18.11.19: La “mort” victorieuse de Mère, prédite dans “Savitri”

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“Savitri”: La suprême révélation de la Vision de Sri Aurobindo”  (signé: La Mère)

Il est bien connu que Sri Aurobindo, en écrivant son vaste poème épique sur l’Évolution, intitulé “Savitri”, raconte l’histoire d’une Incarnation sur Terre de la Mère Divine en des temps beaucoup plus anciens, en Inde, mais ouvrant déjà pour la Terre entière la Possibilité de l’Ère Nouvelle qui commence maintenant: l’ÈRE SUPRAMENTALE,

Savitri, à la fin du poème, a gagné ce qui était son propre Défi – son époux Satyavan, lui qui est à travers les Àges l’Incarnation de l’Aspiration Humaine, doit  pour cela être sauvé de la Mort prématurée qui était son Destin supposé. Alors, quand Savitri réussit, le Divin, dans sa jubilation divine de cette magnifique Victoire de la part de Celle qui était en quelque sorte son champion sur la Terre à cet important moment-là, annonce la Victoire encore plus grande à venir, lorsqu’il s’agira d’activer enfin sur Terre la Conscience de Vérité, Supramentale, qui remplacera la Conscience Mentale à la tête de l’Évolution.

Non seulement cela permettra de sortir des impasses créées par le Mental mais, annonce le Divin, tout ce dont les êtres humains ont rêvé depuis toujours va enfin commencer à se réaliser peu à peu, jusqu’à une véritable Vie Divine, ici sur la Terre, et dans des corps transformés mais toujours matériels… quoique d’une Matière elle-même transformée aussi.

Auparavant, deux Pionniers de l’Évolution Consciente devront s’incarner pour faire le nécessaire afin d’activer la Fréquence Vibratoire Supramentale dans la Matière Terrestre, rendant possibles tous les énormes changements voulus. Cette prédiction divine concerne l’Incarnation de Sri Aurobindo et de la Mère eux-mêmes, venus à notre époque faire l’Action décisive indispensable pour ajouter cet échelon crucial à l’Évolution Terrestre.  Sri Aurobindo, écrivant cette Prédiction, ne cache pas les difficultés et dangers – il en sait quelque chose par expérience – auxquels auront à faire face ces deux Pionniers pour remporter eux aussi la Victoire qu’ils sont venus remporter.

Mère de son côté, après, ne cachera pas à son confident Satprem que nombre des expériences spirituelles extraordinaires, y compris les plus dangereuses, que Sri Aurobindo a attribuées à son héroïne Savitri, sont en fait ses expériences à elle… de même que celles d’Ashvapaty, le père de Savitri, un Roi secrètement grand Yogi, étaient en réalité celles accomplies par Sri Aurobindo lui-même…

Nous sommes pour la plupart encore ignorants du potentiel bien supérieur – en fait divin – maintenant activé jusque dans la Matière Physique elle-même, et donc aussi les cellules de nos corps.
Ces incroyables nouvelles Possibilités, il faut le répétér en effet, ne nous ont été acquises que grâce à la longue Action évolutive, invisible mais fort efficace, de Sri Aurobindo et la Mère, qui ont finalement sacrifié chacun la transformation complète de son propre corps, afin de rendre terrestres plutôt que seulement individuelles les victoires remportées au fil de longues décades – et au prix finalement de leur vie physique.
Mais quel gain inouï « pour la Terre et les hommes », comme le voulait justement Savitri, cette Incarnation plus ancienne de la Mère Divine dans l’incroyable chef-d’oeuvre que nous a laissé Sri Aurobindo en cet immense poème épique mais aussi initiatique!…
C’est le seul de ses écrits qu’il ait continué de dicter et réviser jusqu’au dernier moment, avant sa mort secrètement volontaire sous le couvert d’une maladie dont il aurait pu aisément se guérir.
Vers la fin du poème, à chaque offre par le Suprême d’un merveilleux Don Divin, si tentant certes, mais offert pour elle seule et son époux Satyavan qu’elle venait d’arracher victorieusement à la Mort, Savitri chaque fois, dans son infinie Compassion de Mère Divine, répondait obstinément « Oh oui, donne-moi Ta Paix (ou Ta Félicité, ou Ta Force, ou……), mais pour la terre et les hommes!… «  De même toute une merveilleuse Vie Divine future sur la Terre a été obtenue par ces deux Volontés indomptables au service du Plan Divin bel et bien à réaliser ici,..  Avec Amour et Joie – et, oui en effet, « pour la Terre et les hommes… «: pour tous ceux d’entre nous qui voudront aller enfin au-delà des limitations humaines considérées comme « normales » , et plus tard aider les autres à les dépasser eux aussi quand ils s’y sentiront prêts. Puissions-nous tous garder à jamais au coeur une profonde Gratitude pour les Deux Êtres qui ont rendu tout cela possible…
En 1950, avant sa propre disparition délibérée pour achever en coulisses sa propre Mission, Sri Aurobindo savait déjà, supposément à propos de Savitri, mais combien davantage encore à propos de Mère elle-même, qu’elle aurait une tâche encore plus  impossible: une fois que le Pouvoir Supramental, tellement plus intense que les précédents, serait activé sur la Terre, ils’agirait de le recevoir dans son propre corps et d’aider ses cellules à apprendre comment vivre avec et par ce Pouvoir au lieu d’en mourir – et de faire cela non seulement pour son corps, mais d’une façon qui aide potentiellement tous les autres corps aussi à acquérir cette nouvelle Possibilité de Vie Nouvelle. Sri Aurobindo savait déjà que seul ce corps de Mère avait l’extraordinaire, l’exceptionnelle endurance pour réussir – peut-être – pareil exploit.
Sri Aurobindo savait et écrivait déjà ceci:
“Un jour peut venir où elle devra se tenir sans aide
Sur l’arête dangereuse de l’avenir du monde et du sien,
Portant le futur du monde contre sa seule poitrine,
Portant l’espoir humain dans un coeur laissé seul
Pour qu’il conquière ou échoue sur d’ultimes confins désespérés,
En tête à tête avec la mort, à la frontière de l’anéantissement.
Sa grandeur, dans cette dernière scène implacable,
Doit passer seule un pont périlleux dans le Temps
Et atteindre un point culminant de la destinée cosmique
Où pour l’homme tout est gagné ou tout perdu.
Au milieu de ce silence désert, perdu, démesuré,
D’une heure décisive dans le destin du monde,
Dans l’ascension de son âme par-delà le temps humain
Quand elle se tiendra seule avec la Mort ou avec Dieu,
À part sur un rebord muet et sans espoir,
Face à face avec son Moi, la mort et la destinée
Comme sur quelque limite extrême entre le Temps et l’Éternité,
Quand l’être devra prendre fin ou la vie recréer sa base,
Seule elle devra conquérir ou seule elle devra tomber.”
(“Savitri”, Livre Six, Chant 2, page 461, vers 856 sqq)
De ceux qui ont connu l’existence de Mère telle qu’elle était dans le corps humain qu’ils ont connu, la plupart croient que le 17 novembre 1973, elle est morte. Que ce corps est tout simplement mort. Qu’elle a échoué.
Il se trouve que moi qui n’étais arrivée à Auroville que depuis un an et demi, à une époque où même à l’Ashram presque personne ne savait ou ne se rendait vraiment compte de ce que tentait Mère dans son corps depuis 1956 et la venue du Supramental, moi qui n’étais même pas intéressée au début à rencontrer Mère pour mon anniversaire, ne me rendant pas encore compte de la chance que cela serait pour mon progrès intérieur, il se trouve que le 18 novembre 1973, quand à Auroville on a reçu la nouvelle que Mère “avait quitté son corps”, il se trouve qu’il m’a été donné coup sur coup, d’abord à Auroville puis à l’Ashram devant le corps théoriquement “mort” deMère, deux énormes expériences qui m’ont fait voir d’Elle et de son corps une Réalité bien autre, et magnifiquement, cosmiquement victorieuse*. D’une Victoire dont je ne savais même pas comment elle avait été gagnée, mais dont j’ai reçu sans le savoir dans mon corps même la preuve concrète. Indéniable, car elle s’est manifestée à peine quelques années plus tard par un éveil tout à fait inattendu de ma propre conscience cellulaire, qui a commencé à se tourner vers le Divin, en un véritable Yoga des cellules elles-mêmes qui n’a fait que s’amplifier depuis. sous mon regard ébahi mais émerveillé – et plein de gratitude pour la Grâce Divine qui me fait vivre une chose aussi nouvelle sur la Terre, et me permet ainsi d’affirmer que non, Mère n’a pas perdu sa Bataille finale avec la Mort: elle l’a gagnée, et potentiellement aussi pour tous les autres corps humains qui voudront bien un jour, à leur tour, changer leur conscience et leur vie, et se tourner vers le Divin…
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* Sur ce point, voir aussi mon autre article:
https://labofevolution.wordpress.com/2018/11/18/18-11-1973-getting-a-double-darshan-from-the-divine-mother/

 

Mère, le 17 Novembre 1973 et le Matrimandir

En Décembre 1950 à Pondicherry (South India) Sri Aurobindo, le grand Yogi de l’Évolution Consciente, sous le couvert d’une maladie sacrifia délibérément son corps physique pour terminer plus vite son Action Évolutive secrète pour la Terre : activer dans la Matière terrestre la Conscience-Force de Vérité qu’il appelait ‘Supramentale’ et qui commencerait sur Terre la Nouvelle Ère bien nécessaire.

À sa demande, sa collaboratrice spirituelle venue en 1914 de France, Mira Alfassa, en qui il avait reconnu l’incarnation de ce Principe Féminin du Divin appelée en Inde la Mère Divine, et qu’il appelait donc « La Mère », a continué à diriger l’Ashram qui s’était formé autour d’eux, d’abord spontanément, puis officiellement en 1926. Mais de plus, après qu’en 1956 le Supramental ait été effectivement activé,  la Mère a vu qu’il était temps finalement de fonder, en 1968, à une dizaine de kilomètres de Pondy, la Ville Nouvelle qui avait été depuis longtemps leur projet commun plus vaste, pour aider à l’évolution de l’humanité entière vers « une conscience plus haute et plus vraie ». À la fois en l’honneur de Sri Aurobindo et pour célébrer l’Aurore de cette humanité nouvelle, elle donna à la Ville naissante le nom d’« Auroville ».

Jusqu’à ce qu’elle quitte elle-même son corps physique le 17 Novembre 1973 – date que nous commémorons aujourd’hui -, c’est la Mère qui a guidé personnellement les premières années du développement à la fois intérieur et extérieur de la Ville future, ainsi que de sa population embryonnaire.

Sur l’îlot central, au milieu du cercle de la Cité qui continue à se construire peu à peu, se trouve maintenant son édifice le plus important, que la Mère nomma le « Matrimandir », ou « Oratoire de la Mère », annonçant qu’il serait « l’âme d’Auroville ». Après avoir eu depuis 1969 des visions répétées de sa Chambre Intérieure, c’est dès 1971 que la Mère fit commencer la construction du bâtiment complet qui y donnerait accès, d’une manière qui se révèle être à la fois symbolique et initiatique, par sa forme même pour commencer: une sphère légèrement aplatie comme la Terre, et émergeant d’un vaste cratère creusé dans le sol. Aujourd’hui cette magnifique sphère, ornée de grands disques dorés concaves ou convexes, attire de loin le regard parmi les différents jardins plus bas qui l’entourent, voulus eux aussi par la Mère: tout l’ensemble, l’édifice entier plus son environnement immédiat, se trouve matérialiser en volume et à grande échelle, le Symbole même dessiné depuis longtemps par la Mère (voir plus bas sur la Carte du Darshan), montrant de quelle manière se produit l’Action éternelle et incessante de la Mère Divine pour créer et maintenir en existence cet Univers et tous les Univers.

Le cercle le plus extérieur de ce Symbole contient les Douze Qualités par lesquelles la Mère Divine peut transformer notre nature humaine, et que chaque être humain peut développer ici plus facilement, grâce à l’atmosphère particulière communiquant le vécu d’un de ces états d’être, non seulement dans chacun des jardins prévus ou déjà réalisés, mais aussi dans chacun des espaces aménagés directement à l’intérieur des structures creuses de béton, les « pétales », comme ils sont appelés, entourant la sphère comme les pétales entourent le coeur d’un Lotus, symbole en Inde de la Conscience Divine. Ainsi chacun des « pétales », comme chacun des jardins, concerne l’une des Douze Qualités représentées sur le cercle extérieur du Symbole, et de nombreuses personnes tirent grand bénéfice intérieur des moments passés dans l’un ou l’autre de ces « pétales”, selon leur choix.

Cependant, ainsi que Sri Aurobindo l’a expliqué dans le précieux livret de 1926-27 appelé « La Mère », il y a tout d’abord (représentés donc dans le cercle plus intérieur du Symbole), avec chacun son nom et ses caractéristiques propres, décrits magnifiquement tour à tour, les Quatre Pouvoirs principaux de la Mère Divine, plus importants, et déjà à l’oeuvre en tout depuis toujours, que nous nous en rendions compte ou non: Sagesse, Puissance, Harmonie, et Perfection.

En Sanskrit, les noms de ces Quatre Aspects majeurs de la Mère Divine sont: Maheshwari, Mahakâli, Mahalakshmi et Mahasaraswati, Pour chacune le préfixe « Maha- « indique qu’elle est l’origine spirituelle première, véritable, de ce Pouvoir, issu directement de la Source Suprême (le Centre même du Symbole), à ne pas confondre avec les divinités moindres en qui leur rôle a été réduit ou déformé au cours du temps, et sous le nom desquelles ces Quatre sont connues et désignées de nos jours dans la religion populaire.

Leur Action est universelle et s’organise dans une certaine succession naturelle à toute action:
De la Sagesse qui a la Vision d’ensemble et doit venir en premier, à la Puissance de réalisation qui doit ensuite s’y ajouter, puis à l’Harmonie avec laquelle l’action nécessaire doit se produire, puis finalement jusqu’à la Perfection indispensable également pour s’assurer que ce qui a été fait l’a été avec la précision et la solidité voulues, toutes nos actions humaines impliquent elles aussi l’intervention de ces Quatre Pouvoirs, quoique seulement dans l’infime mesure correspondant à la petitesse ordinaire de ce que nous entreprenons de faire en tant qu’êtres humains.

L’observation m’a montré au fil des années que dans nos natures individuelles, ces Quatre Pouvoirs Principaux de la Mère sont présents, mais en général développés de façon très inégale, car chaque être humain tend à en apprécier seulement l’un ou l’autre, voyant avec crainte ou mépris ceux de ces Quatre Pouvoirs pas encore suffisamment ressentis comme « normaux « dans sa propre nature individuelle. Cette tendance au rejet de ce qui est différent de nous, ressenti même comme opposé à notre manière d’être, est l’une des conséquences les plus graves en l’humanité actuelle du fonctionnement de ce Pouvoir Mental qui a jusqu’ici dominé notre nature humaine.

C’est ce que la Mère appelait l’Exclusivisme, cause terrible de tous les fanatismes, qu’ils soient religieux, politiques ou autres: le fonctionnement mental, par sa perception trop étroite et limitée, limitante et déformante, ne perçoit que les extrêmes, polarise tout en dualités de contraires, et s’imagine que, de toutes les vérités très diverses que perçoivent les humains, une seule est forcément la vraie, excluant toutes les autres comme fausses ou délibérément mensongères – d’où toutes les guerres et autres massacres réciproques d’un peuple par un autre, trop souvent au nom de la Vérité, hélas.

La gigantesque sphère du Matrimandir, par sa forme même, représente enfin cette Vérité Réelle, « plus haute et plus vraie », dont parlait Mère: ronde et complète, incluant tous les multiples points de vue, chacun à sa place comme tous les disques dorés, dans l’Espace qui est aussi Temps. C’est la Vérité Supramentale, celle qui est au-delà des vérités fragmentaires du Mental et ne peut être perçue que par les consciences individuelles qui consentent à s’élargir, à devenir vastes, à s’ouvrir à cette Conscience-de-Vérité pleine et entière qu’est la Conscience Supramentale.
Une incroyable « coïncidence » m’a saisie d’émerveillement plus tard lorsqu’on m’a signalé le Fait remarquable que je décris dans les deux paragraphes qui suivent:
C’est à 19h25 que s’est achevée le 17 novembre 1973, dans la lumière des projecteurs, la plus longue des séances collectives de bétonnage que nous ayons jamais accomplie, celle qui réunissait finalement les sommets des quatre énormes Piliers en une seule vaste dalle de béton, laquelle allait constituer le dessous et le départ de la Sphère entière encore à édifier peu à peu par la suite.
C’est aussi exactement à 19h25, en ce même soir du 17 novembre 1973, que sans qu’aucun de nous ne le sache, la Mère, dans sa chambre à l’Ashram de Pondichéry, a finalement quitté son corps physique.
Comme si elle avait attendu ce moment, dirais-je maintenant, où la base même du Matrimandir serait là, réalisée, donnant l’assurance que tout le reste suivrait sans encombres, pour s’autoriser elle-même à passer à ce Corps Nouveau déjà réel, mais pas encore visible physiquement, dans lequel elle s’était vue intérieurement plusieurs fois déjà, et d’autres personnes l’avaient vue également (dé plus, la conscience spiritualisée des cellules non utilisées pour ce Corps Nouveau a pu passer dans d’autres corps humains suffisamment réceptifs, pour y commencer le même éveil évolutif…)
À propos encore de ces Quatre Piliers et de la Sphère, une évidence s’impose, pratique et spirituelle à la fois:
La Sphère Supramentale du Matrimandir n’a pu évidemment être construite, et rester ensuite posée en équilibre à la hauteur voulue pour qu’elle semble émerger du cratère, que parce que les quatre énormes Piliers qui la soutiennent, représentant chacun l’un de ces Quatre Aspects de la Mère, sont tous les quatre parfaitement au même niveau. Ce simple fait montre bien qu’il faut qu’il en soit ainsi au-dedans de nous aussi: aucun être humain ne sera capable de porter en lui et de manifester avec l’équilibre nécessaire la Conscience-Force Supramentale et la Puissance de Réalisation qu’elle apporte, si en lui ou elle n’ont pas été développés de manière égale ces Quatre Aspects de la Mère qui sont à la base de tout ce qui est déjà manifesté de la Réalité Divine. Seul un tel développement parfaitement équilibré permettra l’utilisation souple et spontanée de l’un ou l’autre de ces Pouvoirs, ou des Quatre dans la proportion voulue, dans la situation précise survenant à chaque instant.
D’ailleurs même à l’intérieur de la Sphère ces Quatre Piliers se continuent comme les immenses « côtes » formant, avec tout un réseau de poutres transversales, la structure interne qui sous-tend la coque extérieure seule visible de l’extérieur, sous les disques d’or.
Et de l’intérieur, que voit-on? Cette coque translucide, très légèrement couleur d’aurore, au-delà de toutes les poutres qui s’entrelacent tout autour, formant un immense espace creux, sphérique lui aussi bien sûr, et si accueillant…

De sa moitié inférieure partent les deux rampes s’élevant chacune en une large spirale jusqu’à la moitié supérieure abritant la Chambre, toute blanche et simple, avec ses douze colonnes à mi-chemin du centre, et avec en ce centre les quelques Symboles essentiels qu’elle offre à la contemplation de ceux qui y prennent place – le tout dans la douce lumière émanée précisément par l’un de ces objets au Centre: une large sphère de cristal – optique, donc parfaitement transparent et non déformant, ce qui est en fait très important – recevant d’en haut le rayon de soleil qui y est capté et dirigé droit vers le bas, passant ainsi à la verticale à travers d’abord le Cristal, puis une ouverture dans le sol, vers le niveau des rampes sous la Chambre, et jusqu’au niveau le plus bas, sous le fond même de la Sphère du Matrimandir, là où dort l’eau d’un Bassin, évoquant lui aussi un lotus, avec son coeur recevant lui aussi le rayon de lumière, et avec les gracieux cercles concentriques de pétales de lotus stylisés descendant doucement jusqu’à lui … comme le font les nombreuses personnes amoureuses de sa beauté paisible.

Tous les niveaux de notre être sont ainsi symboliquement touchés par cette Lumière venue d’en haut, reçue et transmise d’abord par l’équivalent de notre Centre du Coeur, l’Espace secret de notre Être Psychique, comme l’appellent Sri Aurobindo et Mère: l’Ëtre de notre Âme, qui grandit en nous au long de nos vies terrestres.

Je traduis ici le texte de Sri Aurobindo choisi à l’Ashram pour la Carte qui a été distribuée en ce jour de Darshan:

“Gardez foi en votre destinée spirituelle, retirez-vous de l’erreur et ouvrez davantage l’être psychique à la direction donnée par la lumière et le pouvoir de la Mère. Si la volonté centrale est sincère, chaque reconnaissance d’une faute peut devenir  un tremplin vers un mouvement plus vrai et un progrès plus élevé.”

 

31.8.2019: Cérémonie pour Pachamama – et la forêt amazonienne – à Auroville

Samedi dernier, il y juste deux jours, le 31 août, j’ai été heureuse de participer à un évènement organisé comme d’habitude par Anandi, une Aurovilienne (et amie) de longue date, originaire d’Argentine, qui coordine ici tout ce qui concerne l’Amérique (les trois Amériques en Une) et le site de son futur Pavillon dans la Zone Culturelle d’Auroville.
Voici, pour commencer, l’annonce lancée quelque temps auparavant:
Très chers amis, nous aurons une Cérémonie très spéciale le 31 août à notre Site de l’Amérique:
Tout d’abord, c’est le dernier jour d’août, le Mois de la Pachamama, que nous célébrons comme à l’habitude ensemble.
D’autre part, nous avons un Newcomer à Auroville, Eric, de France mais relié à notre Continent, non seulement par son épouse Paraguayenne, mais aussi par son contact très étroit avec les Lakota Sioux, qui lui ont donné l’initiation depuis déjà longtemps.
Mais il y a plus: nous avons reçu des Andes un incroyable cadeau: un Wipala, le drapeau Arc-en-ciel des Peuples Indigènes d’Amérique.
Pour toutes ces raisons, nous allons nous réunir sur l’Apacheta à la Nursery, juste pour Célébrer ensemble… et aussi prier et chanter pour la guérison de l’Amazonie.
S’il vous plaît, apportez de la nourriture, des fleurs, de l’encens, quoi que ce soit qui pour vous a de l’importance, pour l’offrir à notre Terre Mère ce jour-là.
Merci d’être avec nous,
Anandi, B, Eric et Lara
NOTE: ENVOYEZ CETTE INVITATION À TOUTE PERSONNE RELIÉE À L’AMÉRIQUE. MERCI.
Avec cette annonce se trouvait l’image d’une affiche que, par une merveilleuse synchronicité, j’ai vue à nouveau, mais cette fois grand format, juste le jour d’après l’annonce, parmi les nombreux panneaux arrangés en exposition d’extérieur au Centre pour les Visiteurs, informant les gens sur la Zone Culturelle et certains Pavillons Culturels non encore édifiés mais déjà existants dans le coeur des Auroviliens qui s’y sentent reliés de quelque manière que ce soit. Je n’avais jamais eu la curiosité d’aller regarder ces panneaux auparavant, si bien que je n’avais jamais vu non plus cette extraordinaire affiche de l’Amérique Une, et maintenant je la voyais deux fois en deux jours!…
(J’ai bien essayé de copier-coller cette affiche sur cet article, mais je n’ai pas réussi… pas encore. Je trouverai bien le moyen à un moment… ).
Quelques jours et un Rappel après, le jour J était déjà là, et tout se passa très bien. Environ 26 personnes participèrent.
Le jour suivant, Anandi ouvrit la voie aux impressions et commentaires, en étant la première à donner les siens dans un nouveau mail:
Merci à Eric pour ses Prières Lakota, à Andres pour sa gaita et à Jivatman pour son improvisation à la flûte pendant notre Visualisation concernant l’Amazonie. À Svaram pour les instruments et à tout le monde pour avoir participé de tout leur coeur à cette Célébration. Combien nous souhaitons que nos voix et notre amour, depuis le Site de l’Amérique à Auroville, aient atteint notre Amérique pour l’aider à surmonter ce moment difficile.
Un grand merci à B pour avoir fait partie d’Amérique Une depuis quarante ans… et pour avoir apporté un gâteau au chocolat avec une Carte de l’Amérique tracée dessus! Merci à Shakti et Ravi pour la délicieuse nourriture indienne.
Dans son Amour, en Gratitude
💜🕊

Anandi

Ce à quoi Jivatman (l’Aurovilien du Brésil qui improvisa de façon si belle sur sa flûte) répondit immédiatement:
Un grand Merci à toi pour ce partage!
et Mita, qui n’était pas venue, répondit elle aussi:
Wow, Anandi,
Ça semble avoir été fabuleux!
Regrette de n’avoir pas pu rentrer assez tôt pour me joindre à vous.
La prochaine fois!
Meilleurs voeux
Mita R.
Lire tout cela eut sur moi également un étrange effet de contagion, ouvrant en moi tout un flot de sentiments profonds dont j’avais été consciente pendant la Cérémonie, et qui soudain voulaient être partagés avec tous. Voici la forme que cela a prise finalement:
“Mes joyeux remerciements à chacun de ceux qui ont fait de cet évènement un aussi beau moment – ceux déjà mentionnés par Anandi, plus Anandi elle-même, pour en avoir été l’initiatrice… Et puis merci à Pachamama en personne, vivante dans ce monticule que nous avions formé, tout comme sous nos pieds nus; et à ses grands enfants-arbres hauts et larges autour de nous dans cette belle clairière, avec le Soleil présent lui aussi, descendant lentement à travers le feuillage dans la vastitude du Ciel au-dessus de nous! Notre Appel alla vers les Six Directions, oui vraiment, avec en nos coeurs spécialement l’Amazonie…
Vers les Deux Directions du Temps aussi nous avons appelé: il se trouve que je suis l’une des rares personnes à Auroville depuis 1972, à représenter l’Amérique Centrale, à travers la Martinique, l’une de ces Antilles, françaises ou non, qui sont les restes dans l’Océan Atlantique d’un très ancien Continent du Passé Oublié, longtemps avant ce vaste

mélange de peuples aux diverses origines que les trois parties de l’Amérique, y compris ces îles, sont devenues au présent, à part quelques rares endroits ayant encore leur population originelle. Vers un Futur plus vrai, symbolisé par Auroville elle-même, alla aussi notre Appel:

Auroville: enfin un lieu où la Diversité divine est consciemment protégée et chérie, tout en étant en même temps harmonisée en sa vaste, divine Unité…
Eh bien, après le changement de location officielle du Site de l’Amérique, c’était la première fois que j’étais arrivée à trouver un moment, au moment voulu… et à trouver même aussi enfin cette nouvelle location, pas si facile à atteindre, mais si accueillante une fois là!
Il y avait même un petit carré de feuille d’or pour amener le Matrimandir au beau milieu de tous les objets plus spécifiquement culturels à utiliser pendant la Cérémonie… Et de toutes petites photos de Sri Aurobindo et de Mère étaient là également, matérialisations discrètes comme il se devait de leur Présence et Soutien dans notre entreprise.
Mes remerciements les plus chaleureux à toi, Eric, pour m’avoir depuis je ne sais où apporté une chaise, afin que je n’aie pas à rester debout tout le temps! Sois béni pour cela, aussi bien que pour ton rôle si important dans cette Cérémonie à laquelle ton acte de gentillesse m’a permis de me joindre!
Ayant à rentrer chez moi avant la nuit, je ne pouvais rester jusqu’à la toute fin et avoir une part de la nourriture si appétissante apportée dès le début par B, et vers la fin par Shakti + Ravi et leurs merveileux enfants, mais j’ai pu au moins être là pour me réjouir de la participation délicieusement spontanée de la petite fille, et même du bébé, avant de devoir m’en aller… Quelle Bénédiction additionnelle du Futur ils étaient pour nous tous là-bas, surtout des adultes ayant préparé le terrain et l’atmosphère du mieux qu’ils ont pu, pour que eux réalisent plus tard l’Auroville encore plus vrai dont la Terre a besoin…
Avec de l’Amour souriant,
Bhaga ‘
Quand j’ai eu terminé cette “petite contribution” qui s’allongeait au fur et à mesure que je l’écrivais, j’ai réalisé qu’elle était en fait destinée à devenir la dernière partie du nouvel article depuis longtemps attendu pour mon Blog de Recherche, ‘Lab of Evolution’: un article qui retracerait l’historique de cet évènement comme je l’ai vécu et serai toujours heureuse de me le rappeler….
Et voilà que ce récit est là maintenant, pour que vous qui me lisez, en ayez la joie vous aussi!… Avec l’aide de l’une des photos prises pendant la Cérémonie:

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Intégral Yoga & Défauts humains (V): le Divin en l’autre, et en tout

Lorsque je suis arrivée en 1972 à Auroville, le nouveau livre d’écrits de Sri Aurobindo que j’ai alors découvert était tout mince, mais il a à nouveau été un éblouissement, comme l’avait déjà été auparavant “La Vie divine”. Il s’agissait de ses “Pensées et Aphorismes”, beaucoup d’entre eux déjà mentionnés et cités au fil des années sur ce Blog, y compris dans mes articles récents, mais leur valeur est si profonde et si universelle que je vais avoir à en utiliser encore certains dans le présent article. Les quelques-uns qui suivent, tirés de la section ‘Jnana’ de l’opuscule, quand je les ai lus alors, m’ont coupé le souffle par l’énormité de ce qu’ils impliquaient. Cela allait bien plus loin que les croyances fort belles mais encore limitées de ceux qui adorent Jésus-Christ, ou de ceux qui adorent Vishnou le Protecteur (plutôt que Brahma le Créateur ou Shiva le Destructeur, dans l’Hindouisme). Voici ce que dit Sri Aurobindo:

21 — Le chrétien et le vaishnava louent le pardon ; quant à moi, je demande :
« Qu’ai-je donc à pardonner et à qui ? »

22 — Dieu m’a frappé avec une main humaine ; dirai-je donc : « Je Te pardonne Ton insolence, ô Dieu » ?

23 — Dieu m’a fait du bien avec un coup. Dirai-je : « Je Te pardonne, ô Tout-Puissant, le mal et la cruauté, mais ne recommence pas » ?

24 — Quand je me plains d’une infortune et l’appelle un mal, ou quand je suis jaloux et déçu, je sais qu’en moi s’est encore réveillé l’éternel imbécile.

25 — Quand je vois les autres souffrir, je sens que je suis malheureux, mais une sagesse qui n’est pas mienne voit le bien qui s’approche, et approuve.

27 — Dieu est un grand et cruel Tortionnaire, parce qu’Il aime. Vous ne comprenez pas, parce que vous n’avez pas vu Krishna et joué avec lui.

29 — J’ai oublié ce qu’est le vice et la vertu ; je ne vois plus que Dieu, Son jeu dans le monde et Sa volonté dans l’humanité.

 

Se moquant de la raison humaine, qui essaye de juger ce qui est bien ou mal à partir des apparences superficielles, c’est avec beaucoup d’ironie que Sri Aurobindo décrit la manière habituelle de raisonner:

31 — Ce que je désire ou pense être bon ne se produit pas, par conséquent il est évident que ce n’est pas un Être suprêmement sage qui gouverne le monde,
mais seulement un Hasard aveugle ou une Causalité brutale.

C’est par expérience personnelle que Sri Aurobindo avait vu combien peut se tromper la raison humaine, et écrivait ces Aphorismes, car en 1908 il avait été soudain arrêté et jeté dans la prison d’Alipore à Calcutta, sur la base d’une accusation si grave qu’elle pouvait lui coûter la vie. Dans sa surprise il s’était plaint anxieusement au Divin: où était donc la Protection dont il se croyait assuré tant que sa vie serait consacrée à libérer son pays du joug britannique?

Eh bien, le Divin lui répondit qu’il n’y avait pas eu d’autre choix que cette extrême façon de s’y prendre pour arrêter Aurobindo dans son élan politique, après qu’il ait ignoré les avertissements plus doux qui lui avaient été donnés auparavant, de tout arrêter – ainsi qu’il devrait le faire, car le Divin avait pour lui une mission encore plus importante! Aurobindo avait d’ailleurs fait suffisamment pour l’Inde: d’autres allaient se lever pour continuer cette tâche, et l’Inde deviendrait de toutes façons libre pendant les grands changements mondiaux à venir…

Et le Divin promit aussi de le protéger personnellement contre tout danger réel dû à l’incarcération et au procès, lui assurant qu’il serait en fait libéré. En effet, un an jour pour jour plus tard, au moment du jugement, son avocat dans sa plaidoierie se mit à prononcer des mots divinement inspirés et inspirants, prophétisant le renom et la gratitude mondiale dont bénéficierait un jour l’accusé, en tant que le bienfaiteur de l’Humanité qu’il allait devenir. Dans la stupeur et le total silence où tous étaient plongés, le miracle se produisit: contre toute attente, Aurobindo fut purement et simplement acquitté.

Mais il y eut plus encore à cette incroyable histoire: durant cette entière année de prison, il avait reçu du Divin, jour après jour, toute l’expérience spirituelle très diverse dont il aurait besoin comme base pour la réelle Mission, immense, que le Divin lui réservait: aller plus loin encore que tout cela, et trouver le Yoga Intégral qui rendrait l’Humanité dans son ensemble capable de briser la prison de Conscience Mentale qui l’empêchait de poursuivre son évolution vers une Conscience plus haute et plus vraie. Pour cette intense année d’entraînement spirituel, le Divin avait envahi la vie en prison d’Aurobindo lui-même, sous la forme de Sri Krishna, le Divin en tant que l’Amant Éternel de nos âmes, révélant sa Présence en tout et tous autour de lui, y compris le procureur et les juges!… Ainsi que l’expliqua Aurobindo plus tard dans son fameux discours à Uttarpara, le premier après sa libération:

“C’était Sri Krishna qui était assis là, c’était mon Amant et mon Ami qui était assis là et souriait. “Maintenant as-tu peur?” Il dit, “Je suis en tous les hommes et j’ai le pouvoir de changer leurs actions et leurs paroles. Ma protection est encore avec toi et tu n’as pas à avoir peur. Ce procès qui t’est intenté, laisse-le entre mes mains. Ce n’est pas à toi de t’en occuper, Ce n’était pas pour un procès que je t’ai amené ici, mais pour autre chose. Le procès lui-même est seulement un moyen pour ce que Je veux faire, et rien de plus .

Est-ce étonnant alors, qu’en 1913 Sri Aurobindo ait écrit ces sublimes mots de gratitude:

34 — Ô Infortune, sois bénie, car à travers toi j’ai vu le visage de mon Amant.

Donc après tout cela, vous qui me lisez, vous avez tout intérêt à cesser de considérer automatiquemnt que “les autres” sont l’évidente source et cause de tous vos malheurs, et à voir plutôt la Main du Divin agissant à travers diverses circonstances extérieures et divers intruments humains – la plupart d’entre eux, étant donné l’état d’inconscience présente des êtres humains, ne se rendant absolument pas compte qu’ils participent en fait à un Plan Divin extraordinairemnt complexe et minutieusement organisé qui se déroule sous la forme de cette Évolution Terrestre. À travers tout ce qui se passe chacun d’entre nous est conduit le mieux possible à la comprèhension correcte de comment tout cela fonctionne, avec la Grâce Divine à l’oeuvre pour tous, même alors que l’évènement extérieur semble être ‘mauvais’, ou injuste, ou… 

Plus vite nous apprendrons à avoir de plus en plus constamment cette nouvelle perception et compréhension de chaque situation – de quoi que ce soit qui se passe – plus vite nous deviendrons paisibles et heureux… juste comme Sri Aurobindo lui-même nous en a indiqué le moyen à travers ses si précieux Aphorismes,  ceux-ci maintenant venant de leur section “Bhakti”:

444 — Il y a deux choses en Dieu que les hommes appellent mal : ce qu’ils ne peuvent pas du tout comprendre, et ce qu’ils comprennent mal et dont ils font mauvais usage quand ils en ont la possession ; c’est seulement ce qu’ils recherchent à tâtons, à moitié en vain et qu’ils comprennent vaguement, qu’ils appellent bon et saint. Mais, pour moi, toutes choses sont aimables en Lui.

445 — Ils disent, ô mon Dieu, que je suis fou, parce que je ne vois aucune faute en Toi ; mais si, vraiment, je suis fou de Ton amour, je ne tiens pas à recouvrer mon bon sens.

446 — « Erreurs, mensonges, faux pas ! » s’écrient-ils. Que Tes erreurs sont brillantes et belles, ô Seigneur ! Tes mensonges sauvent la vie à la Vérité ; par Tes faux pas le monde se perfectionne.

447 — « Vie, Vie, Vie ! », c’est ce que j’entends les passions crier ; « Dieu, Dieu, Dieu ! », telle est la réponse de l’âme. À moins que tu ne voies et n’aimes la Vie comme Dieu seulement, la Vie elle-même sera une joie scellée pour toi.

448 — « Il l’aime » disent les sens ; mais l’âme dit : « Dieu, Dieu, Dieu. » Telle est la formule qui embrasse toute l’existence.

449 — Si tu ne peux pas aimer le ver le plus vil et le plus immonde des criminels, comment peux-tu croire que tu as accepté Dieu en ton esprit ?

450 — Aimer Dieu en excluant le monde, c’est Lui donner une adoration intense mais imparfaite.

488 — Je dois aimer mon voisin non pas parce qu’il est le voisinage, car qu’y a-t-il dans le voisinage et les distances ? Ni parce que les religions me disent qu’il est mon frère, car où est la source de cette fraternité ? Mais parce qu’il est moi-même. Le voisinage et les distances touchent le corps — le cœur va au-delà. La fraternité est celle du sang, du pays, de la religion ou de l’humanité ; mais quand l’intérêt égoïste vocifère, qu’advient-il de cette fraternité ? C’est seulement en vivant en Dieu et en transformant le mental, le cœur et le corps à l’image de Son unité universelle que cet amour profond, désintéressé, inébranlable, devient possible.

Cela ne s’arrête même pas là: avec cet Amour vient aussi le Miel de ce Délice d’Être et de Devenir, qui fait partie de l’Essence-même du Divin, car c’est l’aspect Ananda de SatChitAnanda. Dans cette Nouvelle Conscience dont l’Aurore nous éclaire et transforme de plus en plus la manière dont nous vivons chaque moment de notre vie, les défauts humains dûs à notre égo humain graduellement s’effacent avec lui, tout naturellemnt, au fur et à mesure que nous grandissons au-delà d’eux. C’est là le merveilleux Miel Divin que nous commençons à goûter de manière de plus en plus permanente, et c’est là la route toute droite vers cette “Vie Divine” à nous promise, ici sur Terre. C’est à chacun d’entre nous d’utiliser le secret ultime que Sri Aurobindo nous a donné  à travers encore un de ses “Aperçus et Pensées” :

 

“Transforme tout en miel. Telle est la loi pour vivre divinement.”

 

Yoga Intégral & Défauts Humains (III): Sri Aurobindo sur la Psychanalyse

NOTE DE SATPREM SUR LE PASSAGE DE “L’AGENDA DE MÈRE” CITÉ DANS L’ARTICLE PRÉCÉDENT:

3 Lorsque nous avons publié partiellement cette conversation dans le Bulletin de l’Ashram, en avril 1962, Mère nous a fait modifier (malgré nos protestations) cette phrase: au lieu de «N’essayez pas d’être vertueux», Elle a mis: «N’essayez pas d’avoir l’air vertueux», et Elle a ajouté: «Il y a un inconvénient. Les gens ne comprennent jamais rien, ou plutôt ils comprennent à leur manière. Ils prendraient ça pour un encouragement à faire des bêtises, à être mauvais, à avoir de mauvais sentiments, et ils diraient: «Nous sommes les préférés du Seigneur!»… Tu te souviens, il y a une lettre de Sri Aurobindo comme cela, à des gens qui voulaient faire sortir tout ce qu’il y a de mauvais en eux – il leur a dit que ce n’était pas du tout la manière!» (Voir en addendum deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse.)

ADDENDUM

(Deux lettres de Sri Aurobindo sur la psychanalyse)

Votre pratique de la psychanalyse était une erreur. Elle a, pour le moment du moins, rendu plus compliqué et non plus facile le travail de purification. La psychanalyse de Freud est la dernière chose que l’on devrait associer au yoga. Elle prend une certaine partie de la nature, la plus obscure, la plus périlleuse, la plus malsaine – la couche sub-consciente du vital inférieur – et elle isole quelques-uns de ses phénomènes les plus morbides en leur attribuant une action hors de toute proportion avec leur rôle véritable dans la nature. La psychologie moderne est une science dans l’enfance, à la fois imprudente, tâtonnante et rudimentaire. Comme il en est de toutes les sciences dans l’enfance, cette habitude universelle du mental humain de prendre une vérité partielle ou locale, de la généraliser abusivement et de vouloir expliquer tout un domaine de la Nature selon ses étroites formules, s’en donne à cœur joie ici. En outre, cette exagération de l’importance des complexes sexuels refoulés est une dangereuse fausseté; elle peut avoir une influence pernicieuse en rendant le mental et le vital non pas moins mais plus fondamentalement impurs qu’auparavant.

Il est vrai que le subliminal dans l’homme constitue la plus large part de sa nature et recèle le secret de dynamismes invisibles qui expliquent ses activités de surface. Mais la couche subconsciente du vital inférieur, qui est tout ce que semble connaître cette psychanalyse de Freud (et encore n’en connaît-elle que quelques recoins mal éclairés), n’est qu’une fraction limitée et très inférieure de la totalité subliminale. Le moi subliminal s’étend derrière et soutient l’ensemble de l’homme de surface; il recèle un mental plus large et plus efficace derrière le mental de surface, un vital plus vaste et plus puissant derrière le vital de surface, une conscience physique plus subtile et plus libre derrière l’existence corporelle de surface. Au-dessus de ces niveaux, il s’ouvre aux étendues supraconscientes, de même qu’en dessous il s’ouvre aux étendues subconscientes inférieures. Si l’on veut purifier et tranformer la nature, c’est au pouvoir de ces étendues supérieures qu’il faut s’ouvrir et s’élever afin, par elles, de changer non seulement l’être subliminal mais l’être de surface. Ceci même doit se faire avec prudence et non d’une façon prématurée et précipitée, en suivant une direction supérieure et en gardant toujours l’attitude vraie, sinon la force que l’on fait descendre risque d’être trop puissante pour la fragile et obscure charpente de la nature. Mais commencer par ouvrir le subconscient inférieur en risquant de soulever tout ce qui s’y trouve d’obscur et de fétide, c’est aller au devant des ennuis. D’abord, il faut fortifier et affermir le mental et le vital supérieurs en les emplissant de la lumière et de la paix d’en haut; après, on peut ouvrir le subconscient ou même y plonger avec plus de sécurité et quelque chance de changement heureux et rapide.

Le système qui consiste à se débarrasser des choses indésirables par anoubhava [assouvissement] peut également être dangereux; sur ce chemin, il est plus facile de s’empêtrer davantage que d’arriver à la liberté. Cette méthode s’appuie sur deux principes psychologiques bien connus. L’un, le principe d’épuisement volontaire, est valable dans certains cas, surtout quand certaines tendances naturelles ont une emprise trop forte ou une poussée trop puissante pour que l’on puisse s’en débarrasser par vichâra, c’est-à-dire par le procédé de rejet et de substitution du mouvement vrai; quand ceci arrive avec excès, le chercheur doit parfois même retourner à l’action ordinaire de la vie ordinaire et en faire l’expérience vraie avec un mental nouveau et une volonté nouvelle derrière, puis revenir à la vie spirituelle une fois que l’obstacle est éliminé ou prêt à être éliminé. Mais cette méthode d’assouvissement volontaire est toujours dangereuse, bien que parfois inévitable. Elle ne réussit que si l’être possède une puissante volonté de réalisation, car l’assouvissement entraîne une forte insatisfaction et une réaction, vaïragya, et dès lors la volonté de perfection peut être poussée jusque dans la partie récalcitrante de la nature.

L’autre principe de l’anoubhava est d’une application plus générale; en effet, pour rejeter quoi que ce soit hors de l’être, il faut d’abord en être conscient, avoir clairement l’expérience intérieure de son action et découvrir sa place effective dans le fonctionnement de la nature. Alors on peut agir dessus pour l’éliminer si c’est un mouvement complètement faux, ou le transformer si c’est seulement une dégradation d’un mouvement supérieur vrai. C’est cela ou quelque chose de ce genre que tente grossièrement et abusivement, avec une connaissance rudimentaire et insuffisante, le système de la psychanalyse. Le procédé qui consiste à soulever les mouvements inférieurs dans la pleine lumière de la conscience afin de les connaître et de les manipuler est inévitable, car il ne peut pas y avoir de changement complet sans cela. Mais on ne peut y réussir vraiment que quand la lumière et la force supérieures sont suffisamment actives pour surmonter plus ou moins vite la force de la tendance que l’on expose à la lumière afin de la changer. Bien des gens, sous prétexte d’anoubhava, non seulement soulèvent le mouvement adverse mais l’entretiennent de leur consentement au lieu de le rejeter, trouvent des justifications pour le prolonger ou le répéter et continuent ainsi de jouer avec lui, de caresser son retour et de l’éterniser, et, plus tard, lorsqu’ils veulent s’en débarrasser, il a une telle emprise qu’ils se trouvent impuissants et dans ses griffes; seule une lutte terrible ou une intervention de la grâce divine peuvent les libérer. Certains font cela par déformation vitale ou par perversité, d’autres par pure ignorance, mais dans le yoga comme dans la vie, l’ignorance n’est pas acceptée par la Nature comme une excuse justifiante. C’est le danger qui guette toute manipulation incorrecte des parties ignorantes de la nature; or, rien n’est plus ignorant, plus périlleux, plus irraisonné et obstiné dans ses récidives que le subconscient vital inférieur et ses mouvements. Le soulever prématurément ou incorrectement sous prétexte d’anoubhava, c’est risquer aussi d’inonder de ce magma obscur et fangeux les parties conscientes et d’empoisonner ainsi toute la nature vitale et même mentale. Donc, toujours, il faudrait commencer par une expérience positive et non par une expérience négative, et faire descendre tant soit peu la nature divine, la lumière, l’équanimité, la pureté, la force et le calme divins dans les parties de l’être conscient qui doivent être changées; c’est seulement quand on a fait cela suffisamment et qu’il existe une solide base positive, qu’il est prudent de soulever les éléments adverses cachés dans le subconscient afin de les détruire ou de les éliminer par la force du calme divin, de la lumière, de l’énergie et de la connaissance divines. Même ainsi, il subsistera toujours assez de ce magma inférieur pour se lever de lui-même et vous donner autant d’anoubhava que vous en aurez besoin pour vous débarrasser de l’obstacle, mais, alors, il pourra être manipulé avec beaucoup moins de danger et sous une direction intérieure supérieure.

*
*   *

Je trouve difficile de prendre vraiment au sérieux ces psychanalystes lorqu’ils tentent de scruter l’expérience spirituelle à la lumière clignotante de leur lampe de poche – encore qu’on le devrait peut-être, car le demi-savoir est une chose puissante et il peut être un grand obstacle à l’émergence de la vraie Vérité. Cette nouvelle psychologie me fait l’effet d’enfants qui apprennent quelque alphabet sommaire et pas très adéquat, exultant d’additionner ensemble leur a-b-c-d du subconscient et le mystérieux super-ego souterrain, et qui s’imaginent que leur premier manuel des obscurs commencements (c-h-a-t = chat, a-r-b-r-e = arbre) est l’essence même de la vraie connaissance. Ils regardent de bas en haut et expliquent les lumières supérieures par les obscurités inférieures, mais le fondement des choses est en haut et non en bas, oupari boudhna esham. C’est le supraconscient et non le subconscient qui est le vrai fondement des choses. La signification du lotus ne se trouve pas en analysant les secrets de la boue dans laquelle il pousse ici-bas; son secret se trouve dans l’archétype céleste du lotus qui fleurit à jamais dans la Lumière d’en haut. En outre, le domaine que ces psychologues se sont choisis est maigre, obscur, limité; il faut d’abord connaître le tout avant de pouvoir connaître la partie et le plus haut avant de comprendre vraiment le plus bas. Telle est la promesse d’une psychologie plus large qui attend son heure et devant laquelle ces pauvres tâtonnements s’évanouiront comme rien.5

(5 Sri Aurobindo, Letters on Yoga, Cent. Ed., XXIV, 1605.)

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Yoga Intégral et Défauts Humains (II) -“N’essayez pas d’être vertueux…”

Se rendre compte que tout le monde a des défauts, et donc admettre qu’on en a soi-même aussi, accepter de les voir, quels qu’ils soient, n’est encore qu’un tout premier pas pour arriver un jour à les corriger vraiment.

Mais Mère va encore beaucoup plus loin dans la conversation avec Satprem qui suit.

Un moment de “L’Agenda de Mère” qui me semble particulièrement important et que donc je vis moi-même de mon mieux, à tous les niveaux de mon être, et même les cellules parfois commencent à le vivre aussi, ce qui veut dire que cette attitude intérieure nouvelle se répand…

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21 janvier 1962

(La conversation suivante a eu pour point de départ un aphorisme de Sri Aurobindo:)

70 – Examine-toi sans pitié, alors tu seras plus charitable et plus compatissant pour les autres.

Très bien! (Mère rit) C’est très bien.

C’est très bon pour tout le monde, non?

Surtout pour les gens qui se croient très supérieurs.

Mais vraiment, ça correspond à quelque chose de très profond.

Justement, c’est une expérience que j’ai depuis quelques jours et qui est comme arrivée à son apogée depuis avant-hier, et une vision d’ensemble au point de vue terrestre, ce matin.

C’est presque comme un renversement d’attitude.

Au fond, les hommes se sont toujours pris pour des espèces de victimes harcelées par les forces adverses, et ceux qui sont courageux se battent, les autres se lamentent. Mais de plus en plus, il y a eu une vision très concrète du rôle que jouent les forces adverses dans la création, de leur nécessité pour ainsi dire absolue pour qu’il puisse y avoir le progrès nécessaire afin que la création redevienne son Origine. Et la vision si claire qu’au lieu de demander la conversion ou l’abolition des forces adverses, c’est sa propre transformation qu’il faut accomplir, pour laquelle il faut prier, qu’il faut effectuer.

Ceci, au point de vue terrestre, je ne me place pas au point de vue individuel; le point de vue individuel, on le sait, n’est-ce pas, c’est au point de vue terrestre.

Et c’était la vision, tout d’un coup, de toutes les erreurs, de toutes les incompréhensions, de toutes les ignorances, de toutes les obscurités, et, pire que cela, de toutes les mauvaises volontés de la conscience terrestre, qui se sont senties responsables de la prolongation de ces êtres et de ces forces adverses, et qui les ont offertes dans une grande – plus qu’aspiration, une sorte d’holocauste, pour que les forces adverses puissent disparaître, qu’elles n’aient plus de raison d’être, qu’elles ne soient plus là comme des indicatrices de tout ce qui doit changer.

Elles étaient rendues obligatoires par toutes ces choses qui étaient des négations de la vie divine; et ce mouvement de la conscience terrestre au Suprême, l’offrande de toutes ces choses avec une intensité extraordinaire, était comme un rachat pour que ces forces adverses puissent disparaître.

C’était une expérience très intense. Elle s’est cristallisée autour d’un petit noyau d’expériences trop personnelles pour que ça puisse se raconter (je veux dire que je ne suis pas seule en cause), mais qui se traduisait comme cela: «Prends toutes les fautes que j’ai commises, prends toutes ces fautes, accepte-les, efface-les, pour que ces forces puissent disparaître.»

Cet aphorisme, c’est ça à l’autre bout, c’est ça dans son essence. Tant qu’une conscience humaine aura en elle la possibilité de sentir, d’agir ou de penser ou d’être contrairement au grand Devenir divin, il est impossible d’en blâmer un autre; il est impossible de blâmer les forces adverses, qui sont maintenues dans la création comme le moyen de vous faire voir et sentir tout le chemin qui est à faire.

(silence)

C’était comme un souvenir1 – un souvenir qui est éternellement présent – de cette Conscience d’Amour suprême que le Seigneur a émanée sur la terre, dans la terre – dans la terre – pour la ramener à Lui, et c’était vraiment la descente dans la Négation divine la plus totale de l’essence même de la Nature divine, par conséquent l’abandon de l’état divin pour accepter l’obscurité terrestre, afin de ramener la Terre à l’état divin. Et à moins que ce ne soit Ça, cet Amour suprême, qui devienne tout puissamment conscient ici, sur la Terre, le retour ne pourra jamais être définitif.

C’était après la vision du grand Devenir divin;2 je me disais: «Puisque ce monde est progressif, puisqu’il devient de plus en plus le Divin, est-ce qu’il n’y aura pas toujours ce sentiment, si profondément douloureux, de la chose qui n’est pas divine, de l’état qui n’est pas divin par rapport à celui qui doit devenir; est-ce qu’il n’y aura pas toujours ce que l’on appelle des «forces adverses», c’est-à-dire quelque chose qui ne suit pas harmonieusement le mouvement?» Alors la réponse est venue, la vision de Ça est venue: «Non, c’est justement le moment de cette Possibilité-là qui est proche, le moment de la manifestation de cette essence d’Amour parfait qui peut transformer cette inconscience, cette ignorance et cette mauvaise volonté qui en est la conséquence, en une progression lumineuse, joyeuse, toute progressive, toute compréhensive, assoiffée de perfection.»

C’était très concret.

Et ça correspond à un état où l’on s’identifie si parfaitement à tout ce qui est, qu’on devient tout ce qui est anti-divin, d’une façon concrète, et qu’on peut l’offrir – qu’on peut l’offrir, qu’on peut vraiment le transformer par l’offrande.

Au fond, dans les hommes, c’est cette espèce de volonté de pureté, de Bien (qui se traduit dans la mentalité ordinaire par le besoin d’être vertueux) qui est le grand obstacle au vrai don de soi. C’est à l’origine du Mensonge, et surtout c’est la source même de l’hypocrisie: le refus d’accepter de prendre sur soi sa part du fardeau des difficultés. Et c’est cela que Sri Aurobindo a touché dans cet aphorisme, tout droit, d’une façon très simple.

N’essayez pas d’être vertueux. Voyez à quel point vous êtes uni, UN avec tout ce qui est anti-divin, prenez votre part du fardeau, acceptez d’être, vous-même, impur et mensonger, et, comme cela, vous pourrez prendre l’Ombre et la donner. Et dans la mesure où vous êtes capable de la prendre et de la donner, alors les choses changeront.3

N’essayez pas d’être parmi les purs. Acceptez d’être avec ceux qui sont dans l’obscurité, et dans un amour total, donnez tout ça.

(silence)

De la minute où ça a été vu et FAIT, le plein Pouvoir est revenu – le grand Pouvoir créateur.

(silence)

Probablement, l’expérience ne pouvait venir que parce que c’était le moment où le don de tout cela était venu.

Ce n’est pas pour le perpétuer: c’est pour le donner.

C’est parce que le moment est venu de manifester ce Pouvoir, qui est un Pouvoir d’amour – D’AMOUR, pas seulement d’identité –, d’Amour, d’Amour parfait, qui seul peut donner.

C’était ce matin, dans une grande simplicité, mais en même temps quelque chose de si vaste et de si tout-puissant, comme si la Mère universelle se tournait vers le Seigneur et lui disait: «Enfin! nous sommes prêts.»

Voilà mon expérience de ce matin.

Tu veux dire qu’il y a eu un progrès sur la Terre?

Oui, sur la Terre, c’est de l’histoire de la Terre qu’il s’agit.

Maintenant?

Tu sais, les «maintenant» dans ces domaines-là s’étendent sur de nombreuses années, parfois. Je ne veux pas dire que ce sera instantané, ça, je ne sais pas – je ne sais pas, je le saurai probablement dans quelques jours.

Tu sais… quand on entrebâille une porte et qu’on voit un tout petit peu comme ça…

Quand j’ai dit à Sri Aurobindo que l’Inde était libre, c’était la même expérience, c’était la Mère universelle (à ce qu’on pourrait appeler son point de départ), c’était là, c’était Elle qui parlait – ça a mis trente-cinq ans à venir sur la Terre.

Quand j’ai eu l’expérience que le moment était venu pour que la Force supramentale descende sur la Terre, j’ai suivi dans ma conscience, j’ai suivi les effets (les conséquences et les effets), mais pour une vision ordinaire c’était quelque chose d’équivalent à ce qui s’est passé pour la libération de l’Inde: n’est-ce pas, c’est possible que ce soit descendu, mais, pour le moment, les effets en sont plus que voilés.

La première manifestation un peu tangible, c’était cette vision du bateau; alors c’est devenu plus concret, ça a changé quelque chose radicalement dans l’attitude.

Maintenant, c’est une autre étape.

(silence)

Tous ces temps derniers étaient très difficiles. Je vois bien que c’était pour préparer – c’était pour préparer ça. C’était pour renverser cette attitude – une attitude de lutte pour surmonter, vaincre, abolir tout ce qui est anti-divin dans la création.

C’était probablement (pas probablement, c’était certainement) nécessaire depuis le commencement jusqu’à maintenant pour préparer les choses. Mais maintenant, c’est une sorte de renversement subit, comme si le moment était venu, justement pour le Principe créateur, la Force, la Force créatrice de l’univers, de dire: «Ça aussi, c’est Moi. Parce qu’il est temps que ça disparaisse. Ça aussi, c’est Moi; Je ne le traite plus comme un ennemi que Je dois rejeter, Je l’accepte comme Moi, pour qu’il devienne vraiment Moi.»

Et c’était précédé par une sorte d’angoisse: «Est-ce que, toujours, il y aura comme ça quelque chose qui, par rapport à ce qui doit devenir, paraîtra toujours anti-divin?» – Non, après une longue préparation, ça devient capable de se sentir divin. Et par conséquent de l’être.

Si on regarde extérieurement, dans le fait matériel maintenant, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que cette manifestation nouvelle devienne une chose accomplie. Mais c’est probablement le germe de la Chose qui est là maintenant, comme l’était le germe de la liberté de l’Inde, qui s’est épanoui plus tard.4

L’Anniversaire de Mère le 21, et le nouveau Darshan qu’Elle m’a donné…

(Traduction en français de l’article précédent)

Habituellement je ne prévois aucun évènement extérieur pour un Jour de Darshan, de façon à pouvoir me concentrer pleinement sur la dimension intérieure de ma vie et sur le Darshan de ce Jour.

Mais cette année il avait fallu que je mette au programme du 21 (Anniversaire de Mère) tout d’abord un “Déjeuner” important pour remercier une personne officielle au Consulat de Pondy, qui m’avait énormément aidée à m’obtenir finalement la petite retraite à laquelle j’avais droit, et que je reçois maintenant depuis un an déjà. Dans ma sincère gratitude je tenais vraiment à ce que ce déjeuner avec elle se produise, et c’était son seul moment de libre, alors j’avais donné mon accord, pensant que Mère n’y verrait pas d’inconvénient, cette personne ayant été sans s’en rendre compte un si merveilleux instrument de Mère pour me faire avoir à travers elle cette relative abondance fort nécessaire dans ma vie matérielle.

De plus, un jeune couple qui travaille régulèrement avec moi au sujet de leurs cellules m’avait demandé s’ils pouvaient venir en fin d’après-midi, et à cela aussi j’avais donné mon accord, pensant à nouveau que Mère ne verrait pas d’objection à ce que nous nous concentrions sur nos cellules même le Jour Anniversaire de sa Naissance.

Mais à la dernière minute le déjeuner à Pondy a dû être annulé, car la dame là-bas a soudain été envoyée faire un travail ailleurs, et le jeune couple ensuite a changé sa venue au lendemain matin, le 22.

Si bien que les deux rendez-vous extérieurs prévus ont tous les deux disparu sans laisser de trace, et j’ai eu la jolie surprise d’avoir une entière journée de libre à passer chez moi  en compagnie de moi-même et de Mère…

Et combien cela s’est révélé être précieux!…

J’avais eu une vague impression au matin que pendant les derniers six mois environ mes sentiments envers Mère et mon habituelle proximité intime avec Elle avaient peut-être diminué, à cause de la concentration presqu’ exclusive qui avait grandi en moi pour le Divin en tant que Bhagavan, le Suprême, Bhagavan mon Amant Divin et maintenant même mon Époux, avec Qui je passais de plus en plus, et souvent dans un tel délice, mes jours et mes nuits…

Si j’avais besoin d’une preuve pour m’assurer que rien n’avait diminué pour autant avec Mère, j’ai reçu cette Preuve le jeudi après-midi même, lorsqu’une très profonde intériorisation m’a en quelque sorte saisie à un certain moment, et je me suis retrouvée dans les Doux Bras de ma Mère Éternelle, et Elle ne m’a pas laissée sortir de son Étreinte pendant un si long temps que j’ai perdu tout sens du Temps et l’ai rejointe dans son Éternité…

Cette condition intérieure était si intense que j’en avais encore à peine émergé lorsque la nuit a commencé à tomber, et je suis allée finalement droit à mon lit dans cette semi-trance béatifique, sans avoir eu mon léger dîner habituel…

Et sans avoir non plus écrit de notes pour moi-même sur ce merveilleux Darshan que ma Maman Divine m’avait donné en ce Jour de Darshan! Maintenant toutes peurs qu’une distance ait pu se former entre nous étaient totalement effacées de mon être, et je suis son éternelle enfant plus que jamais – s’il existe un “plus” à la Plénitude et à l’Infinitude…

En Gratitude pour Elle qui est notre éternelle Maman, sur qui nous pouvons toujours compter! Car Elle aussi est le Suprême. Dans les mots de Sri Aurobindo pour son Mantra à la Mère Divine:

‘OM ANANDAMAYI, CHAITANYAMAYI, SATYAMAYI, PARAME…

03: Om Anandamayi, Chaitanyamayi, Satyamayi Parame

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