Une histoire vraie, difficile mais belle…

pere-fils

Étant l’amie intime, depuis l’enfance, de la fille cadette dans une famille proche, j’ai pu suivre à travers elle les péripéties intérieures de la vie de son père, avec les répercussions importantes qu’elles ont eues sur les autres membres de cette famille, en particulier le fils, frère beaucoup plus jeune de mon amie. Le cas de ce père et de ce fils, et de leurs itinéraires intérieurs, me paraît si intéressant – et en fait si émouvant – que je veux vous le présenter ici aujourd’hui:

Tel que l’ont connu à l’origine mon amie et sa soeur aînée – à l’époque les deux seules enfants du jeune couple radieux que formaient leurs parents – leur père était fort gentil,  indulgent et tendre avec elles, prenant même plaisir à les faire rire le plus souvent possible. Il était heureux alors, à l’aube d’une carrière prometteuse et qu’il aimait vraiment, en cette Afrique Occidentale França!se (l’A.O.F. d’antan) dont personne ne se doutait encore qu’elle vivait ses dernières décades. Il sortait glorieusement de “Colo”, comme on l’appelait familièrement, l’une des Grandes Écoles françaises si renommées, cette fameuse “École Coloniale” où les futurs “Administrateurs de la France d’Outre-mer” recevaient le savoir plus qu’encyclopédique dont ils auraient besoin pour toutes les situations les plus variées et les plus inattendues auxquelles ils pourraient avoir à faire face une fois au coeur de l’Afrique.
De toute son enfance vécue donc en Afrique, la seule occasion où mon amie avait vu son père vraiment fâché, c’était lorsqu’elle même l’avait, bien involontairement, mis dans une situation embarrassante alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions, ayant présidé à la Distribution des Prix à la fin de l’année scolaire, et s’apprêtant à être reconduit à leur demeure:
La voiture officielle attendait (avec lui dedans…) que ses deux petites filles (dont mon amie…) l’aient rejoint dès qu’elles auraient chanté la dernière chanson avec le reste de la Chorale. Sa soeur aînée, plus âgée, s’était rappelé la consigne de rallier la voiture sans tarder, mais elle, trop jeune encore, avait oublié… Losqu’elle avait, toute souriante, ne se doutant de rien, enfin rejoint la voiture, son père avait déjà finalement renvoyé toutes les fanfares présentes comme toujours pour saluer ses allées et venues officielles, et avait ordonné que les soldats abandonnent aussi le garde à vous. Quelle humiliation publique pour lui que d’avoir fait ainsi attendre tout le monde par la faute d’une gamine si inconsciente et irresponsable!… Mon amie, se faisant toute petite dans un des coins de la voiture, l’avait vu muet de fureur dans l’autre coin, et il était resté ainsi tout au long du trajet. Mëme arrivé à la maison, il n’avait pas décoléré et pas desserré les dents de toute la fin de la journée, ne parlant même pas à son épouse – et mon amie, malgré son jeune âge, réalisant pour la première fois le rôle important de son père, s’était rendu compte aussi avec stupeur, et une certaine frayeur, que c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour empêcher son intense colère d’exploser d’une manière qu’il aurait regrettée par la suite.

Des années après, mon amie se rappela cet incident, me dit-elle, quand ce mutisme obstiné fur devenu l’attitude permanente et désespérée de son père pour garder autant que possible sous contrôle la rage impuissante qui l’habitait depuis les suites si tristes de la Décolonisation:

Il avait tant bien que mal accepté sa carrière interrompue en plein essor, plus le chagrin de la séparation d’avec toutes ces populations qu’il aimait et qui l’aimaient tant qu’elles avaient imploré les officiels, mais en vain, de le laisser rester; il avait fait de son mieux aussi pour se rapetisser à la taille de “la Métropole”, cette France qui ne pouvait plus lui proposer que des rôles de rond-de-cuir, honorifiques certes, et bien payés, mais qu’il avait fini par rejeter, car son coeur n’y était pas, et il préférait se contenter d’une retraite anticipée – une demi-retraite, donc, pour toute la famille – plutôt que de continuer cette espèce de farce bureaucratique pour lui intolérable, après la vie libre et vaste qu’il avait connue, et avait originellement choisie.
Ce qui l’avait totalement anéanti, cependant, ce n’était pas tant son malheur personnel: ce fut de voir très vite tous ces pays qu’il avait tant chéris et aidés de son mieux, tomber l’un après l’autre dans le chaos après leur Indépendance, les petits chefs tribaux reprenant leurs guerres réciproques et ruinant tout sur leur passage. Au fur et à mesure que ce désastre se généralisait, mon amie a vu son malheureux père assister impuissant et de loin à la destruction de tout ce que sa vie avait contribué avec tant d’amour à construire, sa pauvre vie devenue inutile et dépourvue de sens, dans un monde qui lui aussi semblait de plus en plus dépourvu de sens.
Au bout de plusieurs années comme cela, réfugié comme un reclus chez lui, dans l’appartement qu’il avait au moins pu acheter, providentiellement, au retour d’Afrique, pour lui et sa famille, dans une belle région de la grande banlieue parisienne, au lieu de rechercher la compagnie des quelques autres ex-Administrateurs qui y étaient venus aussi, il ne sortait guère que pour les courses à faire pour son épouse, et pour la messe du dimanche, qui lui tenait toujours à coeur, car il avait toujours été très pieux et trouvait quelque réconfort dans sa foi, conservée intacte malgré toutes ces épreuves.
Mais les malheurs qui s’étaient abattus sur lui n’étaient pas encore terminés: un autre élément dans sa vie, qui avait été jusque-là une autre souce de réconfort et même d’espoir – ce fils tant attendu, né enfin quelques années avant le départ définitif d’Afrique – se mit soudain à devenir pour lui, en grandissant, tout le contraire du réconfort et de l’espoir….
Tant qu’il était petit, ce fils chéri avait bien sûr correspondu au cadeau du ciel qu’y voyait son père; mais devenant de plus en plus lui-même selon ses propres qualités et défauts, il correspondait de moins en moins aux attentes que son père avait de lui comme du fils qui allait “continuer la lignée” (Khalil Gibran et son célèbre “Vos enfants ne sont pas vos enfants, etc” n’étaient pas encore connus…!) et faire honneur à sa famille de la même façon que lui-même son père avait fait honneur à la sienne.
Le fils est devenu peu à peu, sans s’en rendre compte, la négation vivante de tout ce que son père avait escompté – et le père, très déçu, souffrant terriblement de ce fait très désagréable mais de plus en plus évident, à propos duquel là encore il ne pouvait rien, a senti son amour pour son fils être mis à rude épreuve.
Bien que doué pour des tas de choses, le fils devenu adolescent ne faisait pas pour autant les choix que son père aurait fait à sa place, et son père, malgré lui, lui en voulait de plus en plus d’être si différent de lui-même psychologiquement, et si proche au contraire, sur certains points, d’autres adultes qu’il n’avait jamais appréciés. La relation entre le père et le fils s’est inexorablement dégradée, malgré tous les efforts du père pour rester un père digne de ce nom, c’est à dire plein d’amour, tout comme il l’avait été auparavant pour ses filles.
Et, ajouta mon amie, elle et sa soeur aînée, maintenant adultes, n’étaient plus là pour faire tampon et tâcher de remédier à la situation. Son père avait toujours eu grand respect et appréciation spécialement pour elle, au point de se tenir coi quand, plus d’une fois, elle l’avait réprimandé avec indignation après qu’il lui soit arrivé de déverser son humeur massacrante sur son épouse ou quelque autre personne présente: les paroles acerbes et blessantes étaient devenues sa spécialité dès que quelque visite le forçait à sortir de cette solitude dans sa chambre fermée et de ce mutisme … qu’il s’imposait, justement, pour tenter d’empêcher ces débordements!…
Mais la première fille s’était mariée; quant à mon amie elle-même, la cadette, elle avait dû partir dans une autre région pour son premier poste en tant que jeune Professeur de Lycée, et cela avant que cette sorte d’antagonisme du père pour le fils (encore petit alors) soit devenue manifeste; si bien qu’elle ignorait tout de ce qui avait suivi son départ. Ce n’est qu’au cours d’une visite par toute sa famille dans la ville où elle enseignait que, pendant le repas au restaurant offert par son père avec toutes ses meilleures intentions, il perdit à nouveau le contrôle sur ses paroles vis à vis de son fils, et mon amie fut directement témoin de la manière odieuse dont son père ridiiculisait et humiliait comme à plaisir le malheureux adolescent, même dans cet endroit public et devant elle. Outrée, elle se leva d’un bond et menaça de quitter la table et le restaurant si son père ne cessait pas immédiatement ce comportement détestable.
Le père, honteux, revenant à lui-même grâce à cet éclat indigné de sa fille, se comporta normalement pendant toute la suite du repas, mais quand ils la quittèrent tous finalement pour retourner vers Paris, elle avait le coeur gros, et ne savait plus quoi faire:
Elle pouvait exactement comprendre, hélas, comment son père, dans sa propre souffrance sans issue, toujours réprimée depuis tant d’années et redoublée ensuite par ce fils si décevant pour lui, dont la simple présence lui était irritation constante et mal contenue (à l’époque, Elizabeth Kübler-Ross n’était pas encore connue, on ne savait pas que taper à grands coups sur de vieux annuaires ou oreillers bien épais est un excellent moyen d’évacuer toute cette souffrance accumulée qui autrement risque de devenir violence sous une forme ou une autre…!), et pourtant mon amie ne pouvait ni excuser la conduite de son pèe, ni laisser son malheureux jeune frère dans une situation si déplorable.
Mais en fait que pouvait-elle faire, quand elle-même n’avait aucunement le droit de réclamer légalement la charge de cet enfant, et se sentait à peine capable de s’éduquer elle-même véritablement, elle qui était si intensément à la recherche du sens et du but de la vie, au-delà de la foi spontanée et sincère, mais encore trop limitée, de sa propre jeunesse?… Elle avait rejeté la cage dorée d’un mariage “idéal” prévu, mais qui l’aurait empêchée de rester elle-même; elle n’avait aucun foyer, aucune famille réelle à offrir à son frère dans ce jeune äge où il en avait encore malgré tout besoin…
Ce fut un déchirement très douloureux pour elle, me confia mon amie, d’avoir ainsi à choisir, si jeune encore elle-même, entre essayer de secourir son jeune frère, ou continuer à explorer seule sa propre vie, telle qu’elle commençait à peine à y discerner un tracé et une direction totalement hors des sentiers battus – ce qui était profondément fascinant et approprié pour elle, certes, mais qui risquait fort de ne pas l’être du tout pour son frère, devenu déjà pour elle, en ces quelques années de séparation, presqu’un inconnu…
Finalement, elle prit le parti de ne pas intervenir dans sa famille, fût-ce temporairement pendant ses vacances, pour toutes les raisons déjà exprimées, mais aussi à cause de ses divers engagements politiques idéalistes dans la région de son Lycée: car ils exigeaient d’elle constamment qu’elle soit présente physiquement sur de nombreux fronts où des manifestations, pacifiques, mais cruciales, avaient également besoin d’elle pour que les sociétés humaines deviennent justement moins absurdes, et moins douloureuses.
Pendant ce temps son frère a fini par pouvoir mener lui aussi sa propre existence telle qu’il l’entendait, vivant dès sa majorité loin de sa famille et de l’opposition de son père, en partie grâce à l’aide financière discrète (secrète?) de sa mère. Mon amie, sa deuxième grande soeur, n’a jamais su exactement comment toute cette difficile période-là s’est passée pour lui, mais par contre, bien après, elle a eu l’occasion pour son travail de rendre quelquefois visite à leurs parents maintenant âgés, restés seuls; elle a pu constater que leur père, délivré lui-même enfin de ses propres conflits internes, sans doute au prix d’intenses et humbles prières avait réussi à redevenir le père souriant d’autrefois, maintenant plein même d’une remarquable compassion pour autrui, là où des mots mordants lui auraient échappé, du temps de sa descente aux enfers; et mon amie s’est grandement réjouie de cette guérison intérieure qu’elle n’osait plus espérer. Mais jamais personne n’a mentionné son frère, alors elle ne l’a pas fait non plus, ne voulant pas risquer de réveiller des souvenirs douloureux aussi pour ses parents.
Plus tard encore, la Grâce Divine a fait qu’un soir elle s’est trouvée là, arrivant chez eux à l’improviste, juste au moment où leur père, malade déjà depuis un an, était emporté à l’hôpital.
Le jour suivant, alors qu’il se préparait à mourir dans sa chambre d’hôpital, mon amie l’a vu, malgré la présence de plusieurs autres proches venus en hâte, porter son attention surtout sur ce qu’il semblait déjà percevoir de ce que nous appelons l’au-delà; et il souriait d’un tel bonheur qu’il en rayonnait de beauté intérieure. La simple vision de son visage dans cet état béatifique a rempli mon amie du même bonheur ineffable, émanant de ces dimensions spirituelles de la Réalité totale qu’elle-même avait découvertes en apprenant à s’intérioriser dans le calme et le silence des profondeurs de son être. Visiblement, se dit-elle, les larmes aux yeux de joie, son père, s’il mourait, mourrait en paix avec lui-même, qu’il ait ou non réussi à faire aussi la paix avec son fils; et ce serait bien ainsi car il avait vraiment fait du mieux qu’il pouvait, en dépit des défis  si difficiles qu’il s’était mis au programme de cette vie maintenant  proche de sa fin…
Comme le lendemain son père semblait soudain aller mieux, mon amie a pris le temps d’aller visiter dans une autre ville un lieu qu’elle avait vu en transe comme le lieu où, dans une autre de ses vies humaines, elle avait pris une très mauvaise décision, dont l’influence au-delà du temps pesait comme un lourd boulet sur sa vie cette fois-ci. Arrivée sur place, elle a reconnu le lieu dans ses moindres détails physiques, bien qu’elle n’y soit jamais allée auparavant dans cette vie-ci. Pendant toute la visite, elle a également senti la présence avec elle de son père – ce qui lui a fait comprendre soudain le lien karmique inconscient qui les avait réunis dans cette vie-ci, et qui, elle le sentait, était maintenant enfin résolu.
De retour auprès de sa mère, celle-ci lui a appris que son père était finalement mort l’après-midi même… “Exactement à l’heure où sa présence est venue accompagner ma visite là-bas!”, s’est dit mon amie avec gratitude, et l’émotion de voir sa perception être confirmée par les faits.
Pour les funérailles, toute la famille était là – sauf son frère. Bien qu’informé bien sûr, il avait décidé de ne pas venir. Encore trop de souffrance en lui, et de ressentiment?… Certains ont été choqués, mais mon amie a pris ouvertement le parti de son frère, car ayant ne serait-ce qu’une faible idée de ce que leur père lui avait fait vivre autrefois, elle n’était pas du tout sûre qu’à la place de son frère elle aurait été capable de pardonner, et de venir. De plus, lui n’avait pratiquement jamais connu son père que dans ce terrible état, car ses souvenirs plus heureux dataient de trop loin pour qu’il s’en souvienne encore et qu’ils contrebalancent la dure réalité vécue ensuite. Et lui n’avait aucun moyen de savoir comme elle les “circonstances atténuantes” qui lui auraient permis de comprendre un peu comment, à force de trop de souffrance en lui-même, son malheureux père avait pu en arriver à ce comportement haïssable…
Quelques années plus tard les chemins du frère et de la soeur se sont enfin croisés à nouveau, elle a eu la joie de constater que son frère avait réussi à préserver sa propre intégrité et ne s’était pas totalement durci depuis la longue épreuve subie dans ses jeunes années.
Cependant, leurs rares rencontres n’ont jamais été seule à seul; si bien qu’ils n’ont jamais pu se parler en profondeur de ce que chacun d’eux avait vécu, après leur séparation, qui avait compté pour lui ou elle.

Mais voici quelques dernières nouvelles de taille:
Mon amie, l’année dernière, quelques jours avant l’anniversaire de son frère (qui est à cette époque-ci de l’année), a eu l’immense surprise de sentir soudain à nouveau la présence de leur père auprès d’elle, là où elle vit. Sans mots prononcés, juste par télépathie, il lui a fait comprendre qu’il lui demandait d’aider à sa réconciliation avec son fils. La souffrance de ce douloureux passé avait assez duré, il était temps d’enfin la laisser se dissoudre dans le pardon.
Pour cet anniversaire-là de son frère, mon amie n’a pas eu le courage encore, m’a-t-elle avoué, de lui parler ni de cette visite, ni de la prière exprimée par la conscience de leur père. Et au fil de l’année qui a suivi, prise par ses responsabilités habituelles, elle a plus ou moins oublié visite et requête. Mais voilà qu’il y a quelques jours à peine, la conscience de leur père l’a contactée de nouveau, plus tôt, pour qu’elle ait cette fois le temps de tout expliquer à son frère avant l’anniversaire (date où l’âme de chaque individu est davantage ouverte à l’Amour et à sa Lumière) de celui-ci. Il précisait que le pardon serait bénéfique non seulement pour son propre être en tant que l’ex-père, mais aussi pour l’être intérieur de son fils: il devait se libérer, se nettoyer, s’alléger de tout ce passé dont l’amertume contribuait à le faire vieillir plus tôt et plus vite que cela ne se produirait sans ce poids du passé – et mon amie a eu la très nette impression que là encore, tout comme entre ce même père et elle-même, entre ces deux êtres il y avait eu en fait un accord avant leurs naissances, que dans cette vie-ci ils se retrouveraient pour tenter d’apprendre à pardonner et aussi à se pardonner à soi-même ses erreurs et manques souvent programmés en fait à dessein: leur futur père avait accepté d’être pour un temps l’apparent “méchant” dont les mauvais traitements allaient en réalité essayer d’aider son futur fils dans le but que celui-ci avait pour cette vie: faire grandir en lui-même d’autant la capacité d’amour vrai – et donc de pardon vrai – sans laquelle nul ne peut vraiment retrouver sa nature divine originelle…
Je crois que mon amie a fini par trouver un moyen indirect de parler de tout cela à son frère, dont l’anniversaire approche à grands pas… Réussira-t-elle à le toucher, à le convaincre? Peut-être a-t-il en fait déjà pardonné dans une certaine mesure, et n’a-t-il plus besoin que de parfaire la paix intérieure que ce pardon presque total a déjà commencé à lui apporter?… Il est le seul à le savoir, et à pouvoir décider de ce qui lui reste éventuellement à faire pour cette réconciliation posthume avec la conscience de son père.
Comme mon amie cependant, j’en suis venue moi aussi à souhaiter de tout coeur, et même à prier,  qu’en effet le temps soit venu, que (fût-ce avec l’aide de la Grâce Divine s’il en sent le besoin et y fait appel) ce progrès si bénéfique s’accomplisse enfin pleinement en lui… et que son anniversaire en soit d’autant plus profondément heureux!

Voilà donc l’histoire vraie que je voulais vous raconter, car nous pourrons tous y retrouver, sous une forme ou une autre, quelque chose de nos propres buts intérieurs inconscients et secrets, qui expliquent tant de notre histoire extérieure en tant que Joueurs volontaires dans ce Grand Jeu de l’Évolution, sur Terre ou ailleurs…

The “Night of 4th August”, 1789

 

(ENGLISH TRANSLATION OF THE PREVIOUS POST)

In my childhood History lessons about the French Revolution, the only moment that created in my young soul not fright or even horror, but rather an enthusiastic amazement, still deeply imprinted in my being, has been the moment, so important by its consequences, which was called “the Night of the 4th of August”, and every year I celebrate this date for myself with an inner intensity so close to fervor that I suspect a direct participation in this Event, experienced by another self of mine at that time.
 

This year, I do not know why, I wanted to do more than a personal celebration, and here I am presenting on this Blog of Research the account of this great moment that historians of great renown, such as Jules Michelet, later gave, through the article (which I quote almost completely, with all my gratitude) from Wikipedia, dedicated to this event: 

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Night of 4 August 1789


Date of 4 (6 pm) to 5 August 1789 (2 h)
Venue Hotel of the Menus Plaisirs in Versailles
 

“Reform of various feudal rights and tithe. August 11, 1789. “

(Illustration: Anonymous caricature of 1789, with a caption.
A man of the Third Estate: “Hey, still take this, Monsieur le Cure, such a gift from a hand that would like to hold on to it with the other – but this is the last time. “)

The Night of the 4th of August, 1789, or the “Night of August 4″, is the sitting of the National Constituent Assembly, during which the suppression of the feudal privileges was voted. Begun on the 4th of August, 1789, at six o’clock in the evening, it continued, after midnight, until two o’clock in the morning. This was a fundamental event of the French Revolution, since the Constituent Assembly put an end to the feudal system during the sitting. It was the abolition of all feudal rights and privileges as well as all the privileges of classes, provinces, cities and corporations, on the initiative of the Breton Club, the future Jacobin Club.


Context
 

Since the capture of the Bastille on July 14, 1789, a wave of revolts called the Great Fear had developed in France, particularly in the countryside. In some regions, peasants attacked the lords, their property and their archives, especially the terrier books used to establish seigneurial rights. 

The Night of August 4 is a response to this insurrection. The Constituent Assembly is in the process of elaborating the future constitution and the Declaration of the Rights of Man and the Citizen when it receives disturbing tales about the instability in France. Faced with this crisis, two solutions are envisaged. The first wants to reassert the values ​​of property, and thus control the revolt. This solution was soon rejected, as it would only reinforce the peasants’ opposition to the feudal system. The second solution envisages setting up a network of rescue offices, which would help the poorest. But this solution does not respond to the urgency of the situation. 

The idea of ​​the abolition of seigneurial rights, which was probably conceived at a meeting of the Breton Club, a small group of deputies who had become accustomed to discussing between themselves.


The excitement of events

(Illustration: Night of the 4th of August, high relief in bronze of Leopold Morice, monument to the Republic, place of the Republic, Paris, 1883.)

On August 3, 1789, the Duke of Aiguillon proposed the idea of ​​abolition of seigneurial rights to the Breton Club.

The next day, at the end of the evening, the Viscount de Noailles proposed to the National Assembly that the privileges should be abolished in order to restore calm in the provinces.

The Duc d’Aiguillon proposes the equality of all before the tax and the redemption of feudal rights. In reply, Pierre Samuel du Pont de Nemours demands measures of rigor against the peasantry, which makes the historian Albert Mathiez say: “The nobles were open to pity, the bourgeois blamed the inaction of the authorities and wanted to send severe orders to the courts “.

In turn, in an indescribable atmosphere, Guy Le Guen of Kerangal, the Viscount of Beauharnais, Lubersac, the Bishop of La Fare, will outbid by suppressing banalities, untitled pensions, seigneurial jurisdictions, hunting rights, Ecclesiastical privileges.

The Marquis de Foucault made a “vigorous motion against the abuse of military pensions,” and demanded that “the first of the sacrifices should be that which the great should make, and that portion of the nobility which is very opulent by itself, The eyes of the prince are on the already rich, and on which he pours out without measure and accumulates gifts, largesses, excessive treatments, provided by and taken from the very survival substance of the countryside. ”
The Viscount of Beauharnais proposes “the equality of penalties over all classes of citizens and their eligibility in all ecclesiastical, civil and military posts.”

Cottin calls for the extinction of seigneurial justices as well as “all the remnants of the feudal regime which crushes the poor”.
The Bishop of Nancy, Bishop de La Fare, taking the floor, after having disputed it with one of his colleagues, asked, in the name of the clergy, that the ecclesiastical funds should be declared redeemable. And that “their redemption does not turn for the benefit of the ecclesiastical lord, but that it be made useful investments against indigence.”
The Bishop of Chartres, presenting the exclusive right of hunting as “a scourge for the campaigns ruined for more than a year by the elements “, demands its abolition, and in fact the abandonment for himself,” Happy”, he says, “of being able to give the other owners of the kingdom this lesson of humanity and of justice”.
De Richer, returning to the extinction of seigneurial justices, demanded the gratuitousness of justice throughout the kingdom, “except the precautions tending to extend the spirit of chicanery and the indefinite length of trials.”
The Duc du Chatelet then proposes that a tax in money be substituted for the tithe, “except to allow the redemption, as for the seigniorial rights”.
Everything seemed finished. A scene no less great began. After the privileges of the classes, came those of the provinces. Those who were called Countries of State, who had privileges of their own, various advantages for liberties and for taxation, blushed at their selfishness; they wished to be France, whatever might be the cost to their personal interest, to their good old memories.
The Dauphine, as early as 1788 (see Vizille after the Day of the Tiles), had offered it magnanimously concerning itself and advised the other provinces. to do the same. It renewed this offer. The most obstinate, the Bretons, though bound by their mandates, bound by the ancient treaties of their province with France, nevertheless manifested a desire to join. Provence says the same, then Burgundy and Bresse, Normandy, Poitou, Auvergne, Artois. Lorraine, in touching terms, says she would not regret the domination of her worshiped sovereigns who were fathers of the people, if she had the happiness of meeting with her brothers, to enter with them into this maternal home of France, in this immense and glorious family!
Then it was the turn of the cities.
Finally, Lally-Tollendal ended the session in apotheosis by proclaiming Louis XVI “restorer of French liberty.” (Jules Michelet, History of the French Revolution, Flammarion, 1897-1898.)
In one night, the foundations of the system by Orders collapsed.
The following days, the clergy attempted to reconsider the abolition of tithing, but the President of the Assembly, Isaac Le Chapelier, having accepted only discussions on the form, the decrees of August 4 were definitely drafted on the 11th.
On the morrow, Louis XVI. wrote to the Archbishop of Arles: “I will never consent to deprive my clergy, my nobility.” I will not give my sanction to decrees which will deprive them; It is then that the French people could accuse me of injustice and weakness. Monsieur the Archbishop, you submit to the decrees of Providence; I believe I submit to it by not giving way to that enthusiasm which has taken possession of all Orders, but which merely slips onto my soul. If force compelled me to sanction, then I would yield, but then there would be no monarchy or monarch in France. “
Louis XVI. does not give his sanction on these decrees, until he is compelled and forced on the 5th of October.
Thus the privileges of the ecclesiastics, the nobles, the corporations, the cities, and the provinces disappeared.
However, the feudal rights were declared redeemable on the 15th of March, 1790, and their bearers are not bound to prove their origin. In practice, this leads to their maintenance. However, faced with the refusal of many peasant communities, the Legislative Assembly abolished the redemption, save for presentation of the original title, of casual rights, on June 18, 1792, and then for all rights on August 25 of the following year. Finally, on 17 July 1793, the Convention voted for their complete abolition, without compensation, and the burning of feudal titles.
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It is not to say that the fact of having participated in this magnificent enthusiasm that Night has constituted a guarantee for the members of the Nobility or the Clergy to be spared in the later days of the Revolution :
As a proof, it seems, my vague but yet certain recollection of having been, in the same other life, guillotined in spite of everything under the “Terror” that came about later. Yes, “Terror” indeed, with the extreme and blind excesses of this “Revolutionary Tribunal” whose name alone in the History class was enough to fill me with terror in this lifetime.

In me no regret though for having participated in this voluntary sacrifice of our numerous Privileges under the Feudal System still in force until then. It is only the joy and pride of having had such a courage, out of pure compassion for the peasants, in this miraculous fraternity of the Night of the 4th of August, that still vibrate in my deep being. Fraternity too short, certainly, but which undoubtedly foreshadowed the Brotherhood of the whole Humanity that we will one day know thanks to the New Step of our earthly evolution, to a higher degree, New Step already in progress …


La “Nuit du 4 Août” 1789

Des cours d’histoire de mon enfance concernant la Révolution française, le seul moment dont le récit suscita en ma jeune âme non pas la frayeur ou même l’horreur, mais bien au contraire un enthousiasme émerveillé, encore profondément imprimé dans mon être, ce fut le moment, capital par ses conséquences, que l’on appela “la Nuit du 4 août”, et chaque année je célèbre cette date pour moi-même avec une intensité intérieure si proche de la ferveur que je soupçonne une participation directe à cet évènement, vécue par un(e) autre moi-même à cette époque-là.

Cette année-ci, je ne sais pourquoi, j’ai voulu faire plus qu’une célébration personnelle, et me voilà présentant ainsi sur ce Blog de Recherche le récit de ce grand moment que firent par la suite des historiens de grand renom, tel Jules Michelet,  à travers l’article (que je cite presque complètement, avec toute ma gratitude) de Wikipedia consacré à cet évènement:

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Nuit du 4 août 1789

Nuit du 4 août 1789
Date du 4 (18 h) au 5 août 1789 (h)
Lieu Hôtel des Menus Plaisirs à Versailles

« Reforme de différents droits feodaux et de la dîme. Le 11 août 1789. »
(Caricature anonyme de 1789.
Un homme du tiers état : « Hé, prenez toujours, M. le curé, tel refuse d’une main qui voudrait tenir de l’autre, mais c’est la dernière fois. »)

La nuit du 4 août 17891,2, ou nuit du 4 Août3,4, est la séance de l’Assemblée nationale constituante au cours de laquelle fut votée la suppression des privilèges féodaux. Débutée le 4 août 1789 à six heures du soir, elle se prolongea, après minuit, jusqu’à deux heures du matin1. C’est un événement fondamental de la Révolution française, puisque, au cours de la séance qui se tenait alors, l’Assemblée constituante met fin au système féodal. C’est l’abolition de tous les droits et privilèges féodaux ainsi que de tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations, à l’initiative du Club breton, futur « club des Jacobins ».

Contexte

Depuis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 s’est développée en France, notamment dans les campagnes, une vague de révoltes appelée la Grande Peur. Dans certaines régions, des paysans s’en prennent aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives, en particulier les livres terriers qui servent à établir les droits seigneuriaux.

La Nuit du 4 août est une réponse à cette insurrection. L’Assemblée constituante est en train d’élaborer la future constitution ainsi que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen lorsqu’elle reçoit des récits inquiétants à propos de l’instabilité qui sévit en France. Face à cette crise, deux solutions sont alors envisagées. La première veut réaffirmer les valeurs de la propriété, et donc contrôler la révolte. Cette solution est vite rejetée, car elle n’aurait fait que renforcer l’opposition des paysans au système féodal. La seconde solution envisage d’instaurer un réseau de bureaux de secours, qui permettraient d’aider les plus pauvres. Mais cette solution ne répond pas à l’urgence de la situation.

C’est donc pour sortir de ce blocage que naît l’idée de l’abolition des droits seigneuriaux, laquelle a probablement été pensée lors d’une réunion du Club breton, petit groupe de députés qui avaient pris l’habitude de discuter entre eux.

L’effervescence des événements

Le 3 août 1789, le duc d’Aiguillon lance au Club breton l’idée d’une abolition des droits seigneuriaux.

Le lendemain, en fin de soirée, le vicomte de Noailles propose à l’Assemblée nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces.

Le duc d’Aiguillon propose l’égalité de tous devant l’impôt et le rachat des droits féodaux. En réponse, Pierre Samuel du Pont de Nemours réclame des mesures de rigueur contre la paysannerie, ce qui fait dire à l’historien Albert Mathiez : « Les nobles s’ouvraient à la pitié, le bourgeois blâmait l’inaction des autorités et il parlait d’envoyer des ordres sévères aux tribunaux »5.

Tour à tour, dans une ambiance indescriptible, Guy Le Guen de Kerangal, le vicomte de Beauharnais, Lubersac, l’évêque de La Fare vont surenchérir en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, les privilèges ecclésiastiques.

Le marquis de Foucault fait une « motion vigoureuse contre l’abus des pensions militaires » et demande que « le premier des sacrifices soit celui que feront les grands, et cette portion de la noblesse, très opulente par elle-même, qui vit sous les yeux du prince, et sur laquelle il verse sans mesure et accumule des dons, des largesses, des traitements excessifs, fournis et pris sur la pure substance des campagnes ».

Le vicomte de Beauharnais propose « l’égalité des peines sur toutes les classes des citoyens, et leur admissibilité dans tous les emplois ecclésiastiques, civils et militaires ».

Cottin demande l’extinction des justices seigneuriales ainsi que celle de « tous les débris du régime féodal qui écrase l’agriculture ».

L’évêque de Nancy Mgr de La Fare, s’emparant de la parole, après l’avoir disputée à l’un de ses confrères, demande, « au nom du clergé », que les fonds ecclésiastiques soient déclarés rachetables et « que [leur] rachat ne tourne pas au profit du seigneur ecclésiastique, mais qu’il en soit fait des placements utiles pour l’indigence ».

L’évêque de Chartres, présentant le droit exclusif de la chasse comme « un fléau pour les campagnes ruinées depuis plus d’un an par les éléments », en demande l’abolition, et en fait l’abandon pour lui, « heureux, dit-il, de pouvoir donner aux autres propriétaires du royaume cette leçon d’humanité et de justice ».

De Richer[Qui ?], revenant sur l’extinction des justices seigneuriales, demande la gratuité de la justice dans tout le royaume, « sauf les précautions tendant à étendre l’esprit de chicane et la longueur indéfinie des procès ».

Le duc du Châtelet propose alors qu’une taxe en argent soit substituée à la dîme, « sauf à en permettre le rachat, comme pour les droits seigneuriaux ».

« Tout semblait fini. Une scène non moins grande commençait. Après les privilèges des classes, vinrent ceux des provinces. Celles qu’on appelait Pays d’État, qui avaient des privilèges à elles, des avantages divers pour les libertés, pour l’impôt, rougirent de leur égoïsme, elles voulurent être France, quoi qu’il pût en coûter à leur intérêt personnel, à leurs vieux et bons souvenirs. Le Dauphiné, dès 1788 (cf. Vizille après la journée des Tuiles), l’avait offert magnanimement pour lui-même et conseillé aux autres provinces. Il renouvela cette offre. Les plus obstinés, les Bretons, quoique liés par leurs mandats, liés par les anciens traités de leur province avec la France, n’en manifestèrent pas moins le désir de se réunir. La Provence en dit autant, puis la Bourgogne et la Bresse, la Normandie, le Poitou, l’Auvergne, l’Artois. La Lorraine, en termes touchants, dit qu’elle ne regretterait pas la domination de ses souverains adorés qui furent pères du peuple, si elle avait le bonheur de se réunir à ses frères, d’entrer avec eux dans cette maison maternelle de la France, dans cette immense et glorieuse famille ! Puis ce fut le tour des villes. »

— Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Flammarion, 1897-1898

Enfin, Lally-Tollendal termine la séance en apothéose en proclamant Louis XVI « restaurateur de la liberté française ». En une nuit, les fondements du système par ordres s’effondrent. Les jours suivants, le clergé tente de revenir sur la suppression de la dîme, mais le président de l’Assemblée, Isaac Le Chapelier, n’ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août sont définitivement rédigés le 11.

Dès le lendemain, Louis XVI écrit à l’archevêque d’Arles :

« Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient ; c’est alors que le peuple français pourrait m’accuser d’injustice et de faiblesse. Monsieur l’archevêque, vous vous soumettez aux décrets de la Providence ; je crois m’y soumettre en ne me livrant point à cet enthousiasme qui s’est emparé de tous les ordres, mais qui ne fait que glisser sur mon âme. Si la force m’obligeait à sanctionner, alors je céderais, mais alors il n’y aurait plus en France ni monarchie ni monarque. »

Louis XVI n’accorde sa sanction à ces décrets que contraint et forcé, le 5 octobre. Ainsi disparaissent les privilèges des ecclésiastiques, des nobles, des corporations, des villes et des provinces.

Toutefois, les droits féodaux sont déclarés rachetables le 15 mars 1790, et leurs détenteurs ne sont pas tenus d’en prouver l’origine, ce qui, en pratique, conduit à leur maintien. Toutefois, devant le refus de nombreuses communautés paysannes, l’Assemblée législative supprime le rachat, sauf présentation du titre primitif, pour les droits casuels le 18 juin 1792, puis pour l’ensemble des droits le 25 août suivant. Enfin, le 17 juillet 1793, la Convention vote leur abolition complète, sans indemnité, et le brûlement des titres féodaux6,7.


 

Il n’est pas dit que le fait d’avoir participé à ce magnifique élan d’enthousiasme cette Nuit -là ait constitué une garantie, pour les membres de la Noblesse ou du Clergé, d’être épargnés dans la suite de la Révolution – à preuve, semble -t-il, le souvenir que j’ai, vague mais pourtant certain, d’avoir été, dans la même autre vie, guillotinée malgré tout sous “la Terreur” qui sévit plus tard. Oui, “la Terreur”, avec les excès, devenus extrêmes et aveugles, de ce “Tribunal Révolutionnaire” dont le nom seul, en cours d’Histoire, suffisait à me remplir d’effroi dans cette vie-ci …

Malgré tout, ne subsiste en moi aucun regret d’avoir participé à ce sacrifice volontaire de nos nombreux Privilèges sous le Système Féodal encore en vigueur jusque-là. Ne vibre encore en mon être profond que la joie et la fierté d’avoir eu ce courage, par pure compassion pour les paysans, pendant cette miraculeuse fraternité de la Nuit du 4 Août. Fraternité  trop brève alors, certes, mais qui préfigura sans aucun doute la Fraternité de l’Humanité tout entière que nous allons connaître un jour grâce au Nouveau Pas de notre évolution terrestre encore plus élevée, déjà en cours…

And Where We Are At Now… (with a great song in French!…)

The challenges of these more recent years seem to be different, but they are actually the same: it is still the very same Dark Forces doing their best to set human beings, groups, countries, religions, whatever, against each other in the name of their Exclusive Truth supposed to be the Absolute Truth… while the Real Truth, the Supramental Truth brought down by Sri Aurobindo and Mother, now at work upon Earth, being from that Plane beyond the Mental plane, is an all-inclusive Truth, rounded, all embracing, spherical like the Matrimandir at the Centre of Auroville, acting as its Soul…

Just today again, I got a new Facebook ‘Friend’, met actually in 1991 in the US, and who is of Arabic culture, himself a wonderfully cultured mind with a sweet soul, trying to bring Sri Aurobindo to that Arabic culture too. On his FB Page I found  a song – rap at its best for me – that I liked very much and will try to bring here as well as, automatically then, on my own FB Page too; it says all the essential things, in the several languages needed for at least us all of the three Abrahamic religions to resonate to them together:

:A song for Peace
The three Religions:
You do not need to know French to get most of what the song is saying
أغنيىة لمحبي السلام: ثلاث مغنيين، مسيحية وبهودي ومسلم أنتجوا هذه الأغنية على
الإنترنت بدون أن يلتقوا وجها لوجه:

Yuliana, chanteuse Russe de passage à Paris en 2014 tombe par hasard sur cette chanson à la radio et décide en rentrant chez elle à Krasnodar en Russie de la…

 

 

L’Appel du 18 Juin 1940: l’un des tournants qui ont sauvé notre monde

Ce matin, une longue pensée reconnaissante et applaudissante pour cet “Appel du 18 Juin” par le Général De Gaulle en 1940, de Londres, grâce à l’accord immédiat de Winston Churchill mettant à sa disposition la BBC.

Appel auquel mon père, parmi beaucoup d’autres Français, avait répondu, pour l’honneur et le bonheur de la France, et du reste du monde.

La situation d’aujourd’hui (une France libre, un monde libre) nous paraît tout naturellement aller de soi maintenant,  Mais il s’en est fallu de bien peu que tout bascule dans l’horreur nazie généralisée:

Peu d’entre nous savent qu’à l’heure où rien ne semblait plus pouvoir arrêter Hitler, victorieux sur tous les fronts, d’autres Forces se sont levées, des Forces de Lumière, pour vaincre les Forces d’Obscurité dont il s’était fait le serviteur et qui lui conféraient son pouvoir sur les masses. Depuis leur simple Ashram à Pondichéry, dans le secret de leur immense conscience, Sri Aurobindo et la Mère, les deux Pionniers du Prochain Pas Evolutif – le Vrai, pas la version déformée et terrible de “Mein Kampf”- devant l’imminence du danger, ont décidé de mettre toute leur concentration et leur pouvoir intérieur dans la balance, afin d’arrêter l’avance d’Hitler et de ses troupes.

Depuis 1926 le travail prioritaire, colossal lui aussi, de Sri Aurobindo avait été de faire descendre sur Terre la Conscience-Force Supramentale qui serait la fréquence vibratoire nouvelle activant l’ère supramentale ici,  dans l’évolution terrestre. Même ce travail-là, pourtant lui aussi si urgent pour assurer justement la Victoire évolutive décisive et irréversible, fut à ce moment-là mis de côté, interrompu: il fallait avant tout éviter que le pire ne se produise d’abord, qui renverrait notre évolution à la  barbarie, de surcroît institutionnalisée; ce qui aurait rendu impossible pour longtemps le Pas Nouveau qui se préparait. Il fallait absolument empêcher cela.

Et Hitler fut en effet repoussé. Sur tous les fronts. Et finalement vaincu.

Mais la lutte a été intense. D’autres êtres humains, consciemment ou non; se sont faits les instruments des Forces de Vérité: Winston Churchill et De Gaulle ont été, dira Sri Aurobindo, particulièrement réceptifs.

Des documents ont été retrouvés depuis, des témoignages vécus ont été racontés, qui attestent de la présence de Sri Aurobindo et Mère, dans leurs corps subtil, jusque sur les champs de bataille ici ou là. Plusieurs livres fascinants de Maggi Licchi-Grassi, dont un enfin en français en 2010, relatent de manière détaillée cette massive Action secrète, occulte, que fut l’intervention de Sri Aurobindo et de Mère dans la Seconde Guerre Mondiale, cet “assaut contre l’évolution de l’homme”, ainsi que la décrit avec force et justesse Maggi dans son introduction.

L’Appel du 18 juin a été l’un des premiers moments décisifs où l’humanité a pris conscience de la gravité de cette Guerre, en laquelle De Gaulle a vu, déjà en 1940, qu’elle allait devenir une autre Guerre Mondiale.

A vous tous et toutes de cette époque qui par votre combat, voire votre sacrifice, avez permis à notre humanité terrestre de continuer à évoluer,  à vous j’offre toute ma reconnaissance, mon infinie gratitude: grâce à vous, d’autres comme moi ont pu naître dans un monde encore libre, et choisir de participer consciemment à son évolution en cours, certains d’entre eux comme moi à travers ce petit Auroville qui symbolise tout le reste,..

21.2.2017: Darshan Anniversaire de la Naissance de Mère

*
The Grace is always with you, concentrate in your heart with a silent mind,

and you are sure also to receive the guidance and the help you aspire for.

 

The Mother

*

Tel a été, ci-dessus en anglais, le Message publié aujourd’hui par l’Ashram sous forme de Carte pour la célébration du Darshan Anniversaire de Mère.

Mais c’est dans son original français que j’ai réinclus ce matin ici (avec de très légères améliorations, dont les accents, cédilles ect!) l’article écrit à la même date en 2014 pour célébrer à ma manière cette naissance si importante pour l’humanité entière:

21 Fevrier 1878: Naissance de Mirra … La Mere

 

Ce fut en France que cette naissance eut lieu, car l’être spirituel très spécial qui allait s’incarner à nouveau avait exprès attendu que ses futurs parents s’installent en France l’année précédente, afin d’encore naître Française comme en plusieurs de ses autres vies. La petite fille qui naquit donc le 21 février 1878 à Paris, Bvd Haussmann, à 10 heures du matin, fut appelée Mirra.

Par sa mère elle renouait avec l’Egypte Ancienne de certaines autres naissances; par son père elle s’ajoutait un lien avec la Turquie, en plus de racines autres encore, par exemple ouralo-altaiques, et espagnoles; son frère aîné, plus agé d’un an et demi, était né en Egypte, à Alexandrie, mais avait reçu un nom italien: Mattéo.

Ses parents étaient de religion supposément juive d’un côté et musulmane de l’autre (une union pareille n’avait pu avoir lieu que grâce au milieu d’origine commun aux deux côtés, le monde de la banque), mais dans cette fin de siècle résolument scientifico-matérialiste, la petite Mirra Alfassa grandit dans une atmosphère parfaitement nettoyée de toute croyance religieuse: les rares fois où la famille se rendait à la Synagogue (ou au Temple), c’était uniquement pour des occasions socialement obligatoires, telles que mariages d’amis etc. Les diverses cérémonies auxquelles elle assista ainsi de temps en temps, en divers édifices religieux donc, n’eurent guère pour effet sur la petite fille que de lui montrer les croyances souvent absurdes ou choquantes que les religions enseignent comme dogmes qu’on est tenu d’accepter. Par contre, elle aimait souvent la musique jouée à ces occasions, et eut meme une fois, des années plus tard, une expérience intérieure étonnante en entendant une de ces musiques.

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Dès son plus jeune âge, on put constater qu’elle était remarquablement sérieuse et silencieuse: elle essayait en fait de comprendre la vie et pourquoi les gens agissaient comme ils le faisaient. Vers cinq ans, accompagnant ses parents pour des funérailles chez des amis, elle attendait patiemment que les condoléances se terminent et qu’ils s’en aillent. Soudain elle prit conscience qu’elle avait envie de pleurer, comme si elle avait un gros chagrin. Mais ne trouvant aucune raison justifiant cette soudaine envie de pleurer, elle regarda autour d’elle… et là, dans l’atmosphère même de la pièce, invisibles aux autres mais pas à elle, la petite Mirra vit les vibrations de chagrin qui émanaient des gens déjà envahis par la tristesse, et qui s’efforçaient d’envahir aussi tous les autres gens présents, elle-même comprise.

Réagissant immédiatement contre cette intrusion dans son être d’une émotion qu’elle n’éprouvait nullement en réalité, elle observa par la suite le même phénomène en bien d’autres circonstances: que ce soit excitation, colère, peur, ou quelqu’autre émotion, c’était la même chose que pour la tristesse, toutes les vibrations caractéristiques de chaque état d’être étaient en fait dans l’air, littéralement, s’introduisant d’une personne à une autre ou même à toute une foule, sans que les personnes concernées se rendent compte de ce qui se passait. Tels des maisons aux portes et fenêtres laissées grandes ouvertes, par où n’importe quoi peut s’introduire et s’installer sans même être remarqué, les gens vivent sans s’en douter dans une mêlée de vibrations en tous genres se disputant constamment l’entrée et l’hégémonie dans leur être.

Le résultat d’ensemble de tout cela est que la plupart des êtres humains sont comme des pantins, des marionnettes dont les ficelles sont tirées en tous sens par ces forces qui les habitent et en fait les contrôlent et les meuvent, les faisant réagir encore et encore de la même façon à certains types de situations sans qu’ils comprennent pourquoi ni comment.  Il s’agit de ce qu’on appellerait aujourd’hui des fréquences vibratoires, dont chacune a un effet différent sur nos êtres. Tout comme pour les instruments de musique, nos cordes intérieures se mettent à vibrer selon la fréquence énergétique qui a réussi à s’introduire et à dominer les autres dans cette incessante compétition invisible.

La musique, justement, a un grand pouvoir sur ceux qui l’entendent, précisément à cause des différentes tonalités possibles, les différents ”modes” dont les musiciens savent très bien quel genre d’effet chacun aura sur l’auditoire. C’est ainsi  que les films de nos jours sont en général accompagnés de compositions musicales savamment orchestrées pour créer dans le public les émotions voulues pour chaque scène du film.

Aussi longtemps qu’on se rend compte de l’effet produit en soi-même, qu’on l’apprécie et qu’on l’accepte, tout va bien; la musique  peut même devenir alors une aide tout à fait positive et efficace pour entrer dans les états supérieurs de conscience que l’on veut éprouver de plus en plus souvent. Mais à l’autre extrêmité des modes musicaux possibles, il y en a qui au contraire entraînent la conscience dans les niveaux vibratoires les plus dégradants et avilissants pour un être humain. Une fois qu’on a pris l’habitude de les accepter dans son être, il peut devenir très difficile d’arriver à les en déloger, et d’arrêter leur influence en soi.

La jeune Mirra êtait consciente de tout cela; elle était musicienne dans l’âme, et l’est restée toute sa vie. Sa mère, elle-même dotée d’une volonté de fer, s’est vite rendue compte que sa fille avait une personnalité hors du commun, et qu’il ne servirait à rien d’essayer de forcer cette enfant à aller dans les écoles de l’époque, où Mirra refusait absolument d’aller. Si bien qu’a sept-huit ans elle ne savait toujours ni lire ni écrire; comme par ailleurs son extrême intelligence était évidente, ses parents ne tentèrent pas de la contraindre. Mais un beau jour elle vit soudain l’avantage de savoir lire, et du coup d’elle-même elle apprit, avec l’aide de son frère, en une semaine, et devint une lectrice assidue des nombreux sujets qui l’intéressaient. Après ses neuf ans elle consentit finalement à aller au “Cours des Feuillantines” comme sa mère le voulait…

Elle se révéla très douée aussi pour les mathématiques, tout comme son frère Mattéo l’était – étudiant avec lui quand il préparait son entrée à Polytechnique, et trouvant parfois la solution quand lui et son professeur ne la trouvaient pas… Cependant, en grandissant c’est l’art de la peinture qu’elle choisit d’apprendre, sous la direction des grands Impressionistes de l’époque. C’est là qu’elle rencontre Henri Morisset, élève de Gustave Moreau. A dix-neuf ans elle l’épouse et en a un fils un an après; elle connaît aussi le début de célébrité donné par une exposition de ses propres oeuvres.

Mais ce qui l’intéresse vraiment, ce n’est pas tant maternité ni art à l’échelle personnelle, que la vraie Réalité qui se cache derrière les apparences solides de ce que nous appelons la Matière: tout enfant encore, apprenant que les objets que nous croyons solides ne sont qu’atomes en mouvement, elle s’était écriée,

“Mais alors?… Rien n’est vrai!”

Cela avait produit une totale révolution dans sa tête, et depuis elle voulait découvrir la Vraie Réalité.

Comment, dans cette Vraie Réalité, s’expliquaient donc les phénomènes dont elle avait eu l’expérience depuis son enfance, mais dont elle avait vite cessé de parler à sa mère l’implacable matérialiste, car chaque fois celle-ci l’emmenait d’urgence chez le plus proche médecin, déclarant que sa fille était folle…! Et encore, les incidents qui se produisaient en plein jour – à table par exemple, quand elle regardait un peu trop longtemps une des personnes autour d’elle, et le ou la voyait soudain sous ses traits et costumes d’une autre époque, ou bien quand, au milieu du geste de porter la fourchette à sa bouche elle entrait en transe, sa conscience s’intériorisant soudain, au point que, impolitesse suprême aux yeux de sa mère et des convives effarés, il lui arivait de s’évanouir sur place –  ces incidents-là n’étaient rien en regard de ceux qui se produisaient chaque nuit, et dont fort heureusement sa mère ne savait rien:

Vers ses treize ans en particulier, chaque nuit, la jeune Mirra sortait régulièrement, tout naturellement, de son corps physique, (oui, ces OBEs dont Bob Monroe et son Monroe Institute ont depuis remarquablement développé l’utilisation consciente, et dont pour cette raison ce blog vous entretient parfois …) pour se livrer dans son corps subtil à son occupation favorite: monter dans le ciel nocturne avec cette robe dorée spéciale qui s’allongeait et s’allongeait jusqu’à former une sorte de toît protecteur souple, et tous les malheureux humains endormis pouvaient dans leur sommeil sortir eux aussi de leur corps et n’avaient qu’à toucher un bout de cette grande robe pour se sentir instantanément réconfortés, consolés, protégés… La plupart ne se rappelleraient plus rien au réveil, mais cela importait peu à Mirra, l’essentiel pour elle était la joie d’avoir cette Action si bénéfique pour tous ces êtres… Malgré son si jeune âge, elle se sentait déjà comme une mère pour eux tous qui avaient besoin de son amour maternel à l’échelle du monde entier… La nuit au moins, elle pouvait faire librement ce qu’elle ressentait comme son vrai travail.

Quelques années plus tard, Mirra dans son corps subtil rencontra régulièrement un autre être, dont l’apparence et le vêtement, dans la vision qu’elle en avait, lui firent penser qu’il venait de l’Inde, mais dont elle n’était même pas sûre qu’il existait aussi sur le plan physique; elle l’appela “Krishna”.  Dans cette autre dimension ils travaillaient ensemble au futur évolutif de la Terre.

Mais la jeune femme ne trouvait personne qui puisse lui expliquer toutes ces étranges activités qui lui étaient pourtant si naturelles.

Ce fut à travers un étudiant ami de son frère Mattéo qu’elle apprit enfin l’existence d’un personnage singulier, Max Théon, un Initié disait-on, originaire de quelque part comme la Pologne, mais qui vivait avec son épouse anglaise Alma en Algérie, à Tlemcen.

Qu’à cela ne tienne, la jeune maman laisse pour un temps son fils à ses tantes qui l’adorent, et part toute seule en Algérie rencontrer ce couple mystérieux. Lui est un homme dangereux,  orgueilleux, épris des pouvoirs impressionnants que lui donne sa connaissance occulte; mais Alma, elle, est très douce et très sincère dans sa dédication au Travail Divin, et des deux c’est elle qui est la véritable médium, capable de passer d’une dimension à la suivante, et ainsi de suite, douze fois – un talent que Mirra apprendra d’elle pendant son séjour dans leur grande maison de Tlemcen. Alma est aussi clairvoyante; a l’arrivée de Mirra, elle l’a accueillie en lui disant tout bonnement:

” Tiens! Mais vous êtes l’Incarnation de la Mère Divine!… Oui-oui, je le sais parce que je le vois: vous avez les douze étoiles autour de votre tête, et il n’y a que les Incarnations de la Mère Divine qui ont cela.”

Entendant ces étonnantes mais révélatrices paroles, Mirra commença à mieux comprendre ce qu’elle vivait depuis sa plus tendre enfance, quand elle s’asseyait dans le petit fauteuil qu’on avait fait faire spécialement pour elle, qu’elle restait bien tranquille, et qu’alors elle sentait au-dessus de sa tête une sorte de Présence vaste, lumineuse et forte, et qu’elle se disait “C’est Ca, c’est Ca que je dois vivre…”

Max Théon avait dans son apparence physique, son profil aigu surtout, quelque chose qui rappelait à Mirra les visions qu’elle avait eues de cet être inconnu qu’elle appelait “Krishna”. Mais Max Théon n’était pas du tout intérieurement l’être en question, c’était évident. Après un second séjour d’étude avec eux, Mirra reprit sa propre route, vers la Mission qu’elle-même était née pour accomplir, et qui, elle l’avait découvert à travers ses explorations toujours plus poussées dans les dimensions supérieures, avait à voir avec le prochain pas évolutif sur la Terre.

Son mari, sentant sa véritable dimension, garda toujours une profonde vénération pour elle. Mais ayant divorcé (encore une audace singulière pour l’époque…) pour entreprendre la conversion au Divin du philosophe qu’elle épousa ensuite, elle se consacra de plus en plus aux groupes de personnes qui se réunissaient autour d’elle régulièrement à Paris pour étudier et pratiquer la spiritualité du Futur.

En 1913 elle entendit parler par son nouvel époux d’un Yogi Indien à la renommée grandissante, Sri Aurobindo, qui depuis 1910 avait fui l’Inde britannique et vivait à Pondicherry, alors enclave française en Inde du Sud.

Suivant l’intuition qui la guide, Mirra, voulant en avoir le coeur net, accompagne son mari à Pondicherry et rencontre Sri Aurobindo seule à seul le 29 mars 1914.

Cette fois, c’est bien Lui, l’Etre mystérieux de ses visions, elle le reconnaît instantanément. Et lui aussi d’un seul regard reconnaît intérieurement en elle l’incarnation de la Mère Divine avec qui le travail évolutif voulu pourra s’accomplir, l’aspect féminin du Divin comme l’aspect masculin étant à la fois présents et collaborant directement pour l’accomplir. C’est à cause de cette perception immédiate que Sri Aurobindo a eue de qui était Mirra, que bientôt quand il parlera d’elle aux quelques disciples déjà rassemblés autour de lui, il commencera à l’appeler “La Mère”, nom qui lui sera ainsi donné ensuite par tous.

En Inde et dans les nonbreuses autres cultures où ce Principe Divin Féminin n’a pas été oublié, ni délibérément remplacé dans les consciences humaines par une image du Divin uniquement masculine, qu’appelle-t-on “La Mère”?

C’est l’aspect Féminin, Maternel du Divin, qui porte éternellement la Création entière dans ses Bras de Lumière et de Tendresse, protégeant et guidant le développement évolutif  de tous ces “Petits-Divins-en-Evolution” que nous sommes sur Terre, et avec nous également le reste de Tout ce qui Est. La Mère Divine est la Force Créatrice du Suprême, la fantastique Energie de Sagesse et d’Amour qui sous-tend, supporte et constamment re-crée tous les Univers, y compris ce Monde Physique que nous nous efforcons de connaître, et ceux que nous ne connaissons pas encore.

Alors que commençait août 1914, le début de la Première Gueere Mondiale contraignit Mirra et son mari à retourner temporairement en France, puis à séjourner quelques années au Japon, avant que Mirra, se rendant compte que son mari ne serait jamais converti, puisse revenir pour de bon vivre sa vraie Mission auprès de Sri Aurobindo, en 1920.

Leur collaboration avait pourtant pu prendre corps dès le 15 août 1914, anniversaire de Sri Aurobindo, avec comme prévu le premier numéro de “Arya”, la revue mensuelle à travers laquelle Sri Aurobindo commença à déverser sur le monde la vision évolutive qui allait changer peu à peu toute la compréhension, incomplète et donc fausse, que nous avions précédemment du Monde, de la Vie, de l’Evolution et de la Spiritualite tout à la fois. Ce que Sri Aurobindo écrivait chaque mois en anglais, était chaque mois traduit en français par Mirra pour la publication dans les deux langues. En 1921, Mirra une fois revenue, cette publication fut discontinuée après ces sept années sans interruption, faisant place à la publication sous forme de livres séparés des ouvrages par lesquels le nom de Sri Aurobindo et la  merveilleuse certitude évolutive qu’il présentait s’étaient répandus dans le monde entier.

En 1926, il fallut créer de toutes pièces un Ashram pour prendre soin des disciples dont le nombre ne cessait de croître; Mira (maintenant avec un seul “r”), à la demande de Sri Aurobindo, commença en tant que “La Mère” à tout organiser matériellement dans ce but, et aussi à guider intérieurement les disciples. Ce fut grâce aux contributions de Mira que la méthode employée, “le Yoga Intégral”, trouva sa forme complète.

De son côté, depuis la séclusion de sa chambre, Sri Aurobindo commença à consacrer son temps et son pouvoir spirituel à l’autre tâche encore plus importante et urgente à accomplir pour la Terre: amener graduellement en contact direct avec la Matière terrestre l’énergie caractéristique de la Dimension spéciale, inconnue jusque-là hormis à la lointaine époque védique, que Mirra et lui-même avaient chacun deécouverte indépendamment, et à laquelle ils avaient donné le nom de Monde Supramental, c’est-à dire “Au-delà du Mental”. C’était ce Pouvoir Supramental qui déclencherait le prochain pas évolutif sur Terre, il s’agissait donc d’accélérer délibérément sa venue en allant chercher jusque dans son propre domaine la vibration spécifique de cette Conscience-Force Supramentale, et à travers tous les autres domaines intermédiaires de l’amener jusqu’à notre monde terrestre, où la vibration correspondante serait ainsi activée et commencerait à transformer tout sur la Terre pour y préparer l’avènement de l’Ere Supramentale, suite – très différente – de l’Ere Mentale qui s’achève.

Comme il fallait absolument finir d’accomplir cela suffisamment rapidement pour échapper à une Troisieme Guerre Mondiale, Sri Aurobindo laissa volontairement son corps physique en Décembre 1950 afin de continuer son travail plus facilement “en coulisse”. En 1956 le contact direct avec le Supramental fut enfin établi, et ce fut le tour de la Mère, ou “Mère”, ainsi que l’appelaient affectueusement les disciples, de compléter le travail préparatoire en accueillant la Nouvelle Energie dans son propre corps, afin que ses cellules apprennent peu à peu à fonctionner d’une nouvelle manière, prélude à une forme de vie terrestre toujours physique, mais basée sur l’Energie Supramentale pour tout son fonctionnement, qui deviendrait ainsi peu à peu divin.

Ce qui se passa après 1956 dans le corps de Mere est décrit dans les treize volumes de ce document fantastique mais trop souvent douloureux qu’elle a appelé son “Agenda”, son Journal de Bord en quelque sorte, dont je vais commencer à citer plus souvent des extraits, maintenant que cette présentation d’ensemble concernant Mère aura été publiée.

Voila. Ce 21 fevrier 2014 tire a sa fin, et avec lui cet article dédié de tout coeur à Mère, cet être incroyablement merveilleux dont le rôle, dans la transformation de la Terre et de nos êtres qui se poursuit, n’est pas encore assez connu. Et dire qu’à partir de 1968 elle a eu en plus à s’occuper d’Auroville, de cet Auroville dont il fallait guider les premiers pas dans la vie… jusqu’à ce 17 novembre 1973 où Mère à son tour “quitta son corps”, ayant fait le maximum possible pour faciliter la continuation de notre évolution même corporelle.

Puisse cet humble article susciter en beaucoup d’autres êtres humains l’admiration et la gratitude que Mère n’a bien sûr jamais escomptés, mais que tout de même elle mérite tellement de notre part à tous… Merci, ô Mère, merci…

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Comment en vérité je me suis retrouvée à “Luminosité”

Quand la maison chérie que j’avais pu construire en 1994 à Repos, sur la plage principale d’Auroville (déjà entièrement grâce à la somme donnée pour cela par notre Service des Logements) a fini par s’écrouler elle aussi comme les autres, presque vingt ans après, en 2014, sous les coups de boutoir des vagues – qui, par la faute des promoteurs locaux construisant ports et digues n’importe comment, avaient érodé toute la côte depuis Pondy – j’ai dû être relogée d’urgence plus à l’intérieur. Mais le lieu et le logement se sont vite révélés trop anciens et trop ombragés, et donc très insalubres pour moi.

Une vieille maison s’est libérée deux ans plus tard dans une autre plage d’Auroville, et j’ai bien cru que je pourrais y retrouver un environment similaire à celui de Repos; mais l’habitation en question a été attribuée finalement à quelqu’un d’autre, un homme, plus jeune et plus capable que moi d’en assurer les réparations et l’entretien.

Désemparée un moment par cette intense déception, j’ai tout de même vite retrouvé ma pleine foi en la Grâce Divine, avec la conviction que si cette maison m’avait été refusée, c’était que le Plan Divin m’en réservait quelque part une autre, encore bien mieux!

Et rassérénée par cette entière confiance, je me suis remise à attendre patiemment…

Je n’ai pas eu à attendre très longtemps: quelques mois à peine ensuite, début Novembre 2015, le Service des Logements m’a informée qu’un certain appartement pouvait m’être attribué, s’il me plaisait, au centre d’Auroville, dans un lieu appelé “Luminosité”, dont je ne connaissais même pas l’existence.

D’abord hésitante, quand je suis tout de même allée visiter j’ai eu instantanément le coup de foudre, n’en croyant pas mes yeux devant la beauté du lieu, qui de plus méritait merveilleusement bien son nom de “Luminosité”. Un mois à peine plus tard, c’est pour Noël que j’ai passé, radieuse, ma première nuit dans ma nouvelle habitation.

J’ai bien sûr remercié chaleureusement les différent Auroviliens qui d’une manière ou d’une autre, au Service des Logements en particulier, avaient rendu possible ce qui me semblait un véritable miracle.

Ce n’est qu’ensuite qu’un souvenir m’est revenu soudain en mémoire, rendant le miracle encore plus miraculeux en quelque sorte:

Quelques mois auparavant, bien avant le message du Service des Logements, j’avais reçu un email d’une amie française qui se cherchait dans Pondy un appartement à louer à l’année, de façon à pouvoir venir de France quand elle voudrait. Comme on lui en proposait beaucoup, elle m’écrivait que le critère qu’elle avait décidé d’utiliser pour son choix final serait la luminosité. En lisant ce mot – sans faire le moins du monde la relation avec mon propre besoin – je m’étais dit intérieurement, mais en fait à haute et intelligible voix: “Oui, c’est tout à fait cela, l’important c’est la luminosité!”

A cet instant précis, sans m’en douter, j’avais passé commande, pour ainsi dire,  de mon futur appartement!!!…

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Dans cette vue du centre de l’immeuble, on voit au rez-de-chaussée les portes fermées (au moment de la photo) des autres studios qui servent de bureaux ou autres espaces de travail; celui dont la porte est ouverte est le bureau  qui porte le nom de “Bhaga” et d’où je suis précisément en train d’écrire ce petit article nouveau pour mon blog…!

Le bel escalier visible juste à sa droite  est celui qui mène entre autres à l’appartement où j’habite, au deuxième étage et sur la droite de la photo, caché par le tronc de l’un des arbres magnifiques du Parc  tout autour. Ce Parc forme un admirable écrin de verdure pour cet immeuble-joyau, dont cette façade avant, au-dessus de son long jardin japonais, se modifie constamment de manière très vivante au gré de l’ouverture ou la fermeture par les résidents des hauts louvres ornant ce côté de chacun des douze appartements…

De nuit, avec les divers éclairages à l’intérieur, l’aspect extérieur de l’ensemble est féerique! Véritablement digne à nouveau de ce merveilleux nom: “Luminosité”…

Merci, merci à la Grâce Divine qui m’a littéralement prise au mot!

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