Notre Maman Divine et nous, Ses enfants

Avec mes remerciements à l’ami américain qui l’a cité récemment dans un message à moi adressé, ce passage du poème épique de Sri Aurobindo «Savitri», livre 3, chant 2:

«De l’Inconnu, c’est Elle le cœur lumineux ,
Une puissance de silence dans les profondeurs de Dieu;
Elle est la Force, la Parole inévitable,
L’aimant de notre difficile ascension,
Le Soleil d’où nous allumons tous nos soleils,
La Lumière qui se penche depuis les Vastitudes non encore réalisées,
La joie qui nous fait signe depuis l’impossible,
Le pouvoir de tout ce qui jamais
encore n’est descendu.
Toute la Nature l’appelle à sa manière muette
Pour guérir de Ses pieds la lancinante douleur de la vie
Et briser les sceaux obscurs sur l’âme de l’homme
Et allumer Son feu dans le cœur fermé des choses.

Après une si merveilleuse description d’Elle, qui est notre Mère Divine , comment puis-je oser l’appeler simplement et affectueusement «notre Maman divine»?

Parce qu’Elle est aussi cela, pour ces petits enfants d’Elle ici, que nous sommes tous encore, même si certaines de nos expériences ou aussi réalisations spirituelles peuvent nous donner parfois l’illusion que nous sommes déjà hautement évolués !

Tant que, malgré ces grandes expériences intérieures, nous avons toujours un ego presque «normal» (assez chanceux si ce n’est pas tout à fait un ego spirituel, le pire de tous …! 😀) nous ne sommes que de petits enfants dans Son grand Jardin d’Enfants qu’est la Terre, elle-même devant rester encore à la fois une aire de jeux et un champ de bataille tant que ce sens de la séparation que l’Ego donne, continue toujours dans notre moi extérieur.

Alors, n’étant encore qu’une grande masse d’enfants faisant plein de bêtises ici, dans ces corps humains tels qu’ils sont actuellement, nous avons souvent besoin de Son aide, car tous les enfants ont besoin de l’aide de leur chère Maman, toujours prête à les aider! C’est-à-dire, lorsque leur Maman humaine est une aussi bonne Maman qu’elle doit l’être pour que’dans la gaieté du jeu et en toute sécurité, sans entrave et sans torsion, ils se développent en de bons et heureux adultes humains …

Il y a quelques jours, en visitant la page Facebook d’une amie chère de France pour son anniversaire, j’ai trouvé cette jolie petite vidéo, dont je souhaite partager le lien avec vous ici aujourd’hui, car il décrit très bien comment une bonne, vraiment aimante mère humaine (et aussi, pourquoi pas, un père) se comporte avec ses enfants:

 

 

‘9 choses que vous devriez dire chaque jour à vos enfants’:

 Ci-dessous,  voici le texte des 9 légendes correspondantes pour chacun des dessins qui les illustrent:

1 / ‘Je t’aime’ – Dites-le plus souvent possible.

2 / ‘J’adore quand tu …’ – Exprimez votre l’appréciation pour les aspects positifs de leur comportement.

3 / ‘Tu me rends heureux’ – Ils se sentiront appréciés à leur véritable valeur.

4 / ‘Je suis fier de toi’ – Ils doivent savoir qu’ils font un bon travail, même s’il est difficile.

5 / ‘Tu es spécial’ – Aidez-les à comprendre que leur personnalité unique est une force.

6 / ‘Je te fais confiance’ – Cela fera d’eux des adultes honnêtes.

7 / ‘Je crois en toi’ – Cela les aidera à croire en eux-mêmes.

8 / ‘Je sais que tu peux le faire’ – Encouragez-les à ne pas abandonner trop facilement.

9 / ‘Je suis reconnaissante de t’avoir’ – cela ensoleillera leur journée! …

Je pense que nous devrions tous être reconnaissants envers mon amie pour cette vidéo, car ces légendes sont tout à fait importantes à retenir: elles expriment à leur manière non seulement ce qu’un bon parent humain dirait, mais en même temps ce que notre Maman Divine aussi nous dit à nous tous, silencieusement, tout le temps … que nous entendrions bien, si seulement nous apprenions à l’écouter dans cet espace intérieur d’Amour en nous, où elle peut être entendue lorsque nous sommes silencieux, tout comme la caresse calme et douce d’une brise peut se sentir quand tout se tait …

Même si vous ne parvenez pas au début à entendre Sa voix ou à comprendre Ses paroles, vous sentirez toujours le calme, la douceur, et vous ressentirez le bonheur profond que seule la caresse aimante de notre Maman Divine peut donner à l’enfant que chacun de nous est toujours, tout au fond …

Et ne vous inquiétez pas si vous n’êtes peut-être pas un aussi bon enfant d’Elle que vous voudriez l’être: Elle, si personne d’autre, vous connait et vous comprend parfaitement … même mieux que vous ne le faites vous-même, car vous êtes depuis toujours et pour toujours une partie de son Être infini, et cela apporte une intimité, une proximité totale que vous ne croiriez jamais être même possible …,

Donc, faites-Lui confiance entièrement, car vous le pouvez: dans Ses bras de Lumière et de Tendresse, vous êtes toujours en sécurité, même pendant votre Aventure sur Terre dans ce corps humain; car même ici, c’est en réalité dans Ses bras que vous restez secrètement tout le temps …! Vous êtes libre, bien sûr, libre même de L’oublier – mais à vos risques et périls, car c’est votre Aventure, alors vous devez être libre de la vivre selon vos propres termes, tout dépend de vous, même les dangers que dans votre script avant  de naître vous avez prévu que vous vouliez afronter. Et pourtant, juste se rappeler d’Elle, L’appeler, intérieurement ou extérieurement, vous sauvera quand rien d’autre ne le pourrait … si c’est ce que Sa Sagesse aimante considère comme le meilleur moyen de vous aider dans votre effort de croissance … Si jamais votre corps n’est pas sauvé, au moins vous saurez que ce fut de toutes façons le mieux qui pouvait vous arriver, car la mort du corps n’est jamais la fin de notre Être éternel: une autre aventure, une croissance accrue nous attendent encore et encore , chaque fois que nous le voudrons, et ceci, un jour, dans des corps physiques rendus immortels, au cours de notre exploration éternelle de nos possibilités illimitées dans Ses univers sans fin: car Elle est un Être Infini de Sagesse, Pouvoir, Harmonie et Perfection, et nous sommes les enfants de cet Infini.

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Au Père Ganesh-Noël

(TRADUCTION D’UN ANCIEN ARTICLE EN ANGLAIS, ‘Father Ganesh-Christmas’,  https://labofevolution.wordpress.com/2016/03/18/father-ganesh-christmas/ , pour mieux éclairer le sens profond de mon article récent, “Fêtant Ganesh une fois de plus…” )
Dans le volume 1 (1958) de son «Agenda» (français pour «Journal»), on peut lire comment la Mère a déclaré à son confident Satprem, au sujet du dieu hindou Ganesh (également appelé Ganeshan, Ganapati …), que d’abord elle ne pouvait pas croire qu’il  existait vraiment comme on le décrit généralement, c’est à dire… avec une tête d’éléphant sur un corps par ailleurs humain.

Comment explique-t-on une apparence aussi étrange?! … La légende veut que son père, le Seigneur Shiva lui-même, soit venu voir son épouse, la grande déesse Parvati, mais elle prenait son bain et ne voulant pas être dérangée, elle avait demandé à leur deuxième fils, Ganesh, de garder sa porte. Quand Ganeshan, fidèle à l’ordre de sa mère, a refusé l’entrée même à son propre père, eh bien, Shiva, furieux, a coupé la tête de son fils … et puis le regrettant immédiatement bien sûr, a pris la tête du premier autre être qu’il a vu – qui se trouvait être un éléphant – et l’a placée sur le corps du pauvre Ganeshan afin qu’il puisse vivre à nouveau! … Mais ce petit problème n’a pas empêché Ganesh de devenir extrêmement populaire partout en Inde, en tant que dieu non seulement de la Connaissance, mais aussi de la Richesse: le Gentil Donneur de la prospérité financière et de l’abondance.

La Mère était responsable de manière matérielle et spirituelle de l’Ashram entier de Sri Aurobindo à Pondichéry. En préliminaire au texte cité ci-dessous, précisons que tous les mois, étnt donné tout l’argent voulu pour la nourriture, l’hébergement, les vêtements, etc., des plus de deux mille disciples vivant là en tant qu’ Ashramites, malgré les revenus des maisons d’hôtes et des entreprises reliées à l’Ashram, ainsi que les nombreux dons de quelques riches dévots, la Mère avait le plus souvent du mal à trouver toutes les ressources nécessaires pour couvrir toutes ces dépenses … Alors voici ce qu’elle avait à dire ce jour-là à propos de Ganesh :

 

“N’est-ce pas, c’était comme cela: il y a ce Ganesh2… Nous avions une méditation (il y a de cela plus de trente ans) dans la salle où l’on fait la distribution de «Prospérité»3, nous étions huit ou dix, je crois; (…) et un jour qu’il était question de prospérité, ou de richesse ou de je ne sais quoi, j’ai pensé (on dit toujours que Ganesh est le dieu de l’argent, de la fortune, des biens de ce monde), j’ai pensé: «Ce dieu avec une trompe d’éléphant, toute cette histoire, est-ce que ce n’est pas de l’imagination humaine?» Là-dessus, on médite, et voilà que je vois entrer et s’installer en face de moi un être vivant, absolument vivant et lumineux, avec la trompe comme ça… et souriant! Alors moi, dans ma méditation, je dis: «Ah! c’est donc vrai que tu existes!» – «Naturellement que j’existe! et tu n’as qu’à me demander tout ce que tu veux, au point de vue argent bien entendu, je te le donnerai.»

J’ai demandé, et pendant à peu près dix ans, c’est venu comme cela (geste à flots). C’était épatant. Je demandais, et au Darshan suivant, ou un mois après, ou quelques jours après (cela dépendait), ça venait.

Et puis la guerre est arrivée et toutes les difficultés, et cette augmentation formidable des gens et des dépenses (la guerre a coûté les yeux de la tête: n’importe quoi coûtait dix fois plus qu’avant), et tout d’un coup, fini, plus rien. Pas exactement plus rien, mais un petit filet maigrelet. Et quand je demandais, ça ne venait pas. Alors un jour, j’ai interviewé Ganesh à travers son image (!) et je lui ai dit: «Et ta promesse?» – «Je ne peux pas faire ça, c’est trop pour moi, mes moyens sont très limités!» Ah! je me suis dit: (riant) ça, c’est de la déveine! Et je ne comptais plus sur lui.

Une fois, quelqu’un a même demandé au Père Noël! C’était une jeune fille qui était musulmane et qui avait une sympathie spéciale pour «Father Christmas» (je ne sais pas pourquoi, ça ne faisait pas partie de sa religion!) Sans rien me dire, elle a appelé le Père Noël et elle lui a dit: «Mère ne croit pas en toi, tu dois lui faire un cadeau pour lui prouver que tu existes. Pour Noël, tu lui donneras ça.» C’est arrivé!… Elle était très fière.

Mais c’était seulement une fois comme cela; et Ganesh, fini.”

 (“Agenda de Mère” vol.1, 6 juillet 1958)

Mère, quelques années plus tard, le 4 janvier 1964 («Agenda» vol. 5) expliqua pourquoi les moyens de Ganeshan n’étaient plus suffisants:

“J’avais eu une rencontre assez intéressante avec Ganapati1 (il y a bien des années) et il m’avait promis de me donner ce dont j’avais besoin, et il l’a fait pendant très longtemps, certainement plus de dix ans, et il l’a fait largement. Puis tout a changé à l’Ashram; c’était après la guerre, les enfants sont venus et nous avons débordé; nous sommes devenus beaucoup plus compliqués et beaucoup plus grands, et on a commencé à toucher les pays étrangers, particulièrement l’Amérique. Et je continuais à rester en contact avec Ganapati; je ne peux pas dire que je lui faisais un poudjâ (!) mais tous les matins, je mettais une fleur devant son image. Et un matin, je lui ai dit: «Pourquoi as-tu cessé de faire ce que tu as fait pendant si longtemps?» J’ai écouté et il m’a clairement répondu: «Ton besoin est devenu trop grand.» Je n’ai pas très bien compris, parce qu’il peut disposer de fortunes plus grandes que ce dont j’avais besoin. Puis je me suis tournée vers Ganapati et je lui ai dit: «Qu’est-ce que c’est que tout ça?» Et j’ai vu clairement (ce n’est pas lui qui a répondu, c’était Sri Aurobindo), j’ai vu clairement que Ganapati n’a de pouvoir que sur ceux qui ont foi en lui, c’est-à-dire que c’est limité à l’Inde, et que j’avais besoin d’argent d’Amérique, de France, d’Angleterre, d’Afrique… et qu’il n’avait pas de pouvoir là, et que, par conséquent, il ne pouvait pas aider. C’est devenu très clair, j’étais tranquille, j’ai compris: «C’est très bien, il a fait ce qu’il a pu, et puis c’est tout.» Et il est vrai que je continue à recevoir de l’Inde, mais pas assez; d’autant que depuis l’Indépendance, la moitié de l’Inde est ruinée et tous les gens qui me donnaient beaucoup d’argent ne m’en donnent plus, parce qu’ils ne peuvent plus – ce n’est pas qu’ils ne veulent plus, mais ils ne peuvent plus.”

Comment tout cela se rapporte-t-il à mon expérience personnelle et à ma croissance intérieure évolutive, on pourrait se le demander …
Eh bien, dès mes premières années de vie à Auroville, je savais que Mère ne voulait pas que des poudjas (cérémonies, rituels) soient faites ici pour tous ces dieux, car Auroville n’est pas une place pour la religion, étant un lieu d’évolution spirituelle. Mais j’avais remarqué pourtant aussi que Mère semblait faire en quelque sorte une exception à propos de Ganesh: elle avait permis à une vieille dame indienne, une disciple dévouée, vivant dans une des premières communautés, de garder le petit temple de Ganesh qu’elle avait près de chez elle et même de faire sa poudja pour célébrer le Chaturthi de Ganesh (anniversaire) chaque année; De plus, d’autres Auroviliens pouvaient également se joindre à cette femme pour l’occasion.
Je dois y être passée une ou deux fois au cours de ma première décennie d’existence aurovilienne, et c’était tout.
Bien sûr, plus tard, pendant les près de deux décennies que j’ai vécues plus récemment à Repos, sur la plage d’Auroville, alors que je devais employer toute une équipe de travailleurs pour s’occuper de l’endroit, chaque année je les ai rejoints pour la fidèle  célébration annuelle qu’ils voulaient avoir là-bas, dans Repos même – mais c’était en fait pour les travailleurs plutôt que pour Ganesh …

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Ainsi, comme on peut le voir, je n’ai personnellement jamais méprisé, mais jamais non plus accordé beaucoup d’importance à Ganesh.

C’est à dire, jusqu’au Ganesh Chaturthi de l’année dernière, le 17 septembre 2015 …

Je devais en avoir assez d’une longue série personnelle de “vaches maigres” et “très maigres”, qui m’avait vue me débattre encore et encore juste pour avoir assez à manger. C’est à peine si je réussissais à terminer chaque mois avec ma «maintenance», le montant qu’ Auroville pourrait me donner pour mes besoins de base.

Donc, en ce jour précis de Ganesh Chaturthi, j’ai fait quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant: je me suis adressée à Ganesh, intérieurement.

Oui, Ganesh lui-même, sous la forme de la minuscule image plastifiée sur socle d’un adorable Ganesh tout rose, que j’avais toujours conservée, avec un petit livre tout aussi petit et rose, minuscule mais épais avec de nombreuses petites pages vierges très réelles entre ses deux couvertures roses si joyeuses.

Ce jour-là, soudainement saisie par une impulsion intérieure irrésistible, j’ai résolument saisi le Petit Livre Rose, l’ai ouvert et sur sa première page j’ai écrit (en rose, bien sûr) ma première prière pour Ganesh. Les mots qui me sont venus intérieurement étant sacrés, je ne les répéterai pas ici; c’était tout simplement mes mots à moi, de toutes façons. Tout ce que je peux dire, c’est que je voulais vraiment dire ce que j’ai dit, et je l’ai dit avec une ardeur fervente, et en même temps une simplicité absolue: j’ai  laisse mon coeur parler, comme on peut parler à un ami de confiance …

Et puis, après ce jour-là, j’ai oublié tout cela.

Mais, quelques mois plus tard, ce qui m’a fait y penser à nouveau a été … les résultats. Les résultats très évidents et étonnants que, en regardant en arrière, je pouvais voir depuis lors: de presque partout et presque tous les amis que je pouvais avoir eu ici à un moment donné, l’argent ou les cadeaux avaient commencé à venir, goutte à goutte d’abord, et bientôt à verse! Comme un flot pratiquement constant, s’occupant de tous mes besoins chaque fois qu’il en apparaissait un! … Si j’écrivais la liste ici, mes chers visiteurs seraient aussi sidérés que je le suis devenue, par le pouvoir tranquille mais indéniable de Ganesh se manifestant enfin dans ma vie après que je le lui ai finalement demandé pour de bon, quand vraiment j’étais à bout …

Du 17 septembre 2015 à Noël est venue la première vague montante, qui a abouti à la fête de Noël elle-même, que j’ai passée dans mon nouveau chez moi à Luminosité (voir l’histoire complète dans l’un de mes derniers articles, https://labofevolution.wordpress.com/ 2016/01/15 / the-greatest-and-most-beautiful-christmas-gift-i-ever-got /). Et la veille du Nouvel An, une autre vague, pour encore remplir les manques qui pouvaient avoir subsisté dans ma vie, matériellement et douloureusement.

Mes besoins ne sont pas du tout grands, soyos clairs; mais lorsque même cela n’est pas couvert depuis longtemps, cela devient un peu pénible, et l’on finit par se demander pourquoi sa vie doit être vraiment si misérable: le Yoga Intégral n’est pas du tout un chemin d’ascétisme délibéré ni de privations au nom de la spiritualité, les anciens vœux de pauvreté que bon nombre d’entre nous peuvent avoir prononcés dans d’autres vies en tant que religieuses ou moines, ne doivent pas encore durer dans cette vie-ci!….

Nous ne sommes pas là pour souffrir, mais au contraire, même dans ce monde de la matière physique révélant peu à peu le Divin, nous sommes ici pour manifester nous-mêmes aussi de mieux et mieux ce Divin que nous sommes tous en vérité, depuis toute éternité et pour toute éternité ... Mais le Divin doit, d’une manière ou d’une autre, nous donner les moyens matériels pour cela!

Eh bien, il semble que de Ganesh, le fidèle allié de Mère pour le travail évolutif qu’elle a dû accomplir à grande échelle, j’ai enfin fait mon allié aussi, pour mes propres petits besoins et travail évolutifs personnels: comme je l’expliquerai dans des articles futurs, mon travail aussi a beaucoup profité des cadeaux de Noël de Ganeshan… à tel point que, aujourd’hui, je l’appelle avec un grand sourire amical, mon Père Ganesh-Noël ‘! …

Bloguer… et les risques émotionnels de le faire

Eh bien, en plus de la raison principale dont j’ai parlé dans mon post précédent (dans la traduction française,  https://labofevolution.wordpress.com/2017/08/18/trois-mois-de-silence-et-de-yoga-integral/  ) , en fait, il y a eu aussi une raison plus négative pour laquelle j’ai cessé de bloguer pendant longtemps. Je voudrais mentionner cette raison spécifique, car elle m’a en fait aidée à constater en moi une vulnérabilité encore trop intense aux commentaires que certains visiteurs peuvent écrire, qui peuvent ne pas être totalement positifs, voire même être totalement négatifs …!

Cela arrive très rarement, mais au fil des ans, depuis 2011, lorsque j’ai commencé ce blog, chaque fois que cela est arrivé, cela m’a causé un choc émotionnel majeur.

Pourquoi devrait-il en être ainsi? …

La première et évidente raison est que, par tempérament, je suis extrêmement émotive pour commencer, c’est sûr. Mais même cela ne suffirait pas à expliquer le genre de douleur au coeur que je ressens lorsque je découvre un commentaire tout à fait négatif sur l’un de mes messages: c’est comme si une longue aiguille soudainement perçait mon cœur.

En écrivant ceci, le souvenir me vient d’un commentaire de J.R.R.Tolkien, dans une lettre, sur la façon dont il se sentait après avoir fini d’écrire “Le Seigneur des Anneaux” – ce qui pour lui n’était pas simplement une fiction ou une «fantasy», mais l’expression même de son monde intérieur le plus secret depuis sa petite enfance et sa jeunesse … c’est pourquoi il avait choisi la Philologie et son étude des épopées anciennes mondiales comme sa manière officielle et respectable de continuer, en tant qu’adulte dans sa carrière extérieure, ce qui avait de toutes façons été sa passion intérieure intense et irrésistible pour aussi longtemps qu’il pouvait se le rappeller.

Non encore publié, mais écrit bien avant, lors de son expérience directe de la Première Guerre mondiale, son «Silmarillion» chéri était déjà là, avec la «Terre du Milieu» autour de lui comme le fond vaste, riche et inspiré auquel tous ses écrits ultérieurs appartenait inévitablement aussi.

«Le Hobbit», le premier à être publié, avait été un énorme succès. Déjà, lors du démarrage de cette supposée suite toute simple du «Hobbit» qui devenait rapidement «Le Seigneur des Anneaux», dans sa lettre il avait prévenu son éditeur que tout cela était, en quelque sorte, en pleine expansion; et il avait essayé d’expliquer les raisons intérieures pour lesquelles cela se produisait; Alors il avait ajouté:
«Eh bien, j’ai parlé assez longtemps de mes propres folies. Ce qui importe est de terminer la chose telle qu’elle est conçue et ensuite de la laisser être jugée. Mais pardonnez-moi! C’est ma vie qui est écrite là, mon sang, tel qu’il est, de quelque qualité que ce soit; et je ne peux rien y changer. ‘(Lettre 109)

Plus tard, alors qu’il se préparait à en voir la sortie comme livre publié que tout le monde pourrait lire, il a encore écrit, répondant cette fois à un ami:
«Je crains que ce ne soit que vraisemblable: ce que vous dites au sujet des critiques et du public. Je redoute la publication, car il sera impossible de ne pas se soucier de ce qui sera dit. J’ai exposé mon coeur pour qu’on lui tire dessus. ‘(Lettre 142)

Est-il besoin de dire que c’est comme ça que je me sens aussi ?…
Ce dont je parle, ici sur ce blog, ce n’est pas seulement de la «littérature», ce ne sont pas non plus des sujets extérieurs, superficiels, cherchant seulement à intéreser ou si possible impressionner les visiteurs potentiels; même lorsque ce sont des citations «simplement» d’autres êtres plus grands que moi, ce sont ces citations qui m’ont été les plus chères en tant que mes propres lignes de vie depuis des décennies, et qui le sont encore.
Et dans beaucoup de mes publications, les contenus plus personnels sont encore plus révélateurs de mon moi profond, avec ses qualités et ses dons spécifiques, oui, mais aussi ses nombreuses difficultés – ouvrant
alors la porte évidemment au sarcasme, si un lecteur est enclin à cela .
Il n’y a pas d’autre façon, je crois, que d’accepter une telle vulnérabilité, si je veux atteindre l’objectif que ce blog a pris dès le début, ainsi que je l’ai
expliqué, et qu’il a toujours: voir ma DÉCLARATION D’INTENTION ( https://labofevolution.wordpress.com/about/declaration-dintention/ )


La raison originelle pour laquelle j’ai commencé ce blog?
Cela a simplement été en réponse à la gentille
suggestion d’une autre Blogueuse que je suivais à ce moment-là. Elle s’intéressa à un aspect spécifique de ma propre recherche en cours, que je lui avais expliqué dans quelques commentaires, et elle m’a conseillé de commencer un blog sur ce sujet si fascinant.
Je n’étais pas sûre du tout d’en être capable, mais avec sa constante aide en ligne pour faire face aux obstacles techniques pour moi redoutables, à ma grande surprise je me suis bientôt
retrouvée en effet en train d’écrire un blog!… En premier sur ce sujet … et ensuite, mûe de l’intérieur, avec bonheur et ouvertement, sur d’autres sujets aussi: les plus importants en réalité à mes yeux …
Et c’est alors que ma nouvelle amie s’est soudainement transformée en l’opposé de l’amie qu’elle avait été pour moi jusque-là: elle n’avait aucune idée de la grandeur réelle de Sri Aurobindo et de la Mère, et semblait soupçonner toute spiritualité de toute façon, si bien qu’elle ne comprenait ni ne partageait nullement
mon respect et ma gratitude pour eux, loin de là.
En dépit de mes meilleurs efforts pour lui expliquer sur quelles raisons profondes et convaincantes mon dévouement pour eux était basé, à la fin il est devenu évident qu’il n’y avait aucun moyen de la faire changer d’avis à leur propos, alors nos routes se sont séparées. Mais cela a été une grande douleur pour moi que de découvrir cette différence majeure – et pour elle infranchissable – entre nous, par la brusque et brutale hostilité qu’elle a exprimée envers moi dès que Sri Aurobindo et la Mère ont été mentionnés sur mon Blog.

Néanmoins, je lui suis toujours reconnaissante pour l’aide si généreuse donnée au début, et pour avoir été l’instrument du Divin afin de me faire entrer dans le monde merveilleux du Blogging! Cet incident douloureux dès le début avec cette Blogueuse beaucoup plus expérimentée a été un précieux avertissement de ce qui pouvait très bien se reproduire à tout moment avec quelqu’un d’autre parmi les «visiteurs» ou les «adeptes» réguliers que mon blog a commencé à attirer – par ses propres mérites, et non en raison d’une stratégie consciente de ma part.

Ensuite, pour une longue période, ma vie en tant que Blogueuse (à temps partiel) a été plutôt heureuse … sauf que je me suis souvent interrogée avec une certaine perplexité sur toutes ces personnes qui lisaient bien mon blog (je pouvais voir les chiffres des Statistiques, et les nouveaux “adeptes” qui continuaient à s’ajouter eux aussi) mais étaient apparemment tous désapprobateurs de la procédure du «Liking» au contraire si populaire sur la plupart des autres blogs! … Je soupçonnais un peu que le Divin faisait en sorte que cela se passe de cette façon afin de ne pas encourager ma tendance à peut-être rechercher un peu trop l’approbation et l’appréciation des autres concernant mon travail … mais tout de même… !!!

Et il y a quelques mois, c’est arrivé à nouveau: deux personnes, l’une après l’autre, ont exprimé un commentaire très négatif sur un de mes articles.

J’ai été prise par surprise, et anéantie.

C’était comme si des gens en lesquels j’avais cru en quelque sorte comme en des amis me frappaient soudain au visage ou dans l’estomac. Cela faisait mal.

À tel point que, après quelques semaines, j’ai remarqué que je ne pouvais plus rien  écrire à nouveau. Sur quoi que ce soit.

Alors j’ai raisonné avec moi-même: allais-je vraiment arrêter mon Blog juste à cause de deux personnes qui m’avaient fait mal par leurs commentaires?! Ce serait tout à fait ridicule!…

Mais essayez donc de raisonner avec votre être émotionnel blessé … Rien n’y fait: il se blottit tout juste là-bas, dans un coin plus sombre de votre espace intérieur, léchant ses blessures en silence et refusant absolument de revenir, quelque cajolerie que vous puissiez essayer pour le faire sortir de là.

Donc, j’ai simplement attendu … Enfin, j’ai constaté que cela payait d’être patient avec soi-même, avec n’importe quelle partie en soi-même qui passe, pour quelque raison que ce soit, par un moment difficile: un beau matin, mon être émotionnel était de retour, souriant timidement … Prêt à nouveau à participer à ma vie de Blogueuse! … “Bienvenue, mon être émotionnel!”, lui dis-je chaleureusement en souriant; “Je suis contente que tu sois là: sans toi, ce que j’écris n’atteint pas les autres personnes comme cela les atteint normalement, et mes dernières publications ont seulement porté sur des sujets qui n’étaient pas vraiment personnels – c’est très bien , mais ce n’est pas – ou pas seulement – ce que ce Blog est vraiment destiné à être … Viens, re-travaillons ensemble à partir de maintenant!… “

Alors nous voilà de nouveau ensemble, bien sûr aussi avec mon être mental … et n’oublions pas toutes ces cellules partout dans mon être physique qui, gaiement, font ce qu’il faut pour que ce que je veux écrire apparaîsse ici sur ce blog et que tous les visiteurs puissent le lire… mais maintenant, je suis consciente que je dois être particulièrement prudente avec mon être émotif, afin d’éviter de le blesser une fois de plus …

De son côté, j’ai l’impression qu’il fait de son mieux pour apprendre à ne pas être si extrêmement sensible: il peut sentir que chez quelqu’un qui pratique le Yoga Intégral, un tel progrès devient à un certain point indispensable … Donc, il s’entraine, courageusement! … 

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(Ne laissez pas vos émotions vous distraire de ce qui doit être fait. Contrôlez vos émotions, ou ce sera vos émotions qui vous contrôleront.)

Mais d’autre part, j’espère aussi que toutes les personnes qui visitent mon Blog se rendront compte que je n’essaie pas d’imposer quoi que ce soit à personne: je ne fais que partager ce que je ressens qui peut être utile à d’autres aussi, de ma propre expérience d’évolution consciente à travers le Yoga Intégral. Évidemment, tout ce que je partage ne correspond pas forcément aux besoins intérieurs de tout le monde, car cela serait totalement impossible, chacun d’entre nous étant unique. Par conséquent, ceux qui sentent qu’un certain article n’est pas pour eux pourraient peut-être le laisser tranquille et revenir uniquement pour le prochain? … qu’ils aimeront peut-être tellement qu’ils le marqueront même, qui sait, d’un “Like”?! …  😀

Amusant, de me trouver de façon inattendue en train de rire de tout cela à la fin de ce post … Et, me croirez-vous?! Mon être émotionnel est maintenant lui aussi en train de rire avec moi à la perspective de ces “Likes” imaginés!!!

Fêtant mon cher Ganesh, une fois de plus

Hier (jeudi 24), j’ai pensé que j’aurais le temps dans l’après-midi de traduire en français mon dernier article, mais ce que je devais absolument faire à Pondy le matin, et qui devait être fini à midi, a pris en fait toute la journée, alors je n’ai jamais eu le temps de faire cette traduction …

En outre, la traduction pourrait avoir encore à attendre un jour de plus, car aujourd’hui est une Journée Spéciale que je veux célébrer aussi absolument – comme désormais je le fais chaque année, pour la troisième année déjà (voir mon article plus ancien juste traduit après celui-ci:  labofevolution.wordpress.com/2017/08/27/au-pere-ganesh-noel/ ),   quelque soit la date exacte où ce jour tombe cette année-là.

Car aujourd’hui, c’est la «Ganesh Pudja», ou Ganesh’s Day, et non seulement l’Inde, du Sud et du Nord, célèbrent en ce moment avec beaucoup de joie, mais moi aussi!…

Et pour de bonnes raisons: c’est grâce à la générosité d’un ancien ami aurovilien, sans aucun doute inspiré par «Père Ganesh-Noël», que, il y a deux ans, pour Noël, quand le Service du Logement me donnait ce magnifique appartement à Luminosité, un studio en bas a également été mis à ma disposition: il est devenu mon petit bureau pour la plupart de mes travaux de recherche et d’enseignement, dans le cadre de ce «Laboratoire de l’Évolution – Centre pour l’Unité Humaine» (LOE-CHU) qui est mon travail officiel à Auroville depuis 1984. Le même ami a même ajouté aussi à ce cadeau principal quelques autres plus petits (comme un moniteur grand écran pour voir des films ou mes propres cours en petits groupes, et qui peut faire double emploi comme téléviseur à part entière chaque fois que je voudrai regarder de nouveau mon cher Roger Federer en pleine action, par exemple …).

Depuis cette première prière réelle à Ganesh il y a deux ans, ma vie matérielle est devenue considérablement plus facile à bien des égards, mais avec les aliments spéciaux nécessaires, outre de légers médicaments, pour résoudre un problème de santé persistant, ma “maintenance” (allocation mensuelle) était encore si serrée que dans le cas de toute dépense supplémentaire (quelque chose de cassé devant être remplacé …), je ne pouvais tout simplement pas le faire, c’était trop serré financièrement.

Donc, depuis deux ans, j’ai également fait ma part en aidant Ganesh à m’aider: j’ai postulé officiellement pour la petite Pension de retraite que le gouvernement français devrait m’accorder pour les quelques années que j’ai passées en France en tant que jeune Professeur certifiée de Lettres Classiques, juste avant de venir à Auroville …

Ô heureuse stupéfaction! Une pension m’était bel et bien dûe en effet, et malgré les obstacles administratifs sans fin (résolus l’un après l’autre par une merveilleuse jeune femme, la vice-consule au Consulat de France ici même à Pondy), cette pension est enfin sur le point de venir! … Mais comme mon ancien compte bancaire en France a été, je l’ai appris récemment, fermé depuis longtemps pour manque d’activité (!), il me fallait  m’adresser à une banque à Pondy-même pour ouvrir un compte … qui serait le réceptacle, pour les deux institutions françaises de retraite concernées, où verser l’abondance sans fin de ma pension mensuelle.

Au cours des deux dernières semaines, en dépit de la bonne volonté de la banque à Pondy, ce processus prenait un temps invraisemblable, en raison de plusieurs congés, plus une grève bancaire générale et tout ce qu’on peut imaginer d’autre …

Donc, hier, c’était en fait pourquoi j’étais de nouveau à Pondy: pour que ce compte soit enfin ouvert, avec un Numéro de Compte officiel que je pourrais alors communiquer immédiatement aux bureaux en France qui l’attendent toujours avec patience pour que toutes ces sommes en suspens puissent commencer à y être versées !…

Eh bien, alors que ce compte était censé être prêt, il n’était toujours pas prêt du tout. C’est seulement grâce à l’agent de la banque qui s’occupe de mon cas là-bas, et grâce à son bon cœur et sa gentillesse (sans doute sous l’influence secrète de Ganesh à nouveau …!), qu’à la fin de cette longue journée à Pondy tout a finalement été terminé et, dans le ciel qui devenait sombre, je suis repartie avec le précieux Numéro de Compte inscrit et marqué de tous les sceaux nécessaires de la banque pour avoir validité suffisamment officielle aux yeux des institutions françaises. Durant tout le chemin de retour vers Auroville et chez moi, mon cœur n’a pas arrêté de chanter, presque avec incrédulité: “Ca y est, c’est fait, c’est fait, c’est fait! …”

Et vous vous demandez pourquoi aujourd’hui je célèbre avec tant de jubilation et de gratitude mon si bon ami, Ganesh, qui en plus de tout le reste a réussi à faire en sorte que tout cela se produise juste à temps pour aujourd’hui, oui, pile pour son propre «Ganesh Pudja»? !

Bravo, mon merveilleux Ganesh, bravo !!!

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Une histoire vraie, difficile mais belle…

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Étant l’amie intime, depuis l’enfance, de la fille cadette dans une famille proche, j’ai pu suivre à travers elle les péripéties intérieures de la vie de son père, avec les répercussions importantes qu’elles ont eues sur les autres membres de cette famille, en particulier le fils, frère beaucoup plus jeune de mon amie. Le cas de ce père et de ce fils, et de leurs itinéraires intérieurs, me paraît si intéressant – et en fait si émouvant – que je veux vous le présenter ici aujourd’hui:

Tel que l’ont connu à l’origine mon amie et sa soeur aînée – à l’époque les deux seules enfants du jeune couple radieux que formaient leurs parents – leur père était fort gentil,  indulgent et tendre avec elles, prenant même plaisir à les faire rire le plus souvent possible. Il était heureux alors, à l’aube d’une carrière prometteuse et qu’il aimait vraiment, en cette Afrique Occidentale França!se (l’A.O.F. d’antan) dont personne ne se doutait encore qu’elle vivait ses dernières décades. Il sortait glorieusement de “Colo”, comme on l’appelait familièrement, l’une des Grandes Écoles françaises si renommées, cette fameuse “École Coloniale” où les futurs “Administrateurs de la France d’Outre-mer” recevaient le savoir plus qu’encyclopédique dont ils auraient besoin pour toutes les situations les plus variées et les plus inattendues auxquelles ils pourraient avoir à faire face une fois au coeur de l’Afrique.
De toute son enfance vécue donc en Afrique, la seule occasion où mon amie avait vu son père vraiment fâché, c’était lorsqu’elle même l’avait, bien involontairement, mis dans une situation embarrassante alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions, ayant présidé à la Distribution des Prix à la fin de l’année scolaire, et s’apprêtant à être reconduit à leur demeure:
La voiture officielle attendait (avec lui dedans…) que ses deux petites filles (dont mon amie…) l’aient rejoint dès qu’elles auraient chanté la dernière chanson avec le reste de la Chorale. Sa soeur aînée, plus âgée, s’était rappelé la consigne de rallier la voiture sans tarder, mais elle, trop jeune encore, avait oublié… Losqu’elle avait, toute souriante, ne se doutant de rien, enfin rejoint la voiture, son père avait déjà finalement renvoyé toutes les fanfares présentes comme toujours pour saluer ses allées et venues officielles, et avait ordonné que les soldats abandonnent aussi le garde à vous. Quelle humiliation publique pour lui que d’avoir fait ainsi attendre tout le monde par la faute d’une gamine si inconsciente et irresponsable!… Mon amie, se faisant toute petite dans un des coins de la voiture, l’avait vu muet de fureur dans l’autre coin, et il était resté ainsi tout au long du trajet. Mëme arrivé à la maison, il n’avait pas décoléré et pas desserré les dents de toute la fin de la journée, ne parlant même pas à son épouse – et mon amie, malgré son jeune âge, réalisant pour la première fois le rôle important de son père, s’était rendu compte aussi avec stupeur, et une certaine frayeur, que c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour empêcher son intense colère d’exploser d’une manière qu’il aurait regrettée par la suite.

Des années après, mon amie se rappela cet incident, me dit-elle, quand ce mutisme obstiné fur devenu l’attitude permanente et désespérée de son père pour garder autant que possible sous contrôle la rage impuissante qui l’habitait depuis les suites si tristes de la Décolonisation:

Il avait tant bien que mal accepté sa carrière interrompue en plein essor, plus le chagrin de la séparation d’avec toutes ces populations qu’il aimait et qui l’aimaient tant qu’elles avaient imploré les officiels, mais en vain, de le laisser rester; il avait fait de son mieux aussi pour se rapetisser à la taille de “la Métropole”, cette France qui ne pouvait plus lui proposer que des rôles de rond-de-cuir, honorifiques certes, et bien payés, mais qu’il avait fini par rejeter, car son coeur n’y était pas, et il préférait se contenter d’une retraite anticipée – une demi-retraite, donc, pour toute la famille – plutôt que de continuer cette espèce de farce bureaucratique pour lui intolérable, après la vie libre et vaste qu’il avait connue, et avait originellement choisie.
Ce qui l’avait totalement anéanti, cependant, ce n’était pas tant son malheur personnel: ce fut de voir très vite tous ces pays qu’il avait tant chéris et aidés de son mieux, tomber l’un après l’autre dans le chaos après leur Indépendance, les petits chefs tribaux reprenant leurs guerres réciproques et ruinant tout sur leur passage. Au fur et à mesure que ce désastre se généralisait, mon amie a vu son malheureux père assister impuissant et de loin à la destruction de tout ce que sa vie avait contribué avec tant d’amour à construire, sa pauvre vie devenue inutile et dépourvue de sens, dans un monde qui lui aussi semblait de plus en plus dépourvu de sens.
Au bout de plusieurs années comme cela, réfugié comme un reclus chez lui, dans l’appartement qu’il avait au moins pu acheter, providentiellement, au retour d’Afrique, pour lui et sa famille, dans une belle région de la grande banlieue parisienne, au lieu de rechercher la compagnie des quelques autres ex-Administrateurs qui y étaient venus aussi, il ne sortait guère que pour les courses à faire pour son épouse, et pour la messe du dimanche, qui lui tenait toujours à coeur, car il avait toujours été très pieux et trouvait quelque réconfort dans sa foi, conservée intacte malgré toutes ces épreuves.
Mais les malheurs qui s’étaient abattus sur lui n’étaient pas encore terminés: un autre élément dans sa vie, qui avait été jusque-là une autre souce de réconfort et même d’espoir – ce fils tant attendu, né enfin quelques années avant le départ définitif d’Afrique – se mit soudain à devenir pour lui, en grandissant, tout le contraire du réconfort et de l’espoir….
Tant qu’il était petit, ce fils chéri avait bien sûr correspondu au cadeau du ciel qu’y voyait son père; mais devenant de plus en plus lui-même selon ses propres qualités et défauts, il correspondait de moins en moins aux attentes que son père avait de lui comme du fils qui allait “continuer la lignée” (Khalil Gibran et son célèbre “Vos enfants ne sont pas vos enfants, etc” n’étaient pas encore connus…!) et faire honneur à sa famille de la même façon que lui-même son père avait fait honneur à la sienne.
Le fils est devenu peu à peu, sans s’en rendre compte, la négation vivante de tout ce que son père avait escompté – et le père, très déçu, souffrant terriblement de ce fait très désagréable mais de plus en plus évident, à propos duquel là encore il ne pouvait rien, a senti son amour pour son fils être mis à rude épreuve.
Bien que doué pour des tas de choses, le fils devenu adolescent ne faisait pas pour autant les choix que son père aurait fait à sa place, et son père, malgré lui, lui en voulait de plus en plus d’être si différent de lui-même psychologiquement, et si proche au contraire, sur certains points, d’autres adultes qu’il n’avait jamais appréciés. La relation entre le père et le fils s’est inexorablement dégradée, malgré tous les efforts du père pour rester un père digne de ce nom, c’est à dire plein d’amour, tout comme il l’avait été auparavant pour ses filles.
Et, ajouta mon amie, elle et sa soeur aînée, maintenant adultes, n’étaient plus là pour faire tampon et tâcher de remédier à la situation. Son père avait toujours eu grand respect et appréciation spécialement pour elle, au point de se tenir coi quand, plus d’une fois, elle l’avait réprimandé avec indignation après qu’il lui soit arrivé de déverser son humeur massacrante sur son épouse ou quelque autre personne présente: les paroles acerbes et blessantes étaient devenues sa spécialité dès que quelque visite le forçait à sortir de cette solitude dans sa chambre fermée et de ce mutisme … qu’il s’imposait, justement, pour tenter d’empêcher ces débordements!…
Mais la première fille s’était mariée; quant à mon amie elle-même, la cadette, elle avait dû partir dans une autre région pour son premier poste en tant que jeune Professeur de Lycée, et cela avant que cette sorte d’antagonisme du père pour le fils (encore petit alors) soit devenue manifeste; si bien qu’elle ignorait tout de ce qui avait suivi son départ. Ce n’est qu’au cours d’une visite par toute sa famille dans la ville où elle enseignait que, pendant le repas au restaurant offert par son père avec toutes ses meilleures intentions, il perdit à nouveau le contrôle sur ses paroles vis à vis de son fils, et mon amie fut directement témoin de la manière odieuse dont son père ridiiculisait et humiliait comme à plaisir le malheureux adolescent, même dans cet endroit public et devant elle. Outrée, elle se leva d’un bond et menaça de quitter la table et le restaurant si son père ne cessait pas immédiatement ce comportement détestable.
Le père, honteux, revenant à lui-même grâce à cet éclat indigné de sa fille, se comporta normalement pendant toute la suite du repas, mais quand ils la quittèrent tous finalement pour retourner vers Paris, elle avait le coeur gros, et ne savait plus quoi faire:
Elle pouvait exactement comprendre, hélas, comment son père, dans sa propre souffrance sans issue, toujours réprimée depuis tant d’années et redoublée ensuite par ce fils si décevant pour lui, dont la simple présence lui était irritation constante et mal contenue (à l’époque, Elizabeth Kübler-Ross n’était pas encore connue, on ne savait pas que taper à grands coups sur de vieux annuaires ou oreillers bien épais est un excellent moyen d’évacuer toute cette souffrance accumulée qui autrement risque de devenir violence sous une forme ou une autre…!), et pourtant mon amie ne pouvait ni excuser la conduite de son pèe, ni laisser son malheureux jeune frère dans une situation si déplorable.
Mais en fait que pouvait-elle faire, quand elle-même n’avait aucunement le droit de réclamer légalement la charge de cet enfant, et se sentait à peine capable de s’éduquer elle-même véritablement, elle qui était si intensément à la recherche du sens et du but de la vie, au-delà de la foi spontanée et sincère, mais encore trop limitée, de sa propre jeunesse?… Elle avait rejeté la cage dorée d’un mariage “idéal” prévu, mais qui l’aurait empêchée de rester elle-même; elle n’avait aucun foyer, aucune famille réelle à offrir à son frère dans ce jeune äge où il en avait encore malgré tout besoin…
Ce fut un déchirement très douloureux pour elle, me confia mon amie, d’avoir ainsi à choisir, si jeune encore elle-même, entre essayer de secourir son jeune frère, ou continuer à explorer seule sa propre vie, telle qu’elle commençait à peine à y discerner un tracé et une direction totalement hors des sentiers battus – ce qui était profondément fascinant et approprié pour elle, certes, mais qui risquait fort de ne pas l’être du tout pour son frère, devenu déjà pour elle, en ces quelques années de séparation, presqu’un inconnu…
Finalement, elle prit le parti de ne pas intervenir dans sa famille, fût-ce temporairement pendant ses vacances, pour toutes les raisons déjà exprimées, mais aussi à cause de ses divers engagements politiques idéalistes dans la région de son Lycée: car ils exigeaient d’elle constamment qu’elle soit présente physiquement sur de nombreux fronts où des manifestations, pacifiques, mais cruciales, avaient également besoin d’elle pour que les sociétés humaines deviennent justement moins absurdes, et moins douloureuses.
Pendant ce temps son frère a fini par pouvoir mener lui aussi sa propre existence telle qu’il l’entendait, vivant dès sa majorité loin de sa famille et de l’opposition de son père, en partie grâce à l’aide financière discrète (secrète?) de sa mère. Mon amie, sa deuxième grande soeur, n’a jamais su exactement comment toute cette difficile période-là s’est passée pour lui, mais par contre, bien après, elle a eu l’occasion pour son travail de rendre quelquefois visite à leurs parents maintenant âgés, restés seuls; elle a pu constater que leur père, délivré lui-même enfin de ses propres conflits internes, sans doute au prix d’intenses et humbles prières avait réussi à redevenir le père souriant d’autrefois, maintenant plein même d’une remarquable compassion pour autrui, là où des mots mordants lui auraient échappé, du temps de sa descente aux enfers; et mon amie s’est grandement réjouie de cette guérison intérieure qu’elle n’osait plus espérer. Mais jamais personne n’a mentionné son frère, alors elle ne l’a pas fait non plus, ne voulant pas risquer de réveiller des souvenirs douloureux aussi pour ses parents.
Plus tard encore, la Grâce Divine a fait qu’un soir elle s’est trouvée là, arrivant chez eux à l’improviste, juste au moment où leur père, malade déjà depuis un an, était emporté à l’hôpital.
Le jour suivant, alors qu’il se préparait à mourir dans sa chambre d’hôpital, mon amie l’a vu, malgré la présence de plusieurs autres proches venus en hâte, porter son attention surtout sur ce qu’il semblait déjà percevoir de ce que nous appelons l’au-delà; et il souriait d’un tel bonheur qu’il en rayonnait de beauté intérieure. La simple vision de son visage dans cet état béatifique a rempli mon amie du même bonheur ineffable, émanant de ces dimensions spirituelles de la Réalité totale qu’elle-même avait découvertes en apprenant à s’intérioriser dans le calme et le silence des profondeurs de son être. Visiblement, se dit-elle, les larmes aux yeux de joie, son père, s’il mourait, mourrait en paix avec lui-même, qu’il ait ou non réussi à faire aussi la paix avec son fils; et ce serait bien ainsi car il avait vraiment fait du mieux qu’il pouvait, en dépit des défis  si difficiles qu’il s’était mis au programme de cette vie maintenant  proche de sa fin…
Comme le lendemain son père semblait soudain aller mieux, mon amie a pris le temps d’aller visiter dans une autre ville un lieu qu’elle avait vu en transe comme le lieu où, dans une autre de ses vies humaines, elle avait pris une très mauvaise décision, dont l’influence au-delà du temps pesait comme un lourd boulet sur sa vie cette fois-ci. Arrivée sur place, elle a reconnu le lieu dans ses moindres détails physiques, bien qu’elle n’y soit jamais allée auparavant dans cette vie-ci. Pendant toute la visite, elle a également senti la présence avec elle de son père – ce qui lui a fait comprendre soudain le lien karmique inconscient qui les avait réunis dans cette vie-ci, et qui, elle le sentait, était maintenant enfin résolu.
De retour auprès de sa mère, celle-ci lui a appris que son père était finalement mort l’après-midi même… “Exactement à l’heure où sa présence est venue accompagner ma visite là-bas!”, s’est dit mon amie avec gratitude, et l’émotion de voir sa perception être confirmée par les faits.
Pour les funérailles, toute la famille était là – sauf son frère. Bien qu’informé bien sûr, il avait décidé de ne pas venir. Encore trop de souffrance en lui, et de ressentiment?… Certains ont été choqués, mais mon amie a pris ouvertement le parti de son frère, car ayant ne serait-ce qu’une faible idée de ce que leur père lui avait fait vivre autrefois, elle n’était pas du tout sûre qu’à la place de son frère elle aurait été capable de pardonner, et de venir. De plus, lui n’avait pratiquement jamais connu son père que dans ce terrible état, car ses souvenirs plus heureux dataient de trop loin pour qu’il s’en souvienne encore et qu’ils contrebalancent la dure réalité vécue ensuite. Et lui n’avait aucun moyen de savoir comme elle les “circonstances atténuantes” qui lui auraient permis de comprendre un peu comment, à force de trop de souffrance en lui-même, son malheureux père avait pu en arriver à ce comportement haïssable…
Quelques années plus tard les chemins du frère et de la soeur se sont enfin croisés à nouveau, elle a eu la joie de constater que son frère avait réussi à préserver sa propre intégrité et ne s’était pas totalement durci depuis la longue épreuve subie dans ses jeunes années.
Cependant, leurs rares rencontres n’ont jamais été seule à seul; si bien qu’ils n’ont jamais pu se parler en profondeur de ce que chacun d’eux avait vécu, après leur séparation, qui avait compté pour lui ou elle.

Mais voici quelques dernières nouvelles de taille:
Mon amie, l’année dernière, quelques jours avant l’anniversaire de son frère (qui est à cette époque-ci de l’année), a eu l’immense surprise de sentir soudain à nouveau la présence de leur père auprès d’elle, là où elle vit. Sans mots prononcés, juste par télépathie, il lui a fait comprendre qu’il lui demandait d’aider à sa réconciliation avec son fils. La souffrance de ce douloureux passé avait assez duré, il était temps d’enfin la laisser se dissoudre dans le pardon.
Pour cet anniversaire-là de son frère, mon amie n’a pas eu le courage encore, m’a-t-elle avoué, de lui parler ni de cette visite, ni de la prière exprimée par la conscience de leur père. Et au fil de l’année qui a suivi, prise par ses responsabilités habituelles, elle a plus ou moins oublié visite et requête. Mais voilà qu’il y a quelques jours à peine, la conscience de leur père l’a contactée de nouveau, plus tôt, pour qu’elle ait cette fois le temps de tout expliquer à son frère avant l’anniversaire (date où l’âme de chaque individu est davantage ouverte à l’Amour et à sa Lumière) de celui-ci. Il précisait que le pardon serait bénéfique non seulement pour son propre être en tant que l’ex-père, mais aussi pour l’être intérieur de son fils: il devait se libérer, se nettoyer, s’alléger de tout ce passé dont l’amertume contribuait à le faire vieillir plus tôt et plus vite que cela ne se produirait sans ce poids du passé – et mon amie a eu la très nette impression que là encore, tout comme entre ce même père et elle-même, entre ces deux êtres il y avait eu en fait un accord avant leurs naissances, que dans cette vie-ci ils se retrouveraient pour tenter d’apprendre à pardonner et aussi à se pardonner à soi-même ses erreurs et manques souvent programmés en fait à dessein: leur futur père avait accepté d’être pour un temps l’apparent “méchant” dont les mauvais traitements allaient en réalité essayer d’aider son futur fils dans le but que celui-ci avait pour cette vie: faire grandir en lui-même d’autant la capacité d’amour vrai – et donc de pardon vrai – sans laquelle nul ne peut vraiment retrouver sa nature divine originelle…
Je crois que mon amie a fini par trouver un moyen indirect de parler de tout cela à son frère, dont l’anniversaire approche à grands pas… Réussira-t-elle à le toucher, à le convaincre? Peut-être a-t-il en fait déjà pardonné dans une certaine mesure, et n’a-t-il plus besoin que de parfaire la paix intérieure que ce pardon presque total a déjà commencé à lui apporter?… Il est le seul à le savoir, et à pouvoir décider de ce qui lui reste éventuellement à faire pour cette réconciliation posthume avec la conscience de son père.
Comme mon amie cependant, j’en suis venue moi aussi à souhaiter de tout coeur, et même à prier,  qu’en effet le temps soit venu, que (fût-ce avec l’aide de la Grâce Divine s’il en sent le besoin et y fait appel) ce progrès si bénéfique s’accomplisse enfin pleinement en lui… et que son anniversaire en soit d’autant plus profondément heureux!

Voilà donc l’histoire vraie que je voulais vous raconter, car nous pourrons tous y retrouver, sous une forme ou une autre, quelque chose de nos propres buts intérieurs inconscients et secrets, qui expliquent tant de notre histoire extérieure en tant que Joueurs volontaires dans ce Grand Jeu de l’Évolution, sur Terre ou ailleurs…

The “Night of 4th August”, 1789

 

(ENGLISH TRANSLATION OF THE PREVIOUS POST)

In my childhood History lessons about the French Revolution, the only moment that created in my young soul not fright or even horror, but rather an enthusiastic amazement, still deeply imprinted in my being, has been the moment, so important by its consequences, which was called “the Night of the 4th of August”, and every year I celebrate this date for myself with an inner intensity so close to fervor that I suspect a direct participation in this Event, experienced by another self of mine at that time.
 

This year, I do not know why, I wanted to do more than a personal celebration, and here I am presenting on this Blog of Research the account of this great moment that historians of great renown, such as Jules Michelet, later gave, through the article (which I quote almost completely, with all my gratitude) from Wikipedia, dedicated to this event: 

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Night of 4 August 1789


Date of 4 (6 pm) to 5 August 1789 (2 h)
Venue Hotel of the Menus Plaisirs in Versailles
 

“Reform of various feudal rights and tithe. August 11, 1789. “

(Illustration: Anonymous caricature of 1789, with a caption.
A man of the Third Estate: “Hey, still take this, Monsieur le Cure, such a gift from a hand that would like to hold on to it with the other – but this is the last time. “)

The Night of the 4th of August, 1789, or the “Night of August 4″, is the sitting of the National Constituent Assembly, during which the suppression of the feudal privileges was voted. Begun on the 4th of August, 1789, at six o’clock in the evening, it continued, after midnight, until two o’clock in the morning. This was a fundamental event of the French Revolution, since the Constituent Assembly put an end to the feudal system during the sitting. It was the abolition of all feudal rights and privileges as well as all the privileges of classes, provinces, cities and corporations, on the initiative of the Breton Club, the future Jacobin Club.


Context
 

Since the capture of the Bastille on July 14, 1789, a wave of revolts called the Great Fear had developed in France, particularly in the countryside. In some regions, peasants attacked the lords, their property and their archives, especially the terrier books used to establish seigneurial rights. 

The Night of August 4 is a response to this insurrection. The Constituent Assembly is in the process of elaborating the future constitution and the Declaration of the Rights of Man and the Citizen when it receives disturbing tales about the instability in France. Faced with this crisis, two solutions are envisaged. The first wants to reassert the values ​​of property, and thus control the revolt. This solution was soon rejected, as it would only reinforce the peasants’ opposition to the feudal system. The second solution envisages setting up a network of rescue offices, which would help the poorest. But this solution does not respond to the urgency of the situation. 

The idea of ​​the abolition of seigneurial rights, which was probably conceived at a meeting of the Breton Club, a small group of deputies who had become accustomed to discussing between themselves.


The excitement of events

(Illustration: Night of the 4th of August, high relief in bronze of Leopold Morice, monument to the Republic, place of the Republic, Paris, 1883.)

On August 3, 1789, the Duke of Aiguillon proposed the idea of ​​abolition of seigneurial rights to the Breton Club.

The next day, at the end of the evening, the Viscount de Noailles proposed to the National Assembly that the privileges should be abolished in order to restore calm in the provinces.

The Duc d’Aiguillon proposes the equality of all before the tax and the redemption of feudal rights. In reply, Pierre Samuel du Pont de Nemours demands measures of rigor against the peasantry, which makes the historian Albert Mathiez say: “The nobles were open to pity, the bourgeois blamed the inaction of the authorities and wanted to send severe orders to the courts “.

In turn, in an indescribable atmosphere, Guy Le Guen of Kerangal, the Viscount of Beauharnais, Lubersac, the Bishop of La Fare, will outbid by suppressing banalities, untitled pensions, seigneurial jurisdictions, hunting rights, Ecclesiastical privileges.

The Marquis de Foucault made a “vigorous motion against the abuse of military pensions,” and demanded that “the first of the sacrifices should be that which the great should make, and that portion of the nobility which is very opulent by itself, The eyes of the prince are on the already rich, and on which he pours out without measure and accumulates gifts, largesses, excessive treatments, provided by and taken from the very survival substance of the countryside. ”
The Viscount of Beauharnais proposes “the equality of penalties over all classes of citizens and their eligibility in all ecclesiastical, civil and military posts.”

Cottin calls for the extinction of seigneurial justices as well as “all the remnants of the feudal regime which crushes the poor”.
The Bishop of Nancy, Bishop de La Fare, taking the floor, after having disputed it with one of his colleagues, asked, in the name of the clergy, that the ecclesiastical funds should be declared redeemable. And that “their redemption does not turn for the benefit of the ecclesiastical lord, but that it be made useful investments against indigence.”
The Bishop of Chartres, presenting the exclusive right of hunting as “a scourge for the campaigns ruined for more than a year by the elements “, demands its abolition, and in fact the abandonment for himself,” Happy”, he says, “of being able to give the other owners of the kingdom this lesson of humanity and of justice”.
De Richer, returning to the extinction of seigneurial justices, demanded the gratuitousness of justice throughout the kingdom, “except the precautions tending to extend the spirit of chicanery and the indefinite length of trials.”
The Duc du Chatelet then proposes that a tax in money be substituted for the tithe, “except to allow the redemption, as for the seigniorial rights”.
Everything seemed finished. A scene no less great began. After the privileges of the classes, came those of the provinces. Those who were called Countries of State, who had privileges of their own, various advantages for liberties and for taxation, blushed at their selfishness; they wished to be France, whatever might be the cost to their personal interest, to their good old memories.
The Dauphine, as early as 1788 (see Vizille after the Day of the Tiles), had offered it magnanimously concerning itself and advised the other provinces. to do the same. It renewed this offer. The most obstinate, the Bretons, though bound by their mandates, bound by the ancient treaties of their province with France, nevertheless manifested a desire to join. Provence says the same, then Burgundy and Bresse, Normandy, Poitou, Auvergne, Artois. Lorraine, in touching terms, says she would not regret the domination of her worshiped sovereigns who were fathers of the people, if she had the happiness of meeting with her brothers, to enter with them into this maternal home of France, in this immense and glorious family!
Then it was the turn of the cities.
Finally, Lally-Tollendal ended the session in apotheosis by proclaiming Louis XVI “restorer of French liberty.” (Jules Michelet, History of the French Revolution, Flammarion, 1897-1898.)
In one night, the foundations of the system by Orders collapsed.
The following days, the clergy attempted to reconsider the abolition of tithing, but the President of the Assembly, Isaac Le Chapelier, having accepted only discussions on the form, the decrees of August 4 were definitely drafted on the 11th.
On the morrow, Louis XVI. wrote to the Archbishop of Arles: “I will never consent to deprive my clergy, my nobility.” I will not give my sanction to decrees which will deprive them; It is then that the French people could accuse me of injustice and weakness. Monsieur the Archbishop, you submit to the decrees of Providence; I believe I submit to it by not giving way to that enthusiasm which has taken possession of all Orders, but which merely slips onto my soul. If force compelled me to sanction, then I would yield, but then there would be no monarchy or monarch in France. “
Louis XVI. does not give his sanction on these decrees, until he is compelled and forced on the 5th of October.
Thus the privileges of the ecclesiastics, the nobles, the corporations, the cities, and the provinces disappeared.
However, the feudal rights were declared redeemable on the 15th of March, 1790, and their bearers are not bound to prove their origin. In practice, this leads to their maintenance. However, faced with the refusal of many peasant communities, the Legislative Assembly abolished the redemption, save for presentation of the original title, of casual rights, on June 18, 1792, and then for all rights on August 25 of the following year. Finally, on 17 July 1793, the Convention voted for their complete abolition, without compensation, and the burning of feudal titles.
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It is not to say that the fact of having participated in this magnificent enthusiasm that Night has constituted a guarantee for the members of the Nobility or the Clergy to be spared in the later days of the Revolution :
As a proof, it seems, my vague but yet certain recollection of having been, in the same other life, guillotined in spite of everything under the “Terror” that came about later. Yes, “Terror” indeed, with the extreme and blind excesses of this “Revolutionary Tribunal” whose name alone in the History class was enough to fill me with terror in this lifetime.

In me no regret though for having participated in this voluntary sacrifice of our numerous Privileges under the Feudal System still in force until then. It is only the joy and pride of having had such a courage, out of pure compassion for the peasants, in this miraculous fraternity of the Night of the 4th of August, that still vibrate in my deep being. Fraternity too short, certainly, but which undoubtedly foreshadowed the Brotherhood of the whole Humanity that we will one day know thanks to the New Step of our earthly evolution, to a higher degree, New Step already in progress …


La “Nuit du 4 Août” 1789

Des cours d’histoire de mon enfance concernant la Révolution française, le seul moment dont le récit suscita en ma jeune âme non pas la frayeur ou même l’horreur, mais bien au contraire un enthousiasme émerveillé, encore profondément imprimé dans mon être, ce fut le moment, capital par ses conséquences, que l’on appela “la Nuit du 4 août”, et chaque année je célèbre cette date pour moi-même avec une intensité intérieure si proche de la ferveur que je soupçonne une participation directe à cet évènement, vécue par un(e) autre moi-même à cette époque-là.

Cette année-ci, je ne sais pourquoi, j’ai voulu faire plus qu’une célébration personnelle, et me voilà présentant ainsi sur ce Blog de Recherche le récit de ce grand moment que firent par la suite des historiens de grand renom, tel Jules Michelet,  à travers l’article (que je cite presque complètement, avec toute ma gratitude) de Wikipedia consacré à cet évènement:

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Nuit du 4 août 1789

Nuit du 4 août 1789
Date du 4 (18 h) au 5 août 1789 (h)
Lieu Hôtel des Menus Plaisirs à Versailles

« Reforme de différents droits feodaux et de la dîme. Le 11 août 1789. »
(Caricature anonyme de 1789.
Un homme du tiers état : « Hé, prenez toujours, M. le curé, tel refuse d’une main qui voudrait tenir de l’autre, mais c’est la dernière fois. »)

La nuit du 4 août 17891,2, ou nuit du 4 Août3,4, est la séance de l’Assemblée nationale constituante au cours de laquelle fut votée la suppression des privilèges féodaux. Débutée le 4 août 1789 à six heures du soir, elle se prolongea, après minuit, jusqu’à deux heures du matin1. C’est un événement fondamental de la Révolution française, puisque, au cours de la séance qui se tenait alors, l’Assemblée constituante met fin au système féodal. C’est l’abolition de tous les droits et privilèges féodaux ainsi que de tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations, à l’initiative du Club breton, futur « club des Jacobins ».

Contexte

Depuis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 s’est développée en France, notamment dans les campagnes, une vague de révoltes appelée la Grande Peur. Dans certaines régions, des paysans s’en prennent aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives, en particulier les livres terriers qui servent à établir les droits seigneuriaux.

La Nuit du 4 août est une réponse à cette insurrection. L’Assemblée constituante est en train d’élaborer la future constitution ainsi que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen lorsqu’elle reçoit des récits inquiétants à propos de l’instabilité qui sévit en France. Face à cette crise, deux solutions sont alors envisagées. La première veut réaffirmer les valeurs de la propriété, et donc contrôler la révolte. Cette solution est vite rejetée, car elle n’aurait fait que renforcer l’opposition des paysans au système féodal. La seconde solution envisage d’instaurer un réseau de bureaux de secours, qui permettraient d’aider les plus pauvres. Mais cette solution ne répond pas à l’urgence de la situation.

C’est donc pour sortir de ce blocage que naît l’idée de l’abolition des droits seigneuriaux, laquelle a probablement été pensée lors d’une réunion du Club breton, petit groupe de députés qui avaient pris l’habitude de discuter entre eux.

L’effervescence des événements

Le 3 août 1789, le duc d’Aiguillon lance au Club breton l’idée d’une abolition des droits seigneuriaux.

Le lendemain, en fin de soirée, le vicomte de Noailles propose à l’Assemblée nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces.

Le duc d’Aiguillon propose l’égalité de tous devant l’impôt et le rachat des droits féodaux. En réponse, Pierre Samuel du Pont de Nemours réclame des mesures de rigueur contre la paysannerie, ce qui fait dire à l’historien Albert Mathiez : « Les nobles s’ouvraient à la pitié, le bourgeois blâmait l’inaction des autorités et il parlait d’envoyer des ordres sévères aux tribunaux »5.

Tour à tour, dans une ambiance indescriptible, Guy Le Guen de Kerangal, le vicomte de Beauharnais, Lubersac, l’évêque de La Fare vont surenchérir en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, les privilèges ecclésiastiques.

Le marquis de Foucault fait une « motion vigoureuse contre l’abus des pensions militaires » et demande que « le premier des sacrifices soit celui que feront les grands, et cette portion de la noblesse, très opulente par elle-même, qui vit sous les yeux du prince, et sur laquelle il verse sans mesure et accumule des dons, des largesses, des traitements excessifs, fournis et pris sur la pure substance des campagnes ».

Le vicomte de Beauharnais propose « l’égalité des peines sur toutes les classes des citoyens, et leur admissibilité dans tous les emplois ecclésiastiques, civils et militaires ».

Cottin demande l’extinction des justices seigneuriales ainsi que celle de « tous les débris du régime féodal qui écrase l’agriculture ».

L’évêque de Nancy Mgr de La Fare, s’emparant de la parole, après l’avoir disputée à l’un de ses confrères, demande, « au nom du clergé », que les fonds ecclésiastiques soient déclarés rachetables et « que [leur] rachat ne tourne pas au profit du seigneur ecclésiastique, mais qu’il en soit fait des placements utiles pour l’indigence ».

L’évêque de Chartres, présentant le droit exclusif de la chasse comme « un fléau pour les campagnes ruinées depuis plus d’un an par les éléments », en demande l’abolition, et en fait l’abandon pour lui, « heureux, dit-il, de pouvoir donner aux autres propriétaires du royaume cette leçon d’humanité et de justice ».

De Richer[Qui ?], revenant sur l’extinction des justices seigneuriales, demande la gratuité de la justice dans tout le royaume, « sauf les précautions tendant à étendre l’esprit de chicane et la longueur indéfinie des procès ».

Le duc du Châtelet propose alors qu’une taxe en argent soit substituée à la dîme, « sauf à en permettre le rachat, comme pour les droits seigneuriaux ».

« Tout semblait fini. Une scène non moins grande commençait. Après les privilèges des classes, vinrent ceux des provinces. Celles qu’on appelait Pays d’État, qui avaient des privilèges à elles, des avantages divers pour les libertés, pour l’impôt, rougirent de leur égoïsme, elles voulurent être France, quoi qu’il pût en coûter à leur intérêt personnel, à leurs vieux et bons souvenirs. Le Dauphiné, dès 1788 (cf. Vizille après la journée des Tuiles), l’avait offert magnanimement pour lui-même et conseillé aux autres provinces. Il renouvela cette offre. Les plus obstinés, les Bretons, quoique liés par leurs mandats, liés par les anciens traités de leur province avec la France, n’en manifestèrent pas moins le désir de se réunir. La Provence en dit autant, puis la Bourgogne et la Bresse, la Normandie, le Poitou, l’Auvergne, l’Artois. La Lorraine, en termes touchants, dit qu’elle ne regretterait pas la domination de ses souverains adorés qui furent pères du peuple, si elle avait le bonheur de se réunir à ses frères, d’entrer avec eux dans cette maison maternelle de la France, dans cette immense et glorieuse famille ! Puis ce fut le tour des villes. »

— Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Flammarion, 1897-1898

Enfin, Lally-Tollendal termine la séance en apothéose en proclamant Louis XVI « restaurateur de la liberté française ». En une nuit, les fondements du système par ordres s’effondrent. Les jours suivants, le clergé tente de revenir sur la suppression de la dîme, mais le président de l’Assemblée, Isaac Le Chapelier, n’ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août sont définitivement rédigés le 11.

Dès le lendemain, Louis XVI écrit à l’archevêque d’Arles :

« Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient ; c’est alors que le peuple français pourrait m’accuser d’injustice et de faiblesse. Monsieur l’archevêque, vous vous soumettez aux décrets de la Providence ; je crois m’y soumettre en ne me livrant point à cet enthousiasme qui s’est emparé de tous les ordres, mais qui ne fait que glisser sur mon âme. Si la force m’obligeait à sanctionner, alors je céderais, mais alors il n’y aurait plus en France ni monarchie ni monarque. »

Louis XVI n’accorde sa sanction à ces décrets que contraint et forcé, le 5 octobre. Ainsi disparaissent les privilèges des ecclésiastiques, des nobles, des corporations, des villes et des provinces.

Toutefois, les droits féodaux sont déclarés rachetables le 15 mars 1790, et leurs détenteurs ne sont pas tenus d’en prouver l’origine, ce qui, en pratique, conduit à leur maintien. Toutefois, devant le refus de nombreuses communautés paysannes, l’Assemblée législative supprime le rachat, sauf présentation du titre primitif, pour les droits casuels le 18 juin 1792, puis pour l’ensemble des droits le 25 août suivant. Enfin, le 17 juillet 1793, la Convention vote leur abolition complète, sans indemnité, et le brûlement des titres féodaux6,7.


 

Il n’est pas dit que le fait d’avoir participé à ce magnifique élan d’enthousiasme cette Nuit -là ait constitué une garantie, pour les membres de la Noblesse ou du Clergé, d’être épargnés dans la suite de la Révolution – à preuve, semble -t-il, le souvenir que j’ai, vague mais pourtant certain, d’avoir été, dans la même autre vie, guillotinée malgré tout sous “la Terreur” qui sévit plus tard. Oui, “la Terreur”, avec les excès, devenus extrêmes et aveugles, de ce “Tribunal Révolutionnaire” dont le nom seul, en cours d’Histoire, suffisait à me remplir d’effroi dans cette vie-ci …

Malgré tout, ne subsiste en moi aucun regret d’avoir participé à ce sacrifice volontaire de nos nombreux Privilèges sous le Système Féodal encore en vigueur jusque-là. Ne vibre encore en mon être profond que la joie et la fierté d’avoir eu ce courage, par pure compassion pour les paysans, pendant cette miraculeuse fraternité de la Nuit du 4 Août. Fraternité  trop brève alors, certes, mais qui préfigura sans aucun doute la Fraternité de l’Humanité tout entière que nous allons connaître un jour grâce au Nouveau Pas de notre évolution terrestre encore plus élevée, déjà en cours…

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