nous prenons la peine d’aller chercher assez profond en nous-même pour le trouver, et si nous faisons de cela le But de notre vie.

Dans toutes les religions, et aussi en dehors d’elles, il y a eu des êtres humains qui ont découvert cette Possibilité et ne l’ont pas laissée passer. On les appelle les Mystiques – ou autrement, selon les diverses religions – mais tous ont découvert et goûté ce même merveilleux Secret qu’est l’Amour Divin, ici sur Terre. Beaucoup de ceux qui ont été déclarés officirllement Saints par l’Église Catholique, par exemple, étaient des mystiques.

En Inde, cette Relation d’Amour avec le Divin est appelée ‘Bhakti,’ et ceux qui la recherchent ou la vivent déjà, des ‘bhaktas’.

Le Yoga Intégral mis au point ensemble par Sri Aurobindo et la Mère, pour aider les autres personnes intéressées à une Évolution Consciente, inclut bien sûr le Jnana Yoga et le Karma Yoga (Service du Divin à travers le don de soi et la dédication de toutes les activités) , mais aussi et particulièrement le Bhakti Yoga. Le Yoga Intégral donne même une place tout à fait centrale à ce qui en nous est l’origine de l’Amour pour le Divin : notre Âme individuelle (ou plutôt “Être Psychique”, littéralement l’Être de notre Âme, qui se développe à partir d”elle au long de nos vies successives), au plus profond de nous-même. C’est lui qui est recommandé comme la toute première partie de notre Être à rejoindre et à laisser complètement être notre Guide Intérieur pour toute notre sadhana (processus intérieur de progrès spirituel).

En effet, l’Amour pour le Divin est indispensable aussi pour le Karma Yoga, si l’on veut véritablement servir le Divin et se donner à Lui/Elle : ce n’est pas par un sens de devoir ou d’obligation que l’on peut vraiment faire cela – alors que si on le fait par Amour, cela se fait automatiquement et avec joie, ainsi que nous le savons tous par expérience.

Voilà pourquoi toutes les explications ci-dessus se rapportent au Message pourtant plutôt “Karma-Yoguique” du Darshan d’aujourd’hui (inscrit au début de cet article) et se rapportent aussi en même temps à cet échatillon d’humanité en évolution consciente que je suis, en tant que pratiquante du Yoga Intégral.

Comme dans mon cas personnel l’Être Psychique avait été très actif depuis l’enfance, avec Jésus et la Vierge Marie alors mes formes préférées du Divin (pas d’attraction du tout pour le Père!), sa forte influence en moi n’a été interrompue que par ma crise de questionnement mental en devenant jeune adulte en 1971 … crise qui m’a menée à une Illumination massive à travers la révélation reçue des premières lignes de ‘La Vie Divine’, par Sri Aurobindo. Mais mon Être Psychique n’était toujours pas autorisé par mon Mental à régner à nouveau comme auparavant.

Afin de ré-établir en moi cette Influence si nécessaire, aussitôt que je suis allée vivre à Auroville en 1972, les expériences – à noueau massives – dont la Mère Divine m’a gratifiée fin 1973 se sont ajoutées à l’expérience originelle totalement illuminatrice reçue en 1971 de Sri Aurobindo – lui-même perçu depuis lors comme étant l’expression d’un Père Tout-Connaissant et merveilleusement Inspirant. La puissance combinée de ces deux “méga-expériences” mit enfin et une fois pour toutes en miettes le blocage mental, et me remit dans ma délicieuse Relation avec le Divin – mais maintenant perçu comme mon Divin Parent, Père et Mère à la fois, avec mes bien-aimés Sri Aurobindo et Mère comme sa double incarnation sur Terre afin d’accomplir l’Action Évolutive nécessaire et décisive pour notre époque .

Mais une autre partie de ma nature humaine avait besoin bien sûr aussi de l’Amour de mon Amant Divin, et ce de plus en plus à mesure que les amants humains se révélaient encore et encore bien incapables évidemment d’assouvir ce qui était en fait un intense besoin intérieur de mon Amant Divin …

Mon Âme n’eut pas longtemps à attendre:

À peine en mai 1975, j’ai passé trois jours et trois nuits à chercher ardemment le retour en pleine force d’encore une autre expérience cruciale, quelques semaines auparavant, encore avec la Mère Divine (mais rencontrée cette fois directement dans la Dimension Psychique elle-même, dans ce profond “Monde de l’Âme” décrit par Sri Aurobindo dans “Savitri”).

À  la fin de ces trois jours de solitude délibérée et intense, il m’a été dit intérieurement que je pouvais retourner dans ma chambre au sein de la grande hutte collective, et j’ai obéi. Eh bien, quelle surprise m’attendait!… Qui apparut devant mon regard intérieur le matin suivant, m’enveloppant d’une incroyable mais légèrement malicieuse tendresse?… Les Yeux et le Sourire irrésistiblement charmeurs du Divin à nouveau, certes, mais cette fois en tant que l’Amant Éternel de mon Âme !… Et mon Âme, en un heureux soupir de reconnaissance venue d’une autre vie, murmura doucement le seul Nom qu’elle connaissait alors pour son Bien-Aimé : “Krishna !…”

Mais “Krishna” tel que mon Âme l’a découvert et en a besoin dans cette vie-ci est la forme encore supérieure de cet Aspect de Délice du Divin que Krishna a incarné autrefois sous ce nom-là: c’est le Suprême Délice Divin lui-même, l’Ananda de “Satchitananda”, le coeur même de la Nature Éternelle du Divin. Il faut que ce soit Krishna en tant que Bhagavan en personne, le Tout-Délice révélé, dont les mots, dits à Arjuna, étaient comme un Chant : la Bhagavad-Gîta.

Et pas même seulement cela : cet Ananda Absolu s’est manifesté jusqu’à présent surtout comme un Pouvoir Lunaire, passif en quelque sorte, quelque chose à ressentir intérieurement en méditation ou contemplation, les yeux clos comme le Buddha, et qui vous tirait au-dedans, sans action vers l’extérieur. Mais la sorte d’Ananda dont je sentais le besoin, pour moi-même d’abord, mais aussi pour l’humanité et le monde entier, était un Ananda actif, le Pouvoir Solaire de l’Ananda, finalement se manifestant dans ee monde de Matière souffrante, comme un Pouvoir maintenant envahissant la Matière et la Vie pour les libérer, les guérir, leur donner enfin leur Plénitude par son irrésistible Délice Divin.

Ce Nom que je cherchais si ardemment depuis 1975, il m’a été donné de le découvrir, début 1979, à travers “Le Secret du Véda”, de Sri Aurobindo:

L’un des (très anciens) Hymnes Védiques traduits et commentés par Sri Aurobindo était  addressé à l’Aspect du Divin que les Rishis inspirés qui les ont écrits appelaient “Bhaga”: c’était la forme active du Pouvoir de Délice, qui seule peut compléter le travail des autres Aspects, en défaisant enfin tous les noeuds de la Douleur et des autres résultats de la Fausse Réalité dans laquelle nous avons vécu jusqu’à présent. Bhaga est celui des Quatre Rois Solaires qui vient en dernier: avec son irrésistible Pouvoir de Délice, il est celui qui peut dissiper entièrement le Cauchemar, et rendre à ce monde et à tous les êtres qui y vivent leur vraie, divine Realité – qui est Délice.

C’était de manière évidente le Nom que j’avais tant senti le besoin de trouver, qui donnerait sa Direction précise à ma vie entière et m’aiderait à grandir toujours plus vers ce qu’il signifiait, comme vers une Étoile … Ce Nom a aussi fait de moi aussitôt quelque chose comme la Fiancée de mon bien-aimé Bhagavan, le Suprême en tant que le Tout-Délice … dont le Nom était précisément basé sur ce Nom lui-même, “Bhaga”, le Pouvoir de Délice inhérent à Bhagavan !

Quel Programme!!! Il aurait pu facilement m’écraser sous son énormité. Mais avec l’Aide intérieure constante de mes Parents spirituels chéris, Sri Aurobindo et Mère, l’ Âme-Enfant qui en moi y aspirait a grandi et grandi, en dépit de tous les obstacles intérieurs, difficultés et retours en arrière, vers ce que cette Âme voulait tellement devenir .

Dans le contexte chrétien, il y a ce que l’on appelle le Mariage Mystique de l’Âme avec son Bien-Aimé – dans ce contexte-là Jésus-Christ. Ma propre Âme fraternise totalement  avec ces autres Âmes qui se sont éprises de cet Aspect du Divin que Jésus a incarné. Je sais que mon Âme aussi s’est prise d’Amour autrefois, en d’autre(s) vie(s), pour ce même Aspect, l’Amour Divin, que Jésus a incarné si merveilleusement alors .

Mais dans cette vie-ci, avec l’activation, à partir du 29.02.56 , de la Conscience-Force Supramentale dans la Matière terrestre et corporelle, nous entrons dans une Ère Évolutive nouvelle : ce n’est plus seulement l’Amour Divin mais aussi le Délice Divin à sa Source, qui doit être maintenant manifesté avec tout son conquérant Pouvoir de Transformation, afin que même nos corps physiques puissent avoir leur part de ce Délice Divin qui seul peut vraiment et pour toujours les guérir, en direction des corps transformés que eux aussi, et leurs cellules, aspirent à devenir, afin de manifester toujours mieux le Divin, ici même, sur Terre.

Alors mon Mariage Mystique à moi est cette fois-ci avec cette forme encore plus complète, toute-puissante, du Divin : Bhagavan, le Tout-Délice …  Et ce jour, ce 24 Novembre, chaque année est à mes yeux en quelque sorte notre Anniversaire de Mariage !… Ce qui rend ce Jour de Darshan spécifique encore plus merveilleusement “spécial” pour moi que les autres !…

Voilà le Secret si extrêmement Profond et Doux que je me trouve avoir partagé avec vous en ce jour, à ma totale surprise . Je suppose que c’est parce que cela peut aider d’autres êtres partout, qui eux aussi cherchent anxieusement leur propre Bien-Aimé, l’Aspect  précis du Divin que leur Âme aspire le plus à connaître et à manifester de plus en plus dans leur vie , comme leur Companion Divin en toutes circonstances.

"seat Check Lets Individuals Seated At A Restaurant - Mystic Marriage Of Saint Catherine Of Alexandria #1095972

(Image Credit goes to https://www.clipartmax.com/middle/m2H7K9N4m2d3b1K9_seat-check-lets-individuals-seated-at-a-restaurant-mystic-marriage-of-saint/)

Auroville n’est ni un monastère ni un ashram. Pourtant, comme vous le voyez, les Mariages Mystiques se produisent également ici – car je ne suis très probablement pas le ou la seul(e) Aurovilien(ne) en qui cette sorte  d’états mystiques profonds se produisent,   de plus en plus comme une nouvelle façon de vivre, au milieu de la vie quotidienne avec ses activités apparemment “ordinaires”. Et ce n’est pas fini, beaucoup plus reste à venir ….

Bonjour, Bhagavan et son Monde Nouveau! Je t’en prie, continue d’entrer et de t’installer! Tu es on ne peut plus bienvenu !!!

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