Commencez donc une Relation d’Amour avec le Divin

(Traduction de l’article precedent, “Why don’t You Start a Relationship with the Divine?”)

Le Divin n’est pas une abstraction, ni une theorie intellectuelle nee du Mental. Le Divin  existe vraiment – c’est meme en fait la seule vraie REALITE –  et tout ce qui existe fait partie du Divin, y compris nous, les etres humains, meme si habituellement nous ne nous rendons pas compte de ce fait si important…

Une experience interieure comme celle que m’ont donnee les premieres lignes de “La Vie Divine” est seulement un debut: la comprehension par notre mental qu’il y a quelque chose de plus a decouvrir, a faire, a vivre, a ETRE, consciemment. Un immense, enorme, fantastique Quelque Chose de plus. Et seulement en devenant a nouveau consciemment CELA, pouvons-nous devenir reellement nous-memes, vraiment et pleinement. C’est comme etre un enfant et se rendre compte soudain que l’on peut devenir – mieux encore, que l’on est suppose devenir – un adulte aussi grand et savant et puissant et plein d’amour que les adultes autour de nous, en particulier nos parents… ou meme  davantage qu’ils ne  le sont, s’il se trouve qu’ils ne sont guere quoi que ce soit de tout cela.

Et la chose la plus fabuleuse a decouvrir par experience au sujet de cet Etre Divin Unique que nous sommes tous en realite,  c’est que son Essence meme est l’AMOUR.

Ou plutot, le DELICE  d’ETRE, car  qu’y a-t-il a aimer quand vous etes L’Un et l’Unique, c’est a dire tout seul?… C’est le Delice d’Etre qui est l’essence meme de cet Etre, et qui devient AMOUR lorsque cet Un joue a etre en meme temps Multiplicite, les innombrables formes de Lui-mem/Elle-meme contenues potentiellement dans cet Un Unique.

Alors, si quelque chose en vous a soif d’AMOUR vrai, de cet Amour vrai qui est DELICE, n’attendez pas des autres etres humains qu’ils vous le donnent: comment le pourraient-ils, aussi longtemps qu’eux-memes ne l’ont pas encore trouve et en sont assoiffes tout comme vous l’etes?

Allez droit au Divin, la, profondement en vous, dans votre propre Coeur, ou bien trouvez-le tout autour de vous comme un poisson decouvrirait soudain qu’il y a un Ocean tout autour de lui, et qu’il baigne dedans tout le temps sans meme en general se rendre compte qu’il en est ainsi…’

Tant que nous sommes encore petits enfants et n’avons pas encore eu l’experience  d’aucun coup vraiment violent de la part de la Vie ici, beaucoup d’entre nous sommes encore pleins spontanement de tout cet Amour et cette Confiance si visibles encore dans nos yeux et notre sourire et nos petits bras tendus.

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Mais tot ou tard cela disparait et se retire profondement au-dedans pour survivre, et une croute se forme au-dessus pour le proteger d’un monde exterieur qui ne l’apprecie et ne le cherit pas. Ainsi endurcis et ne vivant plus qu’a la surface de nous-memes, nous ne sentons meme plus sa Presence, et bientot nous en oublions jusqu’a l’existence.

Pourtant Il est toujours la, attendant que nous redecouvrions son intense, delicieuse Douceur. Quand le besoin que nous en avons devient suffisamment aigu, alors la croute se fend et nous nous retrouvons inondes de cet Amour que nous desirions tant – mais que nous cherchions dans tous les endroits les plus trompeurs, et sous les apparences les plus fausses, illusoires, deformees, douloureuses de cet Amour.

Tout cela m’est arrive a moi aussi, toutes ces erreurs je les ai faites moi aussi, alors  pour ma part le conseil le plus important que je puisse vous donner, a vous tous qui visitez ce Blog,  le conseil le plus important, c’est:

COMMENCEZ DONC UNE RELATION D’AMOUR AVEC LE DIVIN.

C’est si simple. Faites-le juste a votre maniere a vous, quelle qu’elle soit, et avec la Forme ou l’Aspect du Divin pour lequel vous sentez spontanement une reelle attirance, qu’elle soit associee a une Religion ou a aucune Religion du tout. Tournez-vous simplement vers vos propres Profondeurs, et parlez-leur; ou bien tournez-vous vers ces Immensites exterieures sans limites tout autour de vous, et parlez-leur. Comme vous parleriez au Coeur meme de Tout, a la Source dont vous et tout le reste etes venus et faites partie depuis toujours. Oui, depuis l’Eternite, pour l’Eternite. N’est-ce pas la un Fait merveilleux  a savourer?…

COMMENCEZ DONC UNE RELATION D’AMOUR AVEC LE DIVIN.

Mots adresses dans la solitude a la nuit, larmes de gratitude apres une joie soudaine, larmes de desespoir apres une tragedie soudaine, il importe peu. Prenez un simple cahier d’ecolier, mince ou epais, et un stylo, et commencez a ecrire au Divin, et notez les reponses aussi, ou bien continuez a ecrire, encore et encore, chaque fois que vous en sentirez le besoin, et restez en eveil pour percevoir les reponses, car elles VIENDRONT, mais pas forcement en mots entendus interieurement, car souvent elles viendront a n’importe quel autre moment exterieur de votre vie, a travers Radio ou Television,  ou cet enfant que vous croisez dans la rue.

Et alors cette Relation va grandir jusqu’a occuper de sa Douceur graduellement tous les moments de votre vie. Quoi que ce soit qui vous fasse commencer cette Relation, sera le Debut de votre existence veritable sur la Terre dans ce corps-ci, une existence dans laquelle vous vous pensiez peut-etre si terriblement seul et perdu. Meme les moments d’apparente solitude vont graduellement devenir pour vous vos moments les plus delicieux, ceux ou vous pourrez ressentir le plus puissamment cet inexprimable Delice secret d’etre avec le Divin. Bientot meme dans la foule vous vous sentirez malgre tout delicieusement seul avec le Divin. Et plus tard encore, entoure innombrablement du Divin en tout ce qui vous entourera et tous ceux qui vous entoureront.

Oui, nous SOMMES le Divin egalement, et Cela egalement est Delice Eternel, pour commencer pour ainsi dire. Mais au dela de meme ce Delice=la,  il y a ce que j’appellerais “le Delice d’Etre le Divin, avec le Divin, dans le Divin”!

C’est ce vers quoi nous allons, meme ici sur la Terre.

Il y a tant de vers de “Savitri” que je voudrais pouvoir citer sans fin ici, mais je crois bien que celui qui peut-etre exprime pour moi le mieux cet inexprimable Delice Total que Sri Aurobindo a reussi a exprimer, est ce vers-ci, qui m’a toujours saisie d’extase instantanee et qui chante toujours dans mon ame:

“The bliss of the myriad myriads who are One” – Le delice des myriades de myriades qui sont l’Un.

 

Ode au Ventilateur de Plafond

Qu’il est doux, qu’il est doux, lorsque l’Ete commence,

Qu’il est doux de pouvoir s’allonger simplement

Sur le lit, les coussins, la natte, pas d’importance,

Et la, de se laisser rafraichir par ton vent!…

Qu’il est doux de sentir ton vent nous caresser

Et nous faire revivre, et cela meme alors

Que le temps ne fait pas d’effort pour se presser

Et qu’il ne vient non plus nulle brise au-dehors!

L’Ete, l’Ete indien, ce n’est pas de la blague,

Surtout quand on n’est plus a la plage, a “Repos”,

Comme Brigitte Bardot jadis en sa “Madrague”…

Deja, des que l’on sort il faut mettre un chapeau!…

Bon, ce n’est pas encore carrement la fournaise,

“Le fond de l’air est frais” peut-on se dire encore

Le matin au reveil, ou quand on est a l’aise

En scooter ou moto, et que le pauvre corps

N’est pas sur un velo, pedalant dans l’espace,

Et donc se rechauffant, meme en restant assis,

Force de s’activer des que l’on se deplace,

A moins qu’il ne se trouve en taxi, et “AC” !

Mais l'”Air Conditioning”, c’est parfois un peu trop,

Du moins a mon avis, car on s’y habitue:

Quand on sort de cet air confine de metro,

On retrouve l’air chaud, et le contraste tue…!

Ayant bien depasse l’age de la retraite,

Je me sens libre enfin de travailler pourtant,

Car a ce qui vraiment me passionne, et en fait

Ce que j’ai grand plaisir a faire tout le temps,

Ce qui me plait, m’excite, me stimule et m’amuse,

Bien que pour d’autres gens ce serait dur travail,

Quand pour moi simplement c’est ecouter ma Muse

Et qu’a moi leur travail ne dirait rien qui vaille!…

Alors, selon les jours, parfois je me prelasse;

Si je n’ai rien a faire d’urgent dans mon bureau,

Chez moi je fais ce dont jamais je ne me lasse:

Chanter, danser, ranger, ou bien baigner dans l’eau

Agreablement tiede ou se meuvent mes membres

En la forme-baignoire creusee sur le balcon,

Son bloc equilibrant, au-dela de ma chambre,

Par son ciment lisse de si douce facon,.

La vaste plate-forme ou se trouve mon lit…

L’encadrent mes deux tables “a creativite”,

L’une ou trone un grand Jeu, et puis l’autre, ou je vis

Un autre jeu encore, une autre activite:

Devant le haut miroir orne de mes bijoux,

Bracelets et colliers aux multiples couleurs;

Chaque matin je viens, je m’assieds, et je joue

A assortir habits a rayures ou a fleurs

Avec les accessoires qui vont les faire chanter:

Boucles d’oreilles, bagues, barrettes ou elastiques,

Tout cela amplifie l’harmonie enchantee

Ou l’or peut se marier meme a l’humble plastique,

Et tout l’ensemble est beau, amenant le sourire,

Ou bien parfois, expres, j’ajoute une casquette,

Et tout devient cocasse, et je pars d’un fou-rire!

Car les deux  sont, au choix, le but de cette quete…

Plus loin, dans le passage, mon orgue electronique,

Bien vieux sous son tissu, fait encore impression,

Quoiqu’il n’en sorte, helas, plus jamais de musique:

L’air salin l’a rouille, il n’est plus qu’illusion…

Mais, heureux de servir d’appui au grand classeur

Dont les pages multiples sont celles de ces chansons

Que depuis quarante ans je compose, o bonheur,

Il participe encore, bien que sans aucun son,

A cette irresistible expression de mon ame,

Source eternelle de l’Eau-de-Miel a boire enfin

Qui jaillit autrefois a l’eveil de sa Flamme,

Flamme eternelle d’Amour ardent pour le Divin…

C’est ainsi qu’allongee maintenant, je compose

Ce poeme inspire par le ventilateur

Juste en dessous duquel ce matin je repose,

Tout a la joie d’ecrire en poete amateur!

Je vous entends d’ici: “Ces vers sont ridicules:

“Ode au Ventilateur”?! Mais il faut etre fou!…”

Et pourtant, regardez, j’ai mis une majuscule,

Car TOUT est le Divin, prenant forme pour nous,

Pour nous aider, le temps que nous passons ici:

Meme un ventilateur, c’est le Divin cache,

Et les autres objets que nous faisons, aussi,

Ainsi que pierres et plantes, et bien sur, animaux;

Par trop forte chaleur, notre vie est gachee…

Un bon ventilateur nous epargne ces maux!

Et voila la raison veritable pour quoi,

En depit du bon sens habituel des humains,

Divin Ventilateur, ce poeme est pour toi:

Ressentant mon amour dans ma voix et mes mains,

La conscience endormie en toi va s’eveiller,

Lentement la conscience en toi va me repondre,

Tous mes autres objets, je les sens essayer,

Lentement l’illusion nous separant va fondre,

L’Unite Vraie du Tout, nous la retrouverons!.

Deja je la ressens, si simple et si precieuse,

De plus en plus souvent; Cela, nous le serons,

Cet Un qui est Amour, Liesse silencieuse…..

 

 

 

La Lune a l’Aube

Eveillee avant l’aube et attiree dehors

En ce vaste Silence qui s’etendait encore,

Si merveilleusement audible a sa facon,

Sortie sans le savoir a l’air frais du balcon,

J’entendais des versets du Coran au lointain…

La clarte n’etait pas celle du petit matin

Mais bien la clarte de la Lune…

A cette heure ou chacun dort avec sa chacune,

Presque pleine elle allait lentement dans l’espace,

Reelle et irreelle comme un reve qui passe,

Multiple a mon regard, elle croisait ses spheres

Telle un Mandala blanc suspendu la dans l’air.

En silence venue, en silence passee,

Sa clarte se trouvait peu a peu remplacee

Par celle du soleil bien qu’encore invisible.

Elle s’attardait la-haut, belle et brillante cible

Vers laquelle se tendait l’arc emu de mon ame:

L’ardente purete de cette blanche flamme!…

En ce 24 avril, mais l’an Mille neuf cent vingt,

Une autre Flamme Blanche sur les flots s’en revint

Depuis le lointain Japon: notre Mere,

Pour joindre Sri Aurobindo, sauver la Terre.

Attendre etait erreur, Elle l’avait eprouve.

Elle retourna vers Lui qui avait su trouver

Le Secret du Veda, le Soleil du Futur

Qu’Elle aussi connaissait par-dela la Nature:

ll fallait maintenant etre ensemble pour faire

Que ce Nouveau Ferment s’active en la Matiere

Et que l’Evolution Terrestre continue,

Augmentee cette fois du Pouvoir absolu

Qui pourrait eveiller meme enfin nos cellules!

Tout ce que le Mental maintient sous sa ferule,

Ce que son Ignorance ou son Mensonge erige

En fausse Loi qui nous afflige,

La Verite Supramentale

Lui sera tres bientot fatale,

Le rendant a jamais caduque;

Et tel un enfant qu’on eduque

Et laisse vivre en liberte,

L’etre humain aura la fierte

De sortir de tout ce tumulte

Et d’agir enfin en adulte,

Redonnant espoir a ses freres:

Finies la guerre et la misere,

Finies la violence et la haine

Fini tout ce qui nous enchaine

Et diminue l’Amour en nous

Qui nous relie toujours a Tout

Et nous fait des Etres Divins

Portes spontanement au Bien!

En ce 24 avril il y a bientot cent ans

Que bien peu se rappellent a present,

Ce fut enfin la reunion de Lui et Elle,

L’evenement d’ordre eternel

Qui guerit l’Eternelle Ronde

Et scella le Futur du monde…

(Ceux qui voudraient approfondir les faits concernant cette date peuvent lire mon article plus ancien, pas encore traduit en francais, helas, autant que je me souvienne…: https://labofevolution.wordpress.com/2014/04/24/24th-april-1920-mother-comes-back-to-pondicherry-for-good/ )

 

 

 

“La nuit comme le jour…”

(Traduction francaise de mon article recent “In the night as in the day…”)

“La nuit comme le jour, sois toujours avec moi.

Dans le sommeil comme dans l’eveil, que je sente en moi toujours la realite de ta presence.

Qu’elle soutienne et fasse grandir en moi Verite, conscience et delice, constamment et en toutes circonstances.”

Le texte ci-dessus, de Sri Aurobindo, fut donne par lui comme un mantra possible, parmi d’autres qu’il donna egalement en d’autres occasions.

Je l’ai decouvert il y a peut-etre trente ans dans une boutique de l’Ashram a Pondy, magnifiquement imprime en lettres d’or sur un fond brun sombre eclaire d’un soleil levant, sous forme de carte postale dont le pourtour lui aussi etait dore, tel un cadre.

La beaute meme de l’ensemble m’attira sans aucun doute, mais plus encore les mots en eux-memes, m’atteignant droit au coeur, ce Centre du coeur profond ou reside notre Etre Psychique, ainsi que Sri Aurobindo et Mere preferent appeler notre ame (ou plus exactement l’Etre Interieur qui progressivement grandit autout de l’etincelle originelle de l’Ame, durant nos diverses vies terrestres). Ces simples mots m’ont incroyablement emue, faisant perler d’immediates larmes d’intense aspiration et adoration pour le Divin, ici invoque de maniere si poignante par Sri Aurobindo que mon propre etre interieur lui aussi avait jailli a l’unisson de ses mots.

J’avais cependant oublie ce texte specifique depuis longtemps, car a un moment cette carte devait avoir disparu, et vu la mine d’or que sont les ecrits de Sri Aurobindo ou Mere, on pouvait y trouver tant d’autres pepites que je n’avais pas remarque la disparition de celle-la parmi mon ample collection.

Mais ce matin, comme deja hier matin, apres plusieurs jours de trop d’activite exterieure forcee dans ma vie, je me suis reveillee dans un etat interieur anormalement vide et confus; j’ai bien sur essaye de retablir mon sentiment habituel du Divin au-dedans et autour de moi, mais en vain.

Stupefaite et alarmee, je trouvai bientot la raison derriere une si triste condition: a cause de l’Atelier de Conscience Cellulaire que je me trouvais etre en train de donner ces jours-la a deux amies francaises, toutes deux tres gentilles mais du milieu medical, depuis deux jours je m’etais plongee, meme tard la nuit, dans la lecture ininterrompue de plusieurs livres dus a des auteurs scientifiques sincerement interesses a la spiritualite, mais pas encore vraiment engages dans sa pratique, et attentifs a garder leur bouquin du bon cote, de facon a eviter qu’il soit d’emblee rejete par leurs collegues de plus stricte obedience materialiste.

Eh bien, ce qui dans mon cas equivalait a une overdose de cette sorte de lecture avait de maniere evidente resulte dans cette sorte de maladie interieure que j’avais eu le choc de decouvrir en moi-meme – a temps, il fallait l’esperer, pour y remedier par un retour a ma diete normale, plus saine, de livres plus ouvertement spirituels!… Je me souvins m’etre moi-meme comportee de facon probablement trop precautionneuse avec mes deux nouvelles “etudiantes”, me retenant d’exprimer d’aucune facon mon propre amour pour le Divin, d’ordinaire plutot debordant…

“Comment ai-je pu etre aussi stupide!”, pense-je ce matin, a cet instant precis ou je m’apercevais soudain que j’avais ainsi tres efficacement bloque encore et encore le flot de profonds sentiments devotionnels qui tend a venir spontanement de mon Etre Psychique, deja merveilleusement actif des l’enfance, et plus encore depuis 1975, lorsqu’a Auroville ce puissant “moteur interieur” s’etait mis en route a plein regime en moi… Et voila que, par ma propre faute, ce si precieux flot se trouvait maintenant incapable de s’exprimer librement !…Je me concentrai interieurement pendant un bref moment, souhaitant ardemment retrouver ce sentiment de relation d’amour avec le Divin, si central a mon  existence tout entiere…

Quand j’ouvris les yeux a nouveau, juste a ce moment-la leur regard tomba sur une carte postale abimee que j’avais extraite deux jours avant d’une pile de vieux papiers, deteriores par le mauvais temps pendant la mousson de Novembre-Decembre 2015, quand mes affaires etaient encore a Djaima. Voyant que cette carte avait ete endommagee, je ne l’avais pas vraiment regardee, mais simplement sortie du tas, et placee sur un coussin pour y secher au grand air. La remarquant a nouveau, j’allai et la pris dans mes mains, la decollai avec precaution de l’enveloppe la couvrant encore … et voila que se revelaient a mes yeux, encore lisibles en depit des degats, ces premiers mots::

“La nuit comme le jour, sois toujours avec moi..”

Oh, le choc interieur de soudain voir a nouveau ces mots bien-aimes! Instantanement mon coeur s’emplit de tant de joie et de soulagement, et aussi de gratitude que ce si beau texte me soit a nouveau donne, des larmes jaillirent de mes yeux, et mon coeur lui-meme sembla fondre dans la pure, infinie douceur de l’Amour Divin.

Apres ce premier instant, comme eternel, d’ardente reconnaissance interieure, alors seulement, lentement, tres lentement, je commencai a relire, tout l’ensemble cette fois, savourant chaque mot comme un exquis morceau d’une nourriture divine degustee a nouveau apres de longues annees d’oubli de ce plat si special au gout si delicieux:

“La nuit comme le jour, sois toujours avec moi.

Dans le sommeil comme dans l’eveil, que je sente en moi toujours la realite de ta presence.

Qu’elle soutienne et fasse grandir en moi Verite, conscience et delice, constamment et en toutes circonstances.”

Et maintenant, ecrivant ceci, si fort se gonfle en moi le delice de l’Amour Divin, que je dois faire une pause et mes yeux se ferment d’eux-memes, mon etre entier irresistiblement absorbe dans cette secrete mais si puissante Presence d’Amour dont nous et tout le reste faisons partie, mais Qui en meme temps remplit chacun de nous si intimement et passionnement que Lui-Elle semble etre uniquement avec chacun dans un Absolu de Delice…

Oui, amis qui etes a votre tour en train de lire ces mots que j’ecris, oui, voila tout ce qu’il nous faut pour devenir complets. Pour etre completement nous-memes, en tout Delice d’Etre, voila tout ce dont nous avons vraiment besoin, et meme notre corps physique sera un jour capable de vivre sur Terre, transforme par ce Delice d’Amour dont il est de plus en plus a meme de faire l’experience, dans un nombre de plus en plus grand de ses cellules… C’est cela la Vraie Vie, cette “Vie Divine” que Sri Aurobindo commenca a evoquer publiquement par ecrit deja en 1914, mais dont maintenant nos corps aussi, et meme nos cellules, peuvent gouter le Delice et etre gueries par lui, de la meme facon que les cellules dans mon propre corps en font l’experience juste en ce moment, grace a l’incroyable Pouvoir contenu dans ce Mantra. Merci, merci, cher Sri Aurobindo, pour ces simples mots si charges par vous, qu’ils peuvent nous communiquer votre propre experience, et nous emporter toujours plus pres de ce Futur Divin dont vous avez ensemence la Terre pour tous ceux de nous qui en ont soif:

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Ce 4 avril que j’ai failli rater…

Quel jour sommes-nous donc aujourd’hui?… Je me rends compte ce matin que je n’en ai aucune idee… C’est un Lundi, cela au moins je le sais, mais quelle date???
Aujourd’hui, me clament en choeur mon petit ordi, mon mobile et mon calendrier mural, nous sommes le 4 avril!
Le 4 avril… Le 4 avril… Attendez… Cette date me dit quelque chose…
Mais oui, bien sur, mais oui: c’est la date de l’arrivee de Sri Aurobindo a Pondichery!!!

C’etait en 1910: il etait d’abord parti en toute hate a Chandernagor, minuscule territoire francais pres de Calcutta, un mois auparavant, sur l’ordre interieur du Divin, ayant ete prevenu juste a temps que la police britannique venait a son bureau de Calcutta pour le remettre en prison, et cette fois pour de bon, l’intention etant d’en finir une bonne fois pour toutes avec celui qu’ils consideraient comme leur ennemi le plus redoutable, par son intelligence extraordinaire et ses ecrits semant la revolte, mais toujours en toute legalite… Ils arriverent en effet a son bureau a peine dix minutes plus tard, mais Sri Aurobindo n’y etait deja plus… Il leur avait glisse entre les doigts, disparu purement et simplement nul ne savait ou: sans meme prendre le temps de passer par chez lui, obeissant ainsi instantanement a la Voix Divine salvatrice qu’il connaissait bien, il avait pris le premier bateau pour Chandernagor, toute proche mais francaise, se mettant ainsi hors d’atteinte – au moins pour un temps – des Britanniques.
Apres ce mois d’attente, cache chez des amis surs, Sri Aurobindo avait recu de la Voix Interieure l’ordre suivant pour le pas suivant: prendre a nouveau le bateau, cette fois pour Pondichery, autre port francais mais situe plus loin, plus bas dans le vaste Golfe du Bengale qui longe la cote Ouest de l’Inde: la en effet, dans ce lieu proche de Madras en Inde du Sud, mais territoire francais et donc inattaquable, il trouverait le refuge final ou il pourrait enfin dans la securite voulue se dedier a la mission divine qui serait desormais la sienne: creer et mettre au point par experience personnelle la Nouvelle Voie de Yoga qui permettrait de liberer, non plus seulement l’Inde, mais la Terre entiere, et non plus simplement du joug britannique, mais du joug de l’Energie Mentale depuis trop longtemps predominante sur la Terre, finissant par y emprisonner l’etre humain dans des limites illusoires.
D’autres que lui, Sri Aurobindo en avait recu l’assurance divine, se chargeraient de faire aboutir la liberation de l’Inde, inevitable de toutes facons vu les changements enormes s’appretant a se produire dans le monde entier. Mais lui etait le seul a pouvoir ouvrir pour l’humanite la Voie spirituelle nouvelle encore inconnue, a tracer, qui permettrait l’acces au Pas Evolutif suivant sur la Terre: l’Ere du “Supramental”, le Pouvoir de Conscience qui est au-dela du Mental, et d’un tout autre fonctionnement que lui, ce qui en fait l’authentique Conscience de Verite, celle-la que le Mental s’efforce toujours d’atteindre, mais en vain: car la Verite vraie est inclusive, une Totalite, alors que le Mental s’imagine voir un absolu de Verite dans n’importe lequel des innombrables points de vue extremes, apparemment contradictoires, qu’il n’est capable d’entrevoir qu’un a la fois, et encore, de maniere incomplete et deformee… D’ou tous les fanatismes et autres extremismes de tout poil : aveugles chacun par cette etroitesse de vue meme lui faisant croire qu’il a raison, ils se disputent encore la suprematie sur la Terre, quitte a la dechirer et a s’entre-exterminer toujours plus pour asseoir leur domination supposement definitive. Ils ne se doutent pas encore qu’un Pouvoir Evolutif superieur a ete appele a prendre la releve et a ete active sur la Terre, Pouvoir qui bientot fera de tous leurs terrorismes un simple residu derisoire et passager, ineluctablement laisse derriere par l’evolution terresre sur les rives abandonnees du Passe… a moins que certains d’entre eux finalement acceptent aussi de s’ouvrir a cette Nouvelle Conscience en train de s’etablir sur la planete entiere, avec le Pouvoir d’Harmonie qu’elle apporte.
Voila le But Secret, a peine entrevu encore meme par sa propre conscience, pour lequel Sri Aurobindo, en ce 4 avril 1910, etait en train de debarquer du “Dupleix” avec quelques fideles compagnons de lutte puis aussi de prison au Bengale. lls posaient le pied sur ce sol francais en Inde, qui allait devenir leur asile pour de longues decennies a venir, Pondichery y gagant dans le monde entier un renom totalement inespere a l’epoque:

Sri Aurobindo, pour les raisons interieures expliquees ci-dessus, s’etait bel et bien detourne de sa mission politique pour se consacrer a cette plus importante et plus urgente encore mission spirituelle et universelle; ses amis eux aussi, d’anciens revolutionnaires, etaient bel et bien devenus simplement ses disciples; mais les Britanniques de l’Inde continuerent tout du long a ne pas croire en ce changement interieur, et a les prendre toujours pour de dangereux refugies politiques sous le couvert d’une spiritualite seulement pretendue, si bien qu’a maintes reprises par la suite Sri Aurobindo fut a nouveau menace d’arrestation a cause des intrigues politiques britanniques. Mais chaque fois la menace se trouva ecartee et rien de facheux ne se produisit finalement, tandis que sa reputation de remarquable Yogui se repandait irresistiblement parmi la population locale, au point d’etre signalee a cet ambitieux Paul Richard venu en 1913 s’essayer a l’election comme depute dans ce coin de France lointaine, avec en plus l’idee d’y trouver aussi quelque yogui … et reparti ebloui de sa rencontre avec ce Yogui exceptionnel en effet, dont a son retour en France il parla a son epouse…
Mira Richard, nee Alfassa, Francaise dont les parents venaient d’Egypte et de Turquie, etait elle-meme un etre dont la spiritualite etait telle que des groupes se reunissaient deja autour d’elle; elle n’avait epouse Paul Richard que dans l’espoir de le convertir a la spiritualite vraie, au service non pas de son considerable ego, mais du Divin.
Et c’est ainsi qu’en debarquant ce jour-la a Pondichery, Sri Aurobindo reprenait pied, bien que de loin, sur cette France ou en d’autres vies il avait deja vecu, lui qui en avait garde une predilection pour la langue et la culture francaises que, malgre son entiere et brillante education en Angleterre, y compris a Cambridge, la langue et la culture britanniques n’arriverent jamais a supplanter dans son coeur.

Et c’est cet humble sol de France lointaine (voir a ce sujet mon autre article sur ce blog: https://labofevolution.wordpress.com/2014/04/04/4th-april-sri-aurobindos-arrival-pondys-rebirth-anniversary/564717_10150709581039000_606223999_9268106_2135782414_n dont l’image ci-dessus provient) qui rendit possible la venue de Mira, pour le rencontrer enfin physiquement une premiere fois en 1914 et ensuite definitivement apres la Guerre en 1920. C’est elle qui, nee de la meme Conscience que lui, dit-il, mais dans l’aspect feminin qui serait lui aussi indispensable pour l’Oeuvre commune a realiser, etait destinee a travailler avec lui pour tout le restant de leurs vies a la Transformation Evolutive du monde, depuis cette  insignifiante petite ville qu’etait encore Pondichery lorsque Sri Aurobindo y debarqua, en ce 4 avril 1910 si anodin en apparence, mais en realite porteur d’un Futur si merveilleusement fructueux pour la Terre entiere…

Que je suis donc heureuse de m’etre demandee ce matin quel jour nous etions, et ainsi de ne pas avoir passe cette date sans meme la celebrer avec toute la gratitude joyeuse qu’elle merite!… Une fois de plus, la Grace Divine s’est debrouillee pour attirer mon attention a temps sur une date au contenu riche d’une signification enorme pour toute l’humanite, qu’elle s’en rende deja compte ou non… et de plus en plus nombreux sont ceux qui s’en rendent compte, dans leur propre vie et dans ce qui se passe un peu partout – que le Divin en soit loue, qui guide et mene tout cela vers cet ineluctable But: la Vie Divine, un jour ici, sur cette Terre!

Oui, tout cela a pu commencer a se realiser grace a cette petite enclave francaise en Inde, ou cet Ashram, et meme plus tard cette Auroville toute proche, ont pu se developper au fil des annees et d’un labeur incessant, interieur comme exterieur. Cet article se devait donc d’etre ecrit en francais, ce pourquoi il en est effectivement ainsi, pour mon plus grand plaisir, d’ailleurs!…

“MUOB”, ou ma NDE/EMI a Auroville, Avril 1975

Traduction de l’article originel en anglais: “MUOB”, or my NDE in Auroville, April 1975

https://labofevolution.wordpress.com/2014/07/19/my-nde-in-auroville-april-1975/

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A peine quelques annees apres mon arrivee a Auroville, je devins impatiente de la lenteur de notre progres collectif. Parmi les communautes auroviliennes existantes, je ne pouvais en trouver aucune ou l’intensite, le feu interieur pour l’evolution consciente et le Yoga Integral me semblaient etre encore vraiment vivants.

Seule une nouvelle communaute, demarree recemment sur les hauteurs entre deux canyons par un austere et rayonnant jeune homme venu de l’Ashram, avait encore de l’attrait pour moi, car en lui et dans ce nouvel endroit la flamme interieure me semblait etre encore bien allumee.

Il m’autorisa a me joindre aux quelques personnes elues qui vivaient deja autour de lui.

J’etais tres heureuse, et pendant environ six mois tout alla bien.

Mais a un certain point il me prit a l’ecart et me dit en prive, de maniere completement inattendue, que certaines tendances en moi n’etaient pas bonnes pour l’endroit et il allait falloir que je m’en aille .

Frappee de surprise et d’horreur, je le suppliai de me donner au moins quelque temps, ne serait-ce qu’un mois; dans l’espace de ce mois j’etais sure de pouvoir deraciner en moi quoi que ce soit de problematique qu’il ait a l’esprit comme rendant ma presence indesirable.

Il accepta de me donner ce mois de plus, apres lequel nous nous rencontrerions a nouveau, dans sa hutte, pour qu’il m’informe de sa decision finale.

Vous pouvez imaginer comment j’ai passe cet unique mois que j’avais pour me changer de maniere suffisamment convaincante pour gagner son approbation et etre autorisee a rester, ce qui etait expremement important pour moi: jour et nuit je faisais l’offrande fervente de mon etre et de quelque defaut que je puisse avoir au Divin , le Divin tel que j’etais deja entree en contact avec Lui/Elle dans cette gigantesque experience du 18 Novembre 1973: la Mere Divine. (Voir l’article precedent: https://labofevolution.wordpress.com/2015/11/29/a-nouveau-le-17-novembre-est-passe/)

Mais dans cet enorme Darshan d’Elle-meme que j’avais recu ce jour-la, le contact interieur avec Elle, l’intimite de sa Presence guidante avaient manque. En l’absence de cette direction interieure en direct d’Elle en moi-meme, j’avais fait une sorte de pacte secret avec Elle: je considererais ce jeune homme comme Sa voix pour moi, et quoi que ce soit qu’il me dirait je considererais que c’etait Elle-meme qui me le disait – certainement pas une solution ideale, mais a l’epoque je n’en voyais pas d’autre, alors c’etait la meilleure facon que je pouvais inventer pour recevoir, au moins indirectement, la Direction de Mere.

Lorsque le mois finalement toucha a sa fin, chcune de ses minutes ayant ete passees en ardente priere que je puisse rester, j’allai a la hutte de ce jeune homme et m’assis en face de lui en silence, attendant son verdict. Tous les deux nous etions dans cette position en lotus (en tailleur…) qui est si pratique dans ces huttes  pour s’asseoir sur un fin coussin directement sur le plancher, dans ce cas-la le plancher superieur de la hutte, a l’etage. Mon coeur battait violemment dans ma poitrine pendant qu j’attendais qu’il parle.

Apres une courte concentration muette, il me regarda droit dans les yeux et me dit, avec grande gentillesse mais aussi la fermete d’une decision finale:

“Je suis desole, il faut vraiment que vous partiez.”

Aucune reponse ne sortit de moi, car ses mots m’avaient frappee comme un couteau se fichant dans mon coeur. La douleur saisit mon coeur dans son feroce etau, douleur si aigue que je ne pouvais meme pas crier.

Je m’evanouis – tout devint soudain noir -, mes yeux se fermant par eux-memes pendant que mon corps assis devenait rigide  dans un spasme comme s’il etait gele.

Dans le noir interieur m’environnant maintenant de partout, la douleur etait la seule chose me rappelant que j’avais encore un corps; mais interieurement je pouvais sentir l’energie de vie refluer de tous mes membres, de mon organisme tout entier, refluant de plus en plus vite, vers mon coeur, le flot de l’energie de vie etant attire la irresistiblement, exactement comme vers un trou noir qui l’aspirait completement en dedans de lui: un trou noir de douleur atroce.

Ma seule pensee, emergeant de l’intense sentiment de desespoir qui me submergeait, etait ceci:

” Alors la Mere Divine m’a rejetee. Elle m’a dit “Non”. Ce lieu etait le dernier, le seul ou je sentais que je recevrais de l’aide pour progresser et m’ameliorer. Maintenant je n’ai plus nulle part d’autre ou aller. Je suis perdue. Ma vie n’a plus aucun sens. Je peux aussi bien mourir.”

Et dans l’etrange vacuite mentale de ce moment, un souvenir encore plus etrange soudain me traversa l’esprit…

De longues annees auparavant, encore enfant, j’avais lu une devinette, une blague amusante dans  “Selection du Reader’s Digest”:

”Le son que fait une explosion est BOUM. Quel est le son que fait une implosion?”

La reponse etait: “MUOB”.

J’avais aime ce son amusant, il m’avait fait rire, car il exprimait si bien ce qu’une implosion est en effet…

Et maintenant, dans ce moment que je ressentais tout a fait comme celui de ma mort imminente par implosion, voila que c’etait la seule pensee qui brievement me revenait a l’esprit, apres avoir ete totalement oubliee pendant des decennies:

“Eh bien voila, maintenant je suis en train de faire MUOB…”

Mon desespoir etait si total que ca m’etait egal d’etre en train de mourir. Je regardais simplement tout cela se passer, avec une indifference muette oppressante de douleur.

Ce qui subsistait de mon etre, je l’eprouvais de plus en plus comme une intensite de douleur et de desespoir comprimee a l’infini. Je devenais de plus en plus une sorte de pierre, une pierre noire, de plus en plus dure, de plus en plus minuscule, la douleur devenant de plus en plus intolerable a mesure que j’approchais du point ou je serais entierement avalee par le trou noir et disparaitrais dans le neant.

Au bord meme de l’annihilation, quelque chose en moi surgit soudain, aussi tenu que cela ait ete, quelque chose qui ne pouvait accepter. Accepter un tel sort, accepter que la Mere Divine m’avait rejetee, c’etait trop injuste, trop cruel:

“Mais Elle est ma Mere Eternelle! Elle sait tout de moi. Elle sait ma sincerite, Elle sait combien, de toutes mes forces, j’ai essaye!… Comment pourrait-Elle me rejeter? Ce n’est pas possible, Elle ne peut pas m’abandonner !”

Et dans un ultime elan d’amour pour Elle, et de confiance en son Amour, un appel au secours angoisse, un hurlement interieur jaillit vers Elle a travers le Noir Neant de Mort en train de m’engouffrer:

“MERE!…”

Instantanement je me retrouvai dans un immense, et pourtant intime royaume de merveilleuse Lumiere doree constituant tout, le paysage si beau, les etres memes qui etaient la – mais parmi eux moi, sous la forme d’une mignonne petite fille d’environ six ans, dans une jolie petite robe courte a volants, je n’avais d’yeux que pour Elle, ma Divine Maman, qui etait assise la a quelque distance, sur une sorte de trone fait de la meme merveilleuse Lumiere, et son Etre lui aussi rayonnait doucement de cette Lumiere, tandis qu’Elle ouvrait les bras vers moi, souriant d’un sourire si doux que je m’elancai en courant vers Elle, les bras avidement tendus, et je me jetai sur ses genoux en confiance totale et joyeux abandon. J’etais chez moi enfin, avec Elle.

Du moment eternel qui suivit, je me rappelle seulement l’Unite beatifique entre nous, et comment Elle me reconforta, riant doucement, me disant que bien sur Elle ne m’avait jamais rejetee du tout, et ne le ferait jamais, c’etait une impossibilite, mais a ce stade-la de mon existence humaine toute cette douleur avait ete necessaire pour que ma conscience atteigne finalement l’intensite de besoin voulue pour me faire passer dans cette autre Dimension et venir dans ce Royaume de Douceur d’Amour lumineuse, qui penetrait tout, ce Royaume en lequel nos ames ont leur Origine, et qui est notre chez nous veritable entre nos temps de vie sur Terre ou ailleurs, lorsque nous faisons l’experience d’etre un Humain dans un corps physique humain.

Je me laissai fondre en Elle, en son Amour, j’etais sienne pour une heureuse eternite dans laquelle aucun sens de temps qui passe n’existait du tout.

Et soudain ma conscience se retrouva de nouveau dans cette hutte, a l’interieur de mon corps toujours assis la, rigidement immobile en face du jeune homme egalement toujours assis la. J’etais dans un etat de parfait bonheur et tranquillite.

Il me regardait avec stupeur et une sorte d’effroi, completement abasourdi, apres avoir probablement vu les extremes changements qui avaient du se produire sur mon visage, exprimant  les extremes changements d’etat interieur dont j’avais eu l’experience. Je ressentis de la compassion pour lui, qui avait ete le temoin de tout cela sans savoir ce qui se passait en moi. Je ressentis de la gratitude aussi, pour le role qu’il avait joue sans s’en douter dans ce merveilleux changement de dimension dont j’avais eu l’experience: en me poussant jusqu’aux extremes limites du desespoir et de la mort, il avait ete l’instrument utilise par la Mere Divine pour obtenir ce resultat. Je lui souris avec douceur et dis:

“Donc, il faut que je m’en aille?… Bon. Pas de probleme. Je peux aller n’inporte ou, cela n’a pas d’importance. Y a-t-il un autre endroit d’Auroville que vous suggereriez?”

En effet, l’endroit n’etait plus important, ni meme lui, le jeune homme, maintenant que j’avais mon contact interieur avec ma chere Mere etabli en toute securite a l’interieur de moi, accessible directement pour m’y referer.

Pendant un moment il ne put en croire ses oreilles. C’etait une personne transformee qu’il regardait et ecoutait. Le changement avait ete si abrupt qu’il en etait tout deconcerte. Finalement il parvint a me dire effectivement le nom d’une autre communaute ou l’on avait besoin de quelqu’un pour prendre soin de l’endroit, la personne precedente etant recemment partie.

Et je suis donc allee la, avec mon beau et doux secret cache en moi… le secret de cette presque mort par crise cardiaque, et de ma visite au bienheureux chez nous dans la Realite derriere celle-ci…

 

A Nouveau le 17 Novembre est passe…

Cette fois-ci, nous sommes en 2015, ce qui veut dire 42 annees ecoulees depuis 1973… et pourtant cette fois-ci a ete comme une grande premiere, car j’ai vecu ce 17 Novembre-ci d’une tout autre maniere: dans une conscience toute nouvelle de ce que cette date et ce qui s’est passe pour moi le lendemain 18 Novembre en 1973, a reellement signifie non seulement d’important, mais meme de determinant pour toute la suite de ma vie ici a Auroville.

Je resume ci-dessous les deux longs articles,(https://labofevolution.wordpress.com/2014/11/28/my-double-darshan-of-the-divine-mother-on-18-11-73/) pas encore traduits en francais, que j’ai ecrits pour ce Blog sur les deux Darshans successifs, tous les deux inattendus et tous les deux massifs, qui se sont produits dans ma vie ce jour-la:

Le 1er Darshan, recu tot le matin juste apres avoir appris la nouvelle que Mere avait quitte son corps la veille au soir, m’a pour la 1ere fois rendue soudain consciente de la seule Realite Vraie, celle qui inclut notre realite habituelle, mais la depasse et en meme temps l’embrasse de toute Eternite.

Et cette Vraie Realite, je l’ai vecue de maniere indeniable, indiscutable meme pour ma raison: je m’y suis tout bonnement retrouvee tout d’un coup plongee, la realite ordinaire ayant disparu et “moi” n’etant plus qu’un point infinitesimal dans le Corps infini d’un Etre eternel fait de Lumiere, de Puissance et de Joie totales; point infinitesimal et pourtant beatifiquement conscient de faire partie integrante de ce Corps, de l’absolue magnificence de cet Etre Un en lequel se meut sans le savoir tout ce qui est… et voila que je vivais Cela, moi, consciemment, par quelque indicible cadeau de ce Moi superlatif qui se revelait ainsi a mon petit moi!!! Une voix ferme mais douce s’est fait entendre alors dans les profondeurs de mon coeur:

“Ceci, ce que tu vis en ce moment, est ce que l’on appelle en Inde “la Mere Divine”, et c’est ce que la personne qui a quitte son corps hier incarnait sur la Terre.”

D’enormes cloches cosmiques sonnaient a toute volee, comme en celebration d’une Victoire immense remportee pour le Tout contenu dans cet Un.

Quelques heures plus tard,  a l’Ashram de Pondichery, j’avais un second Darshan, cette fois de ce corps humain qui avait ete la forme physique de Celle que Sri Aurobindo en effet appelait “La Mere”; ce corps, mes yeux encore ouverts au monde subtil ne l’ont vu que tel qu’il etait dans cette realite subtile plus vraie: une forme de brume de feu, contenant toute la conscience et la puissance du monde. Mais ce n’est qu’a mon troisieme passage devant ce corps que mon etre emotif, les deux fois d’avant trop bouleverse par cette nouvelle indicible revelation, a ete capable de laisser entrer en moi tout ce qui voulait s’y deverser depuis cette forme de feu orange. La troisieme fois enfin, j’ai pu recevoir et recevoir, longuement, ce qui semblait un breuvage inconnu remplissant peu a peu tout mon etre, y compris mon corps physique.

Tout cela a marque de maniere indelebile mon premier contact interieur, en meme temps que physique, avec Mere, et ma relation avec Elle n’a pu que se developper toujours davantage depuis lors dans ma vie d’Aurovilienne, cette relation ayant commence de facon aussi intensement transformatrice.

Trois annees plus tard, en 1976, arrivant a la fin du 3eme et dernier tome, tout juste paru, de la belle Trilogie ecrite par Satprem sur la vie de Mere, j’y ai decouvert, ebahie, saisie, emerveillee, le recit de l’experience colossale que lui aussi avait eue ce meme matin du 18 Novembre 73, etonnamment semblable a mon 1er Darshan; tout, tout y etait, y compris les gigantesques cloches, qui pour lui proclamaient a toute volee, encore et encore, la Victoire de Mere sur cette Mort pretendue ineluctable:

“TOUT EST POSSIBLE, RIEN N’EMPECHE…”

Cette lecture a confirme l’importance veritable  de ce qui s’est passe ce 18 Novembre-la, dont il s’est trouve que nous avons tous deux ete temoins – et probablement pas les seuls.

Il est bien possible que pour le corps physique de Satprem ce moment-la ait ete le point de depart d’une evolution de conscience qui a enfin permis a ses cellules pendant la suite de sa vie physique de collaborer a leur propre transformation – jusqu’a quel point, je n’en sais rien, sauf que Mere, au cours de leurs conversations pour ce Journal de bord qu’elle appelait son “Agenda”, lui avait assure que lui “irait jusqu’au bout”. Le recit de cette experience peut etre lu aussi tout a la fin du dernier volume de l’Agenda (volume 13, publie en 1981) que Satprem termine en ajoutant quelques pages pour la decrire, essentiellement de la meme facon qu’a la fin de sa Trilogie publiee cinq ans aupravant.

Mais en ce qui me concerne, ce que j’ai enfin compris au cours de cette annee 2015 qui s’acheve, et ce qui maintenant me parait evident, c’est que le 18 Novembre 73 a ete le jour ou ce 1er contact si extraordinaire avec le corps de Mere a depose en mon propre corps physique la semence pour ainsi dire de son changement de conscience a venir: en 1976 a eu lieu de maniere tout a fait inattendue la premiere fois ou j’ai ete consciente de mes cellules: de leurs pensees, de leurs emotions, de leur reactions. Et a peine un an plus tard, en 1977, deja certains groupes de cellules se tournaient vers le Divin et commencaient leur propre yoga sans que j’y sois pour rien, et sans que j’aie fait quoi que ce soit pour obtenir cela, car l’idee ne m’en serait meme pas venue: a l’epoque, comme tout le monde j’etais persuadee qu’il faudrait encore des siecles avant que les efforts evolutifs des cellules de Mere puissent produire des resultats dans les corps des disciples ordinaires ou des autres humains sur la Terre…

C’est cette comprehension enfin du role que les cellules du corps de Mere, bien sur extremement conscientes et vivantes meme dans cette “mort” apparente, ont evidemment joue dans l’eveil – si rapide par la suite, cela m’avait toujours paru incomprehensible – de la conscience cellulaire dans mon propre corps; c’est finalement cette comprehension qui m’a revele l’importance en fait capitale qu’avait eue pour mon devenir evolutif cellulaire la “contagion”, comme aimait dire Mere, recue ce jour-la…

La gratitude enorme que je portais deja en moi pour ce second Darshan du 18 Novembre s’en est trouvee encore decuplee, ainsi que la joie de ma celebration pour cet anniversaire cette fois-ci!

Merci, merci, braves cellules du corps de Mere, de la part de tous les corps physiques qui comme le mien, consciemment ou non, ont recu de vous cette si precieuse “contagion”, declenchant ainsi toute une reaction en chaine dont probablement beaucoup plus d’autres corps ont pu depuis beneficier partout dans le monde… Il fallait qu’un premier corps ait cet incroyable courage, accepte d’essayer de se transformer, et apprenne a le faire au prix d’un long et dur labeur, et vous l’avez fait, en depit de toutes les difficultes, douleurs et dangers auxquels vous avez du faire face pour cela.

Au nom de toute la Terre, merci!…

 

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